EXTRAITS

Extraits de la plupart des 500 articles des 3 blogs, du plus récent au plus ancien. Les titres en garance indiquent ceux qui m’apparaissent comme étant essentiels. Sauf exceptions, les illustrations sont absentes de ces extraits.


Un animal infoutu de vivre en tant que tel

Publié le 31 mars 2012

Je reviens de loin, du désert. Je parle de ce genre de désert où les ondes ne passent pas. C’est à cause qu’il y a trop d’oiseaux dans le ciel, me suis-je dit en me couvrant le chef et en évitant de lever les yeux en l’air. Lire la suite


Encore une naissance. De trop ?

Publié le 31 mars 2012

Se rendre compte qu’on est mort, et que c’est vrai, pour preuve les larmes qui nous dégoulinent dessus en même temps que la bave de quelques envieux –généralement des vieillards acerbes qui aimeraient être à notre place, mais ne le méritent pas– , ça n’est déjà pas de la tarte, mais c’est deux fois rien, ce qui ne fait pas grand chose, par rapport à se rendre compte qu’on vit, et ce, pour la bonne raison qu’on vient de naître. Lire la suite

Histoire idiote de feu et d’urnes cinéraires

Publié le 31 mars 2012

Histoire idiote de feu, de feux et de feus. Lire la suite


Marché électoral de Toulouse et de Montauban

Publié le 24 mars 2012

Une quête aux bulletins de vote à Toulouse et Montauban Lire la suite

Toulouse et Montauban : larmes et bulletins de vote

Publié le 21 mars 2012

En pensant (c’est le 50e anniversaire des Accords d’Évian), aux agissements de la France en Algérie pendant plus d’un siècle et à ses méthodes franchement nazillardes, les émotions légitimes du gouvernement et des politiques face aux événements douloureux de Toulouse et de Montauban me font amèrement regretter… Lire la suite


Racisme, anti-racisme, pathos et déraison

Publié le 21 mars 2012

Face à des événements, tels les meurtres insupportables de Toulouse et Montauban qui font la une de toutes les conversations, on est tous prêts à déraper et à se faire avoir par les émotions. Le pathos, quand il nous prend, a vite fait de nous faire dire n’importe quoi et de nous faire faire bien pire. Lire la suite

De l’anti-racisme activiste au racisme

Publié le 20 mars 2012

Comment idées reçues, clichés, assertions gratuites, raisonnements circulaires et autres erreurs de raisonnement amènent deux tristes sires à prétendre non seulement qu’ils ne sont pas racistes, mais qu’ils sont anti-racistes, cela au point qu’ils sont prêts à supprimer tout raciste, selon leurs critères. Lire la suite → 

Nomades, migrants, exilés, sédentaires, confort, sécurité, profit

Publié le 19 mars 2012

Avec la mondialisation, les immigrations et exils aux causes multiples (politiques, économiques, climatiques…), un nouveau type de nomadisme se met en place, avec la toujours même attente : trouver mieux ailleurs. Le nouveau nomade s’engage dans une aventure, prend des risques, ce qui lui demande énergie, courage et implication. Son territoire est la Terre toute entière et la notion de frontières lui est étrangère. Mais lorsqu’il débarque dans un lieu hors de son lieu d’origine il devient l’étranger, “celui qui apporte du désordre”. Lire la suite →

Un discours langue de bois

Publié le 19 mars 2012

La langue de bois, une merveille que veaux, moutons, oies blanches et autres volatiles comprennent immédiatement. J’oubliais les mollusques. Lire la suite → 


Radoub de printemps

Publié le 18 mars 2012

L’hiver fini et la déprime encore fidèle au poste, un passage en cale sèche n’a jamais fait de mal à personne. Lire la suite → 

Chamanisme : un destin oublié

Publié le 18 mars 2012

Chamanisme. C’est cette danse oubliée qui fait se mouvoir l’homme minéral, végétal et animal et qui l’accompagne dans une réconciliation avec la Nature. Lire la suite → 


Pour des discours langue de bois béton

Publié le 17 mars 2012

Je ne peux m’empêcher de transmettre ce cours brillant destiné à nos tout aussi brillants présidentiables en mal d’idées-phares pour leurs discours Lire la suite

E-commerce et parrainage à l’élection présidentielle

Publié le 14 mars 2012

D’abord j’ai cru que c’était une blague, de celles du genre qui font un tabac sur Internet, avec lesquelles les surfeurs oisifs, ce qui est un quasi pléonasme, envahissent nos boîtes e-mail avant de rejoindre dans nos corbeilles d’autres appels du pied pour telle ou telle autre rigolade, tel ou tel autre produit inutile, telle ou telle autre information que l’auteur, n’ignorant pas son manque total d’intérêt a qualifiée d’INCONTOURNABLE pour appâter les chalands crédules, nombreux sur la Toile tissée de bric et de broc.
Une pub. Qui faisait tellement sérieux et crédible que ça validait ma première impression. Un semblant de lecture en diagonale, et zou ! direction la corbeille. Va peut-être falloir que je la vide, me suis-je dit en constatant qu’elle était bourrée et commençait à déborder de l’écran. Ce que j’ai fait… CONTINUER

Travailler plus pour gagner plus ? Beurk !

Publié le 14 mars 2012

/…/ Travailler moins et gagner moins plutôt que travailler plus pour gagner plus (mouais…) présente plusieurs avantages dont celui de ne pas se tuer au labeur ; celui de se balader au lieu d’aller dépenser l’argent qu’on n’a pas dans les temples de la consommation où des marchands de soupe nous portent assistance en nous délivrant cartes de crédit et autres “facilités” de paiement…  CONTINUER

Au-delà de l’affaire des boucheries halal

Publié le 14 mars 2012

Être un croyant ne m’empêche pas non plus de trouver au-delà des limites acceptables le fait de saigner les animaux en faisant fi de leurs cris, de leurs mugissements avec leurs tripes qui se vident de terreur et de leurs souffrances. Allah est grand, je le sais, et comme tout “bon” musulman je le prie et en profite justement ici pour le prier de mettre un peu de plomb, voire beaucoup, dans le crâne de mes semblables, juifs ou musulmans, pour qu’ils cessent de perpétuer ces rites obscurantistes sanguinaires, inutiles, malsains et risqués pour la santé, surtout celle des animaux. M’entendra-t-Il ? Et saura-t-Il faire entendre cela à ces fous de Lui qui, en son Nom, déjà n’hésitent pas à trancher la gorge de leurs frères humains ? Je parle d’Allah, mais je pense Dieu ; je parle des musulmans, mais je pense chrétiens et juifs. CONTINUER

Ces putains d’extra-terrestres qui se marrent

Posted: 12 mars 2012 in condition humaine

Les révolutions arabes, arf, arf ; les aventures de DSK aux USA, bof ; les Syriens assassinés, pan, pan ! Les Chinois qui se trémoussent dans la daube occidentale, mmh, mmh ; Hugo Chavez qui se la joue rédempteur, han, han ; Sarko qui veut dépasser le père,et Hollande la mer, plouf, plouf ; Marine qui se la fait Nationale; et Mélenchon internationale, ein, zwei; CONTINUER

Le rêve d’un président-iable

Publié le 12 mars 2012

« Ce qui est un beau rêve pour l’un serait un cauchemar pour l’autre. »
Lévy Dantz, d’après certaines sources ; Ibn Shobol, selon d’autres pas plus crédibles.

Si les voies du Seigneur sont impénétrables, la voix des électeurs est indispensable pour qui veut obtenir le pouvoir. Mieux vaut donc ratisser large, quitte à mettre en pièce sous des prétextes pourquoi pas fallacieux ce que d’autres mirent des années à construire, quand bien même ces constructions, commençant à dater, seraient à rénover. CONTINUER

Sarkozy-harkis, DSK-Cambridge, Céline, Obama, Dieudonné, etc.

« Les harkis ont le droit au respect (et celui de voter pour moi) ». Ce n’est certes pas ce qu’aurait dit Die Grosse Karl, autrement dit Charles de Gaulle (à ne pas confondre avec Karl die Grosse, Charlemagne), qui n’en avait pas grand chose à faire des harkis.
C’est ce qu’a déclaré et peut-être pensé notre président de tous les Français, Nicolas Sarkozy, si je ne m’abuse. Comme l’aurait dit mon pote Carl Friedrich, qui s’y connaissait question énergie, on peut se gausser de notre sortant favori, mais il n’y a vraiment pas de quoi, d’autant que… Et après tout, qu’est-ce qui nous dit qu’il raconte encore des histoires ? Et en supposant que c’en soient, cela ne vaut-il pas mieux que de n’en point conter ?
D’accord, il était temps, depuis le temps, de faire un geste en direction des harkis. Et puis crotte de bique (non, on ne me fera pas dire ce que je ne dis pas, surtout pour une fois où je surveille mon langage), on a bien le droit de changer d’avis et de reprendre les choses en main comme dit ma concierge qui trouve certains locataires suffisamment à son goût pour leur prodiguer câlineries et cajoleries à l’oeil, mais pas que là. 
Puis hein, entre nous, c’est le seul à changer de position par rapport à des problèmes qui ne l’effleuraient  pas l’instant d’avant où ils le titillèrent, et encore pire avant-hier ? CONTINUER

Carte Vitale biométrique, fichiers, vidéo-surveillance, et plus

Une carte Vitale biométrique, moi je suis pour. De toute façon, dès que quelque chose de nouveau pointe son nez, je suis pour, surtout si c’est pour la sécurité. On est moderne ou pas, et moi, je suis moderne. J’ai été pour les caméras de vidéo surveillance et j’ai applaudi des deux moignons lorsque j’ai appris que tous les Français seraient fichés. Et que je vous dise, j’ai pas attendu 2002 et l’arrivée d’un vrai chef au ministère de l’Intérieur pour applaudir, ça non. Admirateur inconditionnel du Maréchal, j’ai tellement applaudi de 1940 à 1944, quand ils ont établi les fichiers, que j’y ai laissé mes deux mains. Vous auriez vu ça… J’aurais peut-être dû alors modérer mes élans, mais l’enthousiasme, on n’y peut rien. 
Aujourd’hui, je regrette seulement de ne pouvoir désigner du doigt un métèque, et c’est pourtant pas c’qui manque, et de ne plus pouvoir utiliser mon Lüger. CONTINUER

Consommer, acheter, vendre, racheter, revendre

Voir aussi l’article Consommation achats compulsifs

Presqu’un jour s’est passé sans le moindre achat. Je suis fiévreux.
On peut certes s’acheter une conduite intérieure, mais franchement, à quoi cela pourrait-il bien me servir de m’en offrir une si personne ne la voit. C’est une conduite tout court dont j’ai besoin, une honorable, ce qui me changera et changera la vision qu’ont de moi les gens qui me connaissent, surtout deux ou trois filles qui ont toujours eu des visées sur moi, mais en sont restées là, craignant que ma mauvaise conduite n’entache leur réputation. Ce qui les avait naturellement amenées à m’éconduire lorsque, touché par l’oeil gourmand qu’elles avaient posé sur moi, je leur avais proposé de franchir le pas de ma chambre, par pur reste de charité chrétienne. Y’en a qui manquent pas d’air, les avais-je entendu se gausser, réaction sans doute induite par le magnétisme qui émane de mon aimante parsonne. CONTINUER

Consommation, achats compulsifs

Je suis un acheteur compulsif, addicte non seulement des biens de consommation mais aussi des mâles maux, je veux dire des trucs qui sont pas biens. Un bien maux vieux que deux tuloras. J’ai jamais su ce qu’était un tulora. Ça n’est pourtant pas faute d’avoir interrogé nombre de gérants de supermarchés. Des nuls. J’aurais dû me rendre dans des hypers où le choix est, au minimum, le double.
J’achète de tout, que ça se présente ou pas à cause de responsables de rayons qui font de la rétention d’information au lieu de faire de la rétention d”eau. Comment alors s’étonner de l’alcoolisme qui touche la clientèle de ces lieux de perdition lorsque d’autres chefs de rayons font exactement l’inverse ? CONTINUER

Je suis un Automate Photo

« Comme pourrait pourtant le suggérer son nom,  Photomaton®* n’est en rien une caméra vidéo de surveillance. »
BIG BROTHER

 « Non, ce n’est pas la faute au maton »
LE PENDU DE LA CELLULE 12

Je suis une cabine photo automatique, genre Photomaton®*, en moins réussi, je l’admets. Ça peut surprendre, mais c’est ainsi, et je peux avouer que ça m’a surpris lorsque j’en ai pris conscience.

Comment m’en suis-je rendu compte ? Pas compliqué : lorsqu’on m’a glissé des pièces de monnaie dans la fente prévue à cet effet. Il n’y a pas que dans les fentes de ces apparaeils photo qu’on glisse de la monnaie, vous entends-je m’opposer, il y a aussi les distributeurs de boisson, ceux de cigarettes, ceux de préservatifs, bref, tous ces machins qui délivrent une quelconque marchandise contre monnaie trébuchante. Certes, mais seules les cabines photo automatiques délivrent une photo, et pas n’importe laquelle, celle des personnes en quête d’identité CONTINUER

Un président magicien illusionniste

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Elections présidentielles au Sénégal et ailleurs

Abdoulaye Sarko et Nicolas Wade : un même combat pour le pouvoir. Sauf que Wade est un tyran qui n’a pas eu la lumière dans toutes les pièces, tandis que Sarko, héritier des Lumières, est un démocrate. Malgré lui ? Pas si sûr. CONTINUER

J’ai failli arrêter de fumer

J’ai failli arrêter de fumer. Seulement failli, ouf !
Attends, que je m’ai dit, tu vas quand même pas risquer de mourir d’un cancer à la con, que tu connais même pas, antipathique et tout, avec tout ce que tu as fait pour en avoir un bon des poumons. Stop, que je m’ai dit, arrête tes conneries et file dare-dare au bureau de tabac du coin. C’est vrai, quoi, qu’est-ce qui te dit qu’ils vont pas être en rupture de stock ? CONTINUER

Les pauvres, ça coûte, mais ça rapporte gros

Chargé de naissance, ma tâche consiste, entre autres, à établir un devis précis pour savoir à combien s’élèvera le coût de vie du prochain chanceux qui débarquera sur la planète – la Terre, je précise.
 Comme ce devis tient compte de l’inflation, des risques naturels et des aléas, il n’est ni fixe, ni définitif, et la facture est le plus souvent à l’image des larmes : salée.
Si le coût d’une vie d’un enfant de riche est plus élevé que celui d’un gosse de pauvre ? J’ose espérer que vous plaisantez, à moins que vous ne vous y connaissiez rien en affaires.
Les affaires, c’est les affaires, et vu le nombre de pauvres, c’est eux qui paient le plus, c’est ainsi. Et après tout, c’est quand même bien eux qui coûtent le plus. Pour les mêmes études, je ne parle pas du niveau, là où trois années seront suffisantes pour un riche, il en faudra quatre pour un pauvre. Les pauvres ont mauvaise vue, ils ont des dents pourries et ne sentent pas bon. Je vous laisse faire le calcul de ce à quoi ça revient entre les binocles, les dentiers et les déodorants. ¨Pas étonnant alors que le devis de vie d’un pauvre soit plus élevé que celui d’un riche. CONTINUER

Les Présidentielles : une fiction en 2 épisodes bientôt sur vos écrans

Les Présidentielles : une fiction en 2 épisodes, bientôt sur vos écrans.

De nombreuses têtes de gondole d’affiche, des milliers de figurants, un suspense terrible de tous les instants… Un film inoubliable dont on ne sort pas indemne, et où le génie français donne toute sa démesure, plus encore que dans Bienvenue chez les Ch’tis,  film que chacun s’accorde à considérer comme étant le chef-d’oeuvre du millénaire, du siècle, des années 2000, de 2008, de février 2008, du 20 février, de la soirée du 20 février 2008.

À ne rater sous aucun prétexte (de toute façon, c’est un INCONTOURNABLE). CONTINUER

Elections présidentielles : quel choix ?

Youpi ! Bientôt les élections présidentielles. Mais ciel, pour qui vais-je voter, pour quoi vais-je voter, et pourquoi irais-je voter ? Dit autrement, en supposant que je me rende dans ce bureau de vote qui me file le bourdon –l’école primaire où très tôt on m’inculqua la citoyenneté à coup de règle sur les doigts–, qu’introduirai-je dans l’urne républicaine vaillemment surveillée par quelques bons citoyens qui n’ont sans doute rien de mieux à faire que d’afficher leur civisme, au vu et au su des élécteurs.. Il doit vraiment se demander ce qu’il a fait au bon dieu, le bon Dieu. Les hommes chômeront le dimanche, avait-t-il pourtant clairement sous-entendu en donnant l’exemple. Il n’avait même pas assisté au moindre office, le bon Dieu : ni matines, ni messe, ni vêpres, ni complies, rien qu’une bulle, qui n’avait rien de papale, bien méritée. Avec le coup du pain et du vin, le fiston avait compris le message. CONTINUER

Pas de balle perdue au bal des Burschenschaften

Dieu, je veux bien qu’il soit sénile, depuis le temps, mais il pousse le bouchon un peu loin. Aucune balle perdue au bal des “Burschenschaften”, mais plusieurs dans pas mal de coins, au Sénégal, en Libye, en Syrie surtout.

Quand j’ai appris que la Marine avait débarqué à Vienne, cité connue pour ses bals et ses viennoiseries, un doute m’est venu quant à mes connaissances en géographie concernant l’Autriche. Sortant mes cartes, y compris celles d’état-major (car après tout, de petites mers intérieures pourraient s’y dissimuler) je n’y ai pas identifié de flaque d’eau suffisamment grande pour avoir le droit d’être qualifiée de mer, et à part quelques ports de plaisance comme Bregenz sur le Bodensee, autrement nommé lac de Constance, les seuls autres porcs sont les nazillards nostalgiques du IIIe Reich, qui aimeraient mener la danse à leur façon en rétablissant l’ordre. Nouveau, à nouveau. CONTINUER

Cultures, civilisations, êtres supérieurs et êtres inférieurs

Dans mes dialogues avec moi-même, je préfère taper large : ça ouvre les débats.
Pas plus tard, ni plus tôt que ce matin, pendant que je me rasais d’une main tout en me curant les oreilles d’une autre, deux gestes autant délicats que civilisés, voilà-t-i pas que, trouvant que l’autre moi, dans le miroir, avait quand même une drôle de tronche et une drôle de façon de me regarder, voilà-t-i pas que je me surprends à lui raconter que, exemple à l’appui, certaines civilisations, ethnies, religions, cultures, sociétés sont quand même supérieures à d’autres. J’ai bien précisé civilisations, ethnies, religions, cultures, sociétés : on est ouvert ou pas et c’est pas pour me vanter, ce qui serait de trop quand la température est déjà largement en-dessous de zéro et que déjà souffle une bise plus mordante que celle d’une goulue, c’est pas pour me vanter, disai-je, mais je suis ouvert, très ouvert. Et prudent, très prudent, d’où le choix de mes mots. CONTINUER

Dépression saisonnière, luminothérapie, élections présidentielles

Mesurant moins de 1500 mètres, ce qui en soi n’est pas exceptionnel, voilà des jours et des jours, soit à peu de chose près pas loin d’environ deux semaines, ou dans ces cordes, que les nuées, brouillards et autres grisailles me servent de ciel, en en masquant son bleu céleste, celui qui fait dire que ce n’est pas parce qu’on est bien peu de chose qu’on n’a pas la frite. Mais en Belgique, c’est pire, question brumes hivernales et dépressions.
Bref, pour ne pas m’étendre, quoi que cela me ferait le plus grand bien si c’était sous un chaud soleil tropical, je déprime. Dépression somme toute discrète, car se fondant dans le paysage de dépression générale, donc pas seulement économique. Je manque de soleil, donc de lumière, comme la majorité des clampins qui ne se le peuvent offrir qu’à travers le prisme d’un écran de télé, n’eut-il qu’une diagonale modeste. CONTINUER

Père Noël, avion, cheminée et feu dans la cheminée

À Noël dernier, j’ai demandé un avion. Au père Noël, bien sûr, dont c’est le job de livrer ce qu’on lui commande. « Et je vais le mettre où, ton cadeau ? » qu’il m’a répondu par retour du courrier. Faut dire que c’est un vrai avion que je lui ai commandé, un vrai qui vole, avec moteurs, ailes et tout ce qu’il faut pour le faire décoller, voler, atterrir. Avec même une bande sonore d’applaudissements si l’atterrissage se fait sans encombres, et une sonnerie aux morts suivie d’un requiem si c’est le contraire. On a le choix, mais il faut le programmer, entre celui de Duruflé, celui de Britten qui fait un peu forteresses volantes et celui de Mikis Theodorakis, mon préféré, et qui, grâce aux droits d’auteur, permet de rapporter quelque argent à la Grèce qui en bien besoin. L’avion, j’ai pris la précaution d’en spécifier les dimensions : 38 x 12 x 35 mètres, pas loin de l’Airbus 320. D’où sa question un peu idiote. CONTINUER

Calorifère canin et chauffage à l’oeil

Sachant qu’il allait faire froid j’ai récupéré un chien. En fait, je crois que c’est lui qui m’a récupéré. Sans doute lorsqu’il a vu mes yeux battus, ma mine triste et mes joues blêmes. Du coup je l’ai appelé Dalida. Un beau mâle de marque indéterminée. Comme ça, s’il tombe en rade, je n’aurais pas besoin de l’amener à réparer à un véto spécialisé.
Je l’accompagne partout, y compris lorsqu’il va courir la gueuse. Il en a levé une, pas particulièrement jolie, mais question séduction, elle n’a rien à envier à personne. Je dis personne, parce que pour moi, les chiens, c’est des personnes, raison pour laquelle ça me fait drôle de savoir que les chiens ont un prix, et pas seulement de beauté. Ça va de, je ne sais pas combien, à plus que ça, mais si ça fait des heureux, ma foi…
Mon chien ne m’a rien coûté, au contraire, il me rapporte. Des vieux os, des gamins que je n’oserais même pas ronger tellement ils ont la morve au nez avec le froid qu’il fait, et des gens qui, parce qu’ils s’ennuient, m’ennuient à me demander la marque de Dalida. CONTINUER

Si, de Mountain View à Gröningen des voiles se levaient…

Mes voyages ne durent jamais bien longtemps, mais j’arrive toujours rapidement et sans encombre à destination.
Je ne prends ni l’avion, ni le bateau, ni même le train. Ce n’est pas l’envie qui me manque, mais n’ayant pas su oeuvrer pour m’assurer un train de vie convenable, c’est dans la tête que je me balade. Pas de douane, pas de risques de transport, exceptés ceux au cerveau – les AVC- qui mettraient sans doute un terme à mes périples, et par conséquent à ma vie.
Je voyage sans bagage, rien, ni certificat d’études, ni CAP, ni brevet, ni bac inutile puisque jamais je ne traverse la moindre rivière. CONTINUER

Monde sans âme et vie de chien

J’ai voulu prendre la première âme  qui passait par là, à ma portée. La portée des âmes, c’est court, très court. Normalement il n’y avait aucune raison que je ne puisse l’atteindre. Et hop ! 
Loupé. Le temps de me dépoussiérer, elle avait déjà tourné le coin de la rue.
J’ai regardé à droite, à gauche, devant, en arrière: personne. façon de parler.  En haut, il y avait bien des anges,  et en bas des pas anges, des démons ou assimilés, mais pas question de m’incarner en ange ou démon, et quand bien même le voudrais-je, pas sûr que j’y parvienne, n’ayant jamais été très doué pour les démarches administratives, ni une quelconque quête du pouvoir. CONTINUER

Cailloux du Bugarach, or en barre et crottes de biques

Je remercie une certaine Martine Alix qui, en commentant mon article Le secret de Bérenger Saunière en instance d’être percé, m’a inspiré ce texte que chacun reconnaîtra comme étant d’une portée sans égale, donc battant tous les records de mise bas de quelque bestiau que ce soit.

Mais tout d‘abord,  je cite en partie son commentaire, en censurant cependant un morceau du dernier paragraphe qui me semble n’être qu’une vulgaire pub concernant un roman qu’elle aurait soi-disant écrit avec un célèbre inconnu, pour ne pas dire illustre (un certain Jean-Michel Thibaux), concernant Rennes-leChâteau, un curé du nom de Bérenger Saunière et une dénommée Marie Denarnaud, sa servante, ces deux zigotos ayant croqué quelques diams plus la vie à pleine dent après avoir trouvé un trésor, etc. 

Le commentaire en question…: CONTINUER

Fichier biométrique, censure Internet, belle langue et vulgarité

— Et voilà, on vient encore de se faire enquiller ! Et qu’on mette pas ça sur le dos des Grecs ou de je sais pas qui. 
— C’est vulgaire, enquiller. Très vulgaire.
— Bananer, si tu préfères. Mais je suis pas sûr que ce soit plus classe. 
 Plus classe, c’est aussi très vulgaire et surtout d’un commun…
— Je suis issu du peuple, et de basse extraction, très basse. Le pavé, tu vois ? Pas celui de bœuf cuit à point. Ce qui m’autorise à causer comme je l’entends et comme j’ai toujours entendu causer quand j’étais chiard, un môme si tu préfères. Alors tu as sans doute raison, oui je suis vulgaire, mais je sais encore me tenir, sinon c’est enculer que j’aurais dit, on vient encore de se faire enculer. Ceci dit, tu peux toujours te taper pour m’entendre dire des insanités, parce que j’ai encore de l’éducation.
— Vulgaire, grossier et inculte. La grammaire et toi, ça fait deux. Qu’on mette pas ça sur le dos des Grecs est incorrect. CONTINUER

La magie de l’hiver

Les sans logis, SDF, on dit, avec la caillante qu’il fait, ça ne doit pas être facile. Sauf, peut-être, quand ils sentent que ça va s’arrêter, tout ça, la vie. Je ne les envie pas, mais de savoir que tout va s’arrêter, la faim, la soif, le froid, la solitude, la toux qui déchire les poumons, les méchancetés, l’ignorance des nantis, la pitié du dimanche matin, la morgue des dirigeants… de savoir que les tracas vont se dissiper dans l’oubli, sans être un vrai réconfort, ça doit ressembler à l’idée qu’on peut se faire de ce qu’est  une tranquillité paisible, sans plus aucun souci. CONTINUER

Froid sibérien, édredon et grand-mère

— Tu as vu ça, Hollande, ce qu’il s’est pris dans la tronche ? Roulé dans la farine, le gars.
— Pas vraiment. Juste entarté de farine, ni beurre, ni margarine, ni œufs. Même pas de la pâte à tarte. Puis être roulé dans la farine, c’est autre chose. C’est quand on se fait avoir comme un bleu.
 — En tout cas c’est pas étonnant parce qu’il a une tête à ça, le François Hollande. Sarkozy, lui, ce qui lui pend au nez, c’est d’être roulé dans le goudron. Avec des plumes en plus, comme les tricheurs. 
— Bah, il n’est pas le seul à magouiller. Je dis pas qu’ils magouillent tous, et je dis pas le contraire, mais pour avoir le pouvoir, faut quand même bien  truander un minimum. 
— Je l’imagine, le Sarko… C’est qu’il en faudrait pas beaucoup pour qu’il ressemble à un coq. Un vrai de vrai coq gaulois perché sur son tas de fumier. À faire de l’œil aux poulettes. Sarko emplumé, je vois ça d’ici. CONTINUER

Une commande pour Noël

Roger –un vieux pote depuis aussi longtemps que j’existe–, il y a plein de choses qu’il a su faire dans la vie, et qu’il sait toujours faire, si on exclue celles qui demandent d’être en forme et d’avoir bon pied, bon oeil. Plein de choses, sauf celles qui demandent un peu de sérieux pour avoir préparé sa vieillesse et tout pareil pour sa retraite. CONTINUER

Souriez, vous êtes filmés – Souriez, vous êtes fichés

— Germaiiiiiiine ! T’as entendu dans le poste ? Non mais, c’est quoi ces conneries ? Que la police allait coller tout le monde dans un fichier. Germaiiiiiine, j’te parle… Fichés avec les caméras vidéo, et tout. Et nous qu’on y en a mis, pour les bêtes. Huit qu’on en a mis. Dans le poulailler, dans la grange, dans l’écurie, dans l’étable, à l’entrée, à la sortie. Qu’ils y viennent donc, tiens, les malfaisants !
Fichés, qu’on va être. Ah nom ti Dieu, v’là qu’ça les reprend. Comme en 42, et allons-y ! Ah les cons !
Germaiiiiiiine !
Mais qu’est-ce tu fous donc à te promener en p’tite culotte. Non mais ça va pas des fois ? Tu veux quoi ? Qu’ils aient ta photo dans c’te tenue ? Manquerait plus que ça, nom ti Dieu.
— Y’en a qui sont venus, justement. Pour vérifier que ça marchait, les caméras. Deux, qu’ils étaient. Que j’te les ai expédiés au diable Vauvert. Non mais, pis quoi encore ? CONTINUER

Ma journée du 22 avril 2012, élections présidentielles

D’abord je n’aurai pas mis le réveil et si j’avais oublié de ne pas le mettre à sonner, j’aurai pensé à disposer mes godasses éculées près du lit pour lui faire savoir de quel bois je me chauffe. Par prudence, et pour être sûr et certain de ne pas être réveillé par cette satanée machine, j’aurai versé la veille dans quelque libation en buvant plus que de coutume, voire pire. Puis va savoir si d’ici là je ne l’aurai pas bazardé, ce réveil de malheur.
Je ne me lèverai qu’après avoir ouvert non pas un œil, mais les deux. Me redressant mollement et lentement, je ne poserai mon premier pied au sol qu’après avoir posé le deuxième. Ce qui me changera de l’habitude où, obéissant aveuglement aux us et coutumes, je fais bêtement l’inverse, sans jamais m’interroger sur la raison d’agir ainsi, je veux dire “dans l’ordre”. Ce sera mon premier acte citoyen de la journée, sans doute le plus emblématique. CONTINUER

Le secret de Bérenger Saunière en instance d’être percé

Comme chaque année à la même période, à quelques mois près, parfois douze, je fais un viron au Bugarach pour faire le point avec lespompiers chargés de veiller au grain d’éteindre le grand incendie censé avoir lieu en décembre 2012. Des pom-piers du ciel que des imbéciles prennent pour des anges, allez savoir pourquoi. Êtes-vous prêts à intervenir lorsque les temps seront venus ? leur ai-je demandé.
« Non ! » ont-ils répondu en chœur, quelque peu agacés. « Et on en a rien à faire » a rajouté leur capitaine, bel homme de surcroît, selon les critères esthétiques de ce lieu hors du commun. CONTINUER

Discours de Nicolas Sarkozy -19 janvier 2012

Une heure de télé pour reprendre la main, titre franceinfo.fr, à propos de l’apparition de Nicolas Sarkozy en ce jour béni du dimanche 29 janvier 2012. Comme d’autres nombreux Français, je crains que la fièvre qui m’a pris ne m’empêche de faire ma sièste dominicale, l’impatience mettant les nerfs à rude épreuve. Une heure de télévision. Multipliée par 6, puisque 6 chaînes diffuseront ce qui restera sans doute comme un des sommets de la plate et morne plaine de ce qui nous est donné à voir –passe encore s’il ne s’agissait que de voir– sur le petit écran. Cependant je ne m’en sors pas si mal, la diagonale de mon téléviseur étant aussi réduite que devrait l’être le contenu de l’allocution-inbterview qui nous attend. 
Ô l’indigence des programmes que nous offrent les chaînes de télé ! Elles n’ont donc vraiment rien d’autre à nous proposer ?
Reprendre la main. La main de qui ? Reprendre la main ou reprendre en main ? CONTINUER

Israël et Iran : une nouvelle “guerre sainte” ?

Vouloir imposer la liberté et la démocratie me fait amèrement rigoler. Vouloir imposer de croire en un quelconque Dieu me fait regretter que ce Dieu ait créé l’homme sans lui donner l’humanité qui le ferait survivre à sa folie. 

Animés par la soif d’un pouvoir sans borne, bouffis d’un orgueil démesuré et certains de détenir la vérité –meilleure preuve de mensonge–, partout des sicaires inféodés à la Camarde fourbissent leurs armes, entretiennent la haine sous prétexte de justice humaine ou divine et lèvent leurs troupes de va-t-en guerre, offrant en sacrifice leurs propres enfants, sans gage d’un retour sur investissement, car jamais aucune guerre n’a engendré le moindre fruit nourricier. CONTINUER

Agences de notation : bonnet d’âne pour la France

Quand je disais que la France c’était nul, hein ! Je suis p’têt pas bien futé, mais même si j’ai pas inventé le fil à couper le beurre en été, faut pas me la faire. En tout cas preuve est faite que la miss est un cancre. Alors, qu’on ne me fasse pas la morale sur mes incapacités à moi, sur ma flemme à moi, sur ma connerie à moi, sur tout ce qui foire chez moi, et encore je préfère ne pas dire que je suis un ivrogne, et pire. Faut dire que c’est dur de résister avec tous les pinards qu’on trouve de par chez nous, et qu’on sirote pour le goût et l’oubli. CONTINUER

La France humiliée par les agences de notation

Le couperet est tombé. Aïe !
Mais, blessée dans son orgueil de mâle coq –bel exemple de pléonasme–, la France en restera-t-elle là, c’est à dire en plein stupide désarroi, à se morfondre, jérémier et pleurnicher en attendant des jours pires qui lui permettront d’ici peu de dire qu’avant, donc aujourd’hui, c’était le bon temps ?
Ou, se dressant sur ses ergots, lacérera-t-elle les yeux vicieux et globuleux des patrons des agences de notation, eux qui voient la paille que certains pays ont dans l’oeil, mais qui ne voient pas la poutre qu’ils ont dans le leur ? CONTINUER

Croissance, élections, nausée et retournement de vestes

Quelques temps en arrière, et histoire de donner raison à Starkozy à m’sieur  Sarkozy qui promettait de faire revenir la croissance (d’où ? je n’en ai aucune idée),  j’avais décidé de miser quelque argent sur mes présidentiables préférés, sûr d’un retour sur investissement. J’avais fait mes fonds de poche ; vidé quelques troncs déjà visités ; cassé la tirelire des gosses ; fait la manche quête en tant que  membre d’une association de charité caritative de bienfaisance ; volé ses maigres économies à ma voisine sourde comme un pot, et manque de pot, pour elle mais pas pour moi, aveugle comme une taupe ; raflé les maigres pourboires sur les tables des bistrots. Je m’étais mouillé jusqu’au trognon en récupérant les piécettes jetées par des naïfs dans une fontaine éhontément qualifiée de miraculeuse ; avais arraché non sans quelque dégoût doublé d’un plaisir pervers sa dent en or à un clochard ivre mort affalé sur un banc du jardin public  –spectacle désolant pour notre jeunesse– ; fait main basse sur l’argent récolté  par une ONG auprés d’idiots qui croient que le père Noël apporte des cadeaux aux petits Syriens… CONTINUER

21 décembre 2012, Bugarach et fin du monde

Comme prévu par les Mayas, la météo, l’Office français des catastrophes annoncées, les sectes apocalyptiques et millénaristes, plus quelques illuminés… la fin du monde, consécutive à un renversement des pôles, a bel et bien eu lieu, le 21 décembre 2012, ce que notre rédaction réprouve et déplore. Nos très sincères condoléances à tous. CONTINUER

Une preuve que tout ne va pas si mal que “ça”

Publié le 8 janvier 2012


En ouvrant un oeil ce matin avant de me réveiller, j’ai pris conscience :

1. Que j’étais en vie, donc pas encore mort ;
2. Que si j’étais encore en vie c’est que la fin du monde n’avait pas encore eu lieu ;
3. Que si la fin du monde n’avait pas encore eu lieu, c’est que tout n’allait pas si mal que “ça” et que les énergies négatives n’avaient pas encore eu le dernier mot.

Du coup, je me suis rendormi.
En cet instant, je dors encore, poings fermés. Un léger filet de bave, preuve d’un bon relâchement, s’est écoulé de mes lèvres entrouvertes. Qui me verrait ainsi pourrait penser que je suis mort, et peut-être n’aurait-il pas tort. Mais allez savoir….

Des armes pour cadeaux de Noël

Ça m’énerve dur, dur, dur. Et encore je mâche mes maux. Mes mots ? Si vous voulez.
Noël et les cadeaux du même. Les cadeaux de Noël, quoi, pour qui ne suivrait pas. Bolduc coupé et papiers cadeaux arrachés fébrilement, je n’ai rien eu de ce que j’avais commandé à cet enfoiré de père Noël, que je me demande qui l’a embauché, certainement pas une lumière. Passe encore si c’était la première fois, mais là, il a poussé le bouchon un peu loin à mon goût.
Tu fais la liste de ce que tu désires, tu illustres avec un dessin, tu précises la taille, la couleur, les références, l’année de fabrication, bref, tout ce qui fait qu’il n’y aura pas d’erreur dans la livraison, et vlan ! tu reçois n’importe quoi, tandis que des abrutis qui ne savent ni écrire, ni dessiner, ni rien se voient livrer tout ce que tu avais commandé. CONTINUER

Mais que font donc ceux qui sont dans la politique ?

« Je peux aimer des hommes et des femmes qui sont dans la politique, qui font dans la politique, à condition, bien sûr, qu’ils fassent de la politique. »
KARL JULIUS HENRY (GROUCHO) MARX

J’aime bien les poètes. Pas seulement parce qu’ils écrivent des poèmes, mais parce que ce sont des poètes. Mais attention, je les aime bien, à condition qu’ils n’aient pas les cheveux trop longs. Les cheveux dans la soupe, le genre de truc auquel tu t’attends lorsque un poète manque d’imagination à cause que sa soupe c’est une patate, une rave et le vert d’un poireau récupéré en fin de marché. Et le gaz est coupé, manquait plus que ça. Mais en général, j’aime bien les poètes, presque autant que le Kiravi ou la Villageoise, si vous préférez.

Les peintres, j’aime bien aussi, surtout ceux en bâtiment, quand ils accrochent leur seau de peinture à une échelle branlante. J’attends, et dès qu’un quidam passe à côté de l’échelle, vlan, je donne un coup de pied dessus. Pas sur le quidam, sur l’échelle. Le mieux, c’est qu’il passe sous l’échelle, mais faire le forcing pour qu’il s’y enfourne est souvent moins simple qu’il n’y paraît. Toutefois, c’est pour les artistes peintres que j’ai un faible. Pour les tableaux qu’ils peignent, mais aussi parce que s’il est des artistes, c’est bien eux. CONTINUER

Vœux et corruption

Pour cette nouvelle année, j’ai décidé de ne souhaiter mes vœux qu’à ceux susceptibles de me renvoyer la balle ou l’ascenseur, voire les deux. Avec les élections de tous bords qui se préparent, dont les présidentielles, j’ai dressé une liste des candidats et leur ai adressé un courrier assorti d’un contrat de collaboration en pièce jointe où je leur demande un engagement sans équivoque : CONTINUER

Irak : retrait des Américains, festivités et tirs de feux d’artifice

Fous de joie et heureux d’avoir vu partir les troupes d’occupation américaines, les Irakiens ont tiré une ribambelle de magnifiques feux d’artifice qui ont épaté petits et grands.  En effet, et sans même qu’ils se soient concertés, sunnites et chiites, je veux dire chiites et sunnites (cet effet de style se nomme précautionnisme) ont travaillé jour et nuit, en toute discrétion afin de préserver l’effet de surprise, pour qu’aucun incident ne vienne troubler le déroulement de ces manifestations hautes en couleur. Ô  la belle bleue, ô la belle verte, ô la belle rouge criaient les enfants excités. 
Le passage d’une année vermoulue à une nouvelle qui sent la peinture fraîche en aura-t-il rajouté à ces festivités ? Envoyés sur le terrain pour un sondage auprès d’un panel représentatif, nos enquêteurs n’ont hélas plus donné signe de vie. Certains bruits prétendent, sans toutefois l’affirmer, qu’ils seraient en train de cuver leur thé et de digérer leurs agapes dans quelque bouge, en compagnie de joyeux drilles de leur trempe. CONTINUER

Attentats anti-chrétiens au Nigéria : que fait Dieu ?

— Et Dieu dans tout ça, hein ? je vous le demande.
— Dans tout ça quoi ?
— Faites pas celui qui comprend pas. Vous voyez très bien ce que je veux dire.
— Faudrait être voyant, pour ça. Non, je ne vois pas. À moins que…
— Ne me dites pas que vous n’êtes pas au courant de ce qui se passe au Nigéria, en Afrique.
— Si fait, j’y suis. Les attentats contre des chrétiens, à Noël. Si c’est pas malheureux.
— Moi, si j’étais eux, les chrétiens de là-bas, je leur mettrais dix balles dans la peau à ces salopards de terroristes musulmans. Œil pour œil, dent pour dent, et basta !
— Sauf qu’ils sont morts, les chrétiens. Je veux dire, ceux dont vous parlez. Quarante morts, qu’ils ont dit à la télé. Plus les blessés, que soignés comme ils sont là-bas, ça pourrait bien les achever. CONTINUER

Le Ch’tiot, Iznogoud, Mèmed le Mince : un divorce franco-turc

Trop fort le ch’tiot. Fort comme un Turc. Ceci dit, ce qu’il nous fait, c’est quand même un peu fort de café, de café turc. Pour preuve le marc qui se décante et qui, contrairement au limon, ne saurait être fertile. Moins stérile qu’il n’y paraît, le marc de café ? Peut-être, à condition de savoir décrypter ce que génèrent les décisions que nous prenons, cette lecture se faisant bien autrement qu’avec la seule pensée rationnelle d’un gugus bouffi d’orgueil et assoiffé de pouvoir. Dommage pour lui et pour le pays qu’il renâcle à faire appel à la voyance, cet état de conscience qui, même s’il ne délivre pas de clé, permet au moins de s’interroger sur le bien fondé de nos actes. Et dont les résultats, tous comptes faits, ne sont pas pires que ceux qui font appel aux savoirs délivrés par les grandes écoles. CONTINUER

Fuite de matière grise et de capitaux

Salut mon Cloclo. Je sais pas ce que tu as fumé avec ton copain Xavier, et je préfère ne pas le savoir, mais ça m’étonnerait moult que ce soit du gris. Quoique, comme le disent certains racistes prêts à bouffer du bougnoule ou du crouille, le gris, ça fait juste un peu de fumée, et après ?
Parce que faudrait savoir, mon gars, soit ton immigration elle est positive, comme il y en a qui disent, dont toi ou ton pote qui nous les Brise qui, un temps, autant que toi nous les brisas, soit elle ne l’est pas et on récupère la lie de la terre, hallali, hallal là. Les niakoués, les nègres, rastacouères, roms et tous les restes, moi je veux bien, et il y en a qui sont bien, si, si. Pis j’ai rien contre le couscous ni contre le bortsch, du moment que c’est cuisiné dans les règles delard du halouf mouton de Panurge ou d’ailleurs, je m’en contre fiche, comme dit mon pote charpentier. Un nègre médecin, pourquoi pas ; un arabe charcutier, why not si c’est une multinationale de la salaison, mais il y a peu de chances ; un rom architecte… Non, je déconne, il y a des limites à tout, et les meilleures, c’est bien connu, ce sont les miradors, Dauberman et barbelés. CONTINUER

Un joyeux Noël de pauvres

La neige c’est blanc beau, tant que personne n’a marché dedans pour aller prendre sa voiture, y monter, la faire démarrer et la saloper avec les gaz d’échappement. La neige c’est pur, une fois qu’on lui a enlevé toutes les scories et particules  qu’elle a récupérées en tombant de là-haut. Une pince à épiler de précision, une bonne loupe, et le tour est joué. Sinon on peut aussi la laver, mais pas à l’eau chaude, sinon elle fond. La neige c’est froid  comme de l’eau qui, en gelant, est devenue de la glace. L’eau gelée est plus froide que la glace italienne, sans doute  parce qu’il fait plus froid ici qu’en Italie.

Ici, c’est la France, un petit morceau de  France, avec des montagnes et de la neige dessus parce qu’il a neigé. Du coup les enfants sont excités, encore plus que les rennes du père Noël. CONTINUER

Kim Jong-il est mort, vive Václav Havel

Je suis défait, désemparé, largué, abandonné, paumé et plus triste qu’un clown triste  de Corée du nord, c’est pour dire.  Mais pourquoi ? vous demandez-vous, prêts à sortir vos mouchoirs de Chollet, taille XL, à peine plus petits qu’un stade de football. La mort de Václav Havel ? Allons, allons ! Il faudrait avoir de l’humour pour être éprouvé par sa disparition. Et si j’ai des qualités à revendre et des défauts encore plus, l’humour ne fait pas partie de ces derniers. Pleurer parce qu’un humaniste s’est fait la malle ? Par ces temps voués au matérialisme, à la consommation, à la chienlit, à la philosophie de comptoir d’un BHL, aux pipols, à la bêtise érigée en tant que valeur suprême par nos gouvernants (non : je ne citerai ni le nom de Claude Guéant, ni celui du Ch’tit, ni celui des autres qui se reconnaîtront), et à la mise en bière de la culture, vous n’y pensez tout de même pas sérieusement ? CONTINUER

Des vétérinaires pour combler la pénurie de médecins

Des vétérinaires pour combler la pénurie de médecins ?

De nombreuses personnes étant des veaux (dixit le Grand Charles, dont on ne peut dire qu’il était le dernier des imbéciles, je ne vois pas où est le problème. 
« Les gens sont loin d’être tous des veaux », vous entends-je objecter. Certes, mais nombreux sont les gros porcs, les truies, les vaches, toutes n’ayant pas été exécutées malgré cette vindicte populacière d’incitation au meurtre (« Mort aux vaches ! »), les canassons sur le retour, les juments… 
Est-ce là tout ? Que nenni, car ce serait sans compter sur les faisans, les bécasses, les oies (dont les blanches grandement représentées), les dindes, les poules, les coqs… et j’en passe.
Croyez-moi, les vétérinaires peuvent tout à fait se substituer aux médecins et prodiguer d’excellents soins, voire meilleurs, que ces derniers. En supposant que le rôle d’un médecin soit de soigner. Mais cela est une autre histoire…

La clientèle citée ne représente qu’une part de la population ? Oui, et je l’admets volontiers, mais je n’en ai pas fini, car ce serait oublier les loups, les moutons, les chameaux, les chèvres (notamment les vieilles biques dont la parenté avec les chameaux n’est plus à démontrer), les rats, les souris. Puis les ânes, les mules et autres bourriques, les drôles de zèbres, les cougars, les ours plus ou moins mal léchés, les éléphants (en nombre dans les partis politiques)… CONTINUER

Tampon, alcool, anus, et ivresse

Tampons, vodka et anus, trois mots que l’on aurait jamais imaginé voir dans la même phrase. Et pourtant… L’information est là, implacable : des adolescents américains insèrent des tampons imbibés de vodka dans leur anus pour se saouler plus rapidement.
“Ingéré” ainsi, l’alcool n’est pas filtré par l’estomac et parvient directement dans le sang. Problème : outre l’aspect peu ragoûtant de la chose, il y a d’abord le risque de développer des irritations. Il y a surtout le fait que l’alcool ne passe pas par l’estomac, ce qui empêche de se rendre compte de ses effets. Résultat, au lieu de vomir quand ils sont ivres, les adolescents passent directement à la phase coma éthylique. 

Est-il réellement possible de se saouler en insérant un tampon imbibé d’alcool dans son anus ? N’en sachant strictement rien, mais fermé à l’ignorance –donc ouvert à la connaissance (et non pas à mes connaissances, ne me faites pas dire ce que je tais)–, et contrairement à certains constipé(e)s dont je préfère sauter le nom plutôt que les sauter, tâche par trop délicate… j’ai tenté l’expérience, m’attendant à quelque révélation, de celles que procure l’ivresse. Expérience que les dits constipés, on les comprend aisément, ne pourraient vivre sans dégâts analo-collatéraux. CONTINUER

Pédophilie, paranoïa, bon droit et cœur brisé

« Sinon, à Brest, c’est pas pire qu’ailleurs »
CHARLIE CHAPLIN, dans Le Kid

Sales gosses. Et vaut mieux pas que je parle de leurs mères.
Sales gamins qui chialent pour un oui pour un non avec la morve au nez. Tu pleures, que je leur dis, mais tu verras quand ta mère elle t’aura abandonné ou qu’elle sera morte. Pis si ça se trouve, c’est déjà fait. C’est des sornettes, ce que je raconte, même si des fois j’aimerais que ça en soit pas.
Sales gosses que tu peux même plus leur filer une taloche sans te retrouver au tribunal. J’t’en foutrais ! Et après ça gueule qu’ils savent pas se tenir. Tu m’étonnes. CONTINUER

Révolte des Indignés : un virus venu du Maghreb ?

À Housna B.

— Moi, ça m’étonnerait pas que ce soit encore un coup des Russes.
— Quoi ?
— Comme avant, avec leurs fusées, leurs bombes atomiques et toutes leurs saloperies de rouges. Je parle de ce qui se passe dans le monde, tous ces culs terreux qui sèment la zizanie. Les Russes, je te dis. Ou alors les Ricains, avec leurs fusées, leurs bombes et toutes leurs saloperies de capitalistes.
— Et les banquiers. Un coup des banquiers. Ou alors c’est un complot. Avec le pognon des banquiers.
— Tu veux dire notre pognon, oui !
— Les banquiers juifs.
— Banquier et juif, c’est pareil. À mettre dans le même sac avec les communistes et les capitalistes. Indignés ! Non mais c’est quoi cette connerie ? CONTINUER

Prostitution : une loi pour pénaliser les clients ?

Posted on 9 décembre 2011 

Ils veulent faire une loi pour pénaliser les clients ? On aura tout vu ! Je suis une prostituée, une pute, quoi. J’ai une langue de pute, pas une langue de bois, alors ils me font marrer avec leurs mots proprets et tout. C’est comme les professeurs des écoles, non mais j’te jure, cétait pas mieux maître, maîtresse ou instit ? C’était pas assez bien ?
Oui, je me prostitue. Des fois un petit peu pour le plaisir, mais pour être honnête, c’est pour les fifrelins. Faut bien gagner sa vie, et tant qu’à faire autant la gagner le mieux possible. Mais pour le plaisir, faut pas croire que tous les clients soient à la hauteur. Ou plutôt étaient à la hauteur.
Je vends mon cul plutôt que mes charmes, je le reconnais ? Oui, et alors ? Il y en a bien qui vendent leur cerveau, et quand tu vois le résultat, du vent, rien que du vent.
Pute, mais pas conne, je suis aussi souteneuse, ma propre souteneuse. Et ça risque pas qu’une grognasse vienne marcher sur mes plates bandes, et encore moins un enfoiré de mac. Je suis connue pour pas être une tendre. Si j’en soutiens d’autres ? Non, que moi, et ça me donne déjà bien assez de turbin. CONTINUER

Concombres, carottes, stupre, cheikh Machin et tête de noeud

Posted on 8 décembre 2011

Un religieux musulman résidant en Europe a statué que les femmes ne devraient pas se trouver à proximité des bananes ou des concombres, afin d’éviter toute « pensée sexuelle. »
Le cheikh anonyme, présenté dans un article publié sur el-Senousa News, a été cité comme disant que si les femmes souhaitent manger ces aliments, une autre personne, de préférence un homme de la famille tel leur père ou leur mari, doit couper ces aliments en petits morceaux et leur servir. Il a dit que puisque ces fruits et légumes « ressemblent au pénis », ils pourraient exciter les femmes ou « leur inspirer des pensées sexuelles ». Il a ajouté les carottes et les courgettes à la liste des aliments interdits pour les femmes. 

Jojo, mon pote qui en rate pas une, il dit que les femmes devraient pas approcher un gus qui dégoise comme ça, à cause qu’une tête de noeud pareille ça peut leur donner des idées, comme lui enfiler un préservatif sur son crâne d’œuf. Moi, qu’il dit, je lui chanterais Mets ta cagoule, au cheikh de mes deux. Un sacré rigolard, Jojo. Mais moi je suis pas d’accord avec lui, à cause quand même qu’il faut pas pousser le bouchon trop loin dans le goulot, et que les filles, c’est pas les anges qu’on croit. De toute façon, j’y crois pas, aux anges. Puis le bouchon, hein, passé un certain temps…

J’y ai écrit au curé arabe, que j’étais d’accord avec lui, mais pas complètement à cause qu’il n’y a pas que les concombres, les carottes et les bananes, ça serait trop facile. Alors je lui ai parlé des courgettes farcies, des pompes à vélo, de la baguette de pain et du pain de sucre de je sais plus quelle ville, qu’il y a Copacabana dans le coin (c’est une plage dégoûtante où les filles étalent, on saurait pas que c’est leur poitrine qu’on croirait que c’est leurs fesses, et vice-versa, rien que de l’obscénité et pire). Et les gars qu’ont plus d’avant-bras et qu’ont un moignon, les poires à lavement avec leurs canules, les matraques, les doigts qu’il y a plus que deux phalanges, vous y avez pensé ? je lui ai écrit sur la lettre. La bafouille, je l’ai lue à Jojo, parce que s’il y en a un qui en sait, des choses, c’est bien lui. CONTINUER

Anniversaire, tabac, alcool et espérance de vie

Posted on 8 décembre 2011

La façade appartient à celui qui la regarde (LAO TSEU)
Et c’est bien là le problème !

Et voilà, ça devait arriver un jour ou l’autre. Surtout un 7 décembre, date anniversaire d’une naissance, la mienne. J’ai 66 ans aujourd’hui. Je l’avais oublié, mais le téléphone me l’a rappelé. Pas tout seul, car il y avait quelqu’un au bout du fil, quand bien même le quelqu’un en question n’aurait eu en main qu’un téléphone portable, mobile ou greffé en quelque endroit de son anatomie. Sur l’Internet aussi, on m’a souhaité l’anniversaire, même un certain Google. Bon anniversaire, Pierre, c’était écrit avec un joli dessin.

Soixante six ans, que j’ai. C’est dingue. Et qu’on ne me dise pas qu’on ne voit pas passer le temps qui passe. Un peu, que je l’ai vu passer, et pas toujours à l’allure où j’aurais eu envie qu’il le fasse. Ou le fît. (Ça me commence à m’escagacer méchant cette satanée langue, que tu sais pas par quel bout la prendre, ni comment l’apprendre, puis la retenir). CONTINUER

Mon vote aux présidentielles

Posted on 7 décembre 2011 

Ciel, plus qu’un mois pour m’inscrire sur les listes électorales. Depuis le temps… Et il faut que je tombe sur une élection où le stock des présidentiables est d’une pauvreté affligeante.
Entre le Ch’tiot, le Relooké, la Grosse tête vide, Jeanne d’Arc, le Mélangetout et je ne sais plus qui, comme quoi les personnalités en présence manquent cruellement de personnalité, je donnerais volontiers de la tête sur autre chose que leurs bouilles. Bref, un choix pas terrible, et ça n’est pas avec de tels zigotos qu’on va révolutionner le patelin, avoir enfin des projets de société excitants et nouveaux, retrouver la liberté d’être. Les discours auront en commun l’insécurité, l’emploi et, merise sur le râteau, la croissance. On va aller loin avec ça, c’est sûr.

Tu enlèves leurs discours sécuritaires et, bizarrement, le sentiment de sécurité se réinstalle. Pas rentable. L’emploi. Ô le vilain mot. Employé à quoi, pour qui, dans quel but ? Quant à la croissance, liée aux deux points précédents, il serait temps que nos chers présidentiables et nos chers gouvernants, les uns et les autres –parenthèse– nous coûtant fort cher, apprennent que nul système ne peut poursuivre indéfiniment sa croissance.  CONTINUER

 

Le divorce matière-esprit source de nos maux ?

Posted on 7 décembre 2011

Les peuples sont dirigés –si je puis dire– par des apprentis sorciers qui ont appris leur art auprès d’autres apprentis sorciers qui, eux-mêmes, n’ont jamais pratiqué la sorcellerie. Je veux parler de cet art qui consiste à vivre en harmonie avec le mileu naturel. Ce qui suppose de le connaître, le respecter, et ne pas exercer le moindre pouvoir sur lui. Ce n’est certes pas ce qu’on apprend aujourd’hui dans les écoles telle l’ENA.
Imbus d’eux-mêmes et de leur savoir, incapables de se remettre en question, ces apprentis ignorent la différence qu’il y a entre savoir et connaissance, de même qu’ils ignorent son double sens : apprendre à connaître, d’une part, naître avec, d’autre part. Le savoir est affaire d’enseignement ; la connaissance est affaire de relation, celle que nous établissons avec notre environnement. CONTINUER

Des farines animales pour tous

Posted on 6 décembre 2011

Je l’ai dit dans un article précédent : je suis pour la réintroduction des farines animales. Pour tous les animaux, sans exception..

Et pour quelles raisons je me prie ? (expression que je préfère à cette autre “je vous prie” que je trouve rabaissante, n’ayant aucune supplique à adresser à qui que ce soit, d’autant plus si je ne connais pas ce qui que ce soit, individu lambda qui, au demeurant, n’a peut-être pas le pouvoir d’accéder à ma requête.
Pas d’affolement : je vais incessamment fermer la parenthèse). Voilà, c’est fait.

Pour quelles raisons suis-je donc pour cette réintroduction des farines animales, autrement acronymées PAT ?
Parce que c’est économiquement rentable, parce que tout le monde peut en profiter, parce que le stock de futurs cadavres est énorme, parce que c’est plus sain, et parce que c’est tout simplement délicieux. Sans compter que le circuit complet est plus bref qu’un pépin, plus court qu’une paille, et que chacun d’entre nous peut y jouer un rôle majeur. Actif et passif. CONTINUER

 Pour une réintroduction des farines animales en France

Posted on 6 décembre 2011 

En voilà une brillante idée, qui montre à quel point le passé, au lieu de nous donner des leçons, ferait mieux de pisser dans un violon. Tâche cependant relativement difficile et par ailleurs interdite par le puissant syndicat des musiciens dont on ne dira jamais assez ce qu’il représente.
Ceci dit, réintroduire les farines animales, je ne suis pas contre. Mais où les réintroduire, car telle est la vraie question que doit se poser tout citoyen, donc moi. Où, et pour quelle espèce ?

Après étude du dossier et concertation avec des experts indépendants largement payés sur mes deniers (il s’agit de messieurs Jacob, Porcher, Delafon, Ideal, Standard et Selles, le bien nommé) il ressort que les PAT, acronyme pour protéines animales transformées, pourraient être délivrées en priorité aux premiers concernés, à savoir les membres du CNA (Conseil national de l’alimentation). Si messieurs Delafon et Jacob préconisent la voie orale qui empêcherait les membres de ce haut conseil de proférer plus de conneries que ne le font certains experts atomistes qu’on aimerait atomiser, monsieur Selles, quant à lui, fortement marqué par un voyage au Cameroun qui le conduisit dans les années 60 auprès de la tribu des Koma péteux, serait plutôt pour une introduction par voie anale –d’une efficacité exemplaire et d’un effet spectaculaire ! a-t-il garanti. Monsieur Porcher, quant à lui, pencherait pour la voie nasale. Je le cite : « Le groin, y’a pas mieux pour la snifette. C’est une question de capillarité ». CONTINUER

Le Tout Internet pour Tous

Que serions-nous sans Internet, que serais-je sans mon FAI, autrement dit fournisseur d’accès (d’incompréhension et de gnare), que serais-je si ne pouvais plus accéder au Oueb ? Serais-je encore moi-même tel que je me pratique à travers ces longs périples que mènent mes doigts agiles du premier mot d’une première ligne à celui de la fin ? Ô combien de fois me suis-je interrogé sur une telle éventualité, sans que mon trouble ne soit levé, n’ayant jamais connu telle aventure !
Impatient que j’étais, Dieu, dans sa miséricorde, m’a enfin offert le privilège de me retrouver dénué des attributs de l’homme moderne, à savoir non pas ce qui le fait homme, grâce à ces choses plus ou moins gracieuses que sont ses organes génitaux (qui participent à son bon équilibre, notamment lorsqu’ils sont au repos), mais privé d’Internet. Car se retrouver coupé du reste du monde est une castration autrement plus handicapante que l’autre, le pénis servant rarement de béquille, contrairement à ce qu’affirment des prétentieux dont je tairai le nom par pure compassion. Je parle pour les hommes, les personnes du sexe féminin, donc les femmes, si je ne m’abuse, n’étant concernées que par la seule castration du cerveau.
Quoi ? On ne peut plus ni gailuronner, ni dire de vérités ?

J’y viens. Déconnecté du reste du monde, privé de Facebook, de Linkedin, de mes messageries, des blagues idiotes qu’on reçoit dix fois, des messages idiots et mensongers nous annonçant qu’on vient de gagner un merveilleux cadeau high-tech, des publicités dont la forme numérique interdit toute utilisation aux WC et des lettres d’info auxquelles on serait … CONTINUER

Invité à la table des Grands, Dieu est devenu sourd

Merci à WordPress et ses jolis flocons qui m’ont inspiré ce texte.

« Tombé la naeîîîge,
Tou né viéndras pas cé soâr,
Tombé la naeîîîge,
Et mon coeur s’habille de noâââr…»
Bribe d’une chanson de SALVATORE ADAMO

Et voilà. C’est l’hiver : je suis transi, mon cœur est froid, ça glisse, ça mouille, et c’est pas pour me vanter, mais ça vente drôlement et si ça continue, va encore falloir dégager les congères à grands coups de pelles. Les SDF n’ont qu’à se tenir cois et les essedéèfes coites s’ils et si elles ne veulent pas recevoir un malheureux coup de ce génial outil excavateur qui les enverrait ad patres, en un lieu où, enfin, ils n’auraient plus à craindre le froid. Amen, Dieu est grand et miséricordieux. Enfin, si on veut.

Tombé la neige, tou né viéndras pas cé soâr…
Voui, car Dieu a beau être d’une infinie bonté, il est sourd comme un pot et ne répondra pas aux suppliques. Et ni ce soir, ni les autres, ni même le lendemain matin, alors que le givre scintillera sur les branches comme autant de lucioles qui se les pèlent au firmament, et dieu sait si ça pèle là-haut, etc., Dieu ne viendra. Tu m’étonnes ! Installé à la table des Grands de ce monde qui l’ont convié à une party, monsieur trône, tchatche avec ses pairs et ne daigne jeter un regard sur ces loquedus qui lui adressent des prières. Sans même lui glisser la moindre pièce, non mais, où va-t-on ? CONTINUER

Chasse et oiseaux de passage

Ils sont passés ; ils ont trépassé. Un carnage, ont dit les associations de protection des oiseaux de passage.

— Ils ont tous été tués ?
— Quelques rares bestioles, sans doute des vieux de la vieille ont réchappé au massacre en allant se poser sur une autre aire d’atterrissage.
— Et les autres, ils n’ont pas réagi quand il y a eu les premiers tirs ?
— Quelques uns, légèrement atteints, ont réussi… CONTINUER

Une tragédie contemporaine : un disque dur HS

Dans le temps –donc il y a longtemps si on met de côté la grande échelle du temps où tout ce que nous connaissons s’est formé tout seul comme un grand, sauf les inventions plus ou moins délirantes des hommes–, lorsqu’une fois l’an on se rendait visite les uns les autres, les premiers, ne demeurant  pas obligatoirement outre Rhin, on contait nos rares joies : récolte exceptionnelle, naissances, premières communions, fiançailles, mariages, plus autres balivernes comme la disparition si longtemps attendue d’un proche dont nous étions légataires, et on racontait nos misères, évoquait les drames : été pourri et récoltes à l’avenant, naissances de trop ou vies vite avortées, premières communions et premières peines de cœur, fiançailles alcoolisées (mais si, rappelez-vous…), mariages au son du tocsin et perte d’autant cruelle que le disparu ne nous laissait pour tout héritage que les yeux pour pleurer. Le bon temps, pour faire bref.
Aujourd’hui, et si par chance on se rencontre autrement qu’à travers les réseaux sociaux et autres stupidités auxquelles on adhère en masse –votre serviteur y compris (mais lui, ça n’est pas pareil)–  les sujets que nous abordons sont d’une toute autre portée, d’un  tout autre intérêt et d’une profondeur qui nous laissent sans voie voix, cois et pantois. Si : sans voie aussi. On parle, je veux dire ça parle, dans l’ordre d’importance : de look et de tout ce qu’il faut faire pour être beau, en forme, et bien dans sa peau ; d’épanouissement personnel (il suffit de voir la tête des gens dans la rue…) CONTINUER

Egypte, journaliste et tolérance

Posted on 1 décembre 2011 

Pov’ fille. Je parle de celle qui s’est fait agresser –une journaliste, ou un truc comme ça– sur la place machin au Caire. Si c’est pas malheureux !
Hé bé oui, en Égypte aussi il y a de sacrés abrutis, comme partout. Et les abrutis, quand ça se libère, ça fait mal mâle mal, ça vindicte, ça braille, ça casse, ça te fout un tel bordel que ça plaint de ce foutu bordel et que ça braille encore plus. Les cons ! L’histoire du gars qui crache dans la soupe, de celui qui scie la branche sur laquelle il s’est posé les fesses. Pov’ branche !

Ah la populace la masse, le commun. Sale race !
Bon, je m’emporte, mais en fait, la populace, je suis pas contre. Même si je voulais, je ne pourrais être contre. C’est à cause de ma tolérance sans limite, et question tolérance, je crains personne, c’est moi qui vous le dit. Il n’y a pas plus tolérant que moi. CONTINUER

Liste de mariage, liste d’enterrement

C’est la saison où tout tombe
Aux coups redoublés des vents ;
Un vent qui vient de la tombe
Moissonne aussi les vivants :
Extrait de Pensée des morts, de LAMARTINE

Et voilà ! encore un pote qui a décanillé sans prévenir et sans nous indiquer l’enseigne où il avait déposé sa liste d’enterrement. Pas étonnant que certains défunts se retrouvent avec des funérailles à la con, sans fleurs, ni couronnes, ni pleureuses, ni même un clebs pour suivre le défilé le cortège. Comme Mimile, que personne de sa famille nous a prévenus, sous prétexte qu’on ferait du foin à l’enterrement, ou Roger, qu’on n’aurait jamais su qu’il avait passé l’arme à gauche si les canards n’avaient pas relaté son exhumation. D’après une feuille de chou qui tenait l’info d’un flicaillon amant de la juge, le Roger avait été sorti du trou pour un prélévement d’adéhène. Comme quoi il aurait très bien pu être l’auteur de quelques vagues assassinats. Du n’importe quoi, puisque nous, les coupables, on savait qui c’était, pour cause. On avait laissé faire sans moufter, mais le coeur gros. CONTINUER

Des morts étranges et douteuses

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Installé depuis novembre 14 dans ma boîte en sapin que champignons et bestiaux nécrophages ont fini par bouloter lorsqu’ils en ont eu fini avec moi –je veux dire mes restes–, je passais tranquillement mon temps à regarder passer le train du temps, lorsque j’ai appris la nouvelle. Ni par la TSF, ni par les journaux, comme vous pouvez l’imaginer, mais par voie spirituelle directe. L’esprit, à condition d’en avoir été pourvu, ce qui est donné à la plupart des êtres humains, jamais ne disparaît, comme le savent fort bien les nécromanciens et autres occultistes qui se targuent et se vantent, un peu trop à mon sens (façon de parler) d’avoir quelque relation avec les défunts, amen.  On a beau avoir été débranchés, on reste connectés et, qu’on le veuille ou non, rien ne nous échappe de ce qui se passe ici-bas. Pour une nouvelle, c’en était une ! Pensez : je venais d’apprendre que la commune de Saint-Amans-Soult  –patelin niché au pied de la languedocienne Montagne noire, et que personne n’ignore être le berceau du Maréchal d’Empire Jean de Dieu Soult– avait fait graver dans le granit du monument aux morts, mon nom –Pierre Vaissière, donc moi–, suivi de la mention “tombé au champ d’horreur d’honneur en 1915”. CONTINUER

Pourquoi suis-je moi ?

Posted on 17 novembre 2011

Soirée arrosée ? Un rien : il faisait sec, pas une goutte de flotte. L’apéro : juste une petite rosée un petit rosé à peine alcoolisé pour les filles et un cocktail détonnant à base d’un Cognac de derrière les fagots de sarments, pour les gars. Y’avait Gégé –normal on était ses invités–; sa copine Monique, finement surnommée D.Q.L.T.U.Q.L.N. par Fred, le rigolo de service ; Lucien et Véro ; plus moi auquel une certaine élévation d’esprit m’ouvre de nombreuses tables amicales, vineuses, spiritueuses et spirituelles lorsque je les honore de ma présence.

On en était au fromage, moment crucial où Gégé, qui ne manque pas une occasion d’en faire un, s’est levé, digne, dans sa verticalité, comme on dit chez les fabricants de niveaux à bulle. Il a desserré les lèvres, et d’un air bizarre a déclamé haut, fort, sans ambage et à peine rifougnard : « C’est pas le tout, de laine, mais pourquoi suis-je moi ? » Bourré d’humour, Gégé, d’un niveau d’autant plus fin et élevé que celui de la fine a baissé. Gégé, c’est à ça qu’il marche, y compris pour faciliter la descente des bouchées au fur et à mesure qu’il en avale une.
Oups ! avons-nous gloupsé, à cause que le gigot d’agneau n’était pas plus de Sisteron que je suis australien. Je parle pas des Soissons et de leur effet, un coup à briser un vase en cristal.
« Je raconte pas de conneries, les gars : pourquoi suis-je moi ? » nous a-t-il quémandé les yeux battus, la mine triste et les joues blêmes. CONTINUER

Word 2010, fenouil, andouille et triple crétin

Word 2010, andouille et triple crétin (celui de Troyes, à ne pas confondre avec Troie, qui n’est pas situé dans l’Aude comme certains le pensent, ni dans l’Aube, l’aurore si vous préférez, mais en Asie mineure de surface, à l’entrée de l’Hellespont).
Je rep ends reprends, par rapport à ce que j’exprimais danssssssss mon piste puste article, article dannnnnns leauel leqel lequel je parlais, façon de parler car il s’agissait d’un article écrit et non verbal, commmmme chacun s’en sra sera aper9u aperçu. Va écrire popement proprement lors ue lorsque tu t’essssss coupé les quatre doi ts doigts de la main gauche en les confondant avec les branches du fenouillll. Je parle de ces quatre machins avec des petites touffes vertes frisotées. Tu les détaches tout doux, les mets fe re ze se de c¨^oôté au frais et les dispose haaarmonieuzement jarmonieusement holiment joliment sur ton filet rose de saumon de même couleur nourri au mercurocjrome et à d’autres saletés, le saumon bio reste quand m¨^eme un peu cher. >J»’ai des problèmes avec le h, tant pis, fais acec abec avec. Abec le V aussi j»»ai des problèmes, je sais. CONTINUER

Je suis mort le vendredi 13 novembre 1914

Publié le 13 novembre 2013

Le 13 novembre. S’il y a un jour que je déteste, c’est bien celui-là. Surtout celui de 1914, tombé un vendredi, en même temps que l’obus de mortier qui m’ôta la vie, c’est comme ça.

« Ça t’apprendra à jouer au soldat » m’avait sermonné Dieu, dont j’avais reconnu la voix grave au mâle timbre semblable à celui des grosses cloches de bronze. « Jouer au soldat un vendredi 13, qui plus est en 1914. Tu t’attendais à quoi, ? » m’avait-il tancé.
Pas tort, le vieux. « Sauf que… » lui avais-je répondu.

— Sauf que quoi ? Que tu n’y étais pour rien ? Que tu n’avais pas demandé à te retrouver sur le champ de bataille ? Et la désertion, tu n’y as pas pensé à la désertion ? C’est pour les chiens la désertion ?
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Word 2010, fenouil et boudin

« Tiens, j’aurais mieux fait de me préparer du fenouil, plutôt que de d’avoir la drôle d’idée de vouloir acheter une application, comme on dit, comme si les applications étaient appliquées, soit dit entre parenthèses, donc (soit dit) et entre nous, donc nous soit dit nous. Faut suivre, je sais. Et pour quoi, vous entends-je d’avance vous gausser, ce qui devrait plus logiquement s’écrire “vous gausser d’avance” ? Pourquoi, disais-je, parce que si certaines applications ou logiciels s’intallent pépère et fonctionnent allègrement, y compris des frihouères, d’autres, dont je tairai le nom mais que je saisis illico sur mon clavier —WORD DEUX MILLE DIX— s’installent si mal qu’on a l’impression qu’elles ne sont pas du tout installées, voire pire. Comme ce fameux WORD 2010, payé la modique somme de pas loin 120 €, téléchargé sur ZERO HUN NET (ça veut dire que la balle s’est payé le filet, je veux dire les 120 balles). CONTINUER

Commémoration du 11 novembre 2011

Le 11 novembre, je sais pas pourquoi, mais j’y aime bien. Tous les 11 novembre j’y aime bien, enfin j’y ai bien aimé, tous ceux d’avant. Surtout çui de 18, c’était drôlement bat, comme on disait. Pis le 11 novembre de 18, ça fait 29 si on y additionne, et 29 j’aime bien, parce que ça fait 11. Voui monsieur, ça fait 11 si tu ajoutes 2 à 9 ou même le contraire. Les 11 novembre, j’y aime bien aussi parce que le jour du 11, ça fait 11 tout comme novembre qui fait 11 aussi. Et 11 et 11, ça fait 22, si je ne m’abuse. 22, v’là les flics ! qu’on gueule chaque 11 novembre, à cause qu’on fait les cons avec le Gégé et le Bébert. On se met la tenue qu’on a toujours gardée, les bandes molletières,… CONTINUER

11 novembre

— Germaiiiiiiiine ! Où c’est-i que tu as mis mes bandes molletières ?
— Ça s’arrange pas avec la vieillerie ; tu les as sur toi, tout dégringolé sur tes chevilles.
— Et où c’est que t’as fourré mes godillots ?
— Où c’est-i qu’tu veux que je les ai mis ? Tu les as aux pieds, grand couillon.
— Ma vareuse, qu’est-ce que t’en a donc fait ? Et le grimpant, et le baudrier ? Mon béret ?
— Tu perds la boule, mon pov’ vieux. Tout est là, ça a point bougé, et personne t’y a pris, même que ça risque pas. CONTINUER

Toussaint

Je ne sais pas combien il y a de saints, mais ça en fait une tripotée. Il n’y a qu’à voir le nombre de jours dans une année pour s’en faire une petite idée. Et je ne parle pas des années bisextiles. Un par jour, minimum, sur le calendrier ; des fois jusqu’à quatre, cinq, ou plus. Bon, certains ont de tels noms à coucher dehors que ça doit être pour ça qu’ils ont été canonisés. C’est avec une immense tristesse que nous apprenons la disparition d’Alfred –c’est un exemple, mais ça aurait pu être Robert, Georges ou pire– des suites d’un coup de froid malencontreux, quoique prévisible en cette saison. La prière extatique en plein courant d’air sur le carrelage gelé, ça ne pardonne pas, mais c’est bien vrai que ça donne un sacré coup de pouce pour grimper au ciel. CONTINUER

11 novembre

/…/

La boue de novembre, y’a pas mieux comme habit du dimanche, même en semaine. Pas mieux question réalité. C’est pas que ce soit joli, non, mais quand tu l’enlèves à cause que si tu la laisses tu es tout salopé du haut en bas au moment fatidique, comme on dit, quand tu l’enlèves, tu vois les gens exactement comme ils sont. Sans la boue. Un mort nu, bien passé sous la douche, ça devient tout beau. Je veux dire tout vrai. Attention, hein, faut mettre la pression pour bien enlever les croûtes. Je dis douche, mais on fait ça au jet.Tout beau. Pas comme les pages d’un livre, mais comme les premiers mots d’un poème qu’aurait jamais été écrit, à cause que le poète il se serait fait enlever la vie parce qu’elle était devenue une vie de chiottes. Les Appolinaire ne courent pourtant pas les rues, mais tant pis, fallait pas prendre Wilhelm pour Guillaume. CONTINUER

Nous sommes des jouets

Perdu aux fins fonds d’un désert numérique, dans ces territoires hostiles où on entend vivre la vie, mais pas la sonnerie des téléphones, c’est d’une seule traite que je suis revenu gai, sans un sou, vaguement gris, avec des fleurs plein les charrettes, mon destin dans la paume écrit : Tu seras un jouet, mon Fils. Tiens, me suis-je dit en aparté pour que les volatiles qui survolaient mon équipage ne me prennent pas pour un aliéné… tiens, mon vieux père qui me donne signe de vie. Depuis le temps… Un bail que je n’avais plus de nouvelles. Faut dire qu’entre les grèves des éboueurs stellaires et les années lumière qui font obstacle entre lui et moi, la communication n’est pas facile. Lui dire quoi ? en supposant que mon message lui parvienne. Qu’il ne me manque plus depuis que j’ai appris à ne manquer de rien, la vie m’ayant appris à manquer de tout ? CONTINUER

Libye : vindicte, mort, orgueil, indignité

Publié le

C’est beau, la mort. C’est réjouissant, la mort. Ah ! le goût de la vengeance, son odeur âcre, les cris de joie de la populace, la liesse à la grand messe de la haine. Vindicte borgne et sourde. Pas de bol, je ne suis ni BHL, ni Sarko, et du coup, pour une petite érection, il me faudra m’y prendre autrement. Attendre que la Charia soit appliquée en Libye ? Pas con. Farouches ou pas, elles devront y passer. Qui, que, quoi ? Ne faites pas les innocents. C’est chouette un mort. Tu peux lui cracher à la face, peu de chance de le louper. Lui donner quelques coups de lattes, entendre ses os craquer, remettre ça parce que les chairs n’ont pas assez éclaté. Giclée de sang. CONTINUER

Libye : B.H.L…iberator

Publié le 24 octobre 2011

Nous apprenons qu’après s’être longuement félicité d’avoir largement contribué à la “libération” de la Libye, B.H.L., dont le courage, la haute pensée philosophique, le sens aigu de la politique et de la diplomatie, l’ouverture d’esprit, l’humanisme, l’acceptation sans faille des valeurs des autres sociétés et cultures ne sont plus à démontrer… nous apprenons disions-nous, que B.H.L., dépositaire de la Vérité va maintenant s’attaquer aux autres méchants qui font rien qu’à empêcher le monde de tourner comme lui et ses comparses aimeraient qu’il tourne. CONTINUER

De la difficulté à poster des posts par temps de chasse

Publié le 16 octobre 2011

J’ai essayé la télépathie : nib. La prière : renib, que je fasse appel au diable ou au bon dieu de bon dieu. Les pigeons voyageurs, que je me suis dit. J’aime bien me parler, ça me fait de la compagnie. Parce qu’il faut que je vous dise que là où je suis, présentement, c’est pas le Pérou question envoyer quelque chose sur Inter plus ou moins Net. Certes je suis loin de toute vraie civilisation, je veux dire la nôtre, car à plus de 25 km à vol d’oiseau de toute ville digne de ce nom. J’entends par là un patelin où se connecter sur le Oueb est plus facile que de trouver une pissotière déguisée en colonne Morris. Vive le modernisme et vive la confusion entre lanternes et vessies. Les pigeons voyageurs, j’t’en foutrais ! Des fainéasses ou faignasses, c’est tout comme, habitués au confort depuis qu’ils ont perdu la mémoire des guerres passées. CONTINUER

J’ai encore failli mourir

Non, je ne suis pas mort. Hélas ! et plus pour moi que pour qui ne supporte pas que je vive. Qu’il fasse avec. En tout cas, pas complètement mort, et pas plus qu’au bridge du samedi, avec mon pote Bébert, dentiste de son état, le pauvre. Les Maures, ça fait toujours chier, qu’il me dit. Savent pas jouer ou ça s’exclue d’emblée. Ça doit venir qu’ils ont pas le type caucasien.

— Allô, t’es pas mort ?
— Devine, que j’ai répondu.
— Ben non, je vois bien qu’t’es pas mort, sinon t’aurais pas décroché. Je m’inquiétais : huit jours sans une ligne, sauf les blanches qui se devinent, comme des silences sur une portée.

Lui dire que décrocher est un signe avant coureur du passage de l’autre côté du passage à niveau, ça aurait servi à quoi ? Mais non, sous prétexte que je décroche le bigophone, voilà t-i pas qu’il en conclue que la semeuse de vers, grande poétesse devant l’éternel, a remis à plus tard ce qu’elle aurait dû faire la veille de demain. CONTINUER

Le Rayon violet : ça fume !

« Les Énergies du Maître Saint-Germain sont celles de l’Être réalisé, ayant transcendé sa manifestation physique pour se diluer dans le Tout. Le Maître ascensionné Saint-Germain s’unit au 7e rayon, le Rayon Violet, pour guider actuellement l’humanité dans sa transformation vers un Âge d’or et les individus dans la retrouvaille de leur capacité de transmutation. » (Rien que ça ! NDLR )
Introduction à l’Oeuvre du Rayon Violet

.J’a l’a jati an oeil sir la Oueb, j’a l’a trové tot plin li gen qui croa en qiq chouze, la qatouliq, la prouteste, la jvive, la mouslim, la bodist, la bramaniste, la payen, la chaman, la niou èdge1, avec tot plin dotre, tos aviq guru, li pape, li pope, li qouri, li pastor, li soursié, li lama assi aviq la boda, iqsatira. J’a l’a assi trové a rilajion, sa i fait la pirestualiti spiritualiti aviq li set réyons, si lé plu for, si sur, aviq tot amour, i la pé, i la loumière i tot. Yana 7 réyon saqri, la plo saqri c’i la violé, c’i triste qi fo itre violé por itre saqri plos qi lotre. A dize assi qi li réyon i pinitre partot, sa doa fèr mal. CONTINUER

Les prisons de Kadhafi le visionnaire

D’un désert à une terre fertile, l’œuvre géniale du non moins génial Kadhafi

La Libye c’est grand, très grand. La Libye c’est beau et ça le serait un peu plus si on y importait des vraies montagnes. La libye c’est donc plutôt plat, comme on peut le deviner quand on sait qu’importer des montagnes est une tâche si ardue que Hercule s’était résigné à ne pas l’entreprendre, laissant à douze le compte de ses travaux et à sept celui des merveilles du monde. Du coup, et comme rien ne fait vraiment barrière aux vents brûlants du désert, la Libye est aride, sèche comme un coup de trique ou comme une patte mouille sur laquelle on aurait oublié le fer à repasser. Conséquence : sauf dans une paire de plaines côtières, la terre stérile ne permet d’autre culture que celle des cailloux dont on connaît la faible valeur nutritionnelle, aussi la Libye ne pouvait-elle subvenir à ses besoins alimentaires, vacherie ! CONTINUER

Kadhafi : sources sûres et… conditionnelles

Le conditionnel au service de la langue de bois.

De source plus ou moins sûre et d’une limpidité douteuse, ce qui n’est pas exceptionnel sur un terrain poussiéreux où on se renvoie la balle, on apprend que le colon serait atteint d’une extinction de voix consécutive à l’arrestation, par le Conseil national de transition, de Moussa Ibrahim, son porte parole. C’est pour remédier à cet handicap que de lointains proches –les proches rapprochés s’étant déjà fait la malle– auraient organisé, auprès des loyalistes du futur ancien régime (de faveurs), une collecte de pastilles Valda. CONTINUER

Transsexualité, transidentité, transespèce et normalité

J’en suis encore tout remué et retourné, dans le mauvais sens, que ça fait gerber. Tout sens dessus-dessous, avec le tournis, ce qui m’étonne, n’ayant rien d’un ruminant dont l’encéphale subit l’assaut de larves de ténias, sales teignes ! Qu’est-ce que je viens d’apprendre en regardant une émission à la télé ? Qu’il y a des malades, moi je crois plutôt des monstres pervers qui, sous prétexte qu’ils se sentent bien plus appartenir au sexe qu’ils n’ont pas qu’à celui qu’ils ont, pourtant bien en chair en os et tout, voilà-t’i pas qu’ils se font opérer pour changer de sexe. Moi, je trouve ça dégoûtant, parce que quand même, hein, tout à fait entre nous… Puis quelle idée, de se faire greffer ce genre de choses, que des fois on ne sait même pas d’où ça provient. On va où ? je vous le demande. Que le papa il devienne maman et qu’elle, je veux dire l’ex, pas l’ex parce qu’ils ont divorcé, non, l’ex mère, et qu’elle, elle devienne papa, passe encore, à la limite, parce que le gamin, hein, il a encore père et mère. Mais les couples monoparentaux, je veux dire ceux qui sont plus ensemble à cause qu’un des deux a voulu changer de sexe, par exemple, et ben il fait quoi le gamin ? CONTINUER

Plage, bouteille à la mer et enfant

Peut-être qu’un jour, sur une plage…

Une petite fille s’y promène, ou un petit garçon, je m’en fiche, un enfant. Il ramasse des cailloux. C’est joli les cailloux, bien cirés, comme les meubles des vieux quand ils les ont encaustiqués avec toutes leurs années derrière eux, depuis le temps. Des coquillages aussi. Les coquillages ça sent pas toujours très bon, des fois, alors on leur fait prendre un bain pour les décrotter. Avec un peu de chance, parce que… CONTINUER

Racisme, vermine, schlague et chemises noires

Publié le 23 septembre 2011
Nul désir ici de blesser qui que ce soit, hormis ceux qui le mériteraient, mais qui n’auront cure de ce dialogue entre deux abrutis, prions pour eux. Abrutis qui, continuant à cracher leur venin et leur imbécilité regretteront plus loin, dans leur dialogue devenu blanc*, qu’un panonceau “ARBEIT MACHT FREI” ne soit pas affiché dans les écoles. * Blanc, comme certains livres de ces années de honte 1933-1945 ?.

— Qu’ils aillent se faire voir chez les Grecs.
— Qui ça ?

— Les Grecs, c’te blague. Parce que et pis quoi, hein ?

— Mais ils y sont déjà.

— Dans la merde, oui, ils sont bel et bien dans la merde. Hé ben qu’ils y restent et qu’ils la gardent. C’est quand même pas nous qu’on les y a mis. Puis hein, chacun sa merde.

— Et les Turcs ?

— Ah, me parle pas des Turcs. Ils se croient où, en Turquie ? Rien que des… et c’est pas pour dire. Ah, mais c’est qu’i sont costauds, les Turcs, à faire chier le monde avec leurs bateaux à la con pour soi-disant apporter de l’aide aux pas staliniens* ou un truc comme ça, des sales cons de terroristes arabes, quoi. CONTINUER

Séismes et éruptions en Syrie, Libye et au-delà…

Publié le 23 septembre 2011

Ça a duré des dizaines d’années, sans que ça fasse beaucoup de bruit, juste quelques craquements, à cause d’une terre chauffée à blanc par le soleil. Des dards brûlants, ça et là, crevant quelques abcès en apparence anodins. Pas grave, juste quelques lézardes, quelques rares failles, quelques promeneurs égarés pour s’y précipiter, juste quelques milliers de Syriens hachés menus par une mitraille aveugle. Sans doute la trop forte luminosité, une gêne pour les sbires aux ordres, à plat ventre ou dos courbé devant leur chef pour mieux lui lécher les bottes, garantie bien illusoire de ne pas devenir une cible aux yeux de ses semblables. Juste quelques gémissements, quelques pelletées de terre jetées à la va vite. Ne pas gêner, ne pas se plaindre, ne pas effaroucher les assassins. Chut ! Déjà que… CONTINUER

Mais pour qui PIERRE C.J. VAISSIERE se prend-il ?

Publié le 22 septembre 2011

Mais pour qui PIERRE C.J. VAISSIERE se prend-il ? Pour Dieu le Père ? Pour Dieu le Fils, cet empoté de la Drôme, empoté et mal embouché (car il faut voir les colères qu’il pique contre ses concurrents, sous prétexte qu’ils vendent des cochonneries pour touristes, sur la place de l’église) et qui, contrairement à son père qui a créé deux petits personnages rigolos rien qu’avec ses petites mains et de la terre glaise (laquelle n’existait même pas avant qu’il l’invente), contrairement à son père, disais-je, ne sait rien faire d’autre que tourner la terre en bourrique avec des tours de passe-passe lamentables et même pas drôles si on les compare à ceux du regretté Jojo, je veux dire Garcimore, c’est pour ça qu’il est regretté, seuls les morts ayant droit au regret, mais pas tous, moi dieu merci. CONTINUER

Europe : indignité, scandale, folie

Publié le 21 septembre 2011 par pierrevaissiere

Honte. Concernant la coupe franche dans l’aide alimentaire, ce n’est pas d’une décision de justice dont il s’agit, mais d’une décision d’injustice, prise par des inconscients indifférents aux souffrances des petites gens, pleins de morgue, voire de haine contre… les nécessiteux, les pauvres, les paumés, les sans le sou, bref, tous ceux qui ne font pas propre dans le paysage et qu’il faut rendre exsangue en les essorrant pour leur extorquer le peu qui leur reste. Une décision débile pour laquelle les responsables, eux, devraient être traduits devant un tribunal populaire, quelles que soient les raisons qui auraient motivé leur action. Il auront à répondre de leurs actes. Cela ne se fera sans doute pas par voie de justice, mais par la rue lorsque, excédés, les peuples se soulèveront. CONTINUER

Bugarach : l’Arche de Pierre

Publié le 20 septembre 2011

Je m’en bats l’œil de ce que je vois, surtout pour ce qu’il y a à voir, sans compter qu’on nous cache, si ce n’est tout, l’essentiel. Je n’entends rien à ce qui est dit et encore moins à ce qui se raconte, parce que je sais qu’on nous mène en bateau et qu’on ne nous a donné ni rames, ni avirons, ni voiles, ni moteur. Parce que le cinéma ça va un moment, je ne m’émeus pas à ce qui est touchant. Parce qu’ils en rajoutent, je ne vibre pas plus aux autres qu’à mon téléphone portable qui n’a pas eu de funérailles lorsque je l’ai noyé après l’avoir balancé du 10e étage, puis récupéré pour le massacrer à coups de masse avant de le pulvériser au rouleau compresseur…

Notre mont Ararat sera le Bugarach, ce haut lieu spirituel dont l’altitude est garante d’une survie, à condition toutefois que les illuminés qui l’encombrent soient éliminés. Les varans de Komodo, lions, guépards, tigres, crotales et autres scorpions embarqués s’en chargeront, pour peu que nous les ayons suffisamment domestiqués afin qu’ils soient en mesure d’obéir et d’exécuter nos ordres. CONTINUER

Pensées-au-miroir

Publié le 20 septembre 2011

« L’humanité est vouée à la disparition ou au départ sur une autre planète… » raconte une voix à la radio. En cet instant précis, le miroir ovale marine s’est décroché. Contre aucune attente –,j’ai, hélas, tout mon temps et n’ai aucune raison pour tirer des conclusions hâtives– seul le cadre s’est brisé, laissant apparaître le chant glacé du verre et d’autres possibles. Le miroir enferme, montre une limite que renforce son cadre : nous ne pouvons concevoir que ce que nous pouvons entrevoir. Le miroir nous renvoit à nos illusions. Nous croyons nous y voir mais ce que nous y voyons (ce que nous croyons y voir) n’est pas même une image. Nettoyer la glace en la frottant n’y fera rien et ne saura réchauffer ce qui apparaît… CONTINUER

La glace de la salle de bains : ombre et lumière

Publié le 19 septembre 2011

Je me suis réveillé, squatté par de drôles de sentiments. Pas habité, qui implique un choix conscient de la part du propriétaire, mais squatté. Drôles, pas marrants. Parce qu’on se veut homme –l’animal humanisé–, on se veut juste, bon, généreux, s’imaginant de la sorte atteindre le rang d’humain. Cette position obtenue, le miroir nous renvoie l’image de quelqu’un qui, à défaut de se dire « je suis quelqu’un de bien », peut se regarder sans honte. Devoir accompli. CONTINUER

Panne de courant

Publié le 19 septembre 2011

Le monde moderne est magnifique, sauf quand ça se déglingue.

Nous fumes coupés au téléphone avec ça regarde personne par une panne de courant chez nous, ce qui est bien courant depuis quelques temps. Quand le jus est revenu, plus de téléphone. J’ai suivi la procédure habituelle pour que ça refonctionne, c’est à dire jurons genre “péripapéticienne de lupanar de fèces, font caguer !”, ce qui n’y a rien fait. L’a fallu que je bigophone à monsieur Fournisseur d’Accès quand même moins désaxé que dame Electre, ça a duré des heures et ça a finalement marché quand ils ont bricolé à distance. Qu’est-ce qu’on fait pas aujourd’hui ! Je veux dire eux, pas nous. CONTINUER

Comète Elenin : bientôt chauve ?

De source sûre, que nous tairons pour préserver la sécurité des informateurs de notre réseau WikiCétou nous apprenons avec tristesse qu’après s’être fait des cheveux par peur panique de heurter la grosse motte de terre qui se trouve sur son chemin, la comète C 2010 X1 Lénine Elenin les aurait quasiment tous perdus. Selon ces mêmes sources qui coulent à flot comme doit le faire le Wikis Whisky chez WikiStrict Wikistrike, un mauvais réglage de sèche cheveux pourrait être à l’origine de ce drame qui pourrait amener la désespérée à mettre fin à ses jours. Gageons que cette nouvelle sidérale sidérante mettra sens dessous-dessus et vice-versa, les tenants et surtout aboutissants des théories apocalyptiques. Espérons que, le souffle coupé par cette terrible nouvelle, ils retrouvent la paix de l’âme, à défaut de celle de l’esprit. Saint noeud-neurone, priez pour eux.

Morgue, mise en bière et mise en terre

J’ai pris mes quartiers. De viande, que j’ai emballés comme il faut, histoire de ne heurter personne, mais aussi parce que je suis pudique. Un drap de lin a fait l’affaire. Je suis allongé, seul. Doigts de pieds en éventail, je me suis laissé aller par tous les pores et tous les orifices, laissant s’écouler cette substance qui longtemps m’agita. Bientôt complètement refroidi, peu m’en chaut alors que le temps soit calme et dénué de tout souffle, ou maraud à soulever les jupes des filles. Sans cette étiquette et son bout de ficelle qui me chatouillent les orteils, ce serait parfait et pourrais me laisser aller aux rêves les plus fous, ceux qui nous coupent du tangible. CONTINUER

Rêve de Pape, rêve de Papesse

— Le Pape est mort. Un nouveau Pape est appelé à régner.
— Araignée ? Quel drôle de nom, pourquoi pas libellule ou papillon ?
Comptine

Eh voui, il est mort. Comme quoi, on a beau croire en Dieu, hein ! Enfin, c’que j’en dis… Hélas ou tant pis, ce n’est qu’en rêve. Un rêve pieux, comme on dit quand on y est, je veux dire au plumard. J’ai rêvé que j’étais Pape, Le Pape. Ou plutôt La Pape, la Papesse, si vous voulez. Qu’on m’explique pourquoi on ne dit pas la Mamesse, hein ? Ou la Mômesse, si la Pape est une fille, jeune et tout. Mais faut pas rêver et ça n’est n’est pas demain la veille ni l’avant veille de l’Avant qu’on verra sur le trône épiscopal une gonzesse. Accorte et court vêtue, comptez-y encore moins. Tout à fait entre nous, mieux vaut cela, car avec tous les frustrés qui se baladent dans les couloirs vaticanesques, ô misère ! Mon rêve, où je suis une Papesse. Je vous le raconte. CONTINUER

Le silence, une langue lumineuse

Il y en a qui parlent anglais, avec ou sans chewing-gum, même si ça fait plutôt américain, mais c’est de l’anglais quand même. D’autres parlent en arabe ou en chinois, des fois les deux. Il y en a plein qui parlent comme ça, mais pas tous parlent les deux.

Moi je parle silence. C’est ma langue que j’ai apprise à force que j’étais toujours seul. J’ai toujours été seul, même avant de naître, je crois. Je suis très fort en silence. Pas de fautes et même pas d’accent qu’il y en a que ça fait moquer et qui disent d’où qui vient, lui ? Ma langue à moi c’est le silence. C’est la seule que je comprends parce que je l’ai apprise par cœur, à force. Des gens ils disent que ça s’appelle autisme, même qu’ils sont pas d’accord avec d’autres qui disent que c’est pas vrai, que c’est mutisme qui est vrai. C’est des étrangers qui comprennent pas le silence. Je suis content de parler silence, parce qu’il y en a plein qui savent pas, alors je dis tout ce que je veux et même ce que je veux pas. CONTINUER

Commémoration du 11 septembre à New York

Statistiquement, il pourrait y avoir une chance sur deux, soit donc approximativement 50 chances sur 100 –si on peut parler de chance– qu’un acte de terrorisme soit commis lors de la commémoration des attentats du 11 septembre, à New York. Selon notre envoyé spécial dans ce pays meurtri, et afin de minimiser au maximum les risques encourus, le Pentagone pourrait… CONTINUER

Disparition de Jacques Lacan

Mauvaise nouvelle.

Un pneumatique signé Carl Gustav et Sigmund*, envoyé ce matin de Clermont-Ferrand, m’apprend dans un souffle sec, brutal, froid et glacé la disparition de Jacques Lacan, mon maître à panser, un des inventeurs –sans doute le plus grand– de l’emplâtre sur les jambes de bois grâce à qui, après que j’en eu perdu deux dans l’incendie déclenché par deux rouquines, des allumeuses sorties tout droit des enfers, qui m’avaient mis le feu du cul jusqu’au pied droit ainsi qu’au gauche –je n’avais pris ni l’un, ni l’autre–, grâce à qui, et quoi que bien mal acquis ne profite qu’aux autres, grâce à qui j’avais pu à nouveau me remettre à marcher, malgré quelques douloureuses douleurs aux genoux. CONTINUER

Kadhafi : la traque

« Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » Arnaud Amaury, légat du pape, au siège de Béziers, le 22 juillet 1209

Ah mais, c’est qu’il nous en fait de belles, notre colonel, qu’on le cherche partout, surtout là où il est pas. Enfin moi, c’que j’en dis… Et pourquoi qu’il y est pas ? Vous demandez-vous fébriles, à cause de quelques saloperies de bactéries qui vous bouffent les neurones ? À cause que c’est pas lui qu’il faut chercher. Pas exactement lui. Bon, d’accord, si tu connais sa démarche, ses mensurations, son timbre de voix et sa façon de dire des âneries, tu peux le reconnaître. Pareil si ta relation avec lui a été d’ordre intime, quand tu as… CONTINUER

Musique invasive

Boum boum boum boum boum dsoïng boum boum boum boum boum dzoïng et tralala itou et youp la boume, tagada tsoin tsoin, puis re boum boum boum boum boum. Fait chier, la zizique, surtout la zizique à la con qui s’infiltre partout, plus que le sable dans les portugaises un jour de vent du même bois. Zizique à la con, parce que personne ne l’écoute mais qu’on est bien obligé de l’entendre, sauf si on a la chance d’avoir une banane pour se les carrer dans les oreilles.Bio, il vaut mieux. Ça nous envahit, ça nous casse les oreilles, ça nous brise les burnes, ça nous secoue les entrailles, ça fait dérater le cœur, ça tape sur le système. CONTINUER

Bugarach et fin du monde : la vérité

On apprend de source sûre, puisque divine, que le seul endroit où ça va péter le 21 décembre 2012, c’est au Bugarach, un gros caillou jeté là il y a quelques siècles par le géant Vit de Larguais, un colosse de Rhodes (selon certains histériques historiens) venu se faire soigner son arthrite dans cette belle région plus renommée pour ses sources thermales que pour son pinard auquel le père Bérenger Saunière lui même –Dieu aura son âme s’il nous fait de l’Alzheimer–, cureton d’un patelin des environs, n’a jamais goûté malgré les exhortations des services secrets israéliens qui veulent lui faire avouer où se trouvent les documents prouvant que le trou du cul du monde –j’ai cité : Bugarach– doit péter le 21 décembre 2012. CONTINUER

Chômage et surnatalité

On, l’apprend aujourd’hui de la bouche d’égoût de la bouche d’un vague secrétaire d’État chargé du Commerce, de l’Artisanat, des PME, du Tourisme, des services, des Professions libérales et de la Consommation, auprès du Ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie du Gouvernement : le chômage est dû à la surnatalité. Ce qu’il ne dit pas, car les choses liées au sexe étant vraiment dégueulasses, on les cache, c’est que cette surnatalité est due à la mauvaise qualité des préservatifs. En effet, il faut savoir que plus de 120% de ceux-ci sont des préserves hatifs recyclés, vite faits et introduits dans mis sur le marché sans même avoir été testés. CONTINUER

Des amis grâce à Facebook,Twitter et autres réseaux sociaux

Touiiiiiiit touiiiiiit…

L’ami de mon ami est-il mon ami ? Sans doute aucun, si l’ami dont il s’agit est moi-même. Je ne m’aime pas toujours comme je le mériterais, et sans doute jamais assez, mais lorsque j’ai besoin d’un vrai coup de main, je réponds présent, jamais absent : toujours prêt à me donner un coup de main. D’ailleurs, répondre absent est d’une stupidité sans borne, car pour répondre absent à qui nous demande si on est là, encore faut-il être présent, et non parti voir ailleurs si on y était, et jamais je ne me réponds « va voir ailleurs si j’y suis » lorsque j’ai besoin de moi. Ou alors il me faudrait être totalement absent, je veux dire être à l’ouest –où il n’y a jamais rien de nouveau–, planer, rêvasser. D’un autre côté, si c’est moi-même qui interpelle l’ami que je suis avec lui, et qui n’est autre que moi-même, rien ne m’empêcherait de me dire d’aller voir ailleurs si j’y suis, ce qui n’aurait aucun sens, sachant fort bien que je n’y suis pas, qu’il n’y aurait personne et que si j’y allais quand même je reviendrai déçu.

Touiiiiiiit touiiiiiit touiiiiiit… CONTINUER

Google recherche et… synchronicité ?

Google, c’est dingue. Je suis en lien vibratoire avec, faut voir comme. Déjà avant, c’était pas rien puisque c’était quelque chose, mais maintenant c’est encore autre chose. Vous ne voyez peut-être pas ce que je veux dire, mais vous allez comprendre.

Je pense à un quelconque truc, par exemple Turc. Ceci dit j’aurais tout aussi bien pu penser à autre chose. Pour que le Turc ne reste pas dans ma tête, surtout s’il est costaud, ce qui n’est pas rare, je le saisis, et hop ! Dans l’ordinateur. En fait, il y en a un morceau dans l’ordi, je pense que c’est l’esprit ou l’âme, je ne fais pas bien la différence, mais mon Turc, c’est sur l’écran qu’il s’affiche. Une petite affiche, parce qu’une grande ne tiendrait pas sur l’écran. Je l’ai mis dans la case Google recherche, celle où il y a un dessin abstrait, genre art moderne, rouge, vert, jaune et je sais pas, noir ou bleu. Un petit dessin qui mesure dans les… Le temps de prendre le double centimètre que je me suis fabriqué en même temps que neuf autres en coupant en dix morceaux égaux mon double décimètre. Je vois bien à vue de nez que le dessin en question mesure moins de 2cm, et il n’y a aucune raison que j’utilise mon double décimètre pour le mesurer. Les choses s’usent et coûtent cher, alors autant faire attention. L’économie, il n’y a que ça de vrai… CONTINUER

La cache de Kadhafi enfin découverte

— Chif, chif, j’y sais où c’qu’il est, li colonel Kadhafi. J’al trovi avic pendoul.
— Très bien soldat, et où est-il ?

— J’al trovi où c’qu’i s’cache. Avic pendoul, sir la carte.

— J’entends bien, je te félicite, bravo, tu auras une médaille. Alors, mon brave, où se cache-t-il ?

— Dis, ti t’fous d’ma goule. Ça fit dapouis quaronte ons qui j’mi fais biser et j’vis pas mi fire biser acore. Ch’ti dis à toi, ti li dis à l’otre chif a’dsus toi et c’ist toi qu’empoche li sous. Va ti faire fotre. C’ist moi l’a trovi Kadhafi, c’ist moi qu’empoche li sous.

— Gardes ! Gaaaaaaaardes ! Amenez la gégène. CONTINUER

Une séance de spiritisme

— La magie, l’occultisme et toutes ces conneries, moi j’y crois pas.
— T’y crois pas mais pourtant…

— Pourtant quoi ?

— Les tables tournantes, eh bien, ça marche. Elles tapent, elles tournent, et tout ça…

— Peut-être bien, mais ça marche pas. Pour preuve l’autre jour. Et pourtant, c’était avec le guéridon de la mémé d’Henri, le voisin du 9e. Un vrai guéridon en bois, même qu’il y a de la marqueterie, un truc bizarre. Faut que ça ait trois pieds si on veut que ça marche, à ce qu’on dit, et il a trois pieds. Un truc qu’elle avait fait fabriquer exprès pour ses séances de spiritisme, du temps d’avant qu’elle devienne vieille. La peau des fesses, ça lui avait coûté, à la mémé. Le meilleur ébéniste de la place.
— Et alors ?

— Alors ton esprit, il est point venu… CONTINUER

Dictateurs en péril

— Germaiiiiiine !
— C’est quoi encore ?

— C’est-i que tu t’serais inscrite à “Chefs d’oeuvres” en péril ?

— Ah, c’est malin.

— J’plaisante, c’est à “Dictateurs en péril”. Paraît qu’i y’a un grand concours.

— Et c’est toi qui va gagner, pour sûr.

— Pas de risque, j’ai point postulé, c’est les autres qui y font pour nous : les inscriptions et tout le bataclan.

— Quels autres ?

— Ceux qui sont déjà inscrits d’office mais que ça gêne leur égo au cas où ils gagneraient, même s’ils étaient plusieurs gagnants égaux. Alors ils donnent leur chance à d’autres.

— À qui ? CONTINUER

C’est à cause des pauvres qu’il y a des riches

— C’est à cause des pauvres –je veux dire ceux qui tirent le diable par la queue– qu’il y a des riches.
— Tiens donc, et pourquoi pas le contraire ?

— Histoire de masse, de multitude. La multitude ne fait pas les lois, mais elle fait loi. Le paysan est plus riche que le ver de terre. Sans lui qui aère la terre, le paysan n’aurait plus qu’à se faire fonctionnaire. Il fait marner les vers de terre, c’est ça le truc, et les vers de terre, ils marchent dans la combine, qu’ils le veulent ou non, pour avoir de quoi bouloter et se reproduire. Esclavagés, qu’ils sont, les vers de terre, tous les vers de terre, et ces cons s’en satisfont. Voilà tout.

— Ils sont combien les vers de terre ?

— À raison d’une moyenne de 1 000 000 à l’hectare, et les terres émergées faisant pas loin de 15 000 000 000 d’hectares, ça fait pas loin de 150 400 000 00 000 000 de bestiaux. 15 millions de milliards.

— C’est dingue ! Qui c’est qu’a calculé ça. Et les fourmis ?

— Dans les 10 millions de milliards, mais je n’ai pas recompté. Puis qu’est-ce que tu viens m’emmerder avec les fourmis. 15 millions de milliards d’individus qui bossent pour 7 minables milliards de bonshommes. Tu vois ça ? CONTINUER

Faut-il taxer davantage les riches ?

Les riches, c’est-i qu’i doivent-ils être plus taxés ? Les autres riches, oui, mais moi, tu rigoles. Ah ça, pas question, nom ti dieu ! Et pis quoi ? D’accord, je suis plein aux as, et aussi bourré comme une huître à cause que j’arrête pas d’arroser à cause qu’i fait chaud, mais aussi à cause que j’ai gagné quèques mignonnets fifrelins au loto, mais ça s’est pas fait tout seul, ah non. J’ai nonante-huit ans, mon gars, et tranquille autant de misère ou pas loin, que le Kiravi, même si c’est pas ma tasse de thé, j’en ai plus bu que du thé, et j’te dis pas pour la Villageoise. Faut voir aussi, mais ch’sais pas si tu peux y voir si t’es pas un gars de par ici, faut voir et faut y dire que la terre, c’est plus bas que c’qu’on croit. Faut te la remuer, te la s’couer, te la piocher, te la biner, te la sarcler, te la labourer plus profond que l’épouse, même que c’est pas qu’une seule fois qu’elle a failli voir par ailleurs si j’y étais, chez le voisin, c’t’engeance de cul-terreux que j’préfère rien en dire tant qu’i y’aurait à en dire… CONTINUER

Lettre à Mouammar Kadhafi

Tu as rêvé d’être grand. Tu as rêvé d’être le Timonier de cette terre du nord de l’Afrique, le Maghreb, que tu as sans doute aimé car il était ton sang, et rêvé d’une union avec les pays du Machrek. Tu as rêvé d’être aimé du peuple –et tu l’as été un temps en redonnant fierté et liberté à la Libye–, tu as rêvé d’être adulé par ceux à qui tu as donné des parcelles de pouvoir, rêvé d’être respecté par tes pairs, et tu t’es même imaginé un temps devenir respectable au sein des nations… CONTINUER

Libye : des signes d’une reprise de l’activité économique

Selon notre envoyé très spécial en Libye, qu’il s’agisse du petit commerce ou des services, une reprise d’activité se profile dans le pays. On aurait relevé une importante progression des ventes de ciseaux (+28%), tondeuses (+60%), rasoirs (+55%), divers instruments tranchants (+65%), cordes en chanvre (85%), mousse à raser (15%), faux papiers d’identité (+15%),… CONTINUER

Vacances

C’est pas pour me venter, d’autant qu’avec ce qui suit on comprendra que j’ai autant de souffle que le soufflet percé de mon pote maréchal ferrant de Clermont-Ferrand, drôle de patelin où on met des pneus aux chevaux, mais il fait un tel chaud que la météo fait son show à la télé. Je veux dire ceux qui météorologisent et qui, quoi qu’amples soient leurs gestes désordonnés, sauf si l’anticyclone est installé, ne font que brasser l’air sans faire plus de vent qu’un pet de nonne, qui n’en fait point, sauf si, plutôt que de croquer dedans on plaque violemment la langue contre le palais. Technique qui demande un long apprentissage et une bonne pratique de la méditation sans transe dentale. CONTINUER

On ne voit pas le temps passer

— On est en août, le 30 juillet est derrière nous et je n’ai toujours pas écrit mon article.
— Quel article ?

— Celui du 30. Mon contrat stipule clair et net que je dois produire un article tous les 30 du mois.

— Et pourquoi pas le 31 ?

— Parce que c’est un mensuel, et qu’un mensuel ça paraît une fois par mois, chaque mois. Ce qui fait 12 articles dans l’année.

— Et en février, alors ?

— ?

— Février avec ses 28 jours les bonnes années et 29 les mauvaises, à cause que les mauvaises années durent toujours plus longtemps que les autres.

— Tu en es sûr des 28 ou 29 jours ?

— Comme 123456789 et 123456789 font 24681012141618. Du coup, ton contrat est bidon et caduque. À moins d’un avenant au contrat qui stipule que le 30 février n’existant pas, c’est le 0 mars que tu dois produire ton article.

— Sauf que le 0 mars n’existe pas. Et en plus je n’ai pas vu… CONTINUER

Ai-je fait Dieu à mon image ?

J’ai reçu un email de Dieulepère en personne. En personne, ça veut pas dire obligatoirement qu’il est incarné, mais que c’est bien de lui, de lui-même, de sa main, fut-elle de pure lumière. Attention, quand je parle de lumière, je parle de celle qu’on ne peut pas voir à l’oeil nu, mais seulement à l’oeil vêtu, pudeur et respect obligent. Vêtements de plomb de préférence, la fréquence de cette lumière étant si élevée qu’on se trouve autant démuni devant la pauvreté de notre vocabulaire qu’un indigent devant le vide infini de son escarcelle en plastique de mauvaise qualité. CONTINUER

Si j’étais Kadhafi, si j’étais Libyen, si j’étais un avion de chasse…

Si j’étais Kadhafi, je me brancherais un oléoduc, je ne sais où, mais je trouverais. Et je me ferais la malle pour n’en pas laisser une goutte à ceux qui veulent s’attribuer à l’oeil le pétrole de la Libye. Et qui n’en ont rien à foutre des Libyens. Si j’étais un ministre de la Défense, donc de la Guerre, ou un ministres des Affaires étrangères, je me la fermerais. De quelle nation ? J’en sais fichtre rien, mais je trouverais. Si j’étais Libyen, ça me ferait quand même chier qu’on bombarde mon pays. Et ça me ferait mal. Si j’étais un avion de chasse, je vomirais le kérosène dont on me gave. Je ne sais pas sur quelle cible, mais ça devrait pouvoir se trouver. Si j’étais un Libyen mort, je ne dirais rien, mais n’en penserais pas moins. Si j’étais une mère dont le gamin a reçu une bombinette… CONTINUER

La grenouille et la punaise de bénitier

— Oui, je croââââââ…
— Monjour badabe la crenouille.

— Qui tu es toi ? Et qui t’a dit que j’étais une grenouille ? Ça se voit tant que ça ?

— C’est que dans le ménitier, à part les crenouilles et les bunaises, je vois pas. Pis y’a c’que vous jantiez… Moi, je suis une bunaise, une bunaise de ménitier. Enjantée.

— C’est quoi c’t’histoire ? Le bénitier c’est chez moi, point. Depuis que le Très Grand nous a dit de croasser et de multiplier, on croasse et on multiplie. Et comme on a besoin d’eau… CONTINUER

Du plomb en Syrie, du plomb en série

— Maman, ma-maaaaannnnn !
— Qu’est-ce qu’il t’arrive encore mon chéri ?

— C’est Bassel, i m’a pris mes soldats de plomb et mes avions.

— Mais non, mon chéri, tu sais bien qu’il est au ciel, avec Allah. Allez, calme-toi. Viens là.
— Non, je veux mes soldats et mes avions. Tac tac tac tac. Pour tuer les méchants, comme papa il a fait. Tiens, prends-ça.
— Tu peux jouer, mais j’aimerais bien que tu n’en mettes pas partout dans la salle de bains.
— C’est pas la salle de bains, c’est la mer Diterrané. Avec mes bateaux pour tirer sur les méchants. Pis d’abord je veux que Bassel il me rend mes avions, sinon j’le tue.
— Ce n’est pas beau de tuer son frère, mon chéri, surtout qu’il est déjà mort, je te l’ai déjà dit. Et ça ne ferait pas du tout plaisir à Allah.

« Allo, allo, c’est votre président de la Syrie qui vous parle. Rendez-vous et il ne vous sera fait aucun mal. Ordre à la deuxième division blindée de faire mouvement sur Qousaïr. Vroum, vroum, vroum… Plus vite. À l’attaque. CONTINUER

Assomption : prière à Marie

15 août, Assomption. Huit heures du matin. Je me lave. Non, je m’ai déjà lavé hier, que c’était dimanche. Je me rase pas plus. Juste un peu d’after chèvre, que je sais pas ce qu’ils y trouvent à ça, ni d’où c’est qu’ils y tirent, des fois vaudrait mieux pas savoir. Mais enfin… La Marie je la lèverais bien, mais c’est qu’avec ses rhumatismes… C’est pas tant ça, sauf pour elle que ça la fait beugler, mais c’est qu’elle pèse son poids et que c’est moi que ça fait beugler. Les patates, ça vaut rien pour les reins, même avec l’ouvrier. J’te dirai, la traite non plus, la retraite, j’en sais point rien encore. Alors je la laisse ronfler J’irai à l’église tout seul, et j’peux pas dire que ça me changera, vu depuis l’temps que c’est comme ça. La vieillerie, ça a rien de bon, tu verras. Enfin, pas pour tout le monde, j’me comprends. CONTINUER

Effet papillon et crise économique

« Prédire un événement n’est déjà pas facile, mon Coco, mais quand il s’agit de l’avenir, c’est une autre paire de Channel » me disait hier ma couturière préférée. C’était à Hyères, il y a longtemps, hier n’étant qu’une façon de raccourcir les choses, et une autre concernant l’élégance qui impose de ne pas dévoiler son âge, fut-il de 85 ans passés, ce qui peut-être m’arrivera un jour. Je l’avais écoutée sans bien entendre, ayant enlevé mon Sonotone comme je le fais lorsque je vais à la plage. Je n’aurais jamais dû l’enlever, malgré les risques d’ensablement tels qu’on en connaît au Portugal.

Après de brillantes études d’économiste j’ai ouvert un cabinet de prospectives économiques –“Prospectéco”– dont vous avez sûrement entendu parler sur les grands médias. Prospectives, parce que ça pose son homme, contrairement à Prédictions. CONTINUER

Crise financière

À propos de la chute des marchés financiers

C’est la crise, ça n’est pas nouveau, ça n’a pas débarqué par enchantement, ni parce que de vilains sorciers ont jeté un sort sur l’économie, et encore moins parce que des agences de notation ont attribué des mauvaises notes –justifiées– à des cancres qui voient la paille que nous avons dans l’oeil mais ne reconnaissent pas la poutre qui les aveugle. Agences qui estiment que mieux vaut un thermomètre qu’une balayette, le premier permettant de prendre la température, ce qui permet aux médecins de plonger le bébé dans un bain frais s’il a trop de fièvre. Mais y a-t-il un médecin à bord ? On peut en douter. Du coup –politique de l’autruche– nos grands décideurs trouvent plus simple d’accuser le thermomètre et ceux qui l’introduisent dans le fondement que de se pencher sur les causes de la fièvre. CONTINUER

Bachar el-Assad : un vilain garçon ?

Non mais, franchement, les Syriens (je parle de ceux qui trublionnent l’ordre de ce magnifique pays qu’est Al Jumhuriyah al Arabiyah as Suriyah et empêchent Bachar el-Assad de prier en paix), ils n’exagèreraient pas légèrement et n’en rajouteraient pas aux supposées tuiles qui leur tombent sur la tête ? De quoi se plaignent-ils ? Qu’on les laisse tomber ? Ils n’écoutent pas les infos ? Qu’Obama, Merkel et Sarkozy aient mouillé leur chemise en prenant sur eux et sur leur temps de loisir pour dénoncer la violence en Syrie ne leur suffit donc pas ? Ils veulent quoi, à la fin, que les trois lascars se mouillent davantage, comme ils le font en Libye ? Et pour quoi faire, je vous le demande. Se faire, à juste titre, traiter de nazis par d’honnêtes citoyens à qui on ne la fait pas et qui ont tout compris ? CONTINUER

Yellowstone, Hekla et Vésuve : youp là boum !

J’ai marché des heures et des heures en ville, traçant d’une rue à l’autre d’un pas aussi vif que le froid bouffi de bise de ce début janvier avec ses vœux de bonheur fourre-tout qu’on débite ou reçoit. Mécanisme qu’on croyait bien réglé avant que l’Internet soit déglingué. D’énormes explosions solaires, ils avaient dit à la télé, avant que toutes les chaînes disjonctent. Le téléphone s’est tu. CONTINUER

Meeting aérien du 15 août, à Lisieux, avé Maria

Lisieux. Le grand Meeting aérien et de l’aviation, de l’aéronautique et de l’aérospatiale réunies qui devait avoir lieu le 15 août, aura finalement bien lieu le 15 août, sur le même terrain d’aviation de cette charmante ville provinciale où chaque pas nous fait buter sur une question existentielle à laquelle seule peut répondre la spiritualité, le signe de croix et l’eau bénite.

On verra avec ravissement évoluer dans le ciel limpide qu’aura exigé le syndicat des météorologues : les avions de chasse de la Base aérienne de Vire ; les aéronefs de pêche de la base aéronavale de Strasbourg, avec tirs sur des saucisses du même coin remorquées par de remarquables biplans rescapés du film remarquable “À l’ouest, rien de nouveau” (“Im Western nicht neues”), tiré d’un roman remarquable de Erich Maria Observation Remarque ; la Patrouille de France avec, pour la toute première fois, son spectacle époustouflant de largage de gaz tricolores ; les héroïques sauts sans parachute des sociétaires de l’association “PDG en péril” depuis un Bréguet 2 ponts qui se serait embourbé en bout de piste lors des événements de 1944… CONTINUER

Extra-terrestres : révélations

Ce qu’on nous cache sur les extra-terrestres. D’abord, on nous le cache mal, pour preuve, mais qu’on le veuille ou non ils existent bel et bien, Dieu dans sa grande sagesse et son infinie créativité de Créateur les ayant créés avant même que nous envisagions leur éventuelle existence.

Les extra-terrestres ne sont ni ronds, ni carrés, ni pointus, ni ovales, comme l’est cette autre chose dont je ne me rappelle plus le nom, mais seulement la forme, que cite une charmante chanson toute de fraîcheur. En fait ils n’ont pas de forme, mais ils la tiennent. Ils sont très petits, contrairement à ce qu’on veut nous faire croire pour que, d’emblée, nous les rejetions, par crainte illusoire et stupide qu’ils provoquent un basculement des pôles auquel aucun chiropracteur n’y pourrait quoi que ce soit.CONTINUER

Marie : la vérité sur son Assomption

C’est le mois de Marie, c’est le mois le plus beau. Il n’y a pas qu’un mois de Marie, mais deux majeurs, de même qu’on a deux majeurs si on n’est pas manchot, ce qui est mon cas, hormis les hémisphères cérébraux. Mois de mai, et mois d’août. En mai, parce que c’est le mois de Marie comme l’affirme le chœur des vierges dans ce sublime chant liturgique, et en août, grâce aux vents ascendants que provoque la chaleur estivale, qui assistent notre bonne Marie dans sa quête d’élévation, la faisant gagner de l’altitude, dépasser l’atmosphère, franchir la frontière qui la sépare de la stratosphère, puis enfin atteindre le Ciel, avec une majuscule. Tout ça avec la seule force de sa pensée hautement spirituelle. CONTINUER

Un texte qui s’émancipe… Et puis quoi encore ?

Alors que j’écrivais mon article du 30 du mois passé, donc juillet, mon texte s’est mis à faire des siennes et s’est pris l’envie, comme ça, sans prévenir, de s’éprendre de liberté. Je ne suis pas contre la liberté, surtout la mienne, et Dieu sait si je milite pour l’asseoir et plus encore pour la dresser debout face aux régimes d’amaigrissement de la pensée, mais de là à laisser mes mots faire ce que bon leur semble, il y a une marge. Marge dans laquelle certains sont d’ailleurs tombés, ça leur apprendra. Et les marges étant à l’extérieur de l’écran, pas question de m’épuiser à essayer d’y repêcher ces mots maladroits avec une gaffe ou une épuisette. Je les ai laissés là où ils ont chu. Virant ponctuations et espaces entre eux, d’autres mots se sont regroupés avant de me faire face. CONTINUER

Naufrageur

Je n’ai pas attendu que la nuit gagne l’horizon pour qu’il disparaisse. Je l’ai assombri, puis noirci. J’ai fait démolir le phare et ses occupants qu’il m’a bien fallu réduire au silence. J’ai redessiné la côte, l’ai transformée de fond en comble, ai fait déplacer les bancs de sable, m’y suis assis pour attendre que surgissent de la nuit ceux qui naufrageront. J’ai fait dresser des falaises là où il n’y avait que des plages de sable, ai fait surgir des brisants aux pointes acérées, ai déplacé des épaves et rasé les amers. CONTINUER

Sale temps, y’a plus d’saisons

Sans le temps qu’il fait, nous n’en prendrions pas pour en parler à ceux dont nous n’avons rien à faire, lorsque ce temps correspond à nos attentes. Chaud et plutôt sec en été, mezzo et humide en automne, hivernal en hiver et printanier au printemps. Normalement.

Cet été 2011 est béni, reconnaissons-le, qui nous permet de prendre le temps d’en parler, dans l’ordre : à notre chien –normal, puisqu’il fait un temps de chien– ; à notre poisson rouge lorsque nous le promenons dans son bocal pour que l’onde généreuse le remplisse, mais pas trop, sinon l’eau déborderait, entraînant dans son flot l’aquatique bestiole trop heureuse de nous fausser compagnie en gagnant caniveau, ru, ruisseaux, rivière, fleuve puis estuaire, avant quelle ne se rende compte, mais c’est trop tard, qu’elle est un poisson d’eau douce ; à la concierge de l’immeuble d’à-côté, la mienne (qui était aussi la nôtre) ayant eu la mauvaise idée pour certains, excellente pour d’autres, de décider de décéder sous le prétexte fallacieux (comme le sont plus de 74,5 % de prétextes) que les occupants sont de plus en plus radins question étrennes… CONTINUER

Connerie et TGV chinois

— La connerie, c’est pas moi qui l’ai inventée.
— C’est comme les Chinois, c’est pas eux qui ont inventé le TGV.

— Je vois pas le rapport.

— Ils l’ont pas inventé, mais ils l’ont sacrément copié. En pire, c’est vrai.

— Je vois toujours pas le rapport.

— Tu m’étonnes…

Actualités

Elle en chie comme deux ronds de flans, la p’tite vieille. Un cabas à droite, un autre à gauche, un bandage à chaque jambe, sans doute pour l’équilibre des pneus. Fait beau, fait chaud, ça pleut, ça pèle, c’est pareil, temps de chiotte, quand on se trimballe rhumatismes en tête de défilé. Quatre cinq gamins bourrés de soupe et d’espérance, sourire aux lèvres, c’est pas tous les jours qu’on est reçu à ce genre de concours qui fait qu’un jour tu seras un con, tout court. Une gamine sur un vélo, et que j’te pédale pour aller où, elle n’en sait rien, mais elle y va. La cécité, ça donne du coeur à l’ouvrage et des muscles aux guiboles. CONTINUER

Aimer…

— Germaine… Germèèèèèène !
— C’est quoi encore ?

— J’t’adore.

— Et c’est pour ça que tu me fais v’nir en braillant ? Pis pourquoi tu m’adores, comme tu dis ?

— Pace que j’t’aime bien, et j’t’aime bien pace que t’es ben un peu comme moi. Alors j’t’adore. Sers-nous donc une goutte.

— Sers-là toi-même si tu m’aimes tant que ça.

— Finalement, j’crois bien que j’te déteste.

— Et pourquoi ça, j’te prie ? Ça s’rait-i pas pace que je suis tout comme toi ?

— T’es rien qu’une saleté, ma Germaine. Mais j’t’aime bien quand même. Allez, va, sers-nous un ch’tit godet. CONTINUER

Mécontents de vos élus ? DELETE VOTE & RESET

Avertissement : article alcoolisé, à prendre au même degré que le gros rouge, et à ne pas lire en diagonale.

A voté, a voté, a voté, a voté, a voté… Vous avez sûrement déjà entendu ça en glissant votre bulletin dans l’urne. Après avoir plus ou moins hésité sur le choix royal que proposent panneaux électoraux, affichettes collées vite fait sur le mur de la boucherie du coin et sur celui du charcutier, en face ; dépliant sur papier glacé négligemment posé sur la table basse de votre institut de beauté ; articles dans les canards dont certains bien boîteux à force de faire du buzz à tout prix.

« C’est pas avec sa tronche d’abruti que je vais porter ma voix sur çui-là. », vous vous dites. « Ni sur l’autre, là, costume, cravate, attaché-case, qu’on dirait un de ces putains d’actionnaires d’une de ces putains de multinationales. Elle ? Mmmf, mimi, mais sans plus. L’autre, là, avec son catogan ? Ça risque pas. Voyons… faisons ça ça à pile ou face entre les trois candidats que ma haute autorité a nominés. J’adore nominer, ça ressemble à dominer, en plus vaniteux. Ça pose son homme, quoi. » CONTINUER

Organes et déchéance de nationalité

Et voilà ! Plus con que moi, tu meurs. Ceci dit, et jusqu’à présent, ma connerie ne m’a pas empêché de vivre, si je peux appeler cela vivre. Pour faire vite, disons que je survis. Ce qui n’est pas si grave en soi et qui me permet d’avoir des potes et potesses parmi les autres survivants. La différence entre vivre et survivre ? Il y en a plusieurs, mais me concernant, c’est ce sentiment d’insécurité qui, me collant à la peau, m’englue dans la survie. Vous savez, ce machin qui fait se demander quelle nouvelle tuile va encore arriver ; quelle nouvelle panne de bagnole va se produire ; quel rappel de facture impayée va être glissée dans la boîte aux lettres ; etc., la liste est longue. Heureusement pour moi, je ne m’appelle ni Mohamed Abdelziz, ni Nicolae Teodescku, ni Andrzej Wrockla, ni Dezso Đucrić, ni Mamadou Mgobo. Bref, je ne suis pas un métèque. Non, je m’appelle Pierre Vaissière. Pour être plus précis, Pierre Charles Joseph Vaissière. Et je suis né en France, de parents français, extrait d’acte de naissance faisant foi. CONTINUER

Fête nationale belge, gouvernements et pouvoir

Gouverner, ça veut dire quoi ? Donner une direction ? Bof. Tenir la barre sur le cap précédemment décidé ? Voui. Mais qui décide des directions à prendre ? En supposant que de telles décisions soient prises, ce qui n’est pas si sûr… En tout cas, les Belges, ils sont trop forts. Plus d’un an sans gouvernement, et ça fonctionne. Peut-être même un peu mieux qu’avec, comme quoi on peut légitimement se demander si les gouvernements gouvernent vraiment. Fait intéressant, selon un classement publié récemment (World Justice Project Rule of Law Index) l’état de droit en Belgique a progressé au cours des 12 derniers mois, faisant entrer la Belgique dans le top 10 mondial de l’accès à la justice où elle est classée 10e sur 66 états, et loin devant d’autres pays européens pour le degré d’ouverture du gouvernement (!) alors que la France n’est classée que 16e. Et rien ne dit qu’avec les décisions que prend le gouvernement, notamment en ce qui concerne la nationalité, elle ne soit pas prochainement rétrogradée. CONTINUER

La vidéo-surveillance gagne la campagne

— C’est-i que t’en a mis du temps, la Jeannine. T’as acheté le fond d’commerce ?
— Pas loin. Mais c’est surtout avec le monde qui y’avait, que c’en était bourré. Pis la ville, c’est que c’est pas la porte à côté. L’a même fallu que j’me bagarre. Tu devines…

— Un peu que j’devine. Sûr que c’était encore la grosse vache.

— Si fait, la grosse vache. Ô mais, c’est que je l’ai vue v’nir, qu’elle a essayé de m’en rafler une dans le caddie, mine de pas grand chose. T’aurais aimé voir ça…

— C’est point si sûr. Tu les as toutes ?

— L’en manque pas une. On va y déballer et tu les essaieras, parce que moi, ces machins modernes.

— La grosse, pour l’étable. Celle-là pour l’écurie… CONTINUER

Si les cons avaient des ailes… 14 juillet

J’ai rêvai. J’ai rêvai que je volé. On était tout une tripotée à volé, une tripotée auvergnate, une tripotée savoyarde, une tripotée d’Alsace, de Franche-Comté… plein de tripotées. En formassion. C’était beau, c’était grand. On volai en formassion et, j’en suis encore sur le cul, j’étais le chef d’espadrille d’escadrille. Incroyable ! D’acord, les qualités me manque pas, mais quand même, chef d’escadrille ! J’ai sorti mon portéïbeule – mon téléfone, faites pas les ignorants– ai composé le numéro à 22 chiffres des défeints –des morts, quoi–, celui de ma mère. Mère, je lui ânoncé les larmes aux yeux, ton fils (donc moi) a été nomé chef d’escadrille. Si tu voyais ça. Et pas n’importe quelle espadrille escadrille. C’est drôle les rêves, de téléfoner à quelqun qu’est mort depuis longtemps et qu’a mème pas de portéïbeul, que ça existait pas à l’époque d’il y a longtant. Elle a décroché, ma mère. CONTINUER

Eva Joly et le défilé du 14 juillet

voir aussi 14 juillet, citoyenneté, amitié et grosse déconnante

— Ah nom ti Dieu, t’as-t-y vu Germaine, au jité ? L’autre, là, Eva Joly…
— Mouais. Même que c’est pas joli joli, tout ça. J’te parle pas de c’qu’elle a dit, j’te parle des zigotos qui se la jouent offusqués et tout. La France, les Français, non mais j’te jure.

— Et la Rachida, c’est où qu’elle est allée chercher que “le défilé du 14 juillet c’est l’hommage de la nation à l’armée et aux soldats qui incarnent la devise républicaine” ? Tu peux me dire en quoi ils y incarnent ? Tu défiles, et v’là-ti pas que tu incarnes la Liberté, l’Égalité, la Fraternité. Et quand on se défile, c’est quoi qu’on incarne ?

— La devise républicaine ! L’aurait mieux fait de deviser avant de dire des bêtises pareilles. Ç’qu’on incarne quand on se défile, j’en sais trop rien. Ça s’rait pas le contraire ? CONTINUER

Libye et Syrie : vacances d’été

Drôle d’été. Trop chaud, ou bien frais pour la saison, avec la flotte qui laisse de marbre les nappes phréatiques. Pull et parapluie, ou maillot de bain et crèmes solaires qui bricoleront un cancer pour que l’industrie chimique continue à faire de menus profits. C’est terrible cette eau qui tombe et ces coups de soleil sur le râble. Dont je me fous, je ne prends pas de vacances, et ça apprendra à ces égoïstes qui en prennent, sous prétexte que les congés payés c’est pas pour les chiens qu’on abandonne, l’air de rien, sur les aires d’autoroute. Tout en sifflotant un air à la con pour faire encore plus mine de rien. Et tout en vidant sa vessie sur un champignon rouge à pois blancs qu’on sait très bien être la résidence secondaire d’un gnome. CONTINUER

Si les cons avaient des ailes…

Si les cons avaient des ailes il y aurait de sacrés embouteillages dans l’espace aérien, il ferait très sombre, il faudrait supprimer les dossiers de sièges et élargir les portes des ministères. Si les cons avaient des ailes, il faudrait absolument que je remette la main sur mon parapluie.

Politique de haut vol, xénophobie, Eva Joly

Mais nom de dieu, qu’est-ce qu’il leur prend ? C’est un concours de connerie ou quoi ? Déjà le remaniement ministériel, que même mon clebs, un pataud bon teint, gentil et tout, s’est mis à déprimer. François Baroin à l’économie, ça l’a fait doucement rigoler. Je ne sais pas pourquoi, moi qui n’y connais rien en politique, mais va savoir… Quelle carrière, quelle ascension, quelle prestance, quel conque ! En voilà un qui peut remercier son géniteur, ex Grand maître du Grand Orient de France. Douillet –hé oui ! –, David Douillet en personne (chargé des Français de l’étranger), ça l’a fait hurler de rire, dans un premier temps. C’est même la première fois que je le voyais se taper sur les cuisses avec ses pa-pattes avant. Dans un deuxième temps, il a ri jaune, comme de l’or qui fond, coule et disparaît, va savoir où… Quelque chose m’échappe : les pièces jaunes, c’était lui ou je me trompe ? L’aurait-i pas été à sa place à l’économie ? Je veux dire à la place de l’autre. Il aurait pris comme collaboratrice… comment qu’elle s’appelle, déjà ? Huguette ? Arlette ? Choupette ? Guéant, Claude de son prénom, ça n’a pas été la même : des hurlements de douleur ont longuement secoué mon brave chien… CONTINUER

Des présidentielles de haut vol et tranquilles

Selon nos informateurs, une campagne présidentielle de haut vol semblerait se profiler. En effet : des cadavres mal embaumés seraient sur le point de sortir des placards aux moulures dorées ; de sous les riches tapis des officines (dont l’épaisseur amortit les bruits de coursives), on serait à deux doigts de mettre la main sur des documents à ne pas mettre entre toutes les mains… CONTINUER

Changer ses comportements

Chouette, les vacances ! Le moment idéal pour se débarrasser de ces choses lourdes qui nous rongent, nous empêchent de vivre pépères, nous pèsent. Pour le gras du bide et des cuisses, c’est un peu tard, mais une fois bien bronzés, ça passera mieux. Et aussi période qui se prête parfaitement à cette délicate activité qui consiste à mettre un terme aux comportements fâcheux qui nous minent. Surtout ceux des autres, hein, qu’on me comprenne bien. C’est difficile de changer les personnes ? Je ne vous le fais pas dire, mais si on n’y arrive pas, et à défaut de les changer, il suffit de les échanger. CONTINUER

Oser dire ses quatre vérités

— Si j’osais…
— José qui ?

— J’osais, du verbe oser.

— Doser quoi ?

— Oser, pas doser. Oser dire ses quatre vérités à chacun.

— T’as pas assez de couilles, pour ça.

— Mais si, Ducon, mais si.
Tu saisis ? D’accord, ça ne va pas loin, mais c’est un début. Toutefois, si j’osais vraiment dire les choses, je les dirais. Et ça ferait mal.
— Vouais, je connais. Un jour ça m’est arrivé. J’en ai pris plein la gueule et je t’assure que ça a fait mal, très mal.

— Ben vouais, quand on prend des risques, faut assumer. Tu avais dit quoi et à qui ?

— C’était un salopard de Dauberman. Que j’avais traité de corniaud.

— C’en était un, de corniaud ?

— Non, mais son maître, certainement.

Voyage en Alsace – 2

Je ne sais pas si ça vous est arrivé de conduire une mule sans assistance GPS, mais ça n’est pas du Kugelhopf, que les feignasses ou incultes écrivent Kouglof, ni un quelconque gâteau, d’ailleurs introuvable en pays rhénan, si on n’a pas la prononciation adéquate, à cause que de vagues parents (qui auraient beaucoup souffert de je ne sais plus quoi dans les années 39-45) ont toujours refusé que leurs gosses apprennent une autre langue que le français, la plus belle langue du monde, reconnaissons-le, si belle qu’elle est parfois comparée à celle de bois, qui laisse si pantois d’émerveillement l’auditoire que celui-ci ne sait plus quoi dire, et c’est pas pire, bitte. Vagues parents qui avaient un temps pensé à l’anglais, mais faut quand même pas pousser le bouchon, rien que des hypocrites, des faux-culs de rosbeefs qui ont cramé notre bergère nationale, au grand dam de Jean-Marie, notre cocardier national qui en a fait son égérie, son étendard et, va savoir, son érectoire, et tant pis pour ce néologisme tout de même moins pire que le néonazisme qui me fait doucement rigoler, d’autant que je ne risque rien, mon prépuce (ce repli cylindrique de peau qui présente sur la face externe un épithélium kératinisé) jouant à loisir la chaussette qui dégringole au bas de la cheville à cause que l’élastique est distendu. La qualité, ça se perd. CONTINUER

Entretien avec Dieu : naissance

— Pourquoi et comment suis-je venu à la vie, seigneur Dieu ?
— Qu’est-ce que j’en sais ? Comment veux-tu que je te réponde, moi qui n’y suis jamais venu. Car, tu le sais, Dugland, on ne peut parler que des choses qu’on a vécues. Tu m’as vu naître ? Non ! Je suis, point. Et comme « je suis, point » (et non pas « je suis point » dont la syntaxe –parenthèse– est tout à fait incorrecte) j’ai donc toujours été, et jamais, de toute ma longue et éternelle vie, il ne m’a été donné de naître, ne serait-ce qu’une seule fois. CONTINUER

Dictat de l’économie : combien de temps encore ?

Font chier les cons de pauvres pauvres cons. Dont je fais partie, et pas parti d’en rire, SVP. Font d’autant plus chier qu’ils courbent le dos comme l’archer son arc, sauf qu’ils visent peau d’balle et balai d’crin. Z’ont pas de projet, ces cons, alors ils laissent faire ceux qui en ont : banquiers (pas tous), assureurs (pas tous), politiques (pas tous), curetons (pas tous), économistes (pas tous), capitaines d’industrie (presque tous), les actionnaires (tous, les salopards) et autres branleurs dont l’activité professionnelle se termine par logue, iste et autres queues de mots qui ont perdu le sens qu’elles sont censées avoir… CONTINUER

Image de soi, miroir, acné et salle de bains

Ce matin, en me levant, qu’est-ce que je vois dans mon miroir de salle de bains ? Rien. Vous auriez fait quoi à ma place ? Question stupide car vous n’êtes pas moi, même si, hasard aidant, vous portez le même nom que celui que je trimbale depuis ce jour qui m’a vu naître en pleine nuit. On était en décembre, mois connu pour ses longues nuits d’hiver, même si on était encore en automne en ce jour sombre du 7 décembre (je précise la date au cas où quelqu’un l’ignorant encore décide, pour je ne sais quelle raison intéressée, de me fêter mon anniversaire) 1945 (je précise l’année pour que personne ne s’avise à me faire présent d’un hochet, surtout en cette saison hivernale où les seuls qu’on trouve sont de glace. Comme le miroir de ma salle de bains). Je fais quoi ? Je glisse un œil furtif derrière. Vous savez comme moi qu’il arrive que, à trop se regarder, on finisse par glisser derrière les miroirs de salle de bains. Un instant d’inattention, une savonnette échappée de mains maladroites et inconscientes, et hop ! il n’en faut pas plus. Certes, une fois derrière le miroir, le problème de s’y mirer ne se pose plus. CONTINUER

Voyage en Alsace

Un viron en Alsace m’a fait délaisser ce blog (et les autres). Je n’y ai rien perdu au change. Je ne dirai pas pour quelles raisons, car les choses déraisonnables ne se disent pas, ou seulement du bout des lèvres –exercice bien difficile lorsqu’on écrit–, mais ce à quoi j’ai assisté méritant le détour et n’ayant que peu de résistance, je ne résiste pas à en parler, façon de causer. Mais de quoi s’agit-il, de ci, de ça, mais non, de ça, de ci vous entends-je hypothéser en vain d’Alsace. Je signale au passage (mais entendra-t-il ?), que je n’ai rien contre un bon Traminer et que, ayant grand plaisir à recevoir un cadeau, je ne suis pas hostile à ce qu’on m’en adresse une caisse de 12 bouteilles. 6 feront l’affaire si un excès de libations a quelque peu vidé votre portefeuille. Où en étais-je ? Voui : l’Alsace en ce début d’été où fleurissent les festiveaux destinés comme partout ailleurs à la plèbe panurgienne en manque de culture ; l’Alsace et ses ballons, ceux de blanc permettant d’atteindre de plus hautes altitudes que celles de Guebwiller ou du ballon (d’Alsace) ; l’Alsace et ses châteaux (d’Alsace) dont le plus connu est sans conteste celui que tout le monde connaît et que je ne nommerais pas s’il ne s’agissait pas de celui du haut Königsburg (que j’écris ainsi par pure provocation) ; l’Alsace et ses villes cartes postales très jolies, qu’on dirait des décors de théâtre pour de gentilles comédies musicales… CONTINUER

Fête de la musique

L’orage s’est déchaîné. Ma chaîne stéréo a pété les plombs. Ça m’apprendra à être ringard, non mais ! La zizique aujourd’hui, ça s’écoute à la chaîne, pas sur une chaîne. MP3, MP4, ça ressemble quand même à M.P. Military Police. Je veux dire : obéis à la pensée unique, celle qui te fait passer d’une technologie obsolète à une autre qui le deviendra le lendemain de ton achat. Et les jours ont beau être plus longs avec l’été qui débarque, ils ont toujours la même durée : 24 heures TTC, comme on dit quand la flemme nous prend d’ânonner –et pas qu’en Ardèche– « toutes taxes comprises ».

Le disjoncteur a disjoncté. Comme quoi il y en a qui font leur boulot. La grêle est tombée : tac tac tac. Ça me rappelle le doux son des balles qui crépitent. Pas feignasse, le vent s’est levé : wouh, wouh. Deux bûches dans la cheminée. Du résineux. Ça flambe vite, d’accord, mais ça chante, surtout lorsqu’un peu de flottte s’est invitée entre aubier et écorce. Roupille a miaulé. Inutile de dire que c’est le chat, alors je le dis. J’adore les inutilités, j’adore les chats quand ils dorment, rêvent, ronronnent au coin du feu. J’adore le feu qui ronronne auprès du chat. Quand ça faille dur, à cause de… CONTINUER

Playtex dessine ma vie

J’adore la pub de Playtex, découverte avec une joie indicible à la télé ce soir même : « Playtex dessine ma vie » Si j’étais une nana, sûr que je ferais de beaux rêves avant d’aller courir les boutiques dès le lendemain matin. Dessiner sa vie grâce à un soutif, ouaouh, what a foot ! Vous aurez conclu que je suis un mec, un gonze ou un bonhomme, si vous préférez, qui aurait aimé qu’on lui porte autant d’attention qu’aux nanas avec le slogan « Petit Bateau dessine mon vit ».

Mais que serions-nous sans les publicitaires ? Je vous le demande.

Plusieurs cordes à mon arc ?

Plusieurs cordes à son arc ! Plus débile que cette expression, faut chercher loin, profond ou très haut, là où crèche le Très Haut. Tirer une flèche avec un arc à une corde n’est pas tout à fait aussi difficile que le contraire, mais atteindre une cible est une autre paire de Channel, comme dit ma couturière qui s’y connaît plus en manches qu’en tennis. Mais tirer une flèche avec un arc qui possède plusieurs cordes procède d’un procédé à la con. D’abord combien de cordes ? Puis laquelle choisir ? En vertu de quoi ? Et une fois le choix fait, comment s’y prendre pour ne pas s’emmêler les pinceaux, surtout si on tire à l’arc avec les pieds parce qu’on est manchot ? Essayez que je me marre. Avoir plusieurs cordes à son arc, n’importe quoi ! CONTINUER

Discours de Mohamed VI : audace ou… ?

Quand je disais pas plus tard que l’autre jour que Mohamed VI n’était pas couillon, je disais une bêtise ? D’accord, la marge entre les discours et les actes est aussi large que celle entre les dirigeants et le peuple. Mais va savoir, p’têt qu’il est aussi bon marcheur qu’il est bon marchand démarcheur. En tout cas, numéro de music-hall ou pas, chapeau. Bien vendu. Maintenant, en imaginant qu’il soit honnête et qu’il ait les moyens de mettre en place ce qu’il a déclaré, c’est quand même pas gagné d’avance. Doit bien y avoir d’un côté quelques pékins prêts à semer le bordel pour ne rien perdre de leurs privilèges –les courtisans, ça courtise tant que c’est rentable–, et de l’autre des gens sans rien d’autre qu’un espoir déçu et qui ne se font plus aucune illusion, surtout parmi les jeunes. Ça mijotait depuis longtemps, ça s’est mis à bouillir, et personne n’a baissé le gaz, jusqu’à présent. CONTINUER

L’été libyen sera chaud

Ça tousse dans les chaumières. Pas rare au printemps, avec les pollens qui s’allient aux gaz d’échappement. La voiture sortie, on file prendre l’air que, du coup, on polluera un peu plus. Déjà que… Une drôle d’odeur titille les naseaux, entre pierre à feu, allumette qu’on vient de gratter, pétard de feu d’artifice ou de sales mioches qui s’ingénient à embêter le voisinage. CONTINUER

Mohamed VI : vers une éclipse partielle ?

17 juin, Maroc. À propos de la déclaration que doit faire Mohamed VI. D’après son royal oreiller quelque peu froissé le monarque aurait eu une nuit agitée. Dans son entourage on avance que c’est en partie à cause de l’éclipse lunaire du 15 de ce mois qui lui aurait mis la puce à l’oreille. Une puce ça démange, ça empêche de dormir, ça fait se gratter et se retourner dans le lit, bref c’est hyper chiant. Va trouver le sommeil du juste avec ça, car lorsqu’on n’arrive pas à fermer l’oeil, ça tourneboule dans la tête et on se fait des films dont la teneur est généralement en relation avec la conscience, selon qu’elle est bonne ou mauvaise.

Une éclipse et une puce. Il n’en fallait pas plus pour que le bon roi, loin d’être couillon, fasse le rapprochement. « Vous pouvez toujours vous gratter pour que je change quoi que ce soit d’important » a-t-il fait comprendre précédemment à son peuple par un quasi silence des plus éloquents. L’éloquence royale, c’est quelque chose ! CONTINUER

Homosexualité et pédophilie canines

J’ai un chien homo. Homo et pédophile. Termes peut-être pas très adaptés concernant la gent canine. Pas qu’homo, le fin gourmet, qui n’hésite pas à jeter son dévolu sur tout ce qui passe à sa portée, que le résultat en soit une ou non, pour peu qu’il trouve un moyen d’accès adéquat : position du plombier s’il s’agit d’un Teckel, échelle de pompier s’il croise une girafe ou un girafon, tablier de sapeur ou de légionnaire pour une biquette et autres que je tais pour ne pas mâcher le boulot qui, après tout, ne me concerne pas à titre perso. Sa cible préférée : le pot d’échappement des voitures, à l’arrêt, il n’est pas fou, et une fois qu’il s’est suffisamment refroidi, mais pas trop. Je n’invente rien, demandez-lui, en évitant toutefois d’afficher le moindre air dubitatif ou moqueur : c’est un solide Doberman, caractériel de surcroit, et dont les canines doivent bien y être pour quelque chose quant à la dénomination de la gent à laquelle il appartient. CONTINUER

Ascension, Pentecôte et balade à vélo

C’est drôle la religion, je parle de celle qu’on m’a baptisé, avec le curé qui t’asperge d’eau bénite qu’il prend direct dans le lavabo où c’que tout le monde se trempe les mains, que c’est pas toujours ragoûtant. À croire qu’ils vont tous pisser un coup avant d’entrer à l’église. Pas chaude l’eau, alors tu m’étonnes que j’ai miaulé quand ils m’avaient baptisé.

La religion, des fois, c’est pas si mal que ça. À Noël, par exemple ou à Pâques, quand on est minot qu’on part à la pêche des oeufs en chocolat et aussi des poissons en chocolat. Moi je préfère le chocolat au lait. Des fois y’a aussi des lapins, des poules et des œufs en je sais pas quoi, que ça coule dans la bouche avec comme un goût qui sent le chimique ou la fraise. D’accord on s’en met partout, mais après qu’on s’est lavé dans le bénitier, ça va. C’est comme ça qu’on appelle le lavabo.CONTINUER

Le poids des mots – Peser ses mots

Une petite voix venue d’outre conscience m’a reproché un style d’une rare vulgarité et d’une incommensurable grossièreté pour des textes sans intérêt, vains et imbéciles qui ne donnent de moi qu’une bien vilaine image. C’est vrai et j’admets volontiers que je n’y vais pas avec le dos de la cuiller, ni par quatre chemins. Je manque cruellement d’exigence, de prudence, et un mot en appelant un autre, il n’est pas rare que je me laisse emporter puis noyer par un galimatia de mots et de phrases sans queue ni tête aussi avenantes et intéressantes que le gros cul mal torché d’un gros dégueulasse. Et d’une vulgarité, avec ça. Je ne mâche pas mes mots, je le sais, et peut-être devrais-je le faire, mais s’il est aisé de mâcher de jolis mots bien tendres c’est une autre paire de manches pour ceux orduriers, sales, ou simplement acerbes. Pire encore avec les mots obscènes dont les X accrochent le palais et détruisent l’émail des dents. Alors mâcher mes mots, très peu pour moi. Sans compter le ridicule lors d’une prise de parole. Tant qu’on y est, pourquoi ne pas tourner ma langue sept fois dans la bouche avant de parler ? Je vois la scène… CONTINUER

Ruade dans les brancards et insoumission

Après plusieurs jours où je n’ai pensé à rien à part penser à rien, ce qui n’est pas sans évoquer, donc y faire allusion, ces chemises brunes que vêtirent certains pour mieux faire ressortir la blanche, donc pure couleur de leur peau… j’ai décidé de penser non pas à tout, ce qui m’évoquerait immédiatement d’endiablées parties de belote, mais à pas mal de choses d’ordre philosophique. Ça tombe bien : j’aime l’ordre et la philosophie. Pas l’ordre nouveau que prônent ceux qui rêvent de défiler en rang serré sous l’Arc de Triomphe à la saint Adolph, ni la philo d’un certain philosophe dont les allégations plus qu’allusives ont des remugles de mauvaise choucroute où baigneraient quelques Würste au prépuce impeccable. CONTINUER

On nous cache tout, surtout à moi

On nous cache tout, surtout à moi, et pourtant Dieu sait si je suis loin d’être parano. Il est d’ailleurs le seul à le savoir. Mon psy ? Il ne sait rien de moi, occupé qu’il est, lors des entretiens –ça veut dire que je l’entretiens ; quel couillon je fais !– à gribouiller sur son carnet en prenant des airs très entendus, du genre de ces tubes qui envahissent les ondes au point qu’on n’entend plus les sirènes. Et on fait quoi s’il y a une alerte à je ne sais quoi ou à quelque chose de pire ? On me cache tout, comme le fait qu’hier on était le 8 juin. Hier où, comme par enchantement ma pendule électrique pourtant âprement négociée auprès du meilleur fournisseur avait rendu l’âme. Ma mémoire étant défaillante, impossible de me rappeler quel jour on était le jour précédent. C’est en achetant le journal du 9 du même mois que j’ai compris que la veille on était le 8. Je dis on pour m’éviter de m’impliquer personnellement dans des histoires de dates, on ne sait jamais à quoi on s’expose avec des historiens tatillons. CONTINUER

Lettre aux promeneurs égarés

Vous ne savez pas comment vous vous y être pris pour échouer sur ce blog, mais vous y êtes, et dites-vous que vous auriez pu tomber sur pire. Je ne citerai aucun titre ni aucun scribouilleur de cru, mais vous savez à quoi et à qui je pense, izinnt ? Alors, vous ouis-je neuroner, que dois-je faire : m’enfuir ventre à terre en cliquant d’une dextre fougueuse sur ma malheureuse souris, quitte à lui briser les reins, ce qui me conduirait inexorablement à avoir des ennuis avec la SPA ? Si vous choisissez cette option, armez-vous d’une paire de ciseaux, du sécateur de votre jardinier, d’une guillotine (on en trouve en excellent état dans les bouquins d’histoire sur la Révolution franchouillarde invendus destinés au pilon) et à l’instant même où vous aurez cliqué pour quitter ce blog, tranchez clair et net dans le vif du sujet le câble qui relie votre bestiole à votre ordinateur. La bestiole n’aura pas le temps de porter plainte. CONTINUER

Vous ne perdez rien pour attendre…

Au lieu de flemmarder à écrire des sottises sur mes blogs j’ai passé une bonne quinzaine de jours à essayer de trouver du beurre pour mettre dans les épinards, à peu près 14 pour dénicher lesdites feuilles que me disputait un troupeau de vaches sauvages qu’encadraient deux clebs terrifiants dont un caniche nain couleur miel, la marque de chiens la plus redoutée, car la plus redoutable ; une bonne douzaine d’autres jours pour me fabriquer un faitout (au lieu d’une vulgaire casserole) ; à peu près 240 heures pour glaner du bois sec mais non mort, ce dernier n’ayant qu’un mauvais rendement calorique : et enfin je ne sais combien de minutes pour remettre la main sur cette foutue boîte d’allumettes sans laquelle je me voyais déjà copier vainement quelque primitif, quel naïf je fais ! CONTINUER

Un état des lieux

Le passé se montre parfois moins éloigné qu’on ne le croit, et cinquante années passées ont vite fait de se transformer en quelques jours dont les occupations font oublier les heures qui s’écoulent. Un message sur un réseau social, comme on dit, et hop, bascule. « Moi ça va, et toi ? À bientôt, j’espère »

Qu’est-ce que j’ai fait ? Que suis-je devenu d’autre que je n’étais déjà ? Le rêveur a-t-il laissé la place à cet autre, adulte ou prétendu l’être (par qui ? et pour quoi ?) qui s’est acharné à être autre que soi ? Ben non : je n’ai cessé d’être moi, par manque de “volonté” (comme le prétendent ceux qui pensent avoir géré leur vie comme on tient un livre comptable), par cette distance qui m’a poussé à devenir être humain plutôt qu’à fabriquer de toute pièce un avenir dont la luminosité serait celle de quelques pièces d’or auxquelles il est de bon aloi de prêter tant de vertus. La motivation, ça ne s’invente pas, grand bien me fasse. J’ai réussi à passer au travers de la réussite, ouf ! Je parle de cette réussite qui fait marcher les hommes nombril en avant, cigare au bec et portefeuille sur le cœur, suffisamment épais pour éviter que n’œuvrent les sentiments. CONTINUER

Mise en danger

Occupé à bien autre chose qu’écrire, je n’ai du coup pas le temps d’écrire. C’est clair et net, non ? D’une certaine façon, ça me repose, même si ce que je fais actuellement est quelque peu fatigant physiquement, mais la fatigue physique, hein, n’est deux fois rien comparée à celle intellectuelle. Sans parler du danger. Le fond de mine, on le sait, c’est tranquille, comme le sont les travaux du bâtiment, l’alpinisme, la course automobile et autres idioties, mais les travaux intellos, ah nom de dieu ! CONTINUER

Clés 3G, un trait de génie des fournisseurs d’accès… de colère

Drôlement bien les clés 3G. Tu vas là où tes pas te portent, tu te poses, tu as envie d’envoyer une bafouille (parce que les emails, c’est drôlement bien) par Internet (c’est drôlement bien aussi Internet), tu te sers un apéro (parce que…), tu allumes ton ordi, tu fais ce qu’il faut pour te connecter et plouf ! Y’en a pas la connexion, y en a pas de signal, y en a rien. Alors, pas con, tu montes dans un arbre. Et là, miracolo ! y’a un signal comme quoi ta connexion est possible.

Tu cliques là où c’qu’on te dit de cliquer (c’est quand même vachement bien foutu. Quand c’est bien expliqué), tu attends, tu attends, tu attends. 5 minutes, mais ça paraît long. Et horreur, on te dit, enfin on te l’écrit, que tu n’as plus de crédit. Pas grave, je me balade toujours avec ma carte bancaire. Sauf quand je monte en haut d’un arbre. Qu’à cela ne tienne : je redescends, prends ma carte bancaire (c’est drôlement bien parce que faut bien le reconnaître, c’est pratique pour dépenser les sous que tu n’as pas toujours), la glisse dans une poche, remonte au sommet de l’arbre. Je n’en prends pas pour bien cher, mais quand même 15 euros, parce qu’on ne sait jamais : un orage peut se pointer, avec des rafales de vent que quand l’arbre bouge, c’est pas génial pour taper comme il faut sur le clavier. CONTINUER

Buzz : Ben Ali, Moubarak, Kadhafi, DSK, Etc.

Moi, à la place de Kadhafi, ça m’escagacerait méchant qu’un DSK me vole la vedette. Il n’y en a plus que pour lui, des grands canards calamiteux à grand tirage juqu’aux plus miteux au tirage d’un jeune éphèbe sans poil aux pattes. Le Communard Libéré (850 exemplaires), La Paimpolaise (45 ex.), Les Nouvelles d’Orléans (bilingue, 1500 ex.), Les Ardennes Affranchies (300 ex. distribués dans les maisons de retraite), Le Journal du Jour (128 ex.), La Meuse républicaine (tirage non communiqué), La Gironde Démocratique (330 ex.), La Montagne Libérale (630 ex.) et d’autres encore ne parlent plus que de lui. Même dans la Voix de la Brêle (12 ex., dont 1 exemplaire imprimé à l’envers pour Kadhafi qui s’y est abonné) il n’y en a plus que pour lui : DSK. C’est nul. Le père Kadhafi a beau ramer comme un beau diable pour faire du buzz, il l’a plus profond qu’une soubrette en goguette, et jour après jour il perd de l’audience. Nul doute qu’il finisse par se prendre une bonne gamelle. À moins que ce petit futé se resaisisse, ce que je lui souhaite de tout cœur par pure soif de tranquillité. C’est quand même pas un abruti de Français, qu’on se demande d’ailleurs si ses origines sont pas un chouïa douteuses, qui va réduire à zéro quarante années de dur labeur, nom d’Allah ! CONTINUER

Blogs et lectorat, blogs et lecteurs

C’est drôlement bien les blogs. C’est encore mieux quand ils sont lus. Çui qui y a écrit est alors très content, très très. Et plus il écrit des choses en relation avec les news niouzes, plus y’a des gens qui vont jeter un oeil. Dans les niouzes, y’a des trucs qui attirent encore plus. Des sirènes ça s’appelle. Tu parles de ces machins avec lesquels on manufacture du mioche, t’es sûr qu’on y lit, c’que t’a écrit. Attention, hein ! c’est pas parce que tu fais joujou avec ces morceaux d’anatomie que t’es obligé de te farcir les couches et la génitirice qui te donne plus l’heure. Les préservatifs, c’est pas fait pour les chiens. Le sexe, ça attire du lectorat. Tu rajoutes un peu de machins pas très nets avec des trucs un peu salaces, tu gagnes à l’aise 10% de lecteurs. Tu mets une pincée de violence, tu rajoutes tranquille 20%. Encore mieux : le viol. D’après mes statistiques officielles, ton lectorat gonfle de 48%. Mais on est loin du nec plus ultra : le viol sur mineur(e), qui fait grimper le lectorat à plus de 69%. C’est dingue ! CONTINUER

Au feu les pompiers : une histoire à la DSK

Il y a quand même des choses rigolotes dans la vie. Comme celles en relation avec l’effet papillon, ces bêtes qui papillonnent. Tu fais un petit truc anodin et zou ! la face du monde en est changée. Pas pour tout un chacun, encore heureux, mais pour quelques uns qui tout à coup voient leur avenir s’assombrir. Quand ça se met à paillonner dur, les effets qui en résultent sont rarement bénéfiques, mais peut-être sommes-nous davantage enclins à relever les effets catastrophiques que les autres, c’est bien possible.

Tu prends ta douche tranquillement, tant qu’à faire à poil, comme on te l’avait appris lorsque tu étais gamin, et voilà que s’ouvre la porte de ta modeste suite. Qu’est-ce là ou qu’est cela ? t’interroges-tu en te demandant quelle formule des deux convient le mieux. Faisant fi de cette interrogation, car préférant consacrer ton activité mentale et physique à ce qui se passe réellement, tu sors de ta salle de bain pour satisfaire ta curiosité bien légitime.CONTINUER

Qui est Dieu ?

Sans vouloir le vexer, Dieu est un âne. Pour preuve : ses oreilles immenses avec lesquelles rien ne lui échappe, qui touchent la périphérie de l’incommensurable sphère de baudruche qu’est l’univers. Incommensurable parce qu’on n’a pas l’instrument de mesure adéquat qui permette d’en prendre toute la mesure. Dieu est un lynx, avec ses yeux perçants qui traversent les nuages, le toit des maisons, les terrasses si elles n’ont pas de toit, et même les blindages les plus épais. Dieu est un coq, qui fait cocorico tous les dimanches, et parfois pire, dans les églises, par la voix du curé ou ailleurs, et un autre jour par celle du rabbin dans son temple, de l’imam dans sa barbe, ou de je ne sais quel autre grand prêtre dans son porte-voix ou son micro japonais ou chinois. Plus rarement coréen. CONTINUER

Joli mai et doux printemps

C’est le joli mai, le doux printemps. Les oiseaux font leur tintamarre, les balles sifflent un air joyeux avant d’exploser sourdement, flatch. Les gorges râlent la douleur puis les cris se perdent sous quelques pelletées de terre vite jetée, honte. Rose, violine, rouge… les fleurs s’épanouissent dans les arbres et sur les poitrines d’où se retire la vie. Une douce brise gonfle les voiles des jolis bateaux qui s’en vont croiser d’île en île. C’est bien joli Lampedusa. Tout reverdit, surtout s’il y a de l’eau, mais la peur n’en a pas besoin pour s’inscrire en vert sur la face des hommes, transis.

Les enfants jouent, comme toujours. Ils jouent à la guerre, le jeu auquel on a droit, obligé. Puis il est tellement à la mode. Les enfants rient comme ces autres enfants malades dans les hôpitaux, qui jouent les bravaches. Ils rient pour ne pas pleurer, pleurer pour de telles bêtises, ça n’est pas de leur âge. Il n’ont plus d’âge, pas celui de l’enfance. CONTINUER

Le temps, le réel, la fin des haricots

Une fois mort*, hormis le temps qui dure, il ne se passe rien. La barbe ! Alors pour tromper non pas le temps, car s’il est quelque chose qu’on ne peut tromper, c’est bien lui, dont l’lélasticité est telle qu’il n’a jamais ni l’épaisseur, ni la longueur qu’on lui prête… bref pour s’occuper, on se fait défiler les images de notre traversée de vie. Lorsque celle-ci nous a paru longue comme un jour sans pain, parce qu’on n’avait rien à se mettre sous la dent, c’est douloureux, sauf si on n’avait plus de dents, mais c’est pire, quoi que. C’est douloureux d’avoir faim et d’attendre de la mort –qui tarde, la mutine–, qu’elle nous débarrasse enfin de ce tourment. CONTINUER

Au feu, les pompiers

Des puissances occidentales* ont allumé et alimenté le feu pendant des siècles et continuent à le faire. Elles le regardent brûler pendant que des populations sous le joug de tyrans abrutis et sanguinaires se rebiffent contre leurs régimes dictatoriaux ; elles l’attisent par leurs prises de position, engagements, désengagements, atermoie-ments ou retournements de vestes… et alors que des pays du Maghreb et du Moyen Orient sont à feu et à sang (qui pourraient bien être suivis par d’autres d’Asie centrale), ces mêmes puissances voudraient jouer les pompiers, métier qui oblige à se mouiller. Mais il est difficile de tenir une lance d’incendie d’une main et un parapluie de l’autre. CONTINUER

Perdition, errance, détresse et impasse

Ascouzi moa si ja porte li niqab. A tri jouli niqab avic tri jouli image q’al son daciné dicis. Sir la parti di la tite, la couté darière, c’i aprimé la foto l’ayatoula Ramenèye, tri jouli. Sir la couti face, ja vouli mitre li profète, ci pa poucible a couse l’atirdi, alour qalqin la ciloul a mi la portrète Nicoula Sarqouzi. Ci tri jouli. Sir li divan, j’a dassiné tri jouli itoil avec ci brache, q’al brille come l’our, c’i joune mé c’i pa di l’our. Sir la bracelé q’i m’a mi al poigni c’i acri Rapoublic Francise tot piti. C’i pas moa l’a acri.

A dici la porte la chombre, c’i acri ciloul. A la tribounal, c’i acri Tribounal. Sir li papié avouca a douné, c’i acri apatride. Sir carte l’identati, ça rien acri, la carte ja l’i pa. C’i la poulice ma péhi l’a pri. CONTINUER

J’ai point vu le loup, mais j’l’ai entendu

— Tu as vu le loup ?
— Quand ça ?

— Quand t’as creusé ton puit, que tu étais parti en montagne. Creuser un puit pour se resourcer, faut le voir pour y croire. Ceci dit, j’y étais pas, alors…

— Pourquoi veux-tu que j’aie vu le loup ? Puis du fond du puit, à part un bout de ciel, des branches plus de la terre qui dégringolait, tu imagines quoi ? Une fée, tant que tu y es ? La fée Antipode ?

— Je m’en fous, de ton puit. Je te parle de la montagne, que ça gueule à cause que les bestiaux ils se font bouffer. Alors tu l’as vu oui ou non ?

— Non. Pas vu. Je l’ai entendu, par contre.

— Comment tu peux savoir que c’en était un puisque tu l’as pas vu ?

— Parce que c’étaient des hurlements de loup, et un loup qui gueule, je sais encore ce que ça fait. Wouh Wouuuuuuh, wouh wouuuuuuh. Avec vachement plus de ou et de h. Entre la chouette ou le hibou et le chien.

— C’est pas une preuve. Y’a des chiens qui imitent très bien le ululement du loup.

— Le hurlement.

— Si tu veux, mais c’est pas une preuve. Et qui les imitent drôlement bien, surtout la nuit. Des gamins aussi, des fois. Mais on n’y croit pas, à cause que les gamins ça ment toujours. CONTINUER

Adoption et dressage

Sans enfant, j’avais décidé d’en adopter un. Je voulais un petit Français, même s’il n’était pas tout neuf, pas par racisme mais parce que j’ai toujours été incapable de parler une langue étrangère. La commande passée, j’ai attendu deux ans avant qu’on me dise que, comme je vivais seule, je n’avais le droit qu’à un petit étranger, de couleur, issu d’un des pays les plus pauvres, et j’en passe. Bref, le rebut. Du coup j’ai annulé ma commande. Depuis je me suis acheté un chien. Mais comme c’est un berger allemand… CONTINUER

Vie chère, mouise, marché et humanité

Cinq fruits et légumes par jour, qu’ils disent à la téèseffe, dans le poste si vous préférez, les cons ! Surtout bourrés de pesticides et d’autres machins qui trucident. Dix-huit euros en poche, on va pas aller bien loin, avec ça, que la vie est devenue bien chère, je vous le fais pas dire.

Marché. Les bio, ils ont rien inventé, et les petits producteurs chez qui je vais, leur seule chimie c’est l’huile de coude et les bestiaux. Deux livres de carottes, ça nous en fait six belles. Des choux de Bruxelles, qu’on trouvera bien une queue de cochon pour y donner du goût, que ça fera la soupe de demain. Celle de ce soir c’est des vermicelles mélangés avec des lettres qu’avec Germaine on se fait comme un scrabe, pardon un scrabeul, comme elle me reprend. C’est comme tu veux, je lui rétorque, mais ça change rien au fait que celui de nous deux qu’a le plus d’instruction c’est pas celle qui le croit. Après on a pris un bon kilo de topinambours chez Fernand, le fils du Julot qui tient le ban… CONTINUER

Forêt, puisatier, chaman, flaque d’eau et… splash !

Devant passer 30 jours en pleine forêt dénuée du moindre ru j’ai dû creuser un puit. Pas pour en boire l’eau, mais pour me faire propre beau chaque samedi, jour de repos que je passerais à rêvasser, méditer, glaner, glander, être en parfaite harmonie zen avec la nature et les hôtes de ses bois, bref, me laisser aller à la plus vaste vacuité, sans autre attente que ne rien attendre, ce qui, hélas ! est déjà une attente. Jusqu’au dimanche où les étoiles, surtout la mienne –Orion– seraient au rendez-vous. OK, m’avaient elles susurré à cause du Soleil, un jaloux pire que Tout. L’eau au fond du puit je la sentais déjà frémir et glouglouter d’un plaisir purificateur. Certes moins que le vin dont j’ai pris quelques cubitainers, mais plus que l’eau du bénitier dans lequel je n’ai jamais trempé la main à cause que je trouve qu’elle est morte, ou tout comme. Pas de pioche, oubliée dans une partie de carte la veille de mon départ, ni de pelle dont je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle elle est sortie de ma tête. Mes mains et leurs ongles assistés de bouts de bois, plaques de schistes et vieux brodequin orphelin –qu’un chasseur alpin avait dû abandonner lors de la dernière guerre– pour seuls outils, j’ai creusé comme l’avaient fait ailleurs de miens aïeux quelque part entre 14-18, ce grand cru. CONTINUER

Politique et franc-jeu

« Enfin, mes chers concitoyens, et pour mettre un terme à cette réunion électorale, ne croyez pas ce que je dis, ne croyez rien de ce que j’écris, mais croyez tout ce que je tais. »

Quand Simone et moi on a applaudi comme des dératés à cause que pour une fois un discoureur causait juste, j’ai bien cru qu’on allait nous foutre dehors à coups de pieds dans le cul. Sans Nénesse, le beau-frère, et son quintal virgule cinq, ils s’s’raient pas gênés, les cons. Simone, elle a pas pu s’empêcher de leur trouver des excuses. Simone c’est l’épouse. Je l’aime bien, mais plus poire qu’elle, à force de trouver des excuses à tout et à rien –sauf à moi quand je tarde un peu au bistro–, c’est pas dans les instances supérieures du pouvoir, comme on dit, qu’on risque d’en trouver. Bon, y’en a bien eu quèques uns d’honnêtes, quand même, des ministres ou pareil, mais ils ont pas duré la vie des rats. Comme un gars de la Savoie, j’sais plus, que son père aussi avait fait le ministre. Cot, qu’il s’appelait, ou un truc comme ça… Jean Pierre Cot. Léon Schwartzenberg, aussi. Un sacré bonhomme ! CONTINUER

Mort de ben Laden, liesse populaire et boîte de Pandore

« O beautiful for spacious skies, For amber waves of grain, For purple mountain majesties Above the fruited plain!
America ! America ! God shed His grace on thee, And crown thy good with brotherhood From sea to shining sea ! /…/ »

À Ground zero comme à la tête de la plus grande démocratie du monde c’est la fête. Le ciel s’est fait bannière étoilée, America the Beautiful a résonné. Enjambant montagnes et océans, le chant patriotique a fait le tour de la Terre. Chacun a entendu la voix de la fière Amérique enfin lavée de l’injurieux affront que des fous d’Allah lui avaient fait en détruisant le World Trade Center en ce jour funeste du 11 septembre 2011. L’écho des voix patriotes a recouvert de feutre le vacarme des tours jetées à terre, et les cris de joie ont un instant étouffé ceux des sacrifiés à une foi dévoyée. CONTINUER

Cadix, William et Kate, Jean-Paul Deux, Ben Laden, Kadhafi

Le 1e mai et alentour, ça a défilé dru. À part les travailleurs qui avaient autre chose à faire que s’emmêler les pinceaux à battre le pavé dans la mare où y’en a marre d’être pris pour ce qu’on est : des débiles. Beau temps, petits zoziaux qui piaillent à cause qu’un matou fait son job à cause que sa maîtresse lui a ronronné des niaiseries du genre ronron shabadi shabada plutôt que de lui donner son ronron, etc. À cause qu’elle-même s’est plantée devant sa télé pour voir la gente princière et l’autre plébéienne s’esbaudir et se gaver d’images de rêves. Tu parles de rêves ! Les bons contes font les bons amis, j’ti l’jure et crois-y, peuple endormi qui te fais baiser, sans les préliminaires du baise-main. Y’avait les invités d’honneur, parfois les mêmes que ceux d’horreur à se pavaner dans des cours d’honneur alors qu’ils mériteraient celles de justice. Mais y’a plus de justice, mon gars, qu’est-ce que tu crois. La bénédiction, avec plein de larmes à l’oeil, puis le baiser, que dis-je, les baisers. CONTINUER

Exit Oussama Ben Laden

Oussama Ben Laden a annoncé officiellement sa mort.

Hélas, ouf, tant mieux ou tant pis, je ne suis pas là pour juger. Comme me l’a dit le Très Haut avec son porte-voix magique qui porte très loin pour peu qu’on ait de grandes oreilles et que Lui ait une grande gueule, ce dont je ne doute pas.

Mais que signifie réellement cette annonce faite de vive voix par Ben Laden ? Ne s’agirait-il pas, encore une fois, d’une de ses bonnes blagues ? CONTINUER

Quand les heures passent, les jours trépassent

Je pensais être parti pour une huitaine de jours, et même si je le pense toujours, il n’en est rien, comme me l’indique mon calendrier maya récupéré au Bugarach.

J’ai tout de même fini par revenir, et aujourd’hui, je peux dire haut et fort que j’en suis revenu. Peut-être expliquerai-je de quoi et pourquoi, mais rien n’est moins sûr. Juste une piste : pendant je ne sais combien de temps, ma montre a marché à l’envers, preuve s’il en fallait encore que l’alcool de bois provoque de sacrées gueules de bois. CONTINUER

Un lectorat heureux : Pierre C.J. Vaissiere se la ferme pendant 10 jours

Le 16 avril, Je reçois ce jour une carte postale sublime que m’adresse Pierre C.J. Vaissière, qui me demande d’informer son lectorat d’une absence (ça n’est pas la première, mais évitons de lui dire) qui l’empêchera d’écrire sur ce blog ainsi que sur d’autres qu’il pollue allègrement chaque jour que fait notre saigneur quand il n’est pas occupé à tuer le cochon – le pauvre ! (je parle de la bête) –, le porc ! (je parle du surineur). Aussi réjouissons-nous, car cela devrait durer jusqu’au 25 de ce mois d’avril, moins joli mois que n’est celui de Marie –le doux may–, sans doute le plus beau de tous, après juin, juillet, septembre, août et octobre avec les vendanges. CONTINUER

Pierre C.J. Vaissiere au Bugarach

Comme l’an dernier à la même époque, à un ou deux mois près, je vais prendre mes quartiers au Bugarach. Pour indiquer aux extra-terrestres là où ils doivent se rendre afin d’éteindre les incendies que les hommes ont continué d’allumer. Les voici donc de retour. Pas sûr, cependant, qu’ils fassent mieux que l’an dernier.

Pendant ce temps, j’aurais donc bien autre chose à faire que d’écrire sur ce blog, on le comprendra aisément, car sauver la Terre, c’est quand même tout autre chose.

À d’ici une huitaine. Vous saurez alors si les pompiers de l’espace ont sauvé la Terre.

D’accord, l’image d’en-tête, d’un point de vue esthétique, on a vu mieux. Mais en suis-je vraiment responsable ? VOIR CETTE IMAGE

OTAN, suspends ton vol

Je n’y connais rien à rien en quoi que ce soit, contrairement aux grands de ce monde qui s’y connaissent en tout, sont loin d’être des idiots et nous en apportent de nombreuses preuves tous les jours. Pourtant il m’arrive de penser. D’accord, ce sont des pensées à ras de terre, mais qui n’ont rien d’inconvenant ni d’extraordinaire pour le terrien que je suis. Il m’arrive aussi de lire ce qui se passe dans le monde. Ce qui est écrit noir sur blanc, et ce qui l’est à l’encre sympathique, entre les lignes et autres espaces laissés vierges, ces vides apparents où la langue de bois n’est pas de mise, n’y ayant pas sa place à cause de son poids de plomb.

S’y profilent des ombres : Celles des peuples qu’on humilie, qu’on martyrise, qu’on assassine parce que des tyrans en ont décidé ainsi par intérêt personnel ; celles des peuples qui paient les erreurs de dirigeants incompétents, sourds à leur… CONTINUER

Citoyenneté : une vie de sacrifices tournée vers les autres

« La semaine du développement du râble, c’est quoi encore c’te connerie ? » m’a dit le Jeannot en coupant la téèssèfe. « Ils croient que les je ai attendus pour nourrir les bestiaux comme il faut ? » a-t-il ajouté en tâtant ses lapins. Deux lapins gras comme des taupes qui vivent en liberté entre le potager qu’ils mettent à mal, et mon pote âgé que ses acuités auditives et visuelles qui baissent à vue d’oeil empêchent de réagir comme quiconque l’entendrait. « C’est la semaine du silence qu’ils devraient faire, ces abrutis. Le développement du râble ! Et pourquoi pas une semaine de la tomme, une semaine de la nature, une semaine de ci et de ça avec des fêtes et tout le bataclan. Tant qu’ils y sont, pourquoi pas une journée de la femme ? Non mais, j’te jure, c’qu’ils vont pas chercher… Tiens, sers-nous donc un godet »

……

— Si fait. À propos de fête, tu sais quel jour on est mon Jeannot ? ……
— La Saint Gland.
……
— Tu l’as dit, c’est ta fête. La Saint Jean. Saint Jean Baptiste de la Salle.
……
— J’y sais bien et c’est bien c’que j’dis, la Saint Gland. À cause que dans le genre à se faire emmerdouiller et baiser comme une andouille, le brave gars a fait encore plus fort que moi. Remets-nous ça qu’on trinque un coup.

Le Jeannot tout craché ! À mettre le doigt sur des évidences, mine de rien. Le développement durable, sûr qu’ils sait ce que sait, et sûr qu’il n’a attendu ni les Verts (de trouille), ni les autres pour l’appliquer. Mais de là à en faire tout un patacaisse… CONTINUER

Identité et difficulté d’être soi

J’ai réussi à persuader mon psy qu’il était moi. « Vous le pensez vraiment » m’a-t-il dit ? Je lui ai tendu un miroir, il s’y est regardé et en a convenu.

— Si moi je suis vous, alors vous, vous êtes sûrement moi.
— Ça va pas, non ? Puis quoi, encore ? Non mais, franchement, vous me prenez pour qui ?

— Je sais pas… Mais si ce n’est pas vous qui êtes moi, qui est devenu moi à ma place, où est-il, que fait-il, que devient-il ? Vous savez que je suis un inquiet et que je me fais du souci pour les autres. J’espère quand même qu’il va bien.

— Je ne veux pas vous blesser, mais ça m’étonnerait. J’ai pensé un bref instant vouloir devenir vous, mais vu le résultat que j’avais sous les yeux, vous comprenez que j’ai pu hésiter. Du coup ça m’est passé sous le nez, et tant mieux. Quelqu’un d’autre mal dans ses baskets a dû devenir vous sans que ni vous ni moi ne nous en apercevions. CONTINUER

Muguet précoce et 1e mai

Ah, le printemps… Le foutu printemps ! Il y en a qui se réjouissent, pas moi. Quelques jours en arrière, avec les petites froidures matinales, nous avons cru nous en sortir. Puis badaboum ! Non, pas badaboum, parce qu’aucun orage de mars n’est venu, aucun blanc gel n’a résisté aux levers de soleil, aucune giboulée ne s’est amusée à semer ses blancs pétales au pied des fruitiers : une catastrophe. Alors le gai printemps un peu trop chaud à mon goût, les ombrelles, les robes légères des filles qui virevoltent au passage d’une voiture qui passe au feu rouge, qu’il s’en aille jouer sa comédie en Arles ou au diable Vauvert, je veux bien, mais pas ici, pas au nord de la ligne Bordeaux Montélimar où on peut espérer avoir les nougats suffisamment au frais pour ne s’épanouir qu’à la bonne période, mais pas avant. Et vivre vieux. CONTINUER

Evénements, nouvelles et papillons hystériques

Grande décision en ce jour que rien ne m’oblige à préciser, d’autant que la date s’affiche automatiquement dès qu’on scribouille quelque chose sur un blog. Désormais je n’écouterai plus les nouvelles à la téèssèfe, ne regarderai plus les infos à la télé et ne lirai plus un seul canard, qu’il soit au sang, aux olives ou aux pruneaux. Le plomb, je le garde pour me protéger des radieuses saloperies radiations nucléaires. Ben voui, quoi, c’est toujours ou presque la même chose, et à vrai dire, j’en ai ras la soupière des conditionnels affirmatifs, des affirmations conditionnelles, des pré-supposés et du conditionnement où à force de nous faire prendre des vessies pour des lanternes elles le deviennent, avec pour résultat qu’on pisse chaud et qu’on se demande si on ne s’est pas chopé une blennoragie rageuse chaude lance, rapport au dernier pompier qui s’est quelque peu égaré lors de la réanimation plus ou moins salvatrice qu’il nous a prodiguée. Pis, faut bien le dire pour que ça se sache, des monceaux de news ressemblent étrangement à d’autres qu’on a pu connaître par le passé. Pas vraiment kif kif, comme dit ma soeur Anne qui ne voit toujours rien venir de bien nouveau, mais plutôt du remake. Pis, faut bien le dire aussi pour que ne ne soit pas ignoré, les infos sont quand même bigrement parallèles. Pas toujours, je leur accorde, mais presque, excepté quand elles se croisent, pas toujours, je leur accorde aussi, mais parfois. CONTINUER

La honte : un monopole des pauvres (version clean)

Adaptation Facebookienne de l’article précédent, donc en version clean. C’est quoi qui disent les gamins ? LOL ? Niarc, niarc. Le texte précédent a été bloqué par Facebook : contenu etc. etc. Après avoir remplacé quelques termes « vulgaires », j’ai réessayé. Avec le même message, « contenu bloqué, etc. », veuillez contacter Facebook, etc. Comme ça me gonfle légerly, j’ai laissé tombé. Puis d’ailleurs, rien ne me dit que ça venait du riche et gracieux vocabulaire que j’avais utilisé.

— Ils nous enquiquinnent ces nécessiteux, ces expatriés, ces hommes qui portent des cheveux longs, ces artistes et gauchistes.
— Oui, tout à fait d’accord : ils nous embêtent. Et pourquoi ? je vous prie.

— Toujours à se plaindre. Et que je ne veux plus de ça, et que je ne veux plus de ci, et puis quoi encore ?

— Voilà bien : on leur donne la main, et ils veulent le bras. Toujours plus. Et crotte de bique ! quel appétit !

— Tenez, un exemple : qui a le plus d’ennuis ? je vous prie.

— Ce sont eux, cette blague. Mais ils se plaignent. Et les dettes, qui en est couvert ? CONTINUER

Honte et monopole

— Font chier ces cons de pauvres, d’immigrés, de rastacouères, d’artistes et de gauchistes.
— Ouais, tout à fait d’accord : font chier. Et pourquoi, hein ? je vous l’demande.
— Toujours à s’plaindre, qu’ils sont. Et que j’veux plusse de ça, et que j’veux plusse de ci, et pis quoi ?

— On leur donne ça, et ils veulent ça. Toujours plus. Et merde ! ils en ont jamais assez.

— Tiens un exemple : qui c’est qu’à l’plus d’emmerdes ? Hein ?

— C’est eux, c’te blague. Et ça s’plaint. Et qui c’est qu’a l’plus de dettes ?

— C’est eux. R’marquez, y’a pas qu’les dettes qu’ils ont plus que nous. Les jours sans pain, ils les ont tous. Et nous, que dalle, privés, rien. Aucun jour sans pain. Alors de quoi qu’i’s s’plaignent ? CONTINUER

Système, parasite, anti-parasite

— C’est quoi ton boulot ?
— Démarchage.

— J’sais pas si j’aurais aimé. Frapper aux portes et tout ça.

— Démarchage à domicile. Je bouge quasiment pas de chez moi, quoi.

— Et tu bosses combien d’heures ?

— Ben… attends que je calcule… P’têt pas loin d’une dizaine d’heures, quand même.

— Non, j’aurais pas aimé. C’est qu’i faut les tenir les dix heures. Et c’est tous les jours ?
— Tu déconnes ou quoi ? Par mois. Dix heures par mois. Tu me vois bosser 10 heures par jour ? Le con !
— Et ça gagne bien ?

— Pas à me plaindre. Y’a mieux, mais y’a pire.

— Mais… ça consiste en quoi, ton boulot ?

— Le plus gros morceau, c’est l’asssitante sociale, pour le RSA, la sécu, l’aide sociale. Deux heures, deux heures et demi, jusqu’à 3, si on boit le café. Des fois je fais ça au téléphone ; la galère. Après c’est les restaus du coeur : tranquille 3 heures, à cause des files d’attente. Après j’ai quoi ? Les bureau des pleurs : EDF, SNCF, transports urbains, centre culturel et deux ou trois autres conneries, pour le tarif chômdu… CONTINUER

Jardins secrets, secrets de jardins

Les jardins ouvriers, souvent de bric, de broc, de cœur et de sueur sont lentement remplacés par des jardins familiaux, avec de jolies et proprettes petites boîtes posées dans de jolis et proprets enclos en grillage vert époxy. Les premiers, du moins ceux qui résistent encore à la modernité et aux lignes droites de la rigidité ont une âme bien à eux, parfois un peu bancale, mais c’est une âme humaine. Les seconds aussi en ont une, mais elle est encore sans histoire, tirée à quatre épingles, sans goût, ni grâce, ni surprise. Les premiers font tache, les seconds s’intègrent parfaitement au béton, aux rues froides et vides que des hommes froids, parce que morts, ont tracées au cordeau. Pour faire joli ils ont parfois planté des arbres en ligne droite en prenant soin de les espacer de façon bien régulière. «Je veux pas qu’une seule tête dépasse de la colonne, aurait dit le chef d’équipe.» CONTINUER (suite du texte, plus galerie de photos)

Sushi, centrale nucléaire et poisson d’avril

« Germaine ! » que je gueule, pace que ch’sais point faire autrement, pis qu’elle est sourde comme une potiche. « J’arrive » qu’elle me dit.

Ça pue le merlan à plein nez, et garanti qu’il doit pas tant avoir l’oeil vif. 8 heures au réveil, que ça marque. Avec cette saloperie d’odeur qui m’a réveillé, j’suis point d’humeur. Quel jour c’est-i qu’on est, que je m’demande. L’éphéméride affiche Jeudi 31 mars. Mon cul ! J’ai les reins tout moulinés de la veille, qu’on a fait la pétanque avec le Nénesse et les autres, comme tous les jeudis que le bon dieu fait quand il en oublie pas, comme des fois en février, mais c’est rare des jeudis 29 février. Nénesse, la pétanque et la buvette, parce que faut pas croire, hein, c’était hier. C’est hier qu’on était jeudi. ……

« T’aurais pas pu mettre l’éphéméride à jour, des fois ? » que je gueule en arrachant le jour d’hier, que ça fait sombre tout à coup.. ……
« J’arrive, j’arrive » qu’elle crie de la cuisine pendant que je me penche à la fenêtre pour voir d’où c’que la puanteur elle pourrait bien venir. Je suis pas plus con qu’un autre, et comme on est le 1e avril… CONTINUER

Best-seller

Et merde, merde, merde. Voilà ce qui m’apprendra à tergiverser, atermoiemer, dilettanter le diable, attentister, échappatoirer, faux-fuyanter, manoeuvrer dilatoirement, temporiser, tatouiner, valser-hésitationner, versatiliser, branler glandouillement, indécisionner, bref procrastiner.

J’ai passé une pléthore de secondes, un débordement de minutes, une débauche d’heures nocturnes et de jours diurnes, une foison de mois, un paquet d’années, en fait toute une vie ou pas loin –n’ayant qu’une vague idée de l’instant de son achèvement, de toute façon annoncé– crayon en main, tasse de café dans l’autre et clope tenu entre les doigts de céramique d’un cendrier de même matière commandé à un pote potier… j’ai passé, disais-je, un temps certes fini, mais qui m’a paru infini, à écrire, relire, reprendre, corriger, fignoler un roman auquel j’ai mis la dernière touche cette nuit du 31 mars, à exactement 23h59 et quelques secondes, et plutôt que de m’en aller le glisser dans une enveloppe kraft à bulles sur laquelle j’aurais préalablement et consciencieusement noté l’adresse du detinataire –mon éditeur–, avant que de l’aller poster dans la boîte la plus proche une fois dûment timbrée, je suis allé me glisser entre les draps quelque peu défraîchis d’un lit, qu’après tout, j’estimais largement mériter. CONTINUER

A propos du débat sur la laïcité

Je suis Français, et je n’y suis absolument pour rien, désolé. Je suis catholique, du moins on m’a baptisé quand j’étais un moutard dont une des principales occupations, à part babiller, se nourrir et faire chier ses parents était justement d’assurer une production de moutarde, celle-là même devant laquelle des parents débiles s’extasient depuis que leur psy leur a fait prendre non pas des vessies pour des lanternes, mais de la merde pour de l’or, ce qui va à l’encontre de la croyance que l’argent n’a pas d’odeur.

Français, mais pas patriote, du moins pas de la façon dont ceux qui détiennent le pouvoir aimeraient que je le sois : pour leur propre intérêt. CONTINUER

Libye : aux armes citoyens. Mais quelles armes ?

Mais diantre qu’a-t-il bien pu fabriquer ces temps-ci, vous entends-je penser, dans le cas où vous auriez profité d’un don de neurones. Non seulement je ne me la suis pas coulé douce (quoique que ça n’ait rien à voir avec les noeuds coulants qui sont cependant moins expéditifs qu’une balle, il n’y a aucune raison de mettre un noeud à coulé), mais j’ai parcouru l’Hexagone pendant une semaine de patron (huit jours). Why ? vous entends-je anglicismer si vous avez hérité de neurones british et que vous êtes pratiquant. Oui, pourquoi ai-je couru ses six branches au lieu de ne rien faire d’autre que ne rien faire ?

Dans tous les domaines des activités humaines nos pays civilisés et avancés (donc jamais en retard) ont développé de merveilleux outils modernes. Que ce soit dans l’agriculture, dans l’industrie, dans la défense et le reste, nous avons remisé ces outils archaïques qu’utilisaient nos aïeux. C’est ainsi qu’on disparu de nos fameuses campagnes “riantes” ces instruments aratoires, symboles de la rude classe paysanne qu’étaient la goyarde, la serpe et son rejeton, le fauchon, le hachereau, l’ébranchoir, la faulx (que son orthographe rend plus maniable que la faux) et la faucille qui en a rendu marteaux quelques uns. CONTINUER

Nucléaires : plomb et radiations

Ah les cons ! Avec leurs délires sur le plomb, que ça faisait des troubles maladifs soi-disant il paraît, qu’ils nous ont fait changer toutes les tuyauteries de l’adduction de l’hache deux eaux, l’eau, quoi, et maintenant, hein, on fait quoi avec les radiations qu’on veut s’en protéger, que les plombiers on se demande encore pourquoi ils s’appellent encore plombiers, qu’il y en a, à cause qu’il faut plus mettre du plomb et comme ils en avaient un tas en stock, pas en tas, mais en conduits, pour ceux qu’avaient eu un tuyau sur les prix chez un vendeur de trucs en plomb qui devait bien être au courant que ça allait être interdit, parce qu’il faisait aussi dans l’électricité, faut pas nous la faire. CONTINUER

Kadhafi en colère. Ciel, pourquoi ?

Contrairement à d’autres qui se reconnaîtront pour peu qu’ils corrigent leur vue, Kadhafi n’a l’apanage ni de l’hypocrisie, ni du retournement de veste, ni de la mauvaise foi, et certainement pas celui de la crédulité. Du moins plus.

Traité de clown fou par nombre d’occidentaux qui l’ont trahi après lui avoir fait parfois une cour aussi lamentable qu’assi-due, ceux-ci ont oublié son instinct de guerrier, ses compé-tences de joueur d’échec, de stratège, sa fierté bafouée et l’ignorance qu’il a de ce qu’est l’indulgence. CONTINUER

Centrales nucléaires : une nouvelle génération sécurisée

Votre centrale nucléaire fait des siennes et vous voudriez vous en débarrasser ? Avec les systèmes actuel, la tâche est ardue, colossale, et on a beau faire, de très nombreux déchets radiocatifs des plus encombrants subsistent. C’est pourquoi notre société, leader dans le domaine de l’énergie nucléaire, vient de mettre au point 2 nouveaux types de centrales qu’à n’en pas douter vous aurez à coeur de commander pour répondre aux demandes croissantes d’énergie, mais aussi de sécurité. CONTINUER

Orgueil, confort, consommation et catastrophes

Mère des gens sans inquiétude
Mère de ceux que l’on dit forts
Mère des saintes habitudes
Princesse des gens sans remords
Salut à toi, dame Bêtise
Toi dont le règne est méconnu
Salut à toi, Dame Bêtise
Mais dis-le moi, comment fais-tu
Pour avoir tant d’amants
Et tant de fiancés

Tant de représentants
Et tant de prisonniers
Pour tisser de tes mains
Tant de malentendus
Et faire croire aux crétins
Que nous sommes vaincus
Pour fleurir notre vie
De basses révérences
De mesquines envies
De noble intolérance

……………………………………………………………………………………………………………..L’Air de la bêtise ……………………………………………………………………………………………………………..JACQUES BREL

.Présomption, orgueil, pouvoir dominateur et profit sont mères et pères des catastrophes. Au lieu de mettre son intelligence au service du vivant, et par un désir insatiable de vouloir toujours plus, mieux (ou le croyant tel) et dans l’instant, l’homme la met au service de la Camarde en lui fournissant des armes de plus en plus sophistiquées et efficaces. CONTINUER

Centrale nucléaire et sécurité

Après les quelques milliers de menus incidents qui se sont produits sur de nombreuses centrales nucléaires de type B52, un nouveau modèle sécurisé vient de voir le jour. Nul doute que les apprentis sorciers trouveront leur compte parmi les nombreux coloris proposés, que chacun pourra continuer à faire griller ses tartines du petit déjeuner et faire vibrer d’aise sa brosse à dents électrique.

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NB : Ce texte se veut un soufflet en réponse aux prédateurs cupides et aux irresponsables qui infligent camouflets et mensonges aux citoyens. Que les personnes qui ont pu souffrir, souffrent ou pourraient souffrir suite à des incidents, accidents ou catastrophes nucléaires pardonnent cet humour qui pourrait leur sembler déplacé.

Chaos

Entre l’économie qui fait le yoyo, le climat qui se la joue douche écossaise, les catastrophes naturelles et celles qui émanent d’incompétences humaines ou liées à un profit maximum à court terme, les prises de conscience qui initient révolutions politiques et culturelles (pays arabo-musulmans, Chine, Inde, Brésil, Afrique)… c’est le chaos. Que l’homme a participé à mettre en place. Ce n’est sans doute pas la première fois qu’il y est confronté, mais c’est la première fois qu’il se rend compte, pour peu qu’il ravale son orgueil, qu’il n’a finalement que peu, voire aucun contrôle sur ce qu’il crée (machines, systèmes, économie, théories, etc.) ni bien évidemment sur son environnement. L’intelligence l’aurait-il déserté ou, au contraire, est-il enfin en train de la faire sienne ?

Japon : quand les centrales nucléaires font boum !

Je dormais tranquille, rassuré par ce qui se passe en Libye avec la sage décision du G8 de ne rien décider ainsi qu’avec les discours lénifiants des autorités japonaises concernant les centrales nucléaires lorsqu’un bruit d’explosion m’a réveillé. Boum !

« Chéri, faut absolument que tu téléphones au chauffagiste. Un jour le chauffe-eau va vraiment exploser » me dit ma compagne un brin stressé. Un mauvais réglage lors de la dernière visite de maintenance. Le genre de truc courant : tu te portes comme un charme, tu te fais faire une visite de contrôle, et hop ! on te trouve quelque chose, on te refile des médocs à te mettre dans tous les orifices et t’as plus qu’à attendre que rappliquent les effets secondaires. Pareil pour les bagnoles.

Bref, le chauffe-eau déconne et pète de temps en temps juste après avoir pris son souffle pour mettre les gaz et allumer le feu. CONTINUER

G8 et Libye

Conformément à ses habitudes, le G8 a longuement tergiversé, entre la poire et le fromage, avant de ne prendre aucune décision concernant l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne en Libye. Selon les insurgés libyens, la poire était sûrement acide et le fromage amer. Ce qui, d’après nos sources, n’aurait empêché ni les ministres du G8, ni moi-même de dormir en paix. Russes et Allemands auraient même fait de très jolis rêves.

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Libye : lâcheté ou real politique bien pratique ?

Après avoir soutenu Kadhafi, puis l’avoir lâché ; après avoir applaudi la révolte du peuple libyen ; après avoir applaudi une seconde fois ces “héros” révolutionnaires qui veulent se débarrasser du régime libyen ; après s’être concertés sans que cela n’aboutisse à quoi que ce soit hormis des prises de position et déclarations d’une inefficacité redoutable ; après avoir écouté –sans l’entendre– la voix de la Ligue Arabe qui demande une intervention de l’ONU…

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Catastrophes au Japon : les coupables identifiés

« À cause du clou, le fer fut perdu.
À cause du fer, le cheval fut perdu.
À cause du cheval, le cavalier fut perdu.
À cause du cavalier, le message fut perdu.
À cause du message, la bataille fut perdue.
À cause de la bataille, la guerre fut perdue.
À cause de la guerre, la liberté fut perdue.
Tout cela pour un simple clou. »
Benjamin Franklin

. La communauté planétaire des Citoyens de la Terre vient de déclarer l’Orgueil coupable de ce qui vient de se passer au Japon, de ce qu’il s’y passe, de ce qu’il va s’y passer et de l’impact que la catastrophe va produire sur l’ensemble de la planète.

Rien à voir ici avec l’effet papillon –l’hypothèse formulée par Edward Lorenz en 1972, selon laquelle les battements d’aile d’un papillon brésilien peut engendrer une tornade au Texas–, car en l’occurence aucun papillon n’a été surpris en train de battre des ailes les jours précédents ce séisme. Séisme qui a engendré le tsunami… qui a semé morts et destructions… qui ont allumé des incendies… qui ont… etc. CONTINUER

Colère, violence conjugale et autres gentillesses

De tensions en accrocs, de blessures en plaies, de déchirures en ruptures, de petits drames en tragédies, d’affronts en vexations, de bassesses en rabaissements, d’offenses en humiliations, d’avanies en infamies, de ressentiments en rancune, d’aversions en dégoût, de répugnance en répulsion, d’abomination en honte, de haines en vengeance, de fiel en amertume, de rancoeurs en aigreur, de déconsidération en discrédit, de tache en déshonneur, d’outrages en injures, d’insultes en diffamation, d’attaques en affronts, de représailles en vengeance, d’irritations en emportements, de châtiments en sévices, d’emportements en brutalités, de fureurs en rage, d’ignominies en révolte, de colères en violences… Ces violences et colères que nous subissons ou que nous faisons subir et qui toujours se retournent contre nous, nous empêchant de vivre, nous-mêmes et ceux qui nous sont proches. Et cela nous empêche d’avancer, et cela tue à petit feu.

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Libye : des négociations porteuses d’espoir ?

De source sûre, puisque venant de nos correspondants en Libye que nous payons grassement pour qu’ils ne racontent pas n’importe quoi, même qu’ils ne risquent pas de s’écarter du droit chemin de notre politique éditoriale, vu les moyens de pression que nous exerçons sur eux-mêmes ainsi que sur leur entourage… de source sûre, disions-nous en l’assurant sans ambage, notre célébrissime colonel –dont la triste mine montre à l’évidence qu’il en a soupé des luttes intestines causes de son dépérissement– a entamé des négociations avec ces salopiots d’insurgés qui font profondément caquer tout le monde, leur pays et l’ensemble de la communauté internationale, Dieu les garde cependant.

Équipés de micros directionnels spécialement conçus pour résister à la mauvaise foi, et possédant une telle sensibilité qu’elle leur permet de traduire en paroles claires et intelligibles toute langue de bois grâce à une technique spécialement élaborée par nos ingénieurs linguistes… CONTINUER

Libye : attentisme, prudence, peurs et tueries

Germaiiiiiiiiine ! Mets-y plus fort la téèssèfe. Non mais, écoute-moi ça. Les Libyens, devraient le remercier leur Guide de la Révolution, pace que c’est pas si souvent que ça pleut par là-bas, et pour une fois que ça pleut, ils font quoi, hein ? I gueulent. Non mais ch’t’en foutrais ! si qu’il pleut, hein, c’est grâce à qui ?
— C’est des bombes qu’ils ont dit. Des bombes qui pleuvent.

— Oui ben quoi, d’accord, c’est des bombes, mais c’est déjà ça. Fais point c’te mine… je déconne.

«…Les occidentaux à la recherche d’une position commune sur la Libye… décréter une zone d’interdiction aérienne au-dessus de la Libye…»

— C’est quoi encore c’te connerie ? J’ai point inventé le fil à couper le beurre en été, mais ch’suis pas le dernier des cons, pace que, i vont s’y prendre comment, hein ? Passe-moi donc la Michelin, j’te prie. Celle du Monde. Elle est où l’Amérique ? Tout à gauche. Les Chinois et tout le bataclan des jaunes i sont où ? Tout à droite. Et nous avec les Anglais, c’est où qu’on est ? CONTINUER

Le Tout, le feu, l’eau, l’air et la terre

LE TOUT Prisonnier du Néant qui l’écrasait en son sein, le Tout était recroquevillé, ramassé sur lui-même en un point hors du temps sans dimension, ni forme, ni contour. La patience a d’autant plus de limites qu’on sent en soi d’énormes potentialités, mais si résister permet de tenir le coup, ça n’arrange rien à l’affaire si on ne décide pas, un jour, de se rebiffer. La pression exercée par le Néant devenant insupportable, le Tout avait pété les plombs. Ses forces contenues qu’une colère sans nom avait alimentées, il les avait relâchées en un seul instant dans une explosion dont les effets se feraient ressentir ad vitam. C’est ainsi que l’univers parut, certes sommaire, mais porteur en germes, par les 4 éléments, du vivant et de tout ce qui, bientôt, ne cesserait d’advenir jusqu’à ce que, peut-être, il vienne à se replier sur lui-même puis à s’effondrer en lui-même. CONTINUER

La quête du bonheur

«Le bonheur a beau être dans le pré, il est si peu près qu’on n’est pas prêt de l’atteindre.» Lao Tseu
«Le bonheur est au-dessus de nos moyens.» Karl Marx (à moins que ce soit de Groucho Marx)
«Pour être heureux vivons casher» IbnShobol

Être soi, même si ça n’est pas grand chose, et même si on se vit comme étant un “pas grand chose”, c’est déjà mieux que n’être pas soi. Car n’être pas soi, c’est (n’) être rien. Rien du tout.

Parce que le bonheur n’est pas un état d’avoir mais un état d’être, la quête du bonheur est illusoire. Surtout si, au lieu d’être simplement soi et d’accepter ce soi –quel qu’il soit–, on souhaiterait être celui ou celle qu’on n’est pas et qu’on ne sera jamais. La suite, on la connaît (voir au-dessus). CONTINUER

Kadhafi, Libye, boum ! et Champagne

Nous apprenons de source pure que Son indignité Mouammar Kadhafi, le chancre chantre des États-Unis d’Afrique, qui s’était autoproclamé Roi des rois traditionnels d’Afrique –le vulgaire titre de colonel qu’il avait usurpé depuis 69 (année moins érotique qu’on le dit) ne lui suffisant plus–, le Frère guide, le Guide de la Révolution de la Grande Jamahiriyya arabe libyenne populaire et socialiste, bref notre Kadhafi chéri qui se décatit de jour en jour n’est pas content, mais pas content du tout de ce qui se passe dans Son pays à lui, Sa Libye. Et on le comprend.

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Education et connerie

Ce qu’on peut être con quand on est jeune. Et quand on est con, c’est pour la vie, mais quand on est un jeune con, on ne le sait pas et on s’imagine que ça changera. Ben voyons ! Et plus on est soumis à une bonne éducation où priment les valeurs morales, pour la plupart issues des 10 commandements (j’adore ce mot…), plus on adhère à la connerie et plus on met en place ce qui nous y installera définitivement. Voulant devenir un honnête homme, donc quelqu’un qui se conforme aux règles de bonne moralité, on se fait baiser. Par qui ? Par ceux qui nous enjoignent (pas pour notre bien, mais pour le leur) de nous comporter en honnêtes hommes. CONTINUER

Nous sommes des immigrés, nomades des temps modernes

Entre hier et aujourd’hui, je sais que vous vous fichez pas mal d’hier et d’aujourd’hui, mais tant pis… durant ces deux journées j’ai porté des charges pour un poids total de 1500 kg. Ça n’est pas énorme, je le sais, si on considère qu’un ouvrier maçon du début XXe siècle, en France, se faisait tranquillement ses 2000 kg dans la journée, à raison de 40 sacs de 50 kg de ciment ou l’inverse, je ne sais plus. Petite précision cependant : dans le même temps, j’ai gravi un dénivelé de 750 mètres à la montée et autant à la descente. Avec des charges de 30 kg à la montée et de 50kg à la descente (des gravats), soit 2500kg. Que je dois donc rajouter à la charge totale que mon corps a portée et supportée, ce qui nous fait (surtout pour moi) un total de 4000kg, soit deux fois 2000. Je suis donc à égalité avec le maçon et encore, rien ne me dit si le lendemain de ses 2000kg / journée il a remis ça. Si ça se trouve, il était de congé, et personne n’oserait remettre en cause ce droit au repos, à part peut-être ceux qui ne portent jamais de charges, même s’ils prétendent les assumer. CONTINUER

Réflexions sur la boulimie, l’obésité, l’anorexie

À l’époque où j’allais animer un groupe de personnes touchées (parfois coulées) par (de) l’anorexie, (de) l’obésité et (de) la boulimie, il se trouvait que je relisais pour la énième fois Le Petit Prince, de Saint-Exupéry*. À chacun ses bibles. Le boa qui avale l’éléphant, graphiquement parlant, ça ne pouvait que m’interpeler, comme on dit dans la jungle de nos cités modernes où il y a sans doute plus de bêtes sauvages en liberté que dans les savanes africaines. C’est ainsi qu’un BOA qui n’avait rien demandé était en quelque sorte devenu l’emblème de ce groupe.

Aucune de mes “clientes” (au demeurant de sacrés personnages) n’avait un quelconque lien de parenté avec la gent éléphant ou la gent boa, mais leur morphologie aurait pu créer le doute. Jamais entendu personne qualifier de boa, de serpent, d’orvet, de ver de terre ou ténia une anorexique, mais les obèses qu’on a pu traiter d’éléphant, ça n’est pas si rare. Colette Magny, trop magnifique personne, chanteuse hors pair de blues et free-jazz (et sans doute délaissée par les médias pour ces qualités) fait plus que le suggérer dans une de ses chanson, “Ras la trompe” de l’album Transit, avec le Free Jazz Worksop. CONTINUER

Bugarach, “grands” de ce monde et Dieu miséricordieux

En guise de rebondissement joyeux –quoi que– à un commnentaire de Jean-Michel Thibaux

Suite à l’article “Bugarach l’insondabeul et l’incroyabeul : révélations” dont l’exotérisme, la claire limpidité, la transparente opacité (toute matière réduite à l’épaisseur d’un poil de cul de micron devient transparente ; c’est dingue !) n’aura échappé à personne, à condition toutefois d’avoir quelque culture… suite à cet article métaphorico-allégorique, disais-je, l’international Jean-Michel Thibaux n’a pu s’empêcher de semer quelques grains de sable aux salines effluves (je sais, effluve est du genre masculin, mais ça n’aurait pas fait joli et après tout, qui est allé farfouiller sous ses dessous pour vérifier ?), grains de sable qui, soyons en sûr, germeront, fleuriront et porteront leurs fruits : boum ! CONTINUER

Relooking et Pôle emploi

« Germaine ! Viens-t-en donc ici que j’te montre.»
— Viens-t-en donc toi, que j’suis à dépiauter le lapin, que j’ai les mains en sanguinolence

Germaine, elle a bien plus qu’les mains qui sanguinolent. La vieillerie, quoi ! Comme faut à tout prix que je lui montre, je me lève pour aller y montrer. Parce que des comme celle-là faut y voir pour y croire, encore que moi j’y vois bien mais j’y crois pas

« Regarde-moi donc ça » que je lui dis en lui montrant là où c’qu’il faut qu’elle regarde pour qu’elle y voit. « Non mais, que je rajoute », regarde-moi ça !

Des chômeuses, qu’ils disent en recherche d’emploi parce qu’elles en ont pas, avec des photos avant et après. Avant, à cause que ça doit être rien que des feignasses, c’est déjà pas un miracle, mais après c’est cauchemar et compagnie.

« Non mais, regarde-moi ça. Des clowns qu’ils en ont fait», que je dis à Germaine. « Avec leur figure emplâtrée, les tignasses que ça ressemble à rien, le tailleur que ça doit être pour se rendre à une sépulture. CONTINUER

Bugarach l’insondabeul et l’incroyabeul : révélations

Mais que recèle réellement la pyramide d’Amentéphis XII ? Quels secrets insondables y sont enfouis depuis des millénaires ? Que nous cache-t-on d’incroyable à son sujet ? L’humanité est-elle en danger ? Courons-nous à notre perte ? L’avons-nous par avance dans l’os (comme l’affirment les équarrisseurs) ? Sommes-nous bien peu de choses ou au contraire ? La voisine ne serait-elle pas un voisin ? Le sexe des anges est-il fait de plumes ? Nos responsables le sont-ils ? Dieu est-il un extra-terrestre ?

la pyramide d'amentéphis XIIC’est dans un grimoire (mais je ne dirai pas vieux puisque’ils le sont tous) que j’ai déniché un texte, apparemment ancien, qu’aurait écrit le grand ésotérico-hermétiste anglais W. Proof (sans doute Walter) entre le 13e et le 16e siècle (il a vécu très longtemps). Texte accompagné d’un dessin magique qui s’anime tout seul (le seul dessin de ce type et datant de cette époque, jamais trouvé) CONTINUER

Bugarach : de l’insondabeul à l’incroyabeul

Mais que recèle réellement la pyramide d’Amentéphis XII ? Quels secrets insondables y sont-ils enfouis depuis des millénaires ? Que nous cache-t-on d’incroyable à son sujet ? D’ici peu, ici même et pas ailleurs, voire avant si cela est possible, d’étranges et surprenantes révélations pour le moins convaincantes. CONTINUER

Principe de vie, création et dissolution

De la création à la disparition de toute chose, cette représentation du principe de vie, de l’apparition et de la dissolution de l’Univers (avant qu’il ne remontre peut-être le bout de son nez) se voulait sphérique. Mais avec le risque évident de faire de nombreuses boulettes, la Rédaction a opté pour le cube. Imaginez la même chose avec une sphère, et le tour est joué. Ça n’est tout de même pas compliqué.

Au final, la vie, ça n’est jamais qu’une mise en boîte.

Retourner sa veste – To go over to the other side

REGRETS. Zut, zut et rezut. Je voulais parler de ce qui se passe AUTOUR de la méditerranée et pas loin avec la Tunisie, l’Egypte, le Yémen, la Libye, l’Algérie, l’Arabie saoudite, Bahreïn, la Jordanie, le Maroc, le Soudan, et va savoir pourquoi, ça m’est complètement sorti de la tête. Bon, ben tant pis pour les dictateurs sanguinaires, despotes ou simples tyrans responsables de cruels RETOURNEMENTS DE VESTES, grâce auxquels un tout nouveau reality-show va voir le jour, et que les futurs lauréats de ce reality-show devraient remercier s’ils ne l’ont déjà fait.

Ça y est. On l’attendait depuis longtemps, mais c’est parti. Déchaînant par avance passions et paris, l’annonce avait été faite l’an dernier, mais il aura fallu plus d’un an à la société de production pour mettre sur pied ce qui sera, n’en doutons pas, une des plus formidables émissions de réalité-chaude (ne me remerciez pas de vous apprendre que chaude est le féminin de chaud). La Première aura lieu sur… On ne sait pas encore sur quelle chaîne, mais discussions et tractations sont en cours, le… ou le… On réfléchit à la meilleure date possible, a annoncé le PDG qui en a profité pour… CONTINUER

22/02/2011 – Flash info : Libye

Khadafi, après son appel au meurtre auxquels répondront ceux qui touchent des royalties sur chaque assassinat, Kadhafi, le joyeux sanguinaire, déclare qu’il est prêt à mourir en héros comme ses ancêtres. Nous espérons que le peuple libyen ne le décevra pas. D’ores et déjà, selon un conservateur des ruines nationales libyennes dont nous tairons le nom, un mausolée serait prêt à accueillir ses restes. Toujours d’après le même informateur, il s’agirait de la tente que le célèbre campeur –qui jamais n’y passa la moindre nuit–, avait fait planter dans les jardins de l’Élysée pour se rapprocher des dieux. Quel naïf ! CONTINUER

Flash info : Libye

Suite aux meurtres en Libye, il ressort que le colonel Mouammar Kadhafi, que des témoins auraient aperçu sur les lieux des crimes, n’a pu fournir aucun alibi. Interrogé par sa conscience par la conscience du peuple, il a gardé le silence. Face à son mutisme hautain, signe d’un orgueil démesuré doublé d’autisme, le peuple, soucieux de répondre à ses attentes, s’est engagé à le mettre définitivement au silence.

PIERRE C.J. VAISSIERE était-il qui il pensait être ?

Je m’appelle Vaissière Pierre. C’est du moins ainsi que je me nommais si j’en crois le curé et son baratin de tout à l’heure. Je suis mort il y a trois jours, et aujourd’hui, entouré de mes supposés proches et de ceux qui m’ont connu, c’est mon enterrement, mes obsèques, quoi. Les funérailles, ce sera peut-être pour une autre vie, si je me tiens à carreau. CONTINUER

Si l’oignon fait la soupe, l’union fait la force

Les primitifs savent depuis longtemps que l’oignon fait la soupe. Puis ils ont compris que l’union fait la force.

Les moules et les frites aussi. Mais en Belgique il semblerait que quelques politiciens ne l’aient pas encore compris.

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Diplomatie frantzaise : la classe

À inscrire dans les annales : Un émule de Sarko et d’Alliot-Marie (qui devraient penser, si ça leur est possible, à numéroter leurs abattis avant qu’il leur dame le pion) a fait encore plus fort que ses maître et maîtresse. Beaucoup plus fort. Mais par quel (anti)miracle un malotru, sale gamin prétentieux, arrogant et hautain peut-il occuper une telle fonction diplomatique ? CONTINUER

Un dessin de nu

Ça faisait une éternité que je voulais faire un nu, une des difficultés étant de trouver un modèle, ce qui n’est pas aisé quand on ignore ce qu’est un beau nu et qu’on estime être un piètre esthète, jugement corroboré par d’autres qui appartiennent à mon passé. Je sais, le mauvais goût c’est le goût des autres, et je le sais d’autant mieux que cette sentence est mienne, même si je ne suis pas le seul à en réclamer la paternité. Quand je dis faire, c’est peindre. Peindre un nu. Avec des pinceaux, de la peinture, un support. Un tableau, quoi, un tableau de nu. Bon, je n’ai jamais su peindre, mais je sais dessiner, en noir sur blanc. Je savais dessiner. Un dessin de nu où chacun décide, en fonction de ses goûts, des couleurs de la peau, de son grain, de la couleur des yeux et de celles du ciel qui feront le mieux ressortir celles de l’iris. CONTINUER

Une famille en or

AVERTISSEMENT : Toute ressemblance avec qui que ce soit ne serait qu’invraisemblance. Si les termes de Tunisie, dictateur, intérêts, pouvoir, magouilles, ministre, affaires, politique… n’apparaissaient pas, cela ne serait dû qu’à un regrettable oubli.

Toute seule sur une plage, pauvre petite fille riche, toute seule ô si seule… Mais qu’est-ce qu’ils ont à l’embêter avec ces histoires ? D’abord ce sont SES histoires, et ses parents, ce sont LEURS histoires, ni les siennes et encore moins les nôtres. Voilà une famille unie, une fille qui aime ses vieux parents qui le lui rendent bien, et quoi ? une meute de jaloux s’insurge contre ce qui n’est, somme toute, qu’une magnifique histoire d’affection entre une fille et ses vieux parents qui ont tout de même bien le droit d’aller passer quelques jours au soleil. Les rhumatismes, vous y avez pensé ? CONTINUER

Un voyage d’affaires et d’agrément

AVERTISSEMENT : Toute ressemblance avec qui que ce soit ne serait qu’une invraisemblance. Si les termes de Tunisie, dictateur, intérêts, pouvoir, magouilles, politique… n’apparaissaient pas, cela ne serait dû qu’à un oubli regrettable de ma part.

Avec la Maine –Germaine, l’épouse–, à Noël dernier j’ai emmené mes vieux dans la Creuse. Où c’que mon copain Bébert il habite. On voulait aller dans l’Allier qu’est plus près de chez nous puisqu’on y habite, mais la Creuse, ça nous changera, que j’ai dit, et comme le père i devait y acheter un lopin de terre avec une cabane, ça tombait bien, comme il m’y a dit. La cabane au bord d’un étang, c’est pour la pêche. Une p’tiote dizaine d’hectares.

Bébert, grosse ferme, des centaines de bestiaux, des champs de tournesols qu’on y perd de vue et qu’on peut pas dire qu’il y’a pas de soleil chez nous, comme il dit, Bébert. Bon, bref nous v’là à prendre la Micheline et deux heures plus tard, hop, nous v’là place de la gare. Quand je dis hop, c’est façon de parler, parcequ’à plus de 90 ans, les vieux, c’est plus la jeunesse, hein ! J’te les mets dans le taxi, et qui c’est que v’là ? Je vous le donne en mille : Bébert. Ah ben ça alors, qu’il nous dit, si j’m’attendais. CONTINUER

Imaginez vivre ainsi au fil des saisons

Avertissement : ce texte est résolument révolutionnaire. Car imaginez un instant qu’il prenne à chacun l’envie de vivre ainsi, au fil des saisons. Où irions-nous ?

Il fait beau, il fait doux, le ciel est bleu, les oiseaux chantent dans les arbres et le chat du voisin qui en écrase au soleil n’a rien vu, rien entendu ni senti. C’est vrai que les greffiers, c’est pas l’odorat qui les honore, et pourtant quand ils sentent, ils sentent. La nature se réveille, les p’tiotes racines vont se gorger de sels minéraux et la sève va monter. Tout renaît. « René, quèque tu fous nom ti dieu ? Les patates, a vont pas s’planter toutes seules !»

Les tiges montent et se dressent, la nature tout entière est en érection, les papillons s’affolent, les hannetons hannetonnent, les durs de la feuille la tendent pour mieux ouïr le vrombissement des coléoptères. Ça s’agite dans le pré où ça brait à tout bout de champ. Ah nom ti dieu ! c’est ben vrai que la sève monte. « Anne, ma soeur Anne c’est-y pas toi qu’on aurait vu te faire conter fleurette par chez le voisin ? » CONTINUER

Se lever, s’élever, refuser une dictature

Vraiment dommage qu’il n’y ait pas de dictateur sur Pluton pour y expédier en vacances un petit paquet de crapules et vrais malades. J’avais d’abord pensé à la Lune, mais elle est un peu trop proche de la Terre. On embarque quelques hauts (ir)responsables dans un engin spatial, et zou ! bon voyage et ciao. Pas très réaliste, certes, mais comme nous avons affaire à des schizophrènes, peut-être pourrions-nous envisager de les expédier dans un hôpital psychiatrique. Pas évident ? Je vous l’accorde. Alors que faire ? Les mettre à l’ombre, car ce ne sont pas les malversations qui manquent à leur palmarès. Une fois traduits en justice, et vu comme les magistrats, avocats et policiers sont vilipendés par certaines instances du pouvoir, nul doute que les voyous schizophrènes écoperaient de lourdes peines.

Léger problème cependant : le manque total de courage des (con)citoyens occidentaux (on est ni en Tunisie, ni en Egypte, ni en Asie centrale), leur conformisme, leur vie si confortable qui les fait roupiller, leur habitude de courber… CONTINUER

Tunisie, Egypte : émoi des dirigeants, et moi, et moi, et moi

Par intérêts égoïstes, qu’on nomme “diplomatie” dans les salons où ça cause dur en grignotant des petits fours, la plupart des états occidentaux, représentés par leurs gouvernants et leurs grandes entreprises (de démolition ?) ont soutenu à bout de bras chargés de cadeaux des régimes dictatoriaux, participant largement à ce que des potentats s’installent sur un trône en or.

« Donnant donnant. Pour une “tranquillité” et des intérêts mutuels, notamment économiques, nous vous soutenons, nous vous entretenons, nous fermons les yeux sur la façon dont vous dirigez vos pays et sur les arrangements “commerciaux” qui vous permettent de vous enrichir à titre privé. En échange vous répondez à ce qu’on attend de vous, vous suivez les règles de conduite que nous vous dictons, vous étouffez tout ce qui pourrait mettre en péril notre équilibre, mais nos accords doivent rester opaques si ce n’est absolument secrets. Afin de péréniser notre collaboration, vous devrez cependant veiller à relâcher de temps en temps la bride sur le cou de vos ressortissants, car trop en étrangler les ferait se révolter et nos grands principes libéraux et démocratiques seraient montrés du doigt et mis à mal. Ne nous mettez pas dans l’embarras en nous amenant à soutenir des mouvements de contestation ou de révolte contre vos agissements, cela n’étant ni dans votre intérêt, ni dans le nôtre. CONTINUER

Moubarak : Deux trois affaires à régler, et je pars

Le temps de bourrer mes valises avec ce que j’ai encore chouravé à ce couillon de peuple, et ciao. Bon, il y en a pour combien ? Bah, ça va pas chercher loin, mais ça fera pour les faux frais. En attendant, que personne n’entre, surtout si c’est pour me parler de ces putains de manifestations. Mes 60 millions de dollars ? Vous imaginez quoi, que je vais partir sans rien ? CONTINUER

Les 10 commandements d’un dictateur

C’est lors d’un périple dans une région peu connue d’Asie centrale que j’ai trouvé ces 10 commandements gravés sur une plaque de métal. Après expertise, il est ressorti qu’il s’agissait d’un alliage de plomb et de laiton provenant de douilles et de balles récupérées sur la place Alatienne Etienne de Morback, la capitale du Tüpötegrathai. Plaque qui aurait été offerte aux chefs des états frontaliers du Yakmoakiconte par le président Avi, avant qu’il ne soit destitué après s’être tué, quelle bonne idée ! Des plaques similaires ont été retrouvées au Chtavépourtanprévnu, au Blennoragistan, au Hachpé et au Kissgrizpatankça.

Je ne remercierai jamais assez le Président Avi pour ce legs à l’Histoire. CONTINUER

La spirale des événements, donc des news

La spirale des événements, donc des news et de ce qu’on croit être des nouvelles montre clairement (mais non, je débloque !) que si des événements différents, divers et avariés se succèdent, ils repointent le bout du nez de façon plus ou moins cyclique. Les news, nouvelles, informations du JT, de la presse-citrons et autres médias présents, passés (signaux de fumée, tam-tam) et à venir s’inspirant de ces événements, inutile de dire, mais je le dis quand même puisqu’il ne s’agit que d’une formule consacrée stupide et inutile… inutile de dire, donc, qu’une news en chasse une autre, qui est chassée par une petite dernière, elle-même virée par une fraîche de la veille… car toutes les news, dans la mesure où elles ne sont souvent que des réchauffées ou recuites avec juste ce qu’il faut de petits aménagements (notamment concernant le nombre des victimes, ce qui est normal vu la population qui augmente de jour en jour, jusqu’à ce que…) ne peuvent qu’être fraîches de la veille (au mieux), donc douteuses et indigestes.

Lorsque la spirale s’écroule sur elle-même, ce qui arrive car l’usure du temps joue aussi sur le temps, l’impression de déjà vécu qu’on ressent alors nous amène à des comportements proches de ceux qu’on peut observer chez les primates, comme celui qui consiste à prendre un air pénétré tout en se grattant la tête. CONTINUER

Paysannerie : une révolution en marche ?

— Germaiiiiiiine ! — …
— C’est quoi c’t’histoire, que la Solange elle m’y a dit, que le bruit court partout ?

— …

— Ça t’a t-y pas suffi avec le
Sylvestre ?
— C’était y a vingt ans, et pis quoi ?

— Qu’est-ce c’est-y que tu foutais avec le Roger ? Qu’on t’a vue que t’étais avec lui sur son tracteur, et que ça avait l’air d’y aller tous les deux.

La Germaine, sûr que je la connais comme si j’y avais fait. Quand elle fait les mêmes yeux que le Pataud. Le Pataud c’est le chien qu’est tout dégarni aux coudes et aux genoux, à force qu’il s’use le poil à dormir sur le paillasson de la ferme. Le Pataud, quand il est pas tant fier de lui.

— Ben quoi comme j’allais au champ d’à côté de chez lui, il m’a dit qu’il s’y rendait puis et qu’il pouvait m’y emmener. Y a rien de mal à ça, à c’que j’sache.
« Oui,» que je lui dis, « sauf que ton Roger, avec ses magouilles et compagnie, il est pas tant aimé dans le pays. Et les voisins, c’est quoi qu’ils vont dire ? Que t’es cul et chemise avec lui et que ça me plaît pas, ah non, ça me plaît pas. La chemise, passe encore….» CONTINUER

Nouvelles des news

Ras-le bol des nouvelles du monde et d’ailleurs qui, reconnaissons-le, se ressemblent étrangement et qui, admettons-le, se bousculant au portillon se succèdent, les dernières nouvelles fraîches virant celles de la veille qui occultent elles-mêmes celles de l’avant-veille dont la date de péremption prend un coup de vieux à chaque nouvelle nouvelle. Le ras-de-marée de je ne sais plus quand a laissé la place à quelques séismes vite oubliés quand Haïti a fait la une des journaux et la hune des observateurs, laquelle Haïti est passée à l’arrière plan après quelques actes de terrorisme qui se sont effacés avec les élections de Côte d’Ivoire dont on a cessé de parler lorsque la Tunisie s’est réveillée avant de moins faire parler d’elle avec les événements survenus en Egypte… CONTINUER

Une œuvre d’art qui a du souffle

Lettre à un dictateur. D’ici, de là ou d’ailleurs.

Peu importe le nom qui t’a été donné, et peu importe quand il te fut donné, et peu importe l’importance que d’autres te donnent, et surtout peu importe celle que tu te donnes.

Tu vieillis, et ce pouvoir que tu as obtenu parce que d’autres te l’ont laissé, par flemme, par indifférence, parce qu’ils ont cru en toi… le jour venu où la vie te sera reprise, il te filera d’entre les doigts comme l’eau à la source qui te désaltère avant de disparaître pour toujours. Mais le pouvoir, lui, ne t’a jamais désaltéré. Et s’il a pu parfois te donner un vague sentiment de plénitude (l’illusion est si plaisante), cela n’a jamais duré qu’un bref instant car jamais il ne t’a permis d’être nourri à satiété. Sinon, même goinfre comme tu l’es, tu te serais dessaisi du pouvoir.

Peu importe ce qui t’a amené à vouloir user du pouvoir –que tu aies été objet de moqueries, d’humiliations ou habitué, tout gamin déjà, à obtenir ce que tu voulais, parfois même sans faire de caprices–, mais ô combien il importe la manière dont tu t’y es pris afin d’accéder aux plus hautes marches une fois venu jouer dans la cour des grands ; comment tu l’as conservé ; et l’usage pervers que tu en as fait. CONTINUER

Une dictature à bout de souffle ? – Egypte, Moubarak, Obama

Une pure fiction, qu’on se le dise.

egypte moubarak obama CONTINUER

Trip australien et diable vauvert

Je roulais tranquillement lorsque j’entends quelqu’un me dire : « Vous seriez pas un peu déjanté ? Arrêtez-vous ».

— Pourquoi ?
— Vous roulez à gauche.

— Oui, et alors, on n’est pas en Australie ?

— Vous avez croisé combien de kangourous ?

En réfléchissant, j’avoue qu’effectivement je n’en ai croisé aucun. Mais de là à passer pour être tête en l’air et être une des causes de l’augmentation des tarifs d’assurance auto-moto, pas question.

« Vous n’êtes pas au courant ? » je lui ai dit.
— Au courant de quoi ?

— L’épidémie. La terrible épidémie qui les a tous tués. Si c’est pas malheureux.

— Si, effectivement, c’est bien malheureux.

Bon je suis pas un mauvais bougre, et c’est vrai qu’on n’était pas en Australie. Du coup j’ai appuyé sur la droite.

« Ho là, ho là ! Comme vous y allez ! Vous vous croyez où ? » me hurle d’un ton sévère un gendarme motorisé –je les reconnais au bruit que font leurs machines– qui s’avère être la même personne que celle qui m’injoncta l’instant d’avant de couper l’alimentation de mon moteur à injection, en m’enjoignant de garer ma bécane. CONTINUER

Coup de grisou et sauvetage à Houille-les-Mines (Egypte)

Suite au coup de grisou survenu comme indiqué dans notre presse locale une semaine après qu’il se soit produit, annonce tardive mais banale en soi, le Journal d’Houille n’étant pas d’une réactivité à proprement parler fulgurante, nous apprenons que le jeune mineur le restera définitivement, les sauveteurs n’ayant pu le dégager à temps. Ce qu’on comprend aisément si l’on se rappelle que le capitaine des pompiers n’est autre que le directeur du journal d’Houille lui-même et en personne. Interrogé sur l’intervention qu’il a pratiquée sur le malheureux qui venait juste d’avoir 14 ans, le chirurgien s’est montré rassurant quant à l’état de la jambe gauche, le seul élément corporel qui lui ait semblé valoir le coup d’être ramené auprès des siens.

La foule nombreuse qui s’était massée à l’entrée du puit N° 1, le bien nommé car le seul, a acclamé les sauveteurs lorsque ceux-ci les yeux battus la mine triste et les joues blêmes, quoique maculées de poussière de charbon, lorsque ceux-ci, disions-nous, débouchant tels des ombres revenant de l’enfer ont fièrement brandi la jambe qu’ils étaient parvenus à sauver. CONTINUER

13 juil 2013 – Vandalisme au Musée des Beaux Arts de Nantes

Nantes : Stupeur au Musée des Beaux-Arts

Un vandalisme d’une rare bêtise a eu lieu dans la nuit du 13 au 14 juillet 2013 au Musée des Beaux Arts. Une œuvre majeure peinte par un peintre aujourd’hui mineur et tombé dans les tréfonds de l’oubli a été saccagée et, sinon réduite à néant, amputée avec une telle sauvagerie que, d’après le Conservateur appelé d’urgence alors qu’il rêvassait à quelque palme de gloire au lieu d’œuvrer pour la conservation des œuvres, la peinture en question ne devrait pas s’en remettre. Extrêmement choqué par ce qu’il faut bien appeler un véritable autodafé, il n’en a pas dit davantage, répondant à cela à un comportement habituel auquel il nous a bien fallu nous habituer, à défaut de ne savoir quoi faire d’autre. CONTINUER

Exposition d’organes

J’ai pris une grande décision : exposer mes organes. Ça m’est venu alors que je faisais cuire mon repas de midi, des tripes à l’estragon (une coudée au-dessus de celles vulgaires à la mode de Caen) et des foies de volailles. Une fricassée rapide, tu déglaces au vinaigre de framboise, et hop, tu jettes ça sur une salade du jardin, un régal. Ça me changera de ces expos dites d’art où mon seul intérêt est de médire sur les visiteurs qui se la jouent et n’achètent rien, et ça vous changera de ces mêmes expos où vous ne venez que pour vous gaver sans vergogne de petits fours généreusement offerts –tu parles, avec ce qu’il se met dans la poche– par le galeriste. À mon expo d’organes, ni petits fours, ni machins avachis sur canapé. Tout juste s’il y aura des gaudiveaux et du clacos pour ceux qui auraient encore de l’appétit. Avec un coup de rouquin. Une expo de mes organes. Facile, vous entends-je dire. Suffit d’être mort et qu’un bon boucher d’une quelconque ethnie d’anthropophages détaille la bête, ou à la limite, un étudiant en médecine pas trop manchot ou un médecin légiste… CONTINUER

Tunisie et Haïti – Ben Ali et Bébé Doc

Sarkosy, Ben Ali, Bébé doc, Fabius, DSK... une simple galéjade.

Séïsme en Haïti : bébé Doc est de retour. Au vu de son air pénétré et empêtré, avec ses couches. L’allure d’un vieux qui aurait tellement souffert de l’éloignement de sa chère terre natale qu’il voudrait l’aider, croix de bois croix de fer s’il ment il n’ira pas en enfer. Les crapules haïtiennes ne vont pas en enfer, pas plus qu’elles ne se donnent la mort dans un ultime acte de fierté, le seul qu’elles auraient eu. Et ben non, l’est pas mort, à la grande joie non feinte, au contraire, d’abrutis incultes ou plus sûrement partisans qui pensent pouvoir tirer quelques marrons du feu du retour de leur messie, marrons que certains aimeraient pouvoir leur distribuer gratis. Bébé Doc, ce débris ? ça serait pas plutôt Pépé Doc ?

Mais venons en au fait, comme le disent les contes pour enfants. Il était où pendant toutes ces années, l’adorable bambin ? À l’abri, pour preuve. Avec plus d’un demi milliard de dollars en poche… CONTINUER

C’est dans les ténèbres qu’on perçoit le mieux la lumière

Panne de courant.

Lampe torche en main, je suis allé côté tableau électrique voir pourquoi je n’avais plus de lumière. Sur place il y avait de la fumée. Me rappelant que, sauf exception, il n’y a pas de fumée sans feu j’ai branché non sans mal la lance d’incendie en remerciant la nuit qu’elle soit partie enfiler son pyjama. «Merci» lui ai-je dit, tout de même un peu surpris de n’avoir aucun « de rien » en retour. Soyez reconnaissant. J’ai mis la pression, sans doute trop, ce qui a fait péter le tuyau. Par chance je m’étais rappelé m’être fait un pansement la veille à cause d’une entaille que je m’étais faite en coupant à travers bois, pour gagner du temps. Les accidents arrivent toujours lorsqu’on est pressé. Je déroulai prestement le chaterton qui m’avait servi de sparadrap et appliquai le pansement sur l’aqueuse plaie, recevant un jet de sanies au passage et au visage. Je ne fais jamais la poussière sur le tuyau d’incendie où niche une famille d’arachnées que m’avait ramenée de Lydie une égéenne maîtresse, fille du dénommé Idmon de Colophon, teinturier de son état. Le gros de la fuite étant réparé, il me fallut bien envisager de m’occuper de l’autre, le petit qui, tout petit qu’il fut, n’en aspergeait pas moins mon hall d’entrée que je ne voulais pas voir se transformer en salle de bains, une seule baignoire me suffisant amplement depuis que mon don d’ubiquité s’était fait la paire suite à un excès de libations qui m’avait provoqué d’abyssales pertes de mémoire. CONTINUER

Tunisie : une révolte ? Non, Sire, une révolution !

« Une révolte ? — Non, sire, c’est une révolution » DUC DE LIANCOURT

Une révolte ? Non, Sire, une révolution.CONTINUER

Ça, c’est du commerce

Je fais dans la patate. La frite ou les ships. Sous quelle marque ? Parce que vous en connaissez plusieurs ? Avant, peut-être, mais c’est du passé. Vous la connaissez, c’est la seule. Je n’allais quand même pas me laisser prendre des parts de marchés par des concurrents, qui plus est des boîtes de pas d’ici.

De toute façon, avec mes prix, ils n’avaient aucune chance. Je parle de mes prix avant que j’aie le monopole. Depuis, je ne vois pas pourquoi je n’en aurais pas profité pour les augmenter. Ça a bien râlé un peu du côté des distributeurs, mais vu qu’ils répercutent sur leurs clients… Comme quoi on peut tout se permettre, à condition de ne pas pousser le bouchon trop loin. Faire un maximum de profit quand c’est possible, il faudrait être stupide pour ne pas en profiter. Deux grammes en moins par paquet, c’est passé comme une lettre à la poste et je me prépare à remettre ça. Et avec ma nouvelle gamme Svelty Ships que je vends 15% plus cher alors que son prix de revient est de 9% moins élevé que les ships normales, je fais un malheur. Mais faut pas croire, ça ne s’est pas fait tout seul, car il m’a fallu investir dans de nouveaux systèmes de cuisson. Amortis en deux mois, quand même. Moins d’huile, plus de bénef. CONTINUER

Revendications et révoltes : lutte des classes ?

Ils font chier ces cons de pauvres, travailleurs, lycéens, étudiants, chômeurs à revendiquer et à semer la pagaille. Il y a même des cadres qui s’y mettent ; on aura tout vu. Des professions libérales aussi. Des juges, etc. C’est du grand n’importe quoi. C’est vrai, quoi ! Tu te balades tranquillement en France, et voilà que tu te fais emmerder par des manifestants, que ton avion pour les Seychelles est bloqué (la neige, mais oui, c’est eux aussi), que ton TGV te passe sous le nez, et tout et tout. Tu fais un viron au Royaume Uni, que je me demande par quoi il est uni, et tu te fais emmerder par les mêmes. Uni par les emmerdeurs et les contestataires, le royaume. La Grèce… Ah, la Grèce. J’y étais il n’y a pas si longtemps. C’est ça le berceau de notre civilisation ? Sans mon jet privé, j’aurais fait comment pour m’éjecter en Égypte, je te le demande. Ouais, je me disais, ça va être pépère là-bas, avec le régime qui sait tenir la populace. Pépère ? Ben pas tant que ça. On n’en parle pas beaucoup, hein, vaut mieux pas, mais avec ce que ça gronde, t’es obligé de mettre ta chaîne stéréo à fond la caisse. Puis faut reconnaître que c’est le bordel intégral, avec tous les traîne savates et crève la faim qui glandent, grouillent et encombrent les rues au point que si tu n’enclenches pas la vitesse supérieure et que tu ne fonces pas, tu ne passes pas. CONTINUER

Naufragé du désert

D’accord, c’était peut-être pas très futé d’aller se balader dans le désert en ce moment, mais c’était le seul truc pour me faire passer une saloperie de sinusite que je traînais depuis plusieurs mois. Le chaud et le sec, m’a dit mon toubib. J’en ai déduit le désert. Chaud et sec, vous auriez songé à quoi d’autre ?

Tant qu’à faire j’ai jeté mon dévolu sur le coin le plus chaud et le plus sec du Sahara. Un avion, un 4×4, un dromadaire. En six jours j’étais rendu. Le chamelier devait me récupérer 8 jours plus tard, même heure, même endroit ; le 4×4 le lendemain, dans le bled où il m’avait déposé. Le retour payé d’avance. Quel con je fais !

Le lendemain matin un vent de sable du tonnerre de dieu a embarqué ma guitoune. Pas le meilleur remède pour la sinusite. Je me suis crevé la paillasse à désensabler mon matériel, réchaud, outres, gamelle et couverture. Le surlendemain je me suis gelé, et pas que la nuit. Comme quoi les idées toutes faites… J’en ai profité pour essayer de retrouver ma tente, en vain. Puis ça s’est mis au beau, je veux dire au plomb chauffé à blanc, mais vite refroidi une fois le soleil ensablé pour la nuit. Dormir dans le désert sans abri avec pour toute literie une couverture, je vous laisse imaginer… CONTINUER

Autisme, schizophrénie, conflits, guerre et paix

Quand ça branle dans le manche pour des raisons sociales, qu’un état de guerre nous corne aux oreilles et que des bruits de botte s’amplifient, que ça vibre, ça secoue, ça gronde on se retrouve comme deux ronds de flan à se la jouer surprise-surprise et à gémir que c‘est quand même bien triste ma bonne dame, qu’on n’y a pas vu venir, et si c’est pas malheureux, mais qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu pour mériter ça. Surprenant, non ? Quand je dis état de guerre, il peut s’agir de vraies guerres d’état à état ou d’éthnie à ethnie, mais tout aussi bien de conflits sociaux durs, ou de ces guerres que déclarent nos gouvernements contre ceux –inadaptés sociaux, contestataires, voire opposants virulents–, qu’ils mettent dans le même sac que celui des voyous (attention, pas ceux en col blanc) sous l’appellation générique de “racaille”. CONTINUER

Inauguration officielle, buffet, et crève-la-faim

— Bon les gars, on se fait l’inauguration, mais vous vous tenez. Vous tenez vos langues, vous tenez vos gonzesses qui font rien qu’à raconter des conneries, vos clébards et vos morveux. Toi Lulu, t’évites de roter et surtout de péter tant que c’est pas le moment. Fred, tu ne te fais ni les oreilles ni les ongles avec un cure-dent, et si jamais tu craques, tu le remets pas en place. Quant à toi, pas compliqué, tu te la fermes.
— Je me la ferme sur quoi ?

— Sur tout et surtout. Et ne va pas raconter comme la dernière fois que le maire est mouillé jusqu’aux os avec les entreprises de BTP, que le président est un con, qu’il trompe sa femme, qu’elle lui rend la monnaie de sa pièce et qu’elle a pas attendu pour lui rendre, et j’en passe.

— J’ai jamais dit ça. C’est le contraire. Ce que j’ai dit c’est que le maire trompait sa femme et que le président magouillait avec des entreprises. Pharmaceutiques, pas le BTP. Me fais pas dire n’importe quoi.

— Je veux rien te faire dire, je veux que tu te la fermes. Et par pitié, ne parle pas du Juge qui a clos un peu rapidement le dossier… CONTINUER

Mauvaise nouvelle

Le toubib vient de sortir de chez moi. « Vous n’en avez plus que pour quelques mois à vivre. Cinq six avec de la chance, mais vous n’atteindrez pas la fin de l’année» m’a-t-il dit d’un air qui se voulait désolé, mais on ne me la fait pas. Ça le réjouit, le saligaud. Avec la façon qu’il a de reluquer ma femme.

Plus que quelques mois à vivre. On vient juste de démarrer l’année et si ça se trouve le printemps va me passer sous le nez. Avec les vers qui vont venir me tripoter et faire un gueuleton, et c’est pas une image. Un dernier p’tit ver pour la route et hop ! en voiture Simone, même si c’est pas ton nom. Le grand équarisseur, il te demande pas tes papiers avant de te charger à grand renfort de coups de fourche dans son tombereau. Et que ta destinée te fasse te retrouver en croquettes pour chiens, en engrais pour le jardin ou en cendres pour les diarrhées du chat, il s’en balance. Hue dia, saloperie de canasson ! CONTINUER

Perdre tout, oublier, égarer, perdre à tout…

Je perds tout, tout le temps. C’est terrible. Non seulement je perds tout, mais je perds à tout. Je perds à être connu. Je l’ignorais jusqu’à ce qu’un ami qui m’avait prêté sa voiture que j’avais perdue –et oui !– me l’apprenne. « Non mais tu te rends compte ? Ce coup-là, c’est bien la première fois qu’on me le fait. Je t’assure, tu gagnes rien à être connu, mais moi je perds à te connaître. Et tu penses faire quoi ? » C’est en voulant appeler mon assureur que je me suis rendu compte que je ne savais pas ce que j’avais fait de mon téléphone portable.

— Passe-moi ton téléphone, je téléphone derechef à mon assureur. Il va arranger ça.
— Je veux bien, mais tu t’en t’en sers devant moi et tu bouges pas. Tu as son numéro ?

— Ben tiens ! Pour sûr! Dans le répertoire du bigophone.

Où voulez-vous qu’il fut ? J’arrive parfois à remettre la main sur ce que j’ai perdu. Il y a des gens honnêtes. Mais pour ce que j’ai seulement égaré, c’est une toute autre histoire… CONTINUER

Noël, nouvel an, vœux et solitude

Dame Solitude doit se frotter les mains. Déjà dans ma rubrique Courrier du cœur de mon magazine de recettes de mieux vivre “La Vie c’est pas de la Tarte”, combien de lecteurs, plus encore lectrices, m’ont adressé de lettres déchirantes pour leurs fêtes de Noël passées en solitaires, toutes ayant rejoint la corbeille à papier, ce qui se comprend aisément. Ces lettres poignantes exprimant à quel point la solitude est plus mordante qu’un Rottweiler battu et affamé par un maître pervers, je pensais qu’elles avaient fait le plein et que jamais je n’en recevrais davantage. Grossière erreur, car c’était sans compter sur la Saint Sylvestre et sa nuit festive qui laisse sur le carreau des milliers d’âmes en peine, perdues dans cet océan de turpitudes où la mer se nomme ennui lorsqu’elle est étale, la houle boule au ventre, les phares abstinence, les escales déception, le ports d’ancrage cimetière. Mais le pire est à venir avec… CONTINUER

Mes voeux officiels pour 2011

voeux de PCJV pour 2011

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2011 – Voeux d’unité

voeux d'unité pour 2011

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YAKMOAKICONTE : le Président s’adresse à son Conseil

YAKMOAKICONTE, 2 janvier 2011

Ayant fait quelques économies en refusant de payer les honoraires astronomiques de mon dentiste, les charges sociales de mon entreprise dont le chiffre d’affaire se mesure en une addition de zéros, les préservatifs de mauvaise qualité que m’avait fourgués une pharmacienne énamourée à un prix certes inférieur à celui de l’IVG par laquelle nous dûmes passer, surtout elle, mais trop chers pour ce qu’ils valaient d’emmerdements, plus quelques autres notes, à mon avis, diésées sans raison… l’idée aussi sotte que grenue m’a pris de faire un coucou à ma copine Ørifice, au Mahagoni, cette charmante province du YAKMOAKICONTE dont vous avez dû entendre parler si vous lisez la presse du TÜPØTEGRATHAI. Remballez votre air salace, Ørifice se prononce Eurifice, que j’avais eu la délicatesse, pour mon oreille, de transformer en Eurydice un poil plus romantique. Le Yakmoakiconte, c’est le dépaysement assuré, comme tous les coins de cette Asie centrale qui ont moins à voir avec l’École du même qualificatif qu’avec la prison itou. CONTINUER

Le jour d’après la Saint Sylvestre

Ça y est, on est le premier janvier 2011. Quand je pense qu’il a fallu 365 jours pour y arriver, c’est fou ! Et encore on s’en est bien sorti, grâce à 2010 qui n’est pas bissextile. On est le premier janvier, il ne neige pas, il ne pleut pas, il ne gèle pas ou si peu. On est, nous sommes le 1e janvier. Mais qui ça, on, et qui ça nous ? Il ne neige pas, il ne pleut pas, il ne gèle pas… mais de qui s’agit-il ? On se gèle, passe encore, d’autant qu’il fait à peine zéro degré, ce qui n’a d’ailleurs pas empêché le SDF du coin de la rue de se geler cette nuit, comme je m’en suis rendu compte en revenant d’aller chercher les croissants du dimanche, même si… CONTINUER

Les voeux du Phonse et de la Germaine à des gugusses du pouvoir

«L’Alphonse…» qu’elle me dit l’épouse. «Qu’est-ce qu’elle lui veut ? » que je lui réponds. L’épouse, quand elle me dit l’Alphonse, c’est que c’est du sérieux. Sinon c’est Phonse qu’elle m’appelle.

– Tu sais t-y quel jour qu’on est ? Le 31 de décembre. Et le 31 de décembre, on souhaite les voeux.

Germaine elle pose les questions qu’elle sait les réponses que, du coup, je pourrais très bien me tenir coi, mais alors on se causerait plus. Alors je lui réponds. Je sais que c’est la Saint-Sylvestre, même que je l’ai marqué d’une pierre blanche, un certain satané 31 décembre. Et j’ai point besoin de lire le calendrier des PTT quand je vais aux vécés faire mes besoins pour y savoir que l’année est moribonde. Déjà la veille, c’est comme des méchants pincements au cœur, et à minuit pétantes, c’est la chamade, avec la mauvaise humeur.

Que je vous dise pour que vous y sachiez quand même, parce que la Germaine, c’était pas le genre sainte nitouche du temps qu’elle était jeunette… CONTINUER

Briser le miroir, briser l’ignorance

D’un coup de nettoyage à un coup de peinture, il faut du temps pour que ça sèche. D’un déplacement de meuble à sa remise en place, plein de provisoires qui iront en se succédant.

La demeure, non, la maison s’est faite la plus grande possible pour accueillir tout le bastringue, malle en osier, couvertures, vêtements, rameur handicapé moteur et atteint de mutisme de surcroît, outils, escamoche peinturluré de tous les chantiers précédents, qui me toise de son mètre cinquante de hauteur en prenant un malin plaisir à me dire que celui-ci, de chantier, ne saurait être le dernier. Pas le souk car il n’y a rien à vendre, dommage sans intérêts. Chiffons, bocaux, pinceaux à rechampir, queues de morue pour le bleu, aux odeurs marines, coulées de couleurs. La nuit, encore, ne sera pas sereine : ça empuante. Je fais, sans doute aucun, sans autre but que faire, tâcheron qui, s’il était payé aux taches et éclabarbouillassures, s’en sortirait ; mais non, seul l’oeil –trompé– y trouve son compte. Travail à l’oeil, gratuité, nouvelle course, bien que lente, à ce qui n’est, de toute façon, qu’illusion ou qui le sera, c’est une question de jours, de semaines… CONTINUER

Tant de haine

Avertissement : 1. Avant de faire des bonds, surtout si votre plafond est bas, attendez de lire jusqu’au bout. 2. Sauter ou seulement survoler le paragraphe où le texte est un peu plus clair (et non pas on ne peut plus clair) ne vous fera rien perdre d’essentiel. Inutile de me remercier.

Je hais les pauvres, surtout les SDF. D’abord ça fait désordre dans le paysage en été où ils s’exhibent en spectacle avec leurs chiens, mais c’est pire en hiver où ils font tout pour nous donner mauvaise conscience, leur cul posé à glander à côté des devant les boulangeries et sur le parvis des églises, nous obligeant même à les enjamber, au risque de nous prendre les pieds dans leurs oripeaux. À part ceux qui savent se tenir, qui sont propres sur eux et qui ne sentent pas mauvais, les vieux me débecquettent. S’ils sont malades –mais les vieux ont toujours quelque chose qui ne va pas–, c’est bien pire. Les arabes et leurs minarets prétentieux qui défigurent le paysage, faut même pas m’en parler. Pire que les niakoués et leurs chinatowns. Est-ce qu’on va les envahir… CONTINUER

1e. Meilleurs voeux 2011 – 1st. Best wishes 2011

2011, nous y voilà bientôt, pour preuve, les voeux qui débarquent dans nos messageries, boîtes aux lettres et oreilles, Toujours les mêmes, preuve que ça ne marche pas, car si ça marchait il y a longtemps qu’on n’aurait plus besoin de les échanger et on aurait cessé depuis belle lurette de dépenser nos économies en timbres. Mais si vous y tenez, meilleurs voeux, QUAND MÊME.

Urbi et orbi, dehors comme dedans, c’est toujours la chienlit, comme disait le Grand Charles (et non Charles le Grand), mais avant de se prendre la tête avec les événements extérieurs locaux ou internationaux zizanesques –merveilleux miroirs–, il serait sans doute profitable de se la prendre avec nos propres événements bien à nous. Les grains de sable qui bousillent les rouages, les difficultés, les conflits… pas la peine d’aller voir ailleurs s’il y en a. Et tant que nos propres conflits ne seront pas rayés de notre carte géopolitique perso, inutile d’espérer que ça s’arrange dehors. Une fois que nous aurons balayé devant notre porte, peut-être alors pourrons-nous aider nos voisins à faire le ménage. CONTINUER

Mes voeux pour 2011, une fois pour toutes

Bon ben voilà. 2010 qui battait de l’aile depuis quelques jours tire à sa fin. Demain, c’en sera fini de cette année ni pire, ni mieux qu’une autre en regard des autres elles-mêmes ni pires, ni mieux que les précédentes ou suivantes. J’ai tout dit ou presque.

On reprend les mêmes et on recommence, on clone en pas mieux ce qui a déjà été fait, on met les pantoufles au chaud, on ne se dessaisit jamais de son parapluie, on encaustique les langues de bois, on ne change pas un iota à ce qui fonctionne comme d’habitude, donc sur trois pattes… tout en clamant haut et fort que les choses vont changer, que tout va marcher comme sur des roulettes et que le père Noël, c’est pas des conneries, existe bel et bien.

C’est dans cet état d’esprit du ronron que je vous présente mes vœux pour 2011, en priant pour que : La moëlle soit toujours substantifique, la métaphore ne cesse jamais d’être douce, que la folie continue à être pure, la portion congrue, les cordons bleus, la peur verte, les singes malins, la mule têtue, le chien fidèle, le lion féroce, le renard rusé, la teigne méchante… CONTINUER

La mort lumineuse de Fernande la folle

J’ai l’oubli d’une facilité déconcertante. Il en est qui m’envient, pas moi. Une facilité écoeurante qui, il ne faut pas croire, me fait mal à ceux que j’aime et que j’abandonne, comme ça, au détour d’un chemin, sans bien savoir pourquoi, mais surtout sans la moindre envie.

J’ai le remord froid, distant, à croire qu’il me fuit comme j’essaie de fuir l’ennui, cet ami de toujours qui me serre d’un peu trop près contre lui, me soufflant au visage son haleine fade, comme si j’avais besoin de ça pour me dire qu’au fil du temps bien des choses perdent de leur saveur. Ce n’est pas que je n’ai plus le goût des choses, c’est que je ne les aime plus, ou plus simplement que je ne les aime pas. Les ai-je jamais aimées ? CONTINUER

Corée : Nuits chaudes au Pays du matin calme

La fin d’année pointant le bout de son nez, on s’apprête à faire la bombe en Corée. Des feux d’artifice devraient être tirés de part et d’autres de la frontière où affluent les réservations dans les postes d’observations du sud pour ce qui pourrait être un spectacle à couper le souffle. Des milliers de fusées pour l’émerveillement de tous, jeunes et vieux.

Le Grand Cirque de Corée du Nord présentera ses numéros folkloriques les plus célèbres. Ainsi pourra-t-on admirer ses fameux gymnastes dont les démonstrations musclées ne peuvent qu’enthousiasmer le spectateur, ainsi que les célèbres clowns de Pyongyang dans un numéro désopilant où le spectateur forcé de se tenir les côtes n’a d’autre choix que celui de rire jaune, hi hi hi, êcre crès grôle. CONTINUER

Abidjan, 25 déc 2010 – Merci papa Noël

Merci papa Noël pour les beaux cadeaux que tu m’as apportés. C’est exactement ceux que je voyais en rêve. J’ai su que tu n’avais pas pris froid lorsque tu es venu, sans doute parce que tu t’étais bien couvert de ton gilet pare-balles. Tant mieux. Mes jouets fonctionnent très bien, mais je ne suis pas sûr d’avoir assez de munitions pour tenir jusqu’à ta prochaine venue, en décembre prochain ; alors si tu passes dans le coin d’ici là… Je prends grand soin de ces merveilleux joujoux et je les graisse tous les jours, les astique, les regarde, les prépare pour le grand jour qui, je l’espère, ne tardera pas trop tellement j’ai hâte de m’en servir pour de bon. Si tu me voyais à l’exercice, comme tu serais fier de moi ! Encore merci papa Noël.

Bonnes fêtes et meilleurs vœux

Prudence est mère de sûreté, mais quand la Sûreté en rajoute, gare ! De triage comme en 42 ? ZÉNON D’ÉLÉE (ou VICTOR HUGO, mais j’ai un vieux doute).

Troudukdm, TÜPOTEGRATHAI, le 22 décembre 2010

Bonnes fêtes et meilleurs vœux à tous, habitants du TÜPØTEGRATHAI, surtout à ceux dont c’est la fête depuis longtemps et auxquels j’offre, au nom des nantis et tenants du pouvoir dont je ne fais pas partie, Dieu m’en garde :

1. Une bougie tricolore aux couleurs de notre glorieuse nation, à mettre où ils veulent, aux heureux résidents d’une cabane, masure, tente et autre gourbi au nom à consonance étrangère. Elle éclairera leur table de fête, les réchauffera, et ils pourront toujours, s’ils ont perdu la foi, se la mettre en ce lieu que la décence m’interdit de nommer et au sein duquel une quelconque balayette pourrait déjà se trouver.

2. Un coup de pied dans le cul salvateur à ces métèques qui n’ont de cesse de vouloir retourner chez eux, mais qui n’en ayant plus l’énergie ne me remercieront jamais assez pour l’aide balistique que je leur offre. CONTINUER

Loi OPPSI-2 : nains de jardin SDF

— Ah nom ti dieu ! Gearmaiiiiiine ! Gearmaiiiiiiine !
— T’as t’i point fini de brailler d’la sorte. Quècequi s’passe encore ?

— Les nains d’jardin, nom ti dieu !

— Quoi les nains d’jardin ?

— Viens-t-en donc dehors au lieu d’traîner. Ah ben nous v’là beaux !

— Saloperie de saloperie. Mais qui c’est-i qui y a fait ça ? Pour sûr, c’est encore un coup de ces salopiots du effèlènji*. Pour sûr.

— Mon cul, oui ! Le puit foutu en l’air, le chalet des ch’tiots foutu en l’air, les plates-bandes foutues en l’air, c’est point signé l’effèlènji. Pis si que c’était eux, les cht’iots…

— Les ch’tiots i s’raient plus là. T’as ben raison, i s’raient plus là… CONTINUER

Loi OPPSI-2 et cabane au fond du jardin

Ah nom ti dieu ! Celle-là, faut pas qu’i m’y refassent pace que le vieux tromblon du pépé, i va reprendre du service, c’est moi qui vous l’dit.

Gearmaine, que je dis à l’épouse, où c’que t’as mis la Wonder, pace qu’i faut que j’aille au cabzingue. Le cabzingue l’est au fond du jardin. C’est moi qui l’ai fait, même que j’y ai mis des nénettes à poil dedans. Pas des vraies, c’te blague. Sur Lui que je les ai découpées. Y en a c’est à la tronçonneuse qu’ils y font, les cons !

J’y suis, j’accroche la lampe, j’me mets à crapeton, j’me tiens à la barre que j’ai bricolée avec un manche à balai que l’épouse elle voulait y jeter. Fais pas ça, que je l’avais sermonnée, ça peut toujours servir. La preuve. Pratique ou pas, de l’autre main je feuillette un vieux Paris-Hollywood que le pépé il en faisait la collection et plus, mais j’en dirai pas plus, quand j’entends un boucan de tous les diables et qu’un phare qu’on dirait, passe par le trou que j’ai fait en coeur à l’envers, adéquat au lieu. Et le bruit qui se fait plus fort, avec d’autres, des voix que le bruit il couvre que je sais pas ce qu’elles racontent. CONTINUER

Bruits de bottes et pères Noël

Je me revois un mois en arrière, pessimiste, triste, exsangue, tendu, stressé, pas loin de la dépression, me demandant comment, diantre ! j’allais pouvoir boucler la fin d’année autrement qu’en extorquant de l’argent aux pères Noëls des grands magasins des centres villes, comme je l’avais fait par le passé en de tristes périodes de paix sans l’ombre du moindre conflit à l’horizon d’un bleu écoeurant, et m’interrogeant sur ce que j’allais bien pouvoir faire des stocks d’armes engrangés au long de l’année en prévision de jours meilleurs. Car qu’on ne s’y trompe pas, exceptées les chambres frigorifiques dont on n’a rien à faire, stocker des armes est moins simple qu’il n’y paraît et implique entre le gardiennage et l’entretien des mises de fonds constantes et non négligeables.

Et puis, comme quoi il y a un bon Dieu, des bruits de bottes se font entendre, tandis que de magnifiques nuages entre vert-de-gris et gris rougeoyant frangés de noir s’accumulent gentiment à l’horizon, augurant des jours meilleurs… CONTINUER

Sans Domicile Fixe, trottoir, froid et onglet

— Papa, pourquoi le monsieur il est couché par terre sur le trottoir ?
— Parce qu’il n’a pas de chez lui. C’est un SDF.

— C’est quoi un esse des elfes ?

— Pas esse des elfes, mais S.D.F. Quelqu’un qui n’a pas de chez lui. Pas de maison.

— Pourquoi il a pas de chez lui, le esse des elfes ?

— Parce que il n’a pas d’argent, ou pas assez. C’est un pauvre. Mais il y en a qui préfèrent vivre comme ça.

— Et pourquoi il dit rien le esse des elfes ?
— Je ne sais pas. Le froid, peut-être. Quand on reste comme ça au froid, en plein sous la neige, on n’a pas bien envie de parler parce qu’on est gelé, on a les lèvres bleues, l’onglet au bout des doigts, comme au ski des fois. Et avec qui tu veux qu’il parle ?

— J’ai un copain il dit qu’il connaît l’anglais sur le bout des doigts et qu’il le parle aussi sur le bout des doigts. Il parle l’anglais le monsieur ?

— L’onglet, pas l’anglais. L’onglet c’est quand on a très froid aux doigts, comme si on s’était coincé tous les doigts dans une porte. Ça fait un mal de chien… CONTINUER

Froid sibérien et Père Noël

Vous n’avez vraiment pas de quoi vous vanter de ce qu’il fait un froid sibérien, d’autant que :

1. les bises ça va un moment, puis quand ça dégouline et qu’il fait moins 15, c’est terrible. 2. Le froid sibérien, au cas où vous ne le sachiez pas, c’est en Sibérie que ça se passe. Et plus au nord qu’au sud, sauf si étant au sud on grimpe sur une montagne pour voir le bleu polaire du cercle du même nom, qui fait immédiatement penser au froid, contrairement au bleu solaire qui fait immédiatement penser à sa couleur complémentaire, quelque chose entre le jaune et le rouge, donc du quasi orange comme les feux lorsqu’ils ne sont pas verts. 3. Il fait largement aussi froid chez moi, d’autant qu’au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, nous habitons côte à côte, comme Adam et Eve, sauf qu’eux ne voyaient pas la mer, contrairement à nous qui avons construit dans une rue qui descend (les jours impairs) dans ce coquet village de la côte, encore plus coquet les jours impairs où on y a accès par la même rue, sens montée. En hiver, il arrive qu’on soit obligé d’attendre minuit que le jour s’impairise pour rentrer à la maison. Une yourte. 4. Les yourtes ont beau être adaptées au froid, elles vont être détruites et vous avec. La mienne, non, je suis à l’U-aime-pet, et ça fait fondre la neige… CONTINUER

Cancun : des solutions contre le réchauffement

Ministre de l’écologie, de l’environnement, du temps pourri un coup trop chaud l’autre on se les gèle et des illusions perdues, je reviens de Cancun où, enfin, ouf, dieu merci, il était temps, ça a failli faire plouf, on s’en est bien sorti, qui l’aurait cru, bref on est sauvé… Gommées les dissensions, effacés les conflits d’intérêts, oubliés les égoïsmes de chacun, on a bossé comme des dingues. Même pas le temps de profiter des spécialités locales, mais vu les décisions que nous avons prises, ça valait le coup, et je ne regrette rien, non rien de rien.

Quoique fatigué, je ne vais pas m’étendre sur l’ensemble des décisions prises concernant la lutte contre le réchauffement, mais les quelques points essentiels que je cite donneront un aperçu de l’immensité de la tâche que nous avons remplie, avec talent, j’ose le dire, et avec succès. CONTINUER

WordPress – neige sur écran

C’est bien mignon la neige qui tombe ; c’est beau, c’est blanc, c’est propre tant que la circulation routière est mise en veille ; ça amuse les enfants ; ça fait travailler les marchands de pneus neige, ceux de skis et d’équipements pour les sports d’hiver ; ça fait s’étaler ceux qui ont oublié de clouter leurs chaussures, ce qui fait rire les sales gosses ; c’est froid… bref, ça fait hiver.

Mais j’en fais quoi, moi, de cette congère qui grossit de jour en jour en bas de mon écran ? Sur les conseils d’une pointure en climatologie qui m’a affirmé que ce n’était qu’un début (tu en as jusqu’au 4 janvier, m’a-t-il assuré), j’ai installé… CONTINUER

L’autruche et la montre

À ma montre il est l’heure d’y aller, mais je me dois de vérifier, on ne sait jamais, et je ne veux rater mon rendez-vous sous aucun prétexte, fut-il fallacieux, ni être en avance. Je tire la jambe de pantalon vers le haut, la jambe droite parce que je suis gaucher et que c’est à la cheville droite que je porte ma montre. Comme tous les gauchers. Je parle des gauchers manchots, des vrais, sans plus aucun bras , ni gauche, ni droit, avec l’excuse toute faite bien pratique pour ne pas avoir à serrer des mains, on ne sait jamais. Manchot mais pas muet, hélas ! ce qui m’oblige à dire bonjour, au revoir, quel temps de chien, et le p’tit dernier il va bien ? On n’a pas toutes les chances dans la vie. Pour preuve, ma montre qui n’est pas à sa place. L’aurais-je oubliée sur ma table basse de nuit ? L’aurais-je troquée hier soir contre un excès d’alcool sonnant et trébuchant au troquet du coin, ou mise tout bêtement à ma cheville gauche conséquemment à un rêve où je me serais vu unijambiste ? Ou encore au clou pour assumer les dépenses que mes libations occasionnent à l’occasion ? CONTINUER

Chronique de séditions, sécessions et partitions annoncées

Dans un couple le sentiment de supériorité et la suprématie économique de l’un sur l’autre sont autant de ferments pour mener à la séparation ou au divorce, difficilement évitables si on y joint l’égoïsme.

Groupes et états sont soumis au même schéma, et lorsque la notion de racines –d’où dérive aisément celle de nationalité puis de nationalisme– s’en mêle, les choses sont en place pour qu’émerge un conflit. Le moindre malentendu, le moindre incident, le moindre désir inassouvi pouvant être prétexte aux hostilités (comme lorsqu’une première partie s’estime lésée ou qu’une deuxième estime ne pas avoir à payer pour l’autre), il ne faut plus grand chose pour que le feu soit mis à la poudrière. Et les pyromanes ne manquent pas, qui tiennent des discours plus va-t-en guerre qu’il n’y paraît. CONTINUER

Pierre C.J. Vaissière : un mythe doublé d’un escroc

Un escroc qui me plagie. J’étais chez moi, tranquillement assis à écrire quelque magnifique phrase dont j’ai le secret –que je ne dévoilerai pas–, lorsque je vis l’intrus, face à moi. Il écrivait, sans doute à asseoir quelque glorieuse réputation, son ego ne connaissant pour limite que celle de l’univers créé et à venir. J’en étais à la dernière ligne, mettant un point final d’interrogation à un questionnement des plus philosophiques, de ceux que seuls les grands esprits sont capables de produire, quand je compris qu’il était en train de copier ma prose. Son air dégagé et désinvolte en était une preuve, autant que le Pont de la rivière Kwaï qu’il sifflotait, d’ailleurs fort mal, n’en connaissant manifestement ni l’air, ni les paroles qu’on se doit de siffler, contrairement à mon mainate qui venait de l’interpréter, là, avec brio, un compagnon de captivité qu’il avait ramené de Birmanie.

J’allais pour signer mon texte lorsque j’entendis un bruit sourd. M’étant retourné, je l’avais vu dissimuler promptement un tampon encreur semblable au mien que ma main s’était apprêtée à extraire du tiroir parfaitement fonctionnel dans lequel je range chaque chose à la place qui lui est dévolue, d’une façon que bien des secrétaires m’envieraient si elles voyaient à quel point mon sens de l’organisation est poussé. Me soulevant aussi légèrement que discrètement, car j’ai toujours tenu mon rang, je blêmis cependant en apercevant l’empreinte violette laissée par le tampon sur le feuillet fraîchement manuscrit de l’intrus, et qui n’était autre que ma signature. CONTINUER

Abus de biens sociaux

Ah nom tidieu, c’est quoi qu’i sont en train de nous mitonner dans leur cuisine, les grands chefs ? C’est-i qu’i feraient réchauffer encore le même rata, les restes, quoi. Les vieux restes. Daubés, pourris, insanes. Bon, c’est vrai, i y’en a qui aiment ça, les rengaines. Pour preuve qu’i sont contents, les pov’ pommes niaiseux, c’est qu’i’z’en r’demandent. Tu vas voir qu’aux prochaines élections i y’en a encore qui vont r’voter pour le ch’tit. Pas le chtimi, le ch’tit. Çui qui pavane, qui ergote, que s’coue sa crête pour qu’on voit qui c’est le cake de la basse-cour. Ah elle est belle la voletaille, belle et conne. Mais l’autre, là, a s’en fout pas mal qu’elle soit niaise la voletaille, à moins qu’i soit tout benêt, va savoir. La basse cour, j’t’en foutrais ! Bon soyons juste, y’a pas que lui, même si qu’il se met toujours devant sur les photos des médias, comme i disent. Et la télé, je te dis pas. L’aut’ jour avec les trois muets, des jounaleux i paraît. J’te jure ! Y’a pas que lui, même si on le voit surtout lui. CONTINUER

Chrétiens, juifs, musulmans et duconslajoie

Ma religion n’a pas de nom. Pan, Bacchus et Poilok sont mes dieux. En tant que croyant je les honore et j’obéis à leur loi, comme d’autres le font avec leurs dieux à eux, qu’ils soient chrétiens, musulmans, juifs ou duconslajoie. Le signe des chrétiens, c’est la croix, qui a quasiment remplacé le poisson, on comprend pourquoi. Ils en portent une, rarement en bois, mais plus souvent en or. Massif pour les plus zélés et les plus aisés. Les juifs ont jeté leur dévolu sur l’étoile de David, en or pour les moins pauvres, plus pratique à porter sur soi que la Ménorah quelque peu encombrante et réservée aux nantis qui ont du personnel pour la porter. Les musulmans, quant à eux préfèrent le vert paradisiaque qui, comme chacun le sait, est la couleur complémentaire du rouge, la couleur du sang : pas de paradis (le vert) sans la perte du sang (le rouge), donc de la vie. Ils ne sont pas obligatoirement écolos pour autant, mais rien ne leur interdit. Les duconslajoie portent leur connerie, et c’est déjà bien assez lourd. Une grosse connerie, et c’est à ça qu’on les reconnaît. Être un adepte duconslajoie n’est hélas incompatible… CONTINUER

La nouvelle couleur des Pères Noël

Cette année, je vois tout plein de pères Noël vêtus d’une robe bleu nuit ou carrément noire. Avec des barbes en tissu, pareil. Je dis pères Noël, mais je devrais peut-être dire mères Noël. Je ne sais pas bien, à cause des visages mangés par la barbe, bleue ou noire. Soit c’est par timidité, soit par honte de faire ce boulot que je ne ferais pas pour un rond, où à la limite, à condition d’avoir une belle robe rouge, comme les pères Noël d’avant. Et une barbe blanche. Les enfants viendraient à moi, je les mettrais sur mes genoux, et leurs parents nous prendraient en photo. Bon, d’accord, je n’en aurais pas, mais tant pis, mon portrait serait dans tout plein de demeures chaleureuses et décorées, bonnes odeurs de cuisine, sapin, guirlandes… CONTINUER

Déchéance de nationalité

S’il faut que je tue un policier ou un représentant de l’ordre ou un représentant de l’autorité de l’État ou un représentant en petites culottes ou vin et spiritueux pour être déchu de ma nationalité française, je suis pas sorti de l’auberge. D’abord, faut que j’en trouve un. À quoi ça se reconnaît, un représentant de l’autorité ? À ses galons, à son arme, à son air soumis et fier de l’être, à ce qu’il dit qu’il est pas la moitié d’un con ?

Je m’ai promené dans ma cité. Ma cité c’est pas la Villeneuve de Grenoble, mais une jolie cité quèque part en bas à droite, mais pas trop bas de l’exact gone, sur la carte, pas d’identité, mais géographique de la France. Tiens, et la France, elle en a-t-i une carte d’identité ? C’est où qu’elle est née, c’est qui son père et sa mère, hein ? J’parle même pas de ses mémés et de ses pépés et de ses cigarettes et de son whisky qu’elle est pas trop connue pour ça. Et elle en a-t-i pas tué des représentants de l’autorité, la France, et p’têt même pas des moindres. Elle a-t-i été déchue de sa nationalité française, que je vous demande, monsieur le ministre des vérités et de je ne sais quoi ? CONTINUER

Le sablier du temps

Le temps je peux vraiment rien contre lui. C’est pas que j’ai pas essayé, mais je m’y suis cassé les dents. C’est pire que les histoires de robinet qui coulent et des bondes du lavabo qui fuient, que j’y comprends rien avec les pâtés de silicone que j’ai mis partout, surtout sur les mains. Alors comme ça glisse, quand tu tournes le robinet ça fait ce que ça veut, en général n’importe quoi, mais pas une goutte par seconde, comme on te disait que ça faisait à l’école. J’ai démonté le robinet pour réduire le trafic. Pire.

J’ai acheté un sablier et j’aime autant vous dire que ça n’a pas été une mince affaire. Monsieur le marchand je voudrais un sablier. Le type il me montre un truc qu’il faut mettre des piles. Et puis quoi ? je lui dis. Il est où le sable ? Dans les piles ? Il a fallu que je lui fasse un dessin, si on peut appeler ça comme ça. Du verre, comme un tube resserré à la taille, du sable rose dedans, c’est plus joli, avec un pied et une tête de bois qui deviennent le contraire quand tu mets le machin dans l’autre sens. Le sable il coule, pas tout à fait comme l’eau du robinet parce qu’il fabrique pas de gouttes. Quand il est tout passé de l’autre côté, façon de parler puisque il va de haut en bas et pas de gauche à droite, j’ai essayé mais ça bouge pas, ça veut dire que tu viens de perdre 3 minutes à regarder le temps qui s’écoule. CONTINUER

Virus et croissance

J’entends des voix, ce dont vous vous êtes sans doute rendu compte. Mais je ne suis pas le seul à en entendre. Des voix qui parlent du Sarkosistan, du Berlusconistan et d’autres pays à la noix où celles-ci poussent moins que les bananes dans les républiques bananières où les gouvernants passent leur temps à bananer leurs citoyens. Deux charmants pays touchés par un virus terrible qui déclenche le mensonge, la langue de bois, la paranoïa, la schizophrénie, la haine, l’individualisme, l’égoïsme, la fatuité et le désir forcené de toujours posséder plus. Soyons sérieux cependant : d’autres pays, tout particulièrement occidentaux, car “développés”», sont eux aussi touchés, même si la maladie ne s’y s’est pas encore pleinement déclarée, les autorités y veillant sans doute.

Les sociétés modernes ont atteint leur seuil de croissance maximum mais, butées, aveugles et privées d’imagination par un excès de confort et de conformisme, elles veulent poursuivre une croissance désormais illusoire, reflétant par là le désir des individus dont la responsabilité est, ô combien, engagée. Jamais satisfait, insatiable, chacun… CONTINUER

Se pencher sur son passé

C’est pas pour dire, mais juste histoire de causer, quand on se penche sur son passé, pas rare qu’on lui soit parallèle. Ce que je veux dire, c’est que dans le passé, on n’a pas été toujours bien droit. Allez, admettez, c’est pas si grave et vous n’êtes pas le seul. Pas bien droit, ou quasiment pire, comme un i manuscrit parce qu’on n’a pas de machine à écrire, donc un peu tordu. Je ne parle pas de courbes.

Les courbes c’est pas tordu. Celles de l’émoi amoureux sont droites. Pas droites comme un i qui aurait un manche à balai dans le cul, comme on dit sur les bateaux de la croisière qui s’amuse où on ferait bien de moins picoler, mais droites comme un i qui est juste ou comme un juge qui serait droit, mais c’est rare. Je parle de droiture. C’est ça l’émoi amoureux, avec ou sans la biologie. Justesse. CONTINUER

Racing with the sun

L’Internet, c’est pas rien. Tu vagabondes dans le crâne. Tu erres entre mille portes, pertuis. Tu bafouilles à l’inconnu et à perte. Tu rêvasses à tes derniers cauchemars qui remontent à si loin que tu gamberges pour savoir si ça va si bien que ça. Tu crois remonter dans ta vie de mouflet mais tu y redescends, trop petit pour emprunter à rebrousse-toi l’escalier de la cave où c’est le noir de marc de café, panique, tu es perdu. Tu frappes à l’aveuglette pour saisir ta vie sur des touches molles qui dégoulinent de bêtise et de fatuité. Tu redores ton blason mais ton blaze te poursuit, te rattrape, te confond. Tu biffes ce dont tu as honte, tu surlignes ce dont tu es fier, tu minuscules tes petitesses. Tu tournes les pages, les jette sans même avoir à les déchirer. Tu économises. Tu gobes. Tu sombres mais toujours surnage, et merde, encore loupé. Tu vois grand. Tu penses grand. Tu envisages grand mais ton visage dans le miroir te ravines. Tu ne pues pas. On ne pue pas sur Internet. Ça sent rien Internet. Même quand ça saigne, pleure, chie de frousse parce que, parce que. Vas-y si tu ne me crois pas. Tape n’importe quoi. Cherche n’importe quoi. Quelle importance ? Tu tombes toujours sur toi, rien que sur toi. Le reste c’est de la conserve de bla-bla. L’accident d’avion, c’est toi. Le ras de marée, c’est toi. Le gosse de l’actrice machin, qui vient de naître, c’est toi. L’éruption vocanique, c’est toi aussi. Les élections, bien sûr que c’est toi, qu’est-ce que tu crois ?. Pas d’échappatoire. CONTINUER

Éleveur et emploi à mi-temps

Ah nom ti dieu, on m’y r’prendra à vouloir faire le figurant dans un téléfilm qu’i devaient y tourner au pays. Oublie pas d’y aller avec ton bouc, qu’on m’avait dit. Un saligaud, oui, qui se payait ma tête. C’est quoi c’t’affaire qu’on m’a dit quand ils ont vu la bête. Bref on s’est bien gaussé de moi, mais pas moi. Sauf quand le bouc il a chié dans le bureau, que les gonzesses et les mecs qu’étaient là ils étaient bien dans la merde. Autant dire qu’i m’ont pas demandé si j’avais un imêle pour me stipuler quand c’est que je commencerais à tourner, comme on dit. Cela dit j’aurais ben dû me méfier. Déjà quand au téléphone i m’avaient demandé si que j’avais un planinnegue chargé, que je sais même pas c’que c’est que leur truc et encore moins si ça s’écrit comme j’y écris là.

Après, comme les bêtes je connais, j’ai postulé comme i disent à un poste, c’est pour ça qu’on dit postuler, à un poste pour s’occuper de bestiaux dans un zoo. C’est le manageur qui vous recevra qu’on m’a dit au téléphone. C’est bien le téléphone, ça permet de dire des trucs qu’on a pas tant besoin d’y dire mais qu’on y dit quand même. À l’entrée j’ai demandé où c’que la ménagerie elle était, que j’avais rendez-vous avec le manageur qu’est le chef de la ménagerie. On m’a envoyé à perpète dans le bureau d’un gars bizarre avec un chapeau de coboye. Vous avez déjà fait du neursinnegue, qu’il m’a demandé. CONTINUER

Le G 20 et ses reîtres

Le G VAIN et ses reîtres

Non, je ne porterai pas le masque de la honte à la place de ces ploutocrates pleins de morgue qui campent sur leurs positions en ne pensant qu’à leurs propres et seuls intérêts. Je ne prierai pas pour que ces fanfarons se retrouvent dans la peau d’un pauvre, pauvre pays ou pauvre hère, sachant que Dieu, depuis longtemps dans leur combine, fait la sourde oreille, comme il l’a toujours fait depuis que les détenteurs du pouvoir l’ont inventé pour mieux asservir les hommes. Je ne pleurerai pas sur le sort de ceux qui les écoutent bouche bée, pensée, cœur et culs offerts en soumission, et qui mériteraient d’avoir à en souffrir. CONTINUER

11 novembre indigne

Fêter ainsi le 11 novembre est indigne et le restera tant que les responsables de la souffrance ou de la mort de millions d’être humains ne seront pas jugés et condamnés –ne serait-ce qu’une condamnation de principe. Indigne aussi tant que seront honorés, de quelque façon que ce soit, ces hommes politiques haineux et va-t-en guerre, ces généraux qui firent usage des hommes comme on fait usage avec largesse du papier hygiénique. Et indécentes ces plaques de rues, avenues, boulevards, places, squares en hommage à certains de ces “grands hommes” qui, directement ou non, ont fait couler tant de sang et de larmes.

Êtes-vous vivant ? Une application vous répond

Si vaste est le champ des illusions, avec ses jolies petites fleurs, ses vaches ou ses déserts sans sucre, qu’on peut s’imaginer être vivant alors qu’il n’en est rien, que ça n’est pas nouveau pour votre entourage, mais comme d’habitude, vous êtes toujours le dernier à être au courant.

Grâce à ce programme de haute technologie mis au point dans nos ateliers, après tout de même quelques minutes de recherche, vous pourrez enfin savoir avec certitude ce que vous ne pouvez pas rester sans savoir, à savoir si oui ou non vous êtes en vie.

1. Observez la cible alternativement de l’oeil droit, puis de l’autre, donc le gauche. Si vous ne voyez rien bouger de l’un ou de l’autre, c’est que… CONTINUER pour lire la suite et voir la cible

Le jour où les rotatives ont cessé de tourner

Miracle de la technologie, de la biologie, de la manipulogie (promue au rang de science) et de la connologie réunises, ça faisait pas mal d’années qu’on venait au monde avec puces-taupes cafteuses et caméras espionnes dans le crâne, au bout de chaque doigt pour ceux qui en avaient encore, et dans le fondement.

Miracle de la même technologie et des sciences de la communication, ça faisait un bail que tout ce qui se passait dans le monde, que ce fut au plan humain –collectif ou individuel– au plan climatique, géologique, astronomique et etcaetéraïque était immédiatement et automatiquement consigné par des machines. En video, audio, olfacto et kinesio, tout était enregistré : ce qu’on avait ingurgité la veille, grâce à un analyseur spectro-anal ; à quelle heure la poupée gonflable nous avait pété dans les mains à cause des trop nombreuses lacérations consécutives à d’autant scènes de ménage pour lesquelles aucun travail de résilience n’avait jamais été fait ; avec qui on avait passé une partie de la nuit et qui on avait rejoint au petit matin ; la marque préférée de croquettes pour chiens qu’obtenait la pauvresse du 8e en échange de gâteries avec le concierge ; la couleur du cheval d’Henri IV ; l’heure à laquelle le braillard du 2e avait fait sa quatrième dent… CONTINUER

Manif et complot

Le jour qu’on était ? Samedi dernier. D’après la police les manifestants étaient 1. Selon moi, on était 10. Du simple au cinq fois deux. Si encore ils avaient admis qu’on était 2, passe encore, mais là, c’est dur à avaler. On était dix (10), et je le sais parce que j’étais dans la manif. Pas eux, qui font partie du complot, qui veulent minimiser nos actions et nos engagements en les étouffant dans l’œuf rien qu’à coups de déclarations mensongères. C’est eux qui le disent qu’il faut étouffer tout ça dans l’oeuf. Un oeuf, je sais pas où ils ont vu qu’il y en avait un par chez nous. Les poulets c’est eux, pas nous. CONTINUER

Preuve de mort

Je suis mort. Et je vous prie de ne pas me contrarier en me disant le contraire, ce que vous éviteriez de faire si vous alliez vous recueillir sur ma tombe plutôt que de remettre en question d’une part ce que je raconte, d’autre part ma santé mentale. Je reviens du cimetière. Avenue des oeillets, allée 9, quartier B, chemin 12, îlot 2, tombe 256. Allez-y, vous verrez par vous-même. CONTINUER

Schizophrène

Ce gamin c’est tout un poème disait ma mère en parlant de moi à qui avait suffisamment de patience pour l’écouter ou rien de mieux à faire. Ce gars-là, c’est tout un roman, disent aujourd’hui les gens en parlant de moi. Ceux qui n’ont rien de mieux à faire que de parler de moi plutôt que de s’occuper de leurs fesses. Un roman dont il est l’ensemble des personnages, précisent-ils. Un roman, tu parles ! C’est romancier que j’aurais aimé être. Que j’aurais dû être. Comme Dieu, cette espèce d’entité anonyme qui fait la pluie et le beau temps. CONTINUER

Entendre des voix

Et voilà ! Elles sont revenues. Oubliant –pour me rassurer– que la seule permanence est l’impermanence, je pensais les avoir définitivement éliminées puis oubliées. Que nenni ! Car non seulement elles sont revenues, mais en force, se jouant de mes fins subterfuges comme ceux qui consistent à s’introduire une banane (à défaut de bouchons élaborés à partir de la capsule en cire d’un de ces royaux fromages Hollandais) dans chaque conduit auditif ; à me glisser dans un caisson d’isolation sensorielle après avoir fermé à double tours la porte matelassée du local spécialement aménagé à cet effet ; et à réfrigérer le mélange eau + sel de Guérande à proportion de 40 % + huile essentielle de hareng, à cause de sa haute teneur en antioxydants. Une huile qui possède tellement de vertus qu’une de plus, telle celle qui consisterait à assourdir les bruits extérieurs, serait bienvenue.

Pour les faire taire, j’en suis venu, comme je l’avais fait auparavant, à me fracasser la tête contre la paroi du caisson, oubliant que sa composition en plastique mou rend impossible la moindre atteinte de la zone cérébrale concernée, à savoir le lobe temporal principalement dédié à l’ouïe. CONTINUER

Toussaint

Je n’ai jamais compris pourquoi on disait LA Toussaint. Et jamais compris qu’on ne l’écrive pas soit Toutsaint, soit Toussaints. Mais fi de ces interrogations à propos de ces genre et nombre, quand un tout autre tourment m’assaille, celui de fêter dignement et individuellement chacun de ces saints hommes et saintes femmes. Chose que j’ai prise en horreur. Car, nom de dieu, vous avez une idée de leur multitude ? Pour les seuls saints catholiques, D’Abraham de Cratea à Zotique, en passant par Monon et Nabor, on en dénombre plus de 950. Côté orthodoxes, d’Athanaze d’Alexandrie à Zachée, on en a dans les 230. Si on rajoute les quelques saints du chiisme, nous obtenons un total hors taxes de près de 1200 bonshommes, bonnes femmes –tous âges confondus, donc y compris enfants– dont, d’après nos calculs d’une trop grande complexité pour qu’on les affiche ici, plus de 85% en ont chié des ronds de flan pour être sacrés saints, après avoir été de sacrés couillons pour pas mal d’entre eux qui gagnèrent une certaine notoriété (pour les plus “privilégiés” d’entre eux) en souffrant le martyre, amen. CONTINUER

Accusé de pédalophilie

Qu’est-ce que j’ai fait ce ouiquènde ? Vous vous en fichez sans doute comme de votre première communion, impies que vous êtes. Moi, non, et c’est pour ça que j’écris, afin de vider ce que j’ai vécu, et que j’ai pas envie, mais pas envie du tout de laisser dauber dans le crâne. J’ai refermé la boîte mais oublié d’y mettre de l’acide acétylsalicylique. J’aurais mieux fait. Ma grand-mère, une feignasse de première en mettait dans l’eau de vaisselle pour que les bêbêtes ne se développent pas trop. Faut dire que la vaisselle et elle étaient fachées, sans que je sache qui avait commencé des deux. Mais ça, c’est une autre histoire, encore que… Samedi j’ai dormi. Un de mes loisirs préférés, le seul qui ne demande aucun effort. Jusqu’à 24h. Là, comme on était dimanche et que le dimanche il faut prendre l’air, je suis allé le prendre. Ma pompe à air, c’est la mer. Si je n’en ai pas sous la main, un lac, voire un étang font l’affaire. La baignoire j’ai essayé, mais les vagues me causent problèmes sur problèmes avec les voisins du dessous, ceux du dessus (je fais de grosses vagues) et mon assurance. Lors de mon dernier bain en salle de la même chose, on peut pas dire, et surtout moi, que les assurances aient tout fait pour me rassurer. Ils m’ont parlé de surprime si je ne distribuais pas de bouée à l’ensemble de mon voisinage. Depuis, j’évite.

Direction la mer. 200 bornes à vélo, histoire de me maintenir en forme, parce qu’il paraît que ça maintient en forme de faire du sport. Tu parles ! CONTINUER

Fête des morts

La grande tapette à mouches œuvrant sans relâche, plus les années passent, plus je raye de noms dans mon répertoire. À l’instar de ceux qui vivent encore je suis toujours sur sa liste. Jusqu’à quand, je l’ignore, mais il est peu probable que mon nom y apparaisse encore pendant de longues décennies. CONTINUER

Fête des morts, fête des vivants

Avant qu’on ne soit mort, du temps où on vit, on s’imagine pas mal de bêtises sur ce que sera la vie après la mort, en ne se rendant pas même compte de l’absurdité d’une telle interrogation. On nous raconte des histoires, et si ce n’est le cas, on s’en raconte soi-même. L’imagination aidant on s’invente un monde plus ou moins merveilleux et toujours meilleur que celui qu’on quittera. Les événements ont beau démontrer qu’on se berce d’illusions, cela n’empêche personne de s’accrocher à des croyances. Que j’avais moi aussi jusqu’à ce que la vie me soit retirée. De ce qui se passe après, je peux donc en parler. Façon de parler. CONTINUER

Une carrière littéraire fulgurante

Je viens d’écrire la première phrase du premier chapitre du premier tome d’un livre qui sera le début d’une carrière littéraire fulgurante. Je n’invente rien, puisque c’est ainsi. C’est un roman, l’histoire d’un grand chef. Pas un militaire haut gradé du genre général d’armée, ni un homme politique comme un président de la république, ni un ponte de l’administration, ni un ténor du barreau qui fume le cigare et siège aux assises, ni un capitaine d’industrie, mais un chef cuisinier grandement toqué. Sans doute le meilleur qui ait jamais existé, que moi, avec mon talent, je ferais exister.

Ému jusqu’à la larme, qui en tombant sur le clavier déclenche une sirène à cause de sa teneur en solvant, je regarde cette première phrase que je livre, telle quelle, brute de décoffrage :

« Le repas avait été honnête : une Malouine alanguie sur sa moquette d’escarmouches au vinaigre de cranboise, cernée d’un émincé de Gueurles. »

Pour qui ne connaîtrait rien à la gastronomie, La Malouine est un plat local plus connu au-delà de Saint-Malo sous le nom de Chateaubriand. C’est une pièce de viande prise au filet, sous la mère. Les escarmouches sont ces petites bêtes mi-escargot, mi-mouches originaires du Tupötegrathai et qui en viennent par leur propre moyen, à tire-d’aile. Les cranboises sont une variété… CONTINUER

Avoir ou être

Grévistes ou non grévistes, tout le monde voit midi à sa porte, mais ce n’est ni la même porte, ni la même heure. Si les uns et les autres pensaient vraiment aux générations qui suivent, peut-être les premiers cesseraient-ils de faire grève tandis que les seconds la feraient sans tarder. On se rassure en se disant qu’il y a toujours de bonnes raisons à quelque engagement quel qu’il soit, y compris celui qui consiste à ne pas s’engager, qui en est également un, puisqu’il aura lui aussi un impact sur l’avenir. Cependant nombre de ces bonnes raisons s’avéreront avoir été illusoires et parmi elles, la plus déraisonnable et à laquelle s’accroche pourtant tout un chacun : la quête du confort et de l’aisance matérielle. CONTINUER

Impermanence

Ô mais, c’est qu’il m’en est arrivé des choses dans la vie. ! Entre les boulots que j’ai faits, ceux que j’aurais aimé faire, ceux qui me faisaient rêver, ceux qui me décevaient, ceux qui me fuyaient ou ceux qui me faisaient déguerpir, sans compter tout ce qui m’est arrivé comme tuiles, vacheries, mauvaises surprises, avanies, et tout ce qui ne m’est jamais arrivé comme réussites, bonnes surprises, joies et liesses, pieds divers et autres sympathies… ben c’est pas rien, je vous le dis.

J’ai démarré très tôt ma liaison avec déconvenues et désillusions. Elle a connu de nombreux hauts catastrophiques et quelques malheureux bas heureux. Comme lorsque j’avais travaillé chez Dim, du temps où on avait oublié la signification du mot grève. Chez Dim, j’avais été photographe. Le bonheur. Jusqu’au jour –c’était un dimanche– où je m’étais cassé la figure en débaroulant dans les escaliers sur des collants qui se la jouaient moquette. Une performance d’artiste, m’avait-on expliqué à l’hôpital, d’où j’étais sorti quinze jours plus tard sans que la police ait réussi à mettre la main sur les objets coupables autant que pièces à conviction : les collants et la paire de bas accrochés sur un nez de marche, dans lesquels je m’étais pris gauchement le pied droit, donc le mauvais, sans le prendre. Une fois l’auteur de l’oeuvre retrouvé, comme je m’en étais fait la promesse, je l’avais purement et simplement étranglé, ce qui était venu étayer ma croyance en l’extraordinaire solidité des produits de la marque et m’avait amené à constater qu’enfin j’étais devenu adulte, ce qui n’a rien d’incompatible avec le fait d’être un criminel. CONTINUER

Ultime vérité

Oups ! comme disent les crétins dont je fais partie, je ne sais plus où donner de la tête. Devrais-je cesser de jouer au football américain comme je le fais en écrivant tous azimuts ? Je mettrais bien une H à azimuts, entre le thé et l’esse, histoire de me rappeler les suppos au bismuth délivrés à tire-larigot par la médecine jusque dans les années 70 et des poussières. Ouailles le bismuth ? Parce qu’il fut responsable de prises de tête migraineuses, voilà tout.CONTINUER

Au début fut l’ensemmencement

La Terre, c’est beau. Pas toujours, mais des fois c’est vraiment très très beau. Dommage qu’il n’y en ait qu’une. Je veux dire en vrai, parce que dans ma tête, il y en a une tripotée d’autres. Tout plein de petites Terres qui tournent autour de la grande en jouant à la toupie. Des Terres filles, des Terres garçons, pleines de vie. Mais elles ne sont que dans ma tête, dans ces bribes de ma mémoire qui s’étiole et qui bientôt sera fânée avant d’aller se fondre dans les territoires de l’oubli. CONTINUER

Ortho(typo)graphie

Bip bip bip biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip Attention : ceci est un avertissement. beeeeeeeeeeeeeeeeep C’est la même chose, pour les anglophones.

Vous étiez prévenu(e) oui ou non ? Je parle de ce que vous trouveriez dans ce blog. Ne vous fatiguez pas, la réponse est oui, et s’il vous plaît ne vous plaignez pas, car vous avez évité la garde à vue.

Non mais, à quoi je m’amuse ? Je veux dire avec ce truc stupide d’accorder entre parenthèses. Vous imaginez un accordeur de piano qui oeuvre de la sorte ? Que je te mets une parenthèse (attention, la première est ouvrante) ici, une deuxième (si elle est située dans le même groupe de mots que la première, elle est fermante), etc. Sans compter que notre accordeur, que mettrait-il donc entre parenthèses ? Des notes ? Des silences ? Le fait qu’il se trimballe une telle sinusite qu’il est sourd comme un malentendant ? CONTINUER

Les prairies éternelles

Je suis complètement dingue. C’est ce que vous vous dites et que vous colportez. OK, je suis fou, complètement fou. Ça vous rassure, hein ? Savoir que c’est moi qui suis barré, allumé, déglingué, barge, inadapté, associal, bredin et en plus un peu con… et non pas vous, avouez que c’est rassurant. Alors si ce que je suis vous rassure, ne m’empêchez surtout pas de vivre comme je l’entends. Sinon… Eh bien… soyez sur vos gardes, parce qu’avec un fou on ne sait jamais.

En attendant, et parce que je n’emmerde personne et dans la mesure où les malheureux coups que je porte ne font pas de mal, que personne ne m’entrave… CONTINUER

Mangas 漫画

Je reviens du Japon. Vol 747. Je suis passé par Sydney y voir mon pote Bechet et par Dysney y voir mon viel oncle Donald, suffisamment riche et mal en point pour que ma compassion proverbiale trouve un terrain où planter ce genre de petites graines qui font de grandes rivières, comme les petits ruisseaux font de grandes plantes des rivières pareil lorsqu’ils sont en rut crue. Si vous ne voyez pas ce que je veux dire, tant pis.

Mais que suis-je allé faire au Japon, vous interrogez-vous impatient d’avoir une réponse. Ô êtres stupides, car pour en avoir une, plutôt que de vous interroger, mieux vaut que vous m’interrogiez. Oui, pourquoi me suis-je rendu au Pays du Soleil Levant plutôt que d’aller baguenauder aux îles de Levant, destination pour laquelle le billet de traversée est nettement moins cher. Et que transportè-je donc dans ces deux lourdes valises qui ne me quittent pas pour l’excellente raison que j’y tiens, preuve étant que je les tiens de deux mains fermes aux doigts sur les anses refermés. Avec style et prestance.

Votre langue au chat ? Des yeux. Eh oui, des yeux. Des paires d’yeux, une floppée de paires d’yeux. CONTINUER

Du sang rom dans les veines

Un ancêtre arabe, comme un couac quoique lointain c’était pas suffisant, voilà que j’aurais quelque chose à voir côté Roms. Que j’en descendrais, dixit un notaire qui m’a téléphoné. «Je vous envoie un courrier» a-t-il précisé.

Ma concierge, pour ce qui est de mes origines arabes, j’ai acheté son silence avec un couscous, un kilo de loukoums, deux baklawas et je ne sais combien de makrouts. Quand je dis “acheté”, c’est loin d’être exact ; c’est “loué” que je devrais dire, car elle me tient, et je ne sais comment me sortir du chantage qu’elle me fait et de la pression qu’elle exerce sur moi. Pression de ses chairs molles et avides des miennes. Devrais-je aller plus loin et en passer par là ? En tout état de cause, et pour l’instant, elle n’a rien dévoilé de mes origines orientales, qui remontent à l’époque de Charles Martel et du duc Eudes aux côtés duquel s’était distingué un mien ascendant lors de la bataille de Poitiers. Arabe, passe encore. Mais Rom ! Et si jamais elle en a vent ? Et si jamais elle vendait la mêche, avide comme elle est ? Et en échange de quoi puis-je la faire taire ? Installer mon cymbalum et lui offrir une aubade sous sa fenêtre ? Lui confectionner un de ces paniers que je tresse à merveille ? Ridicule, car on se douterait bien de quelque chose et ça aurait vite fait de jaser : « Le cymbalum, c’est ni breton ni auvergnat, à c’que je sache » – « Et les paniers, vous trouvez pas ça bizarre des paniers comme ça chez nous ?» CONTINUER

Vol à vau l’eau

Je suis sur le cul. Je me promène tranquillement sur la décharge à me demander ce que je vais pouvoir y glaner lorsque je me prends le pied droit dans un crucifix en fil de fer barbelé, les plus dangereux, sans doute laissé ici par un malheureux se croyant abandonné de Dieu, qui s’en est débarrassé en échange d’une profonde amertume jointe à un douloureux sentiment de trahison. Je le ramasse et me le passe au cou en veillant à ne pas m’éborgner au passage. Le pied gauche, passe encore, mais le droit ! C’est comme ça que je me retrouve sur le cul, à lever le poing au ciel en lui adressant un florilège de jurons. D’autres auraient immédiatement cherché à se relever, pas moi qui reste là à fixer l’azur bourbeux. Qu’un avion chargé de voyageurs oisifs laboure. Les avions sont toujours aussi cons. Qu’espèrent-ils récolter avec leurs semailles de gaz polluants ? Celui-ci transporte des voyageurs. Je le sais, car c’est celui que j’ai failli prendre il y a quelques instants pour me rendre là où je devais aller, je veux dire n’importe où, du moment que ce ne soit pas ici dans cette décharge dont la plastique laisse à désirer autant que l’odeur. J’oublie le bruit. C’est à l’embarquement que je me suis rendu compte que j’allais partir en oubliant quelque chose d’important CONTINUER

Les maîtres du monde

Nous nous sommes bien trouvés et retrouvés. Nous nous sommes bien pris en main. Nous sommes remontés… pas jusqu’au ciel, mais de là-haut, on le voyait, dans son orbe luminescente comme un ciel de lit dioptase. À condition de porter le regard au delà des rances appâts des divinités géantes que nous avons rendues laides, vieilles et obsolètes, les remplaçant par d’autres qui se vendent comme on fait la manche, outre Chanel, et se vantent de faire beau temps de la verse et vice versa. Bien sûr, à tant errer hors sol parmi les éthers déliquescents bourrés d’astéroïdes incertains il nous a fallu regarder où nous posions les pieds et déployions nos ailes de tungsterne de récup dont la matité, on le comprend, est évidence. Le vide est bourré de pièges et les rares gouttes de néant ne se risquent pas à s’aventurer pour en absorber ne serait-ce qu’un nectar, fut-il diurne. Ce qui en rien ne nous embogua. Nous avons donc finalement eu raison de cette voie inconnue pour être particulièrement escarpée –et sans issue– et nous étions à l’heure comme déjà le fûmes pour assister à la naissance du nouvel univers que nous avions ensemencé la veille comme nous le fîmes déjà avec tant de maladresse. CONTINUER

Toute peine mérite salaire

« Accusé, levez-vous ! »

Je rêvassais tranquillement, pensant à ces expressions ou phrases toutes faites qu’on entend à tout bout de champ, genre “chacun voit midi à sa porte”, “cerise sur le gateau”, “accusé levez-vous” ou “à tout bout de champ ». Levez-vous ! Si je suis là, pour être jugé, c’est certainement parce que je ne suis pas ailleurs, et surtout pas dans mon lit en train de me dire qu’il va falloir que je me lève. Et pour être propre sur moi au tribunal où il vaut mieux faire bonne impression, je me suis non seulement levé ce matin, mais plus tôt que d’habitude. La voix, pas amène pour un sou, a remis ça :

« Pour la deuxième fois : accusé, levez-vous ! »

J’ai répondu que je n’avais eu à attendre personne pour me lever dès 6h30 ce matin, que je trouvais bizarre qu’on me demande ça, et qu’à mon avis celui qui me le demandait devait avoir de sérieux problèmes. Quelques personnes se sont marrées, mon avocat s’est râclé la gorge, le juge a réclamé le silence. Le temps qu’il consulte une liasse de je ne sais quels documents, la sentence est tombée : une peine de 30 jours avec sursis. Estimant que toute peine mérite salaire – et personne ne me contredira en ce point–, j’ai demandé au juge combien je serai payé pendant ces 30 jours. CONTINUER

Horloge parlante

Il fait nuit. Je sais qu’il est tard dans la nuit, ou tôt dans le jour, c’est comme on veut. Tout à l’heure, mais je ne sais pas depuis combien de minutes, en tout cas une tripotée, mon horloge parlante a parlé. Ce qui en soi n’est pas extraordinaire. « Il est 2 heures » m’a-t-elle dit. Stupidement je l’ai remerciée, sans doute parce que j’avais la tête ailleurs à écrire une histoire qui parle d’un horloger. Il perd un peu la boule en même temps que la vue et se met à fabriquer des horloges qui donnent l’heure en braille, etc. Avant ça il en avait fabriqué une autre, par ma foi rigolote. Pas parlante pour un sou, elle avait par contre une ouïe des plus fines, au point qu’à plus de 20 mètres elle entendait fort bien les quidams qui lui demandaient l’heure. Muette, mais pas manchote –chacune de ses deux aiguilles formait un bras–, elle indiquait la direction de l’horloge de l’Hôtel de ville ce qui, généralement, satisfaisait le quémandeur. Le temps presse, aussi ne vais-je pas m’étendre davantage.

La minute passée à vous parler de mon horloger, j’entends deux cliquetis puis la voix de mon horloge, légèrement voilée, à ce qu’il me semble. CONTINUER

Une bouteille à la mer

Naufragé sur une île déserte, j’avais jeté une bouteille à la mer. Puis j’avais attendu le miracle, guettant l’âme secourable qui viendrait me sortir de cet îlot perdu où les seuls êtres vivants –d’énormes moustiques qui me rendaient fou– constituaient l’essentiel de ma nourriture. Prières païennes ou chrétiennes, méthode Coué et autres stupides techniques m’avaient rapidement montré leurs limites : l’horizon était resté vierge et le ciel n’avait jamais connu la moindre zébrure consécutive à un quelconque aéronef. Pendant de longues années j’avais attendu et espéré. CONTINUER

Une bouteille à la mer ?

J’était pommé, seul, total seul, nofragé d’la vie. Face à l’amer, pacequ’on m’y avais dit, j’y avait jeté mes dernière cartouches, une bonne douzène de canète de bières que j’avait vidé pour me fabriquer de l’oubli. Après j’avait attendu l’miracle, comme on m’avais dit d’y faire, guetant l’ame secourable, comme on dit, qui viendrais m’sortir de l’îlot de solitude où c’te pute de chiene de vie elle m’avais fait échoué. Rien, persone il étais jamais v’nu me délivré. Après, pisque c’étais comme sa j’avait décidé de plus jamais croare en rien de rien, comme c’te conerie d’balancer une bouteille à l’amer.

Il s’agit là du texte original retrouvé, en charpie, parmi des tessons de bouteilles, au pied de l’amer de Plouc-Laouzef (Finistère) érigé face à l’océan (Atlantique).

Ci-dessous, sa traduction, sans laquelle les étrangers francophones auraient du mal à comprendre :

Je me sentais perdu, seul, désespérément seul, naufragé de la vie. Face à l’amer j’y avais jeté mes dernières munitions, une bonne douzaine de bouteilles de bière que j’avais vidées pour oublier mon mal être. CONTINUER

Écrits en rouge

J’écris. Peut-être pour votre plaisir, je l’espère, mais aussi pour le mien et surtout pour le nôtre. Je veux dire pour l’ensemble de ces locataires qui logent sous le même toit que le mien et avec lesquels je me confonds parfois. J’en ai parlé à mon psy, celui qui prétend que je lui ressemble, tandis que moi je garantis que c’est lui qui me ressemble. Je n’ai pas de preuve, mais la garantie, c’est du sérieux et pour preuve, c’est que j’en ai fait un double sur un photocopieur. Une photocopie, on appelle ça.

« C’est du mimétisme » m’a dit mon psy. «Pas rare que ça arrive quand on vit depuis longtemps avec d’autres ». « Quels autres ? » l’ai-je coupé alors qu’il allait peut-être préciser.

Il m’a regardé bizarrement, en coin. Il me regarde toujours en coin. Va savoir s’il ne m’écoute pas de la même façon. CONTINUER

Engagement et résistance

Certains, dont je m’exclue, parlent parfois de résistranse, disant que ceux qui résistrent c’est rien que du rien du tout, et encore pire. Du gibet de potence, de la graine d’ambroisie qui colle des allergies que, si tu en chopes une, espère toujours qu’un diluant y change quelque chose… qu’on tousse, qu’on pleure, et comme cette engeance on lui met le feu, en plus ça fait de la fumée juste à l’instant où tu passes en voiture et que tu n’y vois plus rien. Une vraie saloperie l’ambroisie. Ceux qui résistrent, ne parlons pas de celles, c’est des hystériques qui feraient mieux de travailler, c’est pas le travail qui manque quand on veut, mais ils veulent pas, sinon ils en auraient du travail et ils passeraient pas leur temps à critiquer, râler, crier, gueuler et remettre en question ce qui n’a, de toute évidence, aucune raison d’être remis en question. Comme la question.

Sans la question, c’est les hérétiques, cathares, albigeois, vaudois qui font du veau doux pascal au lieu de faire de l’agneau qui effacez les pêchés du monde, tu parles ! sans la question, et c’est bien là le problème, c’est ces illuminés qui la poseraient aujourd’hui. Alors, hein !

La résistranse, moi je suis pas pour. Parce que ça se voit et qu’on se fait jeter des pierres par les sales gosses à la sortie des églises où ils vont prier. CONTINUER

Passer du coq à l’âne, de l’âne à Lise, de Lise à Belle, etc.

1. Passer du coq à l’âne

Passons tout de suite aux choses sérieuses en nous rendant derechef du côté de nos moutons : le coq et l’âne. D’abord une petite histoire qui, si elle tombe comme un cheveu sur la soupe n’en est pas moins en plein dans le sujet. Le coq dont nous parlons était devenu la coqueluche de l’âne, un jour où celui-ci était tombé d’admiration devant ses vocalises (pas les siennes, celles du coq) et sa façon pas peu fière d’arriver à décoller et de voler. Un jour de pluie et de gadoue, l’âne avait glissé après avoir trébuché (les ânes sont des animaux travailleurs) mais avant de se retrouver les quatre fers en l’air. Sans blessure aucune si ce n’est celle d’amour propre (amour propre que partagent ces équidés depuis que, oubliant toute équité et les éléphants, on leur a coupé les oreilles pour confectionner de stupides bonnets) teintée d’un zeste de jalousie, notre âne s’était relevé comme si de rien n’était : on a sa fierté, fut-on âne, même très relative comparée à celle du coq. CONTINUER

La mer les emportera

Il l’étreint, elle l’étreint, il s’éreinte, elle l’éreinte, elle l’allume de fards pour quelle route, la leur. Reine, sirène, égérie, muse, elle s’amuse à se jouer de lui, sans mal y pense, se joue à l’amuser de lui lorsque, errance marine, son nom s’égare, coule entre naissance et vie. Les vagues s’affolent la voyant les fendant, en perdent le rythme jusqu’à venir se briser en n’importe quel isthme, estuaire, fente, du moment que l’odeur d’iode, de pisse et de menstrues éclate, fleur épanouie dans cette putrescence jamais assez magnifiée.

Figure de proue, fesse de poupe bien singulière, on est sirène ou non, il se berce en son linceul d’écailles, croit nager mais ne fait qu’y sombrer, naufrage, ne sachant y nager. Elle l’emporte en ses eaux amniotiques, remembrance, rappel, souvenance, recouvrance, amnésie, c’est du pareil au même quand on ne sait même plus qu’on ne sait pas. On ne sait rien de la vie, il en sait tout autant, ne sachant pouvoir savoir quoi que ce soit, si ce ne sont les abysses organiques qui le nourrirent avant de le voir mourir à la vie en cette date anniversaire, un jour finalement comme les autres, pour les autres, de cette année lointaine. CONTINUER

Le marchand de couleurs

Suis allé chez le marchand de couleurs. Un vieux bonhomme, vieux comme le vieil immeuble délabré qu’il habite. Les gens disent qu’il est délabré comme son immeuble qu’on dirait une carte postale sépia. Il y aurait un accordéoniste avec un béret et un pantalon à carreaux tenu par des bretelles, comme pour son piano. Le vieux, c’est vrai qu’il est un peu délabré, les enduits tombent par plaques, les chenaux ne gardent plus l’eau, les lignes électriques et téléphoniques pendouillent de partout ; les poètes c’est comme ça, on n’y peut rien, ils ne savent pas se tenir. Si encore ils avaient les cheveux courts et qu’ils étaient rasés de frais du matin, mais non.

Le vieux marchand de couleurs, c’est du rêve qu’il vend, en musique, avec la musique des alizés qui font se pencher les arbres de plaisir. Le plaisir, c’est au sol qu’il se cueille, ils le savent les arbres. Les gens ils n’y connaissent rien à la musique des couleurs. Ils s’imaginent que plus tu en as en rayon, plus il y en a des millions.

J’oubliais : il s’appelle Ferdinand. Me demandez pas pourquoi, c’est comme ça. Lui, il n’aurait qu’une seule teinte qu’il serait quand même capable d’en bricoler des nuées de nuances. Avec les trois qu’il fait fricoter plus ou moins ensemble et en même temps, il est l’empereur du ciel, de la terre et des arbres qui se penchent pour voir germer le plaisir des yeux quand le beau se fabrique. CONTINUER

La parole des singes

S’empêcher de digresser lui était impossible. Atteinte d’une logorrhée inextinguible autant qu’inexpugnable et irrépressible je n’avais pu l’aider et nous en débarrasser non pas en lui coupant la parole, chose impossible, mais en la coupant en morceaux.

Sitôt articulés à la sortie de ses lèvres, ses mots s’enchaînaient les uns aux autres, s’unissaient sans bouche délier avant de copuler le plus souvent dans un vacarme non pas inouï, car on l’entendait de l’autre côté de la rue, mais bruyant comme le sont d’ordinaire les vacarmes. Sans aucune gestation naissaient alors phrases après phrases d’un contenu si peu discursif que, quel que stupide fut l’auditeur, irrationnel ou plus simplement simple, qu’il en perdait son latin, son grec et sa patience. Consensus trouvé, nous décidâmes d’un commun accord moins banal qu’il n’y paraît de mettre un terme à ce que notre entendement ne pouvait ni accepter ni entendre, et quoi qu’il pût se passer de conditionnel, nous n’attendrions ni miracle abasourdissant, ni qu’une crise cardiaque ne l’emportât pour nous en délivrer. En tant que ministre du silence c’est en toute logique que j’avais été désigné pour mettre en place les mesures qui s’étaient imposées et qui nous permettraient de retrouver calme, sérénité et espace de parole car silence. Je n’en trouvai qu’une, mais bien affûtée, elle saurait œuvrer. CONTINUER

Ce qu’être signifie

Appel du clavier, le crayon exige recopie, c’est pas de la technologie de pointe quoiqu’on en pense rien. Clavier, machine, mots à cent sous, doigts qui se voudraient dégourdis pour oublier ce qu’ils valent, pas dégourdis. La valeur des maux ? C’est pas tous les jours qu’on tient un Palissy, dommage et pire dommage qu’on tienne un Salomé plutôt qu’une restée couchée entre ses feuilles de papier bible.

Frappe au long cours pour un voyage, plutôt promenade. Jardin des lettres à fleurir, si le temps le permet, mais on ne sait jamais, quand on ne se sait pas. Éclosion, mots, phrases, mots ronds, carrés, tordus, pointus, acides amers avec ou sans virgule plus de frontière liberté et avec ça je vous mettrai bien un ou deux points non merci ni majuscule ni ponctuation ni pas de faute garder juste les retours chariot quand essoufflement soufflet camouflet de la fatigue qui guette à demi-mot un tiret pas bien un tiré à part pas bien ça casse le désert ça l’habite ça le rend bruyant plus rien n’y brille apostrophe mal pas bien c est comme petit tu vois petit je veux dire quand on est petit et que ça discutaille papa maman avant que ça finisse en disputaille maman papa et tout le monde qui s’en mêle pèle mêle et qu on se bouche les oreilles mais que ça sert à rien parceque papa crie haut avec sa voix basse pendant que son épouse parcequil lui avait mis une bague au doigt… CONTINUER

S’en voir

Je m’en vois. Je viens de le dire, et si je réitère, c’est parce que, vraiment je m’en vois. Pas en l’air, non, ici, sur le plancher des bovins pas toujours, hélas! celui des bons crus, et surtout ici dans ce coin du Berry. Il y en a d’autres qui s’en voient, je sais. Je ne suis pas le seul, mais ça n’est pas une raison pour que je me taise, quoiqu’en pensent ceux qui aimeraient bien que je cesse de dire que je m’en vois. Facile pour eux, qui ne s’en voient pas. Sauf peut-être en l’air, raison probable pour laquelle ils ne s’en voient pas autant que je m’en vois. L’autre jour je suis tombé sur l’un d’entre eux, un qui s’envoie à l’aise en l’air, et avec qui je vous le demande? Je préfère le taire, mais vous comprendrez. Et vous comprendrez aussi pourquoi je m’en vois tant. Dentreux, qu’il s’appelle. Alain. Et s’il n’y avait que ça. Eh bien non. Je ne veux pas dire qu’il ya pire qu’être quitté par une idiote, mais pas loin. Les couleurs, par exemple. C’est beau, les couleurs. sauf que je les distingue si mal que c’est comme si le monde n’avait pour toutes teintes que des gris à peine colorés, maladie rare et bizarre qui aurait tout de même pu me valoir une citation dans le livre Guiness des records. Les couleurs, c’est comme si je ne les voyais plus. Pareil quand je me déplace : sente, chemin, routes et rues, autoroutes ou autostrades, si je suis à l’étranger, pas n’importe lequel, je ne distingue nettement plus grand chose. Va essayer de retrouver ta voie quand tu l’as perdue et que tu n’y vois rien. CONTINUER

Fuites

Les fuites, on ne s’en méfie jamais assez. Je m’attendais à ce que ça arrive un jour ou l’autre et c’est arrivé l’autre. Au petit matin. J’ai zappé sur toutes les radios puis sur toutes les télés. Si ce ne sont les variantes ridicules, à croire qu’ils se renvoyaient les infos comme on se renvoie la balle au tennis ou à la chasse.

«Suite à des fuites, des nouvelles se sont échappées. Aucune nouvelle depuis…» «Des nouvelles ont filtré. De source bien informée, il semblerait que ce soit à la suite de fuites…»

«Selon certains responsables locaux, il s’agirait probablement, du moins à travers l’examen des indices que les autorités compétentes ne devraient pas tarder à nous fournir, de simples fuites dans cette affaire qui nous concerne au premier chef. Interrogé, celui-ci n’a pu qu’opiner comme il se devait de le faire pour se couvrir, le froid s’étant installé dans notre région et étant manifestement, du moins selon le capitaine des sapeurs-pompiers, le responsable des fuites, sachant que le thermomètre est descendu en dessous de zéro et qu’il était moins cinq qu’il atteigne les moins dix degrés. CONTINUER

Les nouvelles, source bistro

Les nouvelles c’est pas ce qui manque. Quand il y en a une qui arrive, je m’arrange toujours pour savoir d’où elle vient. Les anciennes, ça n’est pas la peine : depuis le temps je les connais et je sais d’où elles viennent puisqu’elles ont été nouvelles et que les nouvelles j’ai vite fait de savoir d’où elles viennent. Les nouvelles viennent de partout et même de plus loin que tout ce qu’on peut imaginer, vu que la réalité dépasse souvent la fiction. Le plus dur, avec les nouvelles, c’est de savoir si elles sont vraies ou fausses. Bonnes ou mauvaises, on le sait, mais tout dépend qui on est. Mon voisin de gauche, Robert, il tient un café-terrasse et jeu de boules avec deux trois chambres à l’étage. Je ne suis pas sûr du nombre parce qu’il me refile toujours la même. CONTINUER

Ponctuations et accents

Des lignes blanches ponctuées de mots presque blancs, comme sous cette ligne. Des lignes blanches ponctuées de mots presque blancs. Des lignes blanches ponctuées de mots noirs. Pas bien compliqué… Des lignes ponctuées de ce qu’elles veulent, pour peu qu’elles aient mon assentiment. Des lignes ponctuées de ponctuation. Pas sans cesse, car ça lasse. Des lignes où, faute de ponctuations ou d’accents ad-hoc, on se met en danger.

Je l’affirme ! dit-il en s’exclamant. En êtes-vous si sûr ? lui répondis-je interrogatif. Les mains qu’il avait enfilées dans des gants de boxe faisaient comme deux points auxquels j’étais suspendu. Ses sourcils, relevés en forme de guillemets m’amenaient à penser qu’il ne rigolait pas, et lorsqu’il s’était approché de moi, j’avais craint qu’il ne m’assénât un double crochet, un de sa droite, l’autre de sa gauche. CONTINUER

Mauvaise nouvelle

J’ai appris ce matin par le Journal du Matin la disparition d’une amie de ma grand-mère maternelle –madame Bloux–, toujours du côté de mon père quand mes parents s’enguirlandaient. On ne s’engueulait pas, à l’époque. Des mauvaises langues disaient qu’elle était contre ma mère parce que celle-ci l’avait jetée un jour où, rentrant à l’impoviste, elle les avait surpris l’un contre l’autre. Ça avait bardé, comme on dit chez les charcutiers, surtout les Bretons. Et ça ne s’était jamais calmé, au point qu’un jour ma mère excédée l’avait suffisamment tuée pour que la vieille passe de vie à trépas. C’est bien triste.

Fourbie d’un tas de circonstances atténuantes qu’un avocat marron lui avait concoctées (il faut dire que ma mère était encore appétissante, surtout si on avait faim) ma mère n’avait fait que quelques malheureuses années de prison, une dizaine si je me rappelle bien, celles heureuses n’étant pas à portée de bourse d’une pauvresse. Ma mère était une pauvresse.

Du coup je m’étais retrouvé seul, l’avanie et la honte ayant précipité mon père dans un alcoolisme létal dont il n’eut jamais le temps de se remettre, on l’aura compris. CONTINUER

Chica chica chic ay ay ay

Où il est question de Synchronicité, de psy, de Luis Mariano et d’Ibn Shobol qui, vraiment, nomadise n’importe où.

Lors de mes pérégrinations, j’étais récemment à Cadix où, j’aurais dû m’y attendre, je suis tombé sur mon vieil ami Luis, Luis Mariano. Installés à la terrasse d’un café, nous devisions sur l’avantage qu’il y a à ne rien faire d’autre que regarder passer les gens lorsque Luis, sans doute en proie à une vision révélatrice me désigna du menton une fille en me glissant à l’oreille : «Non mais, vise moi ça !».

— Laquelle ? Celle en jean ?
— C’est quoi un djinn ?
— Laisse tomber… Tu parles de celle qui regarde par là ? À voir comme elle te dévisage, on dirait que tu ne lui es pas étranger.
« C’te blague » qu’il m’avait répondu. « Je suis quand même ici quasiment chez moi, si je ne m’abuse ».

Un instant il avait cru reconnaître Caterinetabella, mais lorsqu’elle était arrivée à notre niveau, il avait compris qu’il n’en était rien. La fille avait de magnifiques yeux de velours, contrairement à Caterinetabella qui les avaient torves et ternes, suite à un gros chagrin d’amour où ses glandes lacrymales avaient cessé de fonctionner comme une horloge bien huilée.

«Aïe aïe aïe, qu’elle est belle». CONTINUER

Arnaque aux rêves

Une nuit j’ai fait un drôle de rêve. Une nuit parce qu’il m’arrive aussi de rêver le jour, même entre chien et loup et vice-versa. Même aussi entre vice et versa.

J’ai rêvé que je n’existais pas. Le lendemain j’ai rêvé que je n’étais pas mort et, le jour venu, avec le réveil qui a fait ding-dring jusqu’à ce que je valide le rêve en stoppant la çonnerie (je me suis demandé s’il fallait une cédille), je me suis posé la question de savoir si je ne rêvais pas lorsque j’ai pris conscience que j’allais être en retard si je ne me réveillais pas complètement. Ce que je pense avoir fait, mais je n’en suis pas si sûr. Le soir venu j’ai passé commande d’un rêve de croyances dont l’intérêt est qu’avec une bonne croyance on se pose moins de questions. Avec les mauvaises croyances, je ne sais pas. CONTINUER

mY nAme iS piErrE vAisSieRE

Ah, nom ti dieu !. J’suis énervé, nom ti dieu ! L’autre, là… qui m’a téléphoné t’t’à l’heure.

Vous êtes bien Pierre Vaissière ? Oui que j’lui ai dit. Que me vaut ? Vous avez une preuve ? qu’i m’a dit. Ben c’te blaque, que j’lui ai répondu. Mes papiers d’identité et mon coup de pied dans l’cul que j’lui ai dit. Tiens donc, qu’il a dit à son tour, parce que c’était le sien. Ça m’étonnerait, parce que Pierre Vaissière, y’en a qu’un, c’est moi, et c’est comme je vous le dis. Vos papiers, c’est des faux, et je sais de quoi je parle, parce que c’est pas la première fois qu’on me fait le coup.

Ah, nom ti dieu !

Le sang m’a fait qu’un tour de cochon. J’ai allumé la machine et regardé sur le Oueb une fois qu’elle a eu bien voulu s’allumer. M’a bien fallu quèque temps avec mes doigts gourds à cause des patates, qui c’est qui va les arracher si j’y fais pas ? CONTINUER

Grand messe et sport

J’ai mis la télé. Elle n’a pas de son, n’en a pas depuis une paire d’années, n’en a plus. Je m’en fiche, j’ai la radio. Alors j’ai mis la radio. Elle n’a pas d’image, c’est vrai, mais il y en a bien assez avec la télé, que je me demande où ils vont chercher tout ça. J’ai mis la radio derrière la télé, pour deux raisons. La première c’est qu’il y a une prise multiple, la deuxième c’est qu’on dirait le son sorti tout droit de derrière la télé, ce qui n’est pas tout à fait faux.

Je regarde un match de rugby sur la chaîne dédiée au basket, mais comme les basketteurs sont en grève, on les a remplacés par des rugbymen, sport un peu violent à mon goût. On est vendredi, et à la radio j’écoute la messe que je capte habituellement le dimanche, mais là, je ne sais pas pourquoi, il y en a une. C’est Radio Messes. Je crois que c’est en Lorraine. Sûrement à cause de leur croix, qu’ils passent la messe sur leur radio. CONTINUER

Sur la piste de la Camarde

lire auparavant l’article Échappée belle

— On l’avait. Y’avait plus qu’à le faucher, et on l’avait. Sans compter la prime. T’as beau être le chef, t’es le dernier des cons.
— Tu sais c’que ça vaut, le manque de respect ? Tu le sais ? Alors tu me parles sur un autre ton. Pis j’te signale que t’as rien dit, et qui ne dit rien consent.
— Qu’on sent quoi ? Ce que j’sens, moi, c’est le roussi. Le roussi de l’enfer.
— Faut pas prononcer ce nom. I faut pas. Merde, alors, tu veux qu’on y aille ? Se retrouver à la circulation des âmes, merci ! Les tordus à gauche, les salauds à droite… non merci ! Alors on va y faire.
— On va y faire quoi ?
— Ce qui nous y a dit au bistro, le gars de New York. On déniche la Camarde, et on se la fait.
— Mouais… À mon avis, c’est pas gagné.

Bob –mon second–, un abruti doublé de son clone, aussi abruti que l’original. Et moi, un idiot qui lui demande de la trouver et de passer me prendre.

« C’est sûr qu’elle est là ? T’as vérifié ?» que j’lui ai dit. Je l’avais déjà assaisonné, j’allais span style=”color:#3366ff;”pas lui en remettre une couche, d’autant qu’avec celles qu’il se trimballe déjà. CONTINUER

Ce que j’écris

À la naissance, Dieu, dans son immense mansuétude, m’a doté de cinq doigts à la main gauche et d’autant à la droite, soit en tout une dizaine de trucs bizarres qui gigotaient sous mon regard ébahi. Je compris très vite leur utilité : exploration des orifices ; pince pour faire sauter les binocles des imprudents arreuphiles ; lâche-tout, notamment tétine, pour excéder nounous et parents ; marionnettes débiles pour amuser les mêmes et les voir s’égosiller en chantant sempiternellement et d’une voix de fausset le pitoyable “ainsi font font font”. Plus tard c’est un crayon que Dieu me coinça entre le pouce et l’index. Je ne mis pas longtemps à en découvrir les multiples usages : substitut de la tétine qu’on m’avait honteusement supprimée ; arme contre les arreuphiles qui n’avaient pas compris que je déteste bisous baveux et poils au menton… CONTINUER

C’est des Roms

Ma femme de ménage… Un poème ! Plus branque que ça, faut faire le déplacement au moins jusqu’au ministère de la connerie. Y’en a pas, je sais. Alors disons le ministère de l’intérieur. La pauvre y est pour rien, je lui accorde. Faut dire qu’avec ces infos qu’elle regarde et écoute (au lieu de simplement faire ce qu’elle réussit le mieux, donc rien) pour parfaire “sa franchèse », comme elle dit, son ciboulot doit être en surchauffe. C’est ma “femme de méninges” que je devrais dire. 13 heures 30. Radio et télé sont au max. Penser à demander aux voisins de me régler la taxe. Reprise des titres : un viol, un casse, expulsions de Roms, une inondation. La routine. Ça sent quelque chose de mangeable. « Massiou, la repasse est prête dans la dix minoutes, à qkqkqchose pris ». — Merci, très bien, c’est gentil. Le temps de relever mon courrier sur l’ordi et d’y faire deux trois bricoles… — Massiou, j’a jouste fini ragé la boureau et nattoyé la boureau et vadé la courbille papier la boureau, l’a tote propre tote propre. CONTINUER

Bellisssssimmmmo escapada – Échappée belle

Je n’y connais rien en italien et je m’en balança. Puis le problèmo n’esta pas là, et d’ailleurs, il n’y a pas de problèmo, ou s’il y en eut, finito il problemo. Kaput.

— I nous échappe, i nous échappe !

Deux tarés, cape noire, même pas foutus de prononcer le sujet de la troisième personne au singulier de façon convenable. Armés de faux, des vraies, tranchantes et luisantes sous la pâle lueur d’une lune plus desespérante que desespérée. Un oeil à droite, l’autre à gauche –normal je louche– pour me rendre compte que je suis le seul à baguenauder dans cette bande dessinée de la Big pomme –Big Apple–, plus blette qu’une blète qu’on aurait oubliée dans le fond du bac à légume du frigo (ce qui est aussi bête que nigaud, comme dirait JPF) et, pas de bol, un orage d’enfer a fait sauter le disjoncteur pendant les vacances. Doute : aucun. Je me compte, je suis seul. C’est après moi qu’ils en veulent. Prendre mes jambes à mon cou pour me péter la gueule sur un de ces trottoirs défoncé où ça se défonçait deux heures plus tôt ? Pas question. CONTINUER

Collections

Je viens de ramasser quatre virus hachinhénin. J’en fais la collection. Les timbres ne m’inspirent plus depuis que le Oueb existe, que les gens s’envoient des couriels et que, du coup, il y a de moins en moins de nouveaux timbres sur le marché, même celui du samedi pourtant sacrément bien achalandé. Il n’y a encore pas si longtemps, j’étais dingue des timbres, mais un peu moins que de ma collection de vieux postes radio émetteurs-récepteurs, du temps où j’étais radio amateur. Les radios amateurs ne courent plus les rues depuis qu’ils ont été remplacés par les télé-mateurs. Ceux-là ne courent pas les rues et ne les ont jamais courues puisqu’ils n’existent que depuis peu et qu’il faudrait de sacrées rallonges électriques pour brancher leur poste, plus un canapé motorisé pour courir les rues sans se fatiguer.

Des collections, j’en ai fait des centaines, sans compter ma collection de collections, mais la plupart ont disparu. Je les ai transférées sur mon disque dur, erreur fatale ! C’est le message qui était apparu sur l’écran le lendemain : « Erreur fatale – Impossible d’accéder au répertoire spécifié ». Il était écrit en anglais, sans accent, ce qui ne m’avait pas empêché d’en saisir le sens. Un virus avait dû s’introduire en passant par le lecteur de CD ou la clé huessebé. Je n’en suis pas sûr, mais c’est bien là leur méthode. CONTINUER

The big pig sits in the dish

Ça devait se terminer comme ça. Georges, un ancien m’avait prévenu : «Dans la vie, tu auras deux périodes à retenir et dont tu devras te méfier. Mais peut-être n’auras-tu le temps de ne te préoccuper que de la première, et ça ne durera pas la vie des rats».

Il m’avait expliqué. «La première, c’est mardi-gras. Mardi gras, c’est pas un vendredi, et encore moins un vendredi saint. Et qu’est-ce qu’il y a de spécial à Mardi-gras ? On mange gras»

— J’entends bien, mais il est où le problème? Quant à manger gras, je suis partant. Les glands, il y a pire, mais ça va un moment. — Le problème, c’est que c’est pas nous qui mangeons gras, c’est les patrons. — Et alors ils n’ont pas le droit ? En quoi ça nous concerne et en quoi ça devrait nous gêner ?

Baissant la voix en même temps que la hure, tout en me regardant avec commisération, il m’avait rétorqué : «Ze bigue pigue site ine ze diche», réponse hermétique à la mords-moëlle dont il était friand, que seuls des initiés du treizième degré auraient pu comprendre. Faire un viron du côté de Beaunes ou Bordeaux pour en demander une lecture éxotérique auprès d’un de mes vieux potes qui avaient pris le train un beau matin, fallait pas y compter. Trop loin. CONTINUER

Un vécu et deux interprétations (extrait)

Un vécuTi m’iscoze sè j’icrit mal la françi. Ja souïs dans la France qu’il imi beaucop dipouis pas langtemps. Annaba, ti couni, ann Dzayer. Ja la djilaba, ja la barbe paciqui ja souïs mosolman. Allahou Akbar ! Li mosolman françi, vos z’ites fo. L’at jor, ja souïs à fir la coumissiun don li souk por li coscos avic li ptits pois qui ji achti, i quiçqui j’vois ? Iscoze sè j’icrit pas comme al fout, ji vois ane femme, avic l’hidjab i li niqab, ann mosolman. J’ti joure, ouala qu’ille achite halouf i encore halouf. Quisqui ci cit’ z’affire ? Halouf !

Une première interprétation (extrait) Ne m’en veuillez pas si j’écris mal en français. Venant d’Anaba (vous connaissez ?), en Algérie, je ne suis en France que depuis peu. Vous ne serez donc pas étonné (l’Algérie étant hélas un pays qui manque de tout) que je porte une djellaba et que j’ai une barbe de plusieurs mois. Oui, je suis effectivement musulman, mais n’ayez crainte, soufiste. Dieu nous préserve des salafistes !

Une seconde interprétation (extrait) Je m’exprime mal en français, certes, mais d’ici peu j’aurais appris et saurais m’en servir pour atteindre mes buts. Je suis en France pour une mission au service de mes frères salafistes d’Annaba, pour la gloire d’Allah.

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Coup de sang

Hier j’ai eu un tel coup de sang que j’en ai fait du boudin. Il y a longtemps que ça ne m’était pas arrivé, mais comme tout arrive, y compris ce qui n’arrive pas tous les jours, il fallait bien que ça arrive un jour ou l’autre. Ca n’a pas été l’autre jour, donc n’importe lequel, ça a été hier, on était encore en été, mais plus pour longtemps. On était le 12 septembre. Je me promenais dans la rue lorsque j’ai vu une horde de sangliers. J’ai bien dit des sangliers. Des sangliers en pleine ville ! Un ou deux, passe(nt) encore, mais une horde, et ils avaient beau être en ordre, ça fait désordre, comme je l’ai fait remarquer à haute voix à un co-promeneur. «On ne dit pas une HORDE, mais une HARDE» m’a-t-il répondu en me toisant du haut de sa maîtrise de la langue française. Comme si je ne le savais pas. Derechef je lui avais rétorqué: « Vu les dégâts que font les bestiaux, HORDE convient tout aussi bien, voire mieux. Et si vous en doutez, vous feriez mieux de vous méfier du mâle qui vous regarde d’un sale oeil». CONTINUER

identité, racines, nationalité

Les Français ! En voilà qui commencent sérieusement à me courir sur le haricot. Je suis Français, d’origine arabe. Qui plus est auvergnate. Ça remonte au temps de Charles Martel. Un ancêtre devenu copain avec le duc Eudes (suite à une querelle qui l’avait opposé à Abd-el-Rahman), de qui il avait reçu des terres en Auvergne, en 733 pour avoir combattu à ses côtés contre les Omeyyades. Il avait pris et fait racines dans ce coin que ses descendants n’avaient jamais quitté. CONTINUER

Raciste, intégriste, hijab, niquab et marché

Putain, l’éclate ! On est dimanche, je reviens du marché. Dépaysement garanti : ça cause, italien, bambara, russe, rundi, roumain, bulu, anglais, portugais, wolof, arabe, espagnol, turc, dioula, wallo-belge et même français, cette langue qui y ressemble. Pourquoi que j’ai pas classé par ordre alphabétique ou en fonction des origines géographiques, hein, pourquoi ? Parce que, merdique comme je suis, je déteste classer, classifier, catégoriser, ranger et qu’en plus je m’en balance. C’est quand même plus le sud et l’orient que les pays de l’est, et ça cause surtout arabe, italien et portugais. Je m’ai bricolé un hijab –une espèce de djellaba–qui couvre mes pompes, et un voile qu’on dirait que c’est un vrai niquab. J’ai pas dit niquable. L’image dans la glace, pas mal. Direction le marché où je connais pas mal de monde, dont des sacrés cons, surtout un, raciste bon ton. Habituellement, faut un peu jouer des coudes, pas aujourd’hui. Ça s’écarte sur mon passage, ça prend des airs entendus et quand y’a des chuchotements dans mon dos je me retourne et, protégé par mon voile que j’ai laissé lâche, je tire la langue et injurie les abrutis. Sur un ton badin. Un pote m’a appris par cœur une série d’injures en arabe. CONTINUER

Des Évangélistes pour guérir les homos

Torrents de vie est une association évangélique (ou évangéliste ?) qui aide les homosexuels à changer d’orientation sexuelle. Autrement dit, à GUÉRIR. Ouaouuuh ! que c’est beau la compassion. À guérir, parce que c’est bien connu : l’homoxexualité est une maladie, qui plus est transmissible. Guérir les homos, si ça c’est pas de la compassion, je me les coupe. Parce que, c’est bien connu, à une époque pas si reculée que ça, pour les soigner, on leur offrait le gaz, gratos. Avec tout le confort d’une jolie chambre, une chambre à gaz, quoi. Progrès majeur si on considère une époque plus lointaine où on faisait ça à petit feu, sans doute par manque de moyens techniques. Combien d’éxécuteurs de basses œuvres, nazis ou autres inquisiteurs, eurent une érection en guérissant ad-vitam ces malheureux malades, l’Histoire, avare de détails, ne nous le dit pas. CONTINUER

Pasteur, Imam, Dieu et moi

Dring… Dring… Dring… Dring… Dring… Dring… etc. Saloperie de téléphone. Avec sa connerie çonnerie sonnerie d’un autre âge. Trois heures du matin. « Nom ti dieu, qui c’est qui vient m’emmerder ? Peuvent pas attendre une heure chrétienne ? » que j’me dis en m’levant pas bon pied, pas bon oeil. Je décroche. C’est Dieu. D’abord j’y crois pas, normal, je suis rien qu’un impie. Mais v’là qu’il se met à causer et ce qu’il raconte, je sais pas, c’est comme si que ça me secouait. Pyjama en pilou usé jusqu’à pire, je suis comme une andouille à me gratter l’entrejambe et j’sais pas ce qui m’a pris, j’ai rectifié. Pas au garde à vous, faut quand même pas exagérer, mais je m’ai mis plus dans le respect. C’est pas que Dieu j’y crois, mais c’est quand même pas n’importe qui. « Moi, » je lui ai dit, « c’est Robert ». « Je sais », qu’il m’a répondu. Après j’me suis traité d’abruti, parce que j’me suis dit que s’il existait, sûr qu’il me connaissait. Le coup de fil a pas duré l’éternité, et j’aime autant, parce que plus il causait, plus ça me secouait, et pas que les boyaux. Le machin bizarre, c’est que c’est pas avec des mots qu’il y disait. J’sais pas avec quoi, mais c’était un peu comme avec mon copain, le Zef, çui qu’est à l’hosto chez les fous, qu’on s’entend vachement bien tous les deux, sans causer et qu’ça empêche pas qu’on se comprend cinq sur cinq. CONTINUER

Une représentation mentale de ma mort

La perception que j’ai de l’univers –de notre univers– tient des représentations mentales que je m’en fais. Avant que je ne vienne à la vie il n’est rien, et à l’instant où la vie me quitte, il retourne au néant. Sans ma présence en ce monde, il n’a pas de réalité. Cette perception est fonction de mes sens, de mon vécu, du vécu de ceux qui m’ont précédé et dont j’ai hérité (directement ou non), de ma culture, de l’époque qui me voit vivre. Le firmament que je vois n’est pas le même que celui que voyaient mes ancêtres, mais même s’il avait été le même, ils l’auraient vu différemment de ce que je le vois. Comme eux je crois voir, alors que je ne fais que percevoir. Mes représentations mentales me permettent de savoir que, parmi les étoiles que je vois, nombreuses sont celles qui ont disparu, et pour certaines depuis une « éternité ». Une pensée qui aurait évolué différemment me raconterait peut-être tout autre chose. CONTINUER

Belgique : les prémices d’une Europe malade

Plus con qu’un Belge, je ne sais pas si ça existe. Je veux dire, en dehors d’un Suisse, d’un Anglais, d’un Italien, d’un Espagnol, d’un Portugais, d’un Russe, d’un Biélorusse, d’un Tchèque, d’un Slovaque, d’un Slovène, d’un Lituanien, d’un Estonien, d’un Letton, d’un Grec, d’un Hongrois, d’un Suédois, d’un Danois, d’un Irlandais, d’un Finlandais, d’un Norvégien, d’un Kosovar, d’un Autrichien, d’un Monégasque, d’un Polonais, d’un Moldave, d’un Monténégrin, d’un Roumain, d’un Bulgare, d’un Albanais, d’un Bosniaque, d’un Croate, d’un Islandais, d’un Luxembourgeois, d’un Macédonien, d’un Hollandais, d’un Serbe, d’un Ukrainien, d’un Irlandais. Sans doute tous aussi cons les uns que les autres. J’ai fait ça de tête, alors tant pis s’il en manque ou s’il y a du rab. Si le Français n’est pas dans la liste, c’est un pur oubli de ma part, car il a sa part de connerie. Vous aurez remarqué au passage que seuls des pays européens sont cités. On a la fibre européenne ou pas, et je l’ai. Pas très solide, loin s’en faut et près cent faux. Je parle de l’outil, ou plutôt des outils. Que chacun affûte dans son coin pour défendre son lopin de terre où poussent navets, tomates, fayots, oignons, choux et le reste. Qu’un sale métèque ne vienne pas les lui chouraver et ne vienne pas en en profitant pour sauter sa donzelle qui, justement, est en train de ramasser ses patates. CONTINUER

Clone : meurtre à deux balles

Ma femme, c’est fou ce qu’elle me ressemble, mis à part quelques détails. Elle, elle prétend que c’est moi qui lui ressemble. Tu parles ! Décidément, je la supporte de moins en moins. Puis pour qui elle se prend avec ses grands airs et sa façon de dire que je lui ressemble ? De toute façon, j’ai décidé de lui faire la peau. Je lui ai dit, mais sans préciser quel jour ça se passerait. Elle s’est moqué, a rifougné, mais de vous à moi, elle n’aurait pas dû. CONTINUER

Clone

Mon psy, c’est fou comme il me ressemble. Lui, il dit que c’est moi qui lui ressemble. Tu parles ! Décidément, je le supporte de moins en moins. Puis pour qui il se prend avec ses grands airs ? De toute façon, j’ai décidé de lui faire la peau. Je lui ai dit, mais sans préciser quel jour ça se passerait. Il s’est foutu de moi, mais tout à fait entre nous, il n’aurait pas dû. D’autant que le jour en question, c’est aujourd’hui. CONTINUER

Maire et curé

Ma régulière à moi, elle est pas toujours réglo. Je veux pas dire qu’elle fasse des irrégularités dans le contrat qu’on a signé tous-deux, surtout moi, parce qu’elle, elle sait pas écrire. Elle a juste mis une croix, alors… Contrat devant monsieur le maire et devant monsieur le curé. C’est le même. Josiane –c’est le nom de ma régulière, mais c’est Josy qu’on l’appelle–, elle sait pas lire non plus. Un pote m’a dit qu’un mariage comme ça, ça frisait l’irrégularité. Alors c’est p’têt pour ça qu’elle est pas des masses réglo. Côté curé, rien trop à dire, mais côté mairie, ils auraient pu me dire. À elle surtout, ils auraient pu lui dire et lui expliquer c’que c’est que le mariage, qu’elle doit obéir et filer doux avec son homme, lui prêter aide et assistance, etc. Elle y aurait su elle y saurait encore, et j’serais pas obligé de la s’couer pour qu’elle me file un minimum de sous. Elle en a, j’en ai pas, et c’est moi qui paie tout. C’est pas qu’ça m’dérange question morale et tout, mais filer des baffes, même pas trop, c’est pas de tout repos. Sans compter que ça fait pas du bien, même qu’une fois, je m’ai fait une entorse au poignet. CONTINUER

Incidents à la Villeneuve de Grenoble

J’étais là et j’ai tout vu. Deux gamins –quatre ou cinq ans– qui jouaient aux billes. Apparemment tranquillement, mais que se passait-il en réalité dans leur caboche ? Sur un carreau d’enfer du plus petit, la pyramide a explosé et une bille de terre –sans doute héritée d’un arrière grand-père– a violemment éclaté en trois morceaux, je peux témoigner. Du moins en ce qui concerne ceux visibles, tristes débris de ce qui fut peut-être une héroïne en son temps. Le plus grand des deux mioches s’était mis à hurler, comme quoi l’autre lui avait crevé l’œil. Son œil gauche, le plus pointu pour viser, celui qui lui avait valu de rafler une si grande quantité de billes que son frère, plus grand, avait fourguée à un trafiquant de crainte que leur mère ne dérape sur le tapis instable de billes éparses qui roulaient de façon aléatoire dans leur appartement. CONTINUER

TOUT le MONDE est fou

Dans mon rêve tout le monde était devenu fou, sauf moi, évidemment. J’avais voulu vérifier si c’était une prémonition. Pour ne pas déranger les gens à point d’heure, j’avais attendu les huit coups à l’église pour téléphoner un par un à absolument tout le monde sur la Terre. Ça m’avait pris pas mal de temps, demandé patience et assiduité, mais ça n’est pas ce qui me manque, vous en conviendrez. Et au vu des propos que chacun m’avait tenu, ça s’était vérifié. CONTINUER

Photo de vacances

On a fait une petite halte sur l’astéroïde K2R. Un de ces astéroïdes effaceur, comme il y en a dans ce coin de la voie cactée où on passe son temps à repriser les voiles.

— On ne bouge plus les enfants. Un joli sourire. La p’tite aboiseau va sortir.

L’aboiseau, c’est comme une abeille en plus gros avec des ailes d’oiseau en plus petit. Elle ensemence les astéroïdes et tout ce qui bouge dans l’espace. On a pris la photo et hop, au moment de rembarquer à bord de notre nef solaire, il manquait un gamin. Bien sûr, ma frohle a commencé à me faire la comédie, comme quoi on n’aurait pas dû s’attarder sur K2R. CONTINUER

Petits et gros bobos

Pssst ! Flash dans l’oeil. Le miroir m’a jeté un regard froid, sans plus ni moins, du coin des lèvres. Pssst ! Je me suis retourné : rien. Derrière moi ça trépasse ; c’est devant que ça se passe. Dans cette image qui appartient au passé, certes très immédiat, mais au passé quand même. Le temps que l’image que j’envoie me revienne et que je l’interprète.

Le vent a fait pivoter la psyché. Elle se prend pour un pendule, tic-tac, qui me projette dans l’avant. L’avant je croyais que c’était quelque chose comme devant. J’entre en arrière temps, les deux minutes qu’il me faut pour enfiler slip de bain (comme on disait) en laine juste pour que ça gratte, chauffe rougisse l’entrecuisse. Les baignades duraient alors.

L’ensemble des composantes du moi, considéré comme partie intégrante dans un tissu de relations affectives, selon monsieur Larousse, donc la psyché, pour faire plus simple, a cessé de se trémousser et de me faire de l’oeil. Que les yeux soient le miroir de l’âme, on ne peut pas dire le contraire, même si parfois on aimerait, comme au petit matin, brossage dents rapide vu le peu qu’il m’en reste, avec les cheveux pareil. La barbe c’est la barbe ! La brosse à reluire sur mes chaussures, je n’y peux rien s’il n’y a plus de souliers, me renverra une image suffisamment floue pour la trouver satisfaisante. CONTINUER

Léo, un psy comme d’autres

Les gens ils sont comme ils sont, raconte ma concierge, « La Philosophe ». C’est ainsi que l’appellent ceux qui s’y connaissent en philosophie, en pinard et qui tiennent la route à la pétanque, avec leur Marcel détendu dans tous les sens pour les maigres et rétrécis au lavage pour les gros, à croire qu’ils se sont échangé leurs maillots de corps petit bateau et grand paquebot. Ma concierge, c’est vrai qu’elle a le sens des réalités, comme tout vrai philosophe. Lorsqu’elle accroche la pancarte qui signale qu’elle est dans l’escalier, elle y est effectivement. Mon copain Léo, lui, quand il dit à sa bergère qu’il va aux champs garder les moutons, ce ne sont que balivernes. Le plus souvent il est au bistro à compter fleurette à une oie blanche ou à baratiner une grosse vache qui meuglera peut-être de plaisir plus tard mais qui, en attendant, se prend pour une tourterelle et roucoule. Mon pote Léo, il est fonctionnaire. Attention, pas bas, ni moyen fonctionnaire, mais haut. Haut fonctionnaire. Enfin c’est ce qu’il raconte, mais moi, je sais aussi bien que lui que c’est du pipeau. En vrai, il est psy. Dans une institution psy. Un cabinet à lui, il avait bien essayé, mais faut pas tout mélanger. Lui il mélangeait tout, et je mâche mes mots. CONTINUER

Hôpital psychiatrique : Fernande

Elle n’est pas la Fernande de Brassens. Elle ne fait bander personne. Sauf un des infirmiers, un garde chiourme, nervi au service des empêcheurs de vivre tel qu’on est.

Son histoire, qui peut devenir la nôtre, est d’une banalité affligeante. Si banale qu’elle n’intéresse qu’une minorité de gens. De ceux qui voient en elle un miroir, de ces miroirs dont les images pourraient appartenir au futur. Fernande est seule. Comme toutes les personnes seules, elle est perdue. Elle s’est perdue. Entre ses rêves de petite fille et les cauchemars des années qui ont suivi.Fernande, je n’ai pas réussi à lui parler. Peut-être parce que je ne connaissais pas son vrai prénom. Peut-être parce que je me la suis complètement inventée. Peut-être parce que je suis son garde-chiourme mais que je ne le sais pas. Peut-être parce que je suis les barreaux de sa cellule… CONTINUER

Mise en abyme – La Vache qui rit

Comme tout le monde, il m’arrive de rêver que je rêve. Et lorsque je fais ce rêve de rêve, il n’est pas rare que je rêve. Pas de n’importe quoi, non : je rêve de rêves. La dernière fois, tout en bout de liste, j’ai rêvé que j’étais une vache. Bizarre, me direz-vous, rêver qu’on est une vache. Moi, je ne vois pas où est le problème, d’autant qu’on sait depuis longtemps que nous sommes tous un peu bisexuels. J’aurais pu rêver que j’étais un taureau, c’est vrai, mais ça n’aurait rien eu à voir. Il faut dire que je n’étais pas n’importe quelle vache, car non seulement j’étais une vache plaisante et enjouée, mais je riais. Je riais sans discontinuer. Tant est si bien que, dans le troupeau, les autres m’avaient appelé la Vache qui rit Revenons à nos moutons. J’étais une vache qui rit, en fait La Vache qui Rit. Sociale, je ne ratais pas une occasion pour faire une petite sortie et je m’étais rendu au Grand Café, Place d’Allier, à Moulins (dans le département de l’Allier, 03) qu’on m’avait recommandé, pas seulement pour les rencontres qu’on y fait, l’accueil chaleureusement convenu et l’honnête restauration locale, mais aussi pour sa superbe ambiance art déco. Sans doute un des plus beaux cafés de par chez nous, m’avait-on assuré. CONTINUER

Accusé de pédophilie

« Hé, les g-g-gars, le Pé, le P, le Pedro, il est dans le journal !»

11h20. L’apéro au Café du Pont. Putain, que je m’avais dit tout fort, et l’apéro, les gars. Pour un peu on laissait passer l’heure. Y’avait de la fumée, on clope presque tous, et c’est ni le patron ni les clients – les clients c’est nous, toute l’équipe–, qu’on va se gêner.

« Z’êtes sourds ou q-q-q-q-quoi ? J’vp style=”text-align:justify;”ous dit q-q-que le Pé-Pedro il est d-d-dans le journal !»

Un de l’équipe du bistro dans le journal, ça s’arrose. Alors on y avait arrosé. Les occasions, c’est pas si souvent que ça arrive.

« Il est d-d-dans l’journal, mais il est d-d-d-d-dans la merde !» nous dit Jojo. Son nom, c’est pas Jojo, c’est Jo. Mais comme il bégaie. «Moi, ce canard, j’me torche avec, et c’est lui qu’est dans la merde, j’vous dis pas.» Il est chié Dédé. Qu’est-ce qu’on s’marre avec lui. « Fais-voir, Jojo, qu’il avait dit en se penchant sur le canard.»

Et il avait lu le titre à haute voix : « Accusé de pédophilie ». Continue qu’on lui avait dit. CONTINUER

Glace à la vanille

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Tu es ici, je te vois. Tu es ici, je ne te vois pas. Tu n’es pas ici, mais je te vois. Ou plutôt t’imagine. Voir sera peut-être pour plus tard, car pour l’instant tu es loin, trop loin. Impossible de remettre la main sur cette fichue longue vue qu’un vendeur de rêves m’a fourguée, un peu chère à mon goût. J’ai des trucs infaillibles pour ne pas m’enrichir. Trop fatigué pour m’assoupir c’est en cherchant un marchand de sable que j’étais tombé sur lui, me fabricant au passage quelques bleus. Je m’en fous, j’aime le bleu. Son étal, pourtant, crevait les yeux. En y repensant maintenant, je prends toute la mesure de ce cadeau : largeur, profondeur et hauteur infinies. En aveugle, des formes nous sont données que nos yeux ne savent voir. Imagination. Aux miroirs qui toujours se fanent, lunettes astronomiques, longues vues à court terme je préfère les glaces. À la vanille, pour peu qu’elle soit bleue. CONTINUER

15 août : Assomption

J’suis rien qu’un impie, que j’me suis dit ce matin. Ce matin, on est le 16 août. J’y savais pas, c’est mon réveil qui cause qui m’y a dit. « Pataouinc, pataouinc. Bajour, bajour, il est tomps de te lever. On est ajourd’hui landi seizoute, et il est dix heures. » Merde que je m’ai dit, je m’ai couché hier qu’on était le 14, et v’là qu’on est le 16. Faire quoi ? Tourniquoter les aiguilles pour y retarder le temps de 24 heures que ça ferait un jour ? Rester au lit et laisser passer 364 jours ? Des conneries, oui ! Je m’ai levé, comme un con. Je suis vraiment trop con mais j’y peux rien puisque plus con que moi, c’est pas moi, mais moins con que moi, c’est encore moins moi. Et c’est là que je m’ai rappelé ce qu’on a éclusé le samedi. Avec Jojo, Dédé et je sais plus les autres. C’est pas tout de suite que ça a venu… CONTINUER

Grenoble, rocade sud. Les rêves d’une fillette.

Saint-Martin d’Hères, U2. L’U2, ici, c’est pas du rock. Surtout sur les bas-côtés lorsque la pluie s’invite, rigoles de boue, de fange, de détritus. Les éboueurs, c’est le vent et la flotte… Ni drôle, ni marrant. L’U2, c’est comme ça qu’on l’appelait à Grenoble. Un poil plus poétique qu’autoroute, voie rapide ou Rocade sud. Grenoble du temps d’avant celui des nanotechnologies ; du Stade des Alpes ; des embouteillages consécutifs à des décisions débiles ; des bâtiments écolo-high-tech –tu vois la contradiction ?– avec centrales photovoltaïques dont on ne saura quoi faire dans 20 ans, des caméras de surveillance aux mains de Bigs Brothers paranoïaques. Grenoble du temps où il faisait bon y vivre même s’il était parfois difficile de boucler les fins de mois ; Grenoble et sa Villeneuve où les utopies prenaient corps, Grenoble d’avant le tout fric et d’avant le vil asservissement à un modernisme sans âme qui, niant les valeurs humaines, déshumanise les gens. Grenoble égoïste. Pas ses habitants, je veux dire pas tous. Grenoble, comme bon nombre de villes. CONTINUER

Grenoble : la police sous haute protection

Aïe nom ti dieu, je m’ai encore fait mal en tombant des nues, que je sais plus combien ça fait de fois. Va falloir que je cesse d’aller rêver là-haut si je veux arrêter de m’faire mal au cul pace que qui c’est qui va s’occuper des choux, hein ? Le fayot, ça va, la tomate aussi, le pois je dis pas, mais les sales bestiaux du chou, c’est pas avec un escabeau qu’on y bouzille, ça non. Une vraie plaie des gypses, le charençon, que je sais même pas pourquoi on y dit. Ce matin, je devisais dans le sac à viande. La bidoche, si tu veux pas qu’elle tourne, faut pas y secouer. Alors c’est le poste qui me réveille, tout doux. Ce putain de réveil avec sa poule à la con qui picore que déjà ça me désensommeille, je te l’ai remisé à la grange. J’en pouvais plus. Je m’ai acheté la radio. Je veux une T.S.F. que j’ai dit au marchand. C’est quoi? qu’il m’a dit. Je sais pas d’où c’est qu’il sort çui-là. CONTINUER

Du nouveau dans la télé-réalité : sécrètes scories

Publié le Le concept Trop pudiques pour ce faire, ne comptez pas sur nous pour le dévoiler totalement, d’autant qu’il n’est que partiellement déposé auprès du STIOUPID (Service Turgescent Imbécile pour l’Odieuxvisuel Urticant Producteur d’Insignes Débilités). Mais en gros, en très très gros, gras et plus adip(n)eux que le bonhomme Michelin, voici, en avant première, de quoi vous faire une idée. Désireux de ne pas déflorer le meilleur, nous vous donnons rendez-vous le 15 août (date éminemment symbolique) pour la première de SÉCRÈTES SCORIES. CONTINUER

First Life

Si vous ne comprenez rien de rien au texte qui suit, consultez l’article « Après Second Life, First Death » .

.Ah les abrutis ! Je parle des journalistes et le battage qu’ils ont fait. Pas un canard qui n’ait pondu son gros titre, sa une, sa dernière avec photos à l’appui –s’il vous plaît–, jusqu’aux journaux sportifs, allez savoir pourquoi, qui ont parlé d’une véritable performance. Itou côté télés, radios, et pire qu’itou sur le oueb où les blogs s’en sont donné à coeur joie d’une seule voix en reprenant en choeur la même info. Avec pour toutes variantes les titres accrocheurs pour les plus pudiques, putassiers pour la plupart, puant la jalousie et pleins de haine pour ceux des magazines spécialisés qui prônent le droit au suicide. Ces derniers, moyennant une participation financière, expédient fournitures et modes d’emploi. Autant dire que c’est d’un sale oeil qu’ils voient débarquer sur le marché une concurrence qui, non seulement casse les prix, mais fournit la marchandise plus vite qu’on ne saurait le dire. CONTINUER

Après Second Life, First Death

Second Life, tout compte fait, surtout avec ce que ça m’a coûté, ça n’est pas plus excitant que First life. Pour ceux qui se seraient égarés dans Second Life ou dans d’autres territoires virtuels et qui en auraient oublié ce qu’est la vie, arrangez-vous pour avoir un accident suffisamment grave ou une maladie pénible pour vous en rappeler, les deux n’étant pas incompatibles. Mais si vous êtes déjà passé par la case grosse tuile et que pouvoir disparaître tranquillement ne vous est plus possible, restez sagement dans Second life ou tentez l’aventure dans Énième life. Second life, c’est un vrai piège à con. Je sais de quoi je parle, puisque j’y suis tombé, séduit par le fait la croyance qu’ici –façon de parler, car dans la réalité virtuelle l’ici et le maintenant sont lettres mortes–, dans ce monde virtuel, belle, riche, intéressante et surtout éternelle est la vie, car on ne se suicide pas dans Second life. Ça n’est pourtant pas faute d’avoir essayé. Avec pour tout résultat pas mieux que si j’avais gratté le tain du miroir de ma salle de bain, ce qui ne rapporte rien d’autre que l’illusion de ne pas être labouré par de nouvelles rides. CONTINUER

Gagner de l’argent à la sueur du front d’autrui

Dans un article « travailler plus pour gagner moins », publié le 25 mai 2010 par Pierre Vaissière qui n’est autre que moi-même, auteur des lignes que vous parcourez pour vous reposer de celles précédentes que vous lûtes insuffisamment hâtivement, ce qui vous porta à une consommation excessive d’Aspirine, j’avais annoncé publier sous peu un article sous le titre alléchant « Gagner son argent à la sueur du front des autres », l’article-même que votre impatience vous fait lire à tout berzingue, au risque de passer à travers les mailles ténues de cet humour d’une rare finesse que je me reconnais. Je l’ai déjà exprimé : on n’est jamais si bien servi que par soi-même, d’autant si le soi en question, se mirant dans un miroir en pied, estime posséder, à défaut d’une bonne fortune que la vie lui a refusé pour des raisons incompréhensibles frisant la déraison… estime posséder, disais-je, un ombilic parfait. « Gagner son argent à la sueur du front des autres », quel programme alléchant ! Mais comment s’y prendre, ou plutôt, comment s’y prendre pour que les autres s’y prennent ? CONTINUER

Canicule ? Comment lutter contre la chaleur

Dedans ou dehors Le premier réflexe pour éviter de soufrir de la chaleur, c’est déviter d’aller à l’extérieur. Et à l’intérieur. La chaleur, sournoise, s’infiltre partout. Vous n’aurez donc, au final, que peu de chance d’y échapper. À l’eau, qui manque cruellement, préférez le vin dont la production est excédentaire. Si vous transpirez à grosses goutes et que vous êtes un pipol patenté, faites appel à la société « Sueur des Autres » . Non seulement on vous tamponnera visage et corps pour éviter que votre sueur ne tache vos vêtements, brûle la moquette et vous fasse chuter suite à un dérapage sur une flaque de sueur et de graisse (la sueur tendant à dissoudre les graisses de la peau) mais vous pourrez en tirer de substantiels revenus. CONTINUER

Histoires de feu

Feu mon mari, feux mes aïeux, feu de Dieu, feu follet, feu ! Avoir le feu, l’avoir aux joues (déformation de l’avoir au joug), aux fesses, aux trousses (lorsque les élèves planquent dans leur trousse la cigarette qu’ils étaient en train de fumer). Faire feu de tout bois (expression usitée chez les chasseurs. Entre tirer sur ce magnifique cerf qui se pavane et ce bouquetin aux cornes agressives, le chasseur, armé d’un fusil à deux coups, envoie l’un et l’autre ad patres). Jeter de l’huile sur le feu, être dans le feu de l’action. Ne pas faire long feu (lorsque, passant de vie à trépas, on met moins de temps pour le faire que pour le dire). CONTINUER

L’eau de là, l’eau de l’au-delà

Publié le 11 juillet 2010

Je m’étais plus ou moins engagé à parler de l’eau de là, d’ici ou d’ailleurs, à condition que je fasse une NDE. Pour qui ne saurait pas ce qu’est une NDE, rien à voir avec l’allergie consécutive à une ingestion d’œufs, qui conduit le stupide gourmand à finir par trouver indigestes les œufs puis à les haïr, vomissant un vociférant «J’ai la haine des œufs» en même temps que l’omelette aux champignons, ces derniers n’y étant pour rien dans ce qui aurait pu être un drame terrible, ayant été mirés un par un par le pharmacien de mon quartier, pour peu que le gourmand en question demeure à deux pas de chez moi, mais ça m’étonnerait, car depuis le temps je l’aurais croisé dans son officine. Rassurons-nous : sans être légion, les pharmacies sont correctement dispatchées sur le territoire pour que personne ne soit forcé de venir consulter mon ami… CONTINUER

Le foot, ça saoule

publié le 26 juin 2010

Le foot, j’avais jamais remarqué, ça me saoule. On a regardé tous les matchs, Jojo et moi. Tous, que je sais même plus combien c’est qu’i y en avait tellement qu’i y en avait. C’était tellement chiant, et pas seulement que des fois, qu’avec Jojo, on a fait notre foot à nous. Les grouillants et leur mère, on les a expédiés vite fait chez qui i voulaient. On a mis la table de ping-pong dans le salon. Un morceau de craie, la cage du hamster d’un côté et celle du piaf de l’autre. On s’en est un peu vu pour les mettre à la bonne dimension, mais ça a fait, mieux que le filet de ping-pong que Jojo, i s’débrouillera avec ma femme pour lui expliquer c’qu’il en a fait. CONTINUER

Histoire d’eau

Publié le 26 juin 2010

L’eau, liquide mouillant bien connu sous nos latitudes, tombe généralement du ciel dans un mouvement précipité qui va du haut vers le bas. Exceptionnellement elle jaillit de la terre dans un mouvement inverse mais qui ne dure que le juste temps qu’il faut à un touriste armé d’un appareil de prises de vues pour mitrailler le geyser responsable de cette anomalie. Parce qu’elle est plus lourde que l’air, aussi vive que le poisson du même nom, que son comportement la pousse à faire méandres et détours en utilisant les pentes naturelles du globe terrestre et surtout en se laissant glisser le long de ce globe ingénieusement éclairé de l’intérieur pour donner au bureau une ambiance très british, l’eau, disais-je, tombe en descendant, ce qui est la moindre des choses lorsqu’on est sensible à la pression atmosphérique.

Apprendre à circuler à gauche

Publié le 30 mai 2010

Je ne pars pas en vacances avant septembre. J’aurais préféré en juillet, mais vu là où je compte me rendre –en gros des pays où, va savoir pourquoi, on vit plus ou moins à l’anglaise, on parle plus ou moins l’anglais et on conduit (façon de parler) plus ou moins à gauche, pour peu qu’on se rappelle qu’on n’est pas en Europe continentale, ni en Amérique du sud, ni au Groenland, Pôle nord, Luxembourg, Lichtenchtein ou tout autre pays civilisé–, une dure préparation m’attend, pour deux raisons autant principales que coulant de source : la première étant que je ne parle pas un mot de cette langue de sauvages; la seconde étant qu’on y est censé conduire à gauche. CONTINUER

Maman

Publié le 29 mai 2010

Parce que je n’ai jamais su qui était vraiment ma mère, je n’ai jamais bien compris qui j’étais. Quand mon père parlait d’elle, il disait « la grosse vache », mais les copains de mon père, lorsqu’ils en parlaient, ils disaient « la grosse cochonne ». Ce qui était sûr, d’après mon père et d’après ses copains, c’est que ma mère était grosse. Mais moi, je la trouvais belle et que ce soit à la fête des mères, à Noël, la Saint-Jean ou la Trinité, je lui disais, pas trop avec les mots, mais avec un dessin où je collais des nouilles, des allumettes et si j’en avais pas, des blattes. Chez nous il y avait toujours des blattes, mais pour les attraper, fallait les surprendre en allumant sans bruit et mine de rien la lumière de la cuisine ou en allant trifouiller vers le moteur, derrière le frigo. CONTINUER

Fête des mères

Publié le 29 mai 2010

Bon an mal an, printemps ou pas, que les poulettes le veuillent ou non, les coqs les prennent. ça féconde ou ça féconde pas, c’est selon le temps qui passe, qui fait ou non trépasser, vivre ou non, petits jaunes grandiront grandiront pas Les coqs c’est rien que des poules mouillées, ignorants tout de la nidification, et ça fait des omelettes autant que des poussins du moment qu’ils peuvent gueuler debout sur le fumier en tas coït coït coït Les poulettes trottoir ou lit douillet se font mettre en cloque en souffrent ou pas, c’est selon chiens ou chiennes qui veillent au bon grain, patauds débonnaires ou molosses pas commodes trop mordus eux-mêmes pour mordre à leur tour n’en avoir pas l’envie… CONTINUER

Travailler plus pour gagner moins

Publié le 25 mai 2010

Le premier que j’ai exercé, c’était fabricant de métiers. Métiers à tisser. Obligé de filer droit, j’avais réussi à tramer tout un réseau de résistants parmi les canuts, à Lyon. Au final je m’étais retrouvé enchaîné dans une geôle qu’un cloporte aurait rechigné à habiter. Après ça a été dans les arts. Métiers d’art, qu’on disait. Tu parles! En, guise d’art, fallait faire le beau auprès des clients, sourire, accepter leur mauvais goût et faire comme s’ils détenaient la vérité esthétique, clamant que le mauvais goût c’est le goût des autres… CONTINUER

Le vent : découverte scientifique

Publié le 25 mai 2010

On vient de l’apprendre : une équipe de chercheurs de l’I.N.F.H. (Institut National de Fabricants d’Hypothèses) a mis en évidence, après on ne sait combien d’années de recherches et même davantage, un phénomène que, dès leur naissance, tous les gamins du monde ont observé depuis longtemps : ce n’est pas le vent qui fait bouger les arbres, mais ce sont les arbres qui font le vent. Qui le font venir, le font souffler et le font déguerpir quand ils en ont assez de le voir s’agiter. Comment s’y prennent-ils ? Tout simplement en agitant leur feuillage, leurs branches, plus rarement leur tronc et exceptionnellement leurs racines… CONTINUER

Le droit de ne pas aimer…

Publié le 20 mai 2010

Je n’aime pas mes parents, je n’aime pas mes enfants et j’estime en avoir le droit. Ni mes parents, ni mes enfants ne sont aimables, alors, pourquoi devrais-je les aimer ? D’ailleurs, si vous les pratiquiez un minimum, vous penseriez comme moi. Vous, bien sûr, vous aimez les vôtres. Ce sont quand même vos parents, ce sont quand même vosCONTINUER enfants. Et pourtant, allez savoir s’ils ne sont pas encore moins aimables que les miens. Aimer quand bien même, aimer quand mal même… Si c’est pas malheureux, que j’ai dit à mon psy. Qui m’a rétorqué –il y a vraiment des gens bizarres– que c’était moi qui étais malheureux, qui le suis encore et que ça ne risquait pas de s’arranger si je continuais ainsi, surtout avec l’âge… CONTINUER

Leçon de français

Publié le 20 mai 2010

J’ai récemment télévisionné une émission sur les risques possibles d’une raréfaction du gaz naturel. Un animateur, cinq invités dont une prout-prout ma chère qui ne cessait de reprendre les fantaisies de langage d’un des interlocuteurs. Pour illustrer au mieux ses propos intelligents, ce dernier –un connaisseur en la matière, ingénieur de surcroît–s’appuyait sur un langage autant fleuri que populaire qui, manifestement, heurtait les tympans sensibles de la bonne dame. CONTINUER

Fête de la Nature

Publié le 16 mai 2010

Chouette, youpi et youp la boum tagada tsoin tsoin. C’est bientôt, mais ça me tarde, nom de dieu, de lui souhaiter sa fête. Le cochon, pas ben content, mais merde, que j’m’ai dit, j’ai quand même pas mis le pinard en perce pour des clopinettes. Je veux pas dire qu’il a gueulé autant que le Dédé, mais c’est tout juste. Bordel de merde, tenez-le , c’te bougre qu’est mal attaché, qui c’est qui y a fait, merde alors, qu’il râlait mon pote Dédé. CONTINUER

Folie ordinaire

Publié le 11 mai 2010

J’ai pris la route, l’ai taillée jusqu’à ce que, ramenée à une portion congrue, je la perde de vue. C’est ainsi que je me suis perdu.

Je me suis posé les fesses sur le rebord d’un trottoir et comme mes goûts en manière d’aventure sont empreints d’une morale rigide, je ne l’ai pas fait. Je me dis parfois que j’aurais tout de même pu essayer. Mais plus fort encore que la morale: la peur. Au ventre et aux fesses. Cependant pas suffisante pour que, prenant mes jambes à mon cou, je me carapate en Transylvanie. Du coup j’ai zoné. Sur place, c’est moins fatigant. Avec ce que je buvais, fumais et pensais, je ne me sentais pas d’en faire davantage, parce que, mine de rien, pour arriver quelque part, il faut y aller, donc faire des efforts. De toute façon, j’avais perdu mon chemin. CONTINUER

Fête du travail

Publié le 1 mai 2010

C’est drôlement bien le 1e mai. Jour chômé, on glande. S’il fait beau on se fait le défilé, sinon on se défile et on passe la journée au bistro avec les copains. Mais s’il fait beau et qu’on défile, ça n’est pas pour ça qu’on ne file pas au bistro dès la manifestation terminée. Je veux dire sitôt (et parfois un peu trop tôt) que les céhèresses ont dispersé la manif pour nous éviter de choper un coup de soleil. Si un brin de jolie fille vend du muguet, je lui en achète. Je cours chez moi en rapporter à ma chérie. CONTINUER

Voyage à Valaskjálf

Publié le 17 avril 2010

En hommage à un sacré personnage que j’aurais aimé connaître davantage.

En voiture! De solides chevaux de labour feront l’affaire. Des qui ne craignent ni les embûches des chemins sans terre du Walhalla, ni les fureurs des pointes acérées du gel, ni celles des sbires de l’incarnation postés en embuscade, jaloux qu’on leur dérobe une vie. S’en foutent de l’âge, s’en foutent des cicatrices gagnées aux combats, celles qui signent les guerriers géants usés d’avoir tant ferraillé. CONTINUER

Chercher

Publié le 12 mars 2010

J’ai cherché du boulot, me suis soumis à des entretiens d’embauche avec des pros des relations humaines –tu parles!– qui semblaient n’être là que pour chercher la petite bête et pour me rappeler, comme à chaque fois, qu’ils me rappelleraient. Connaissant leurs méthodes inquisitrices j’avais pris soin de prendre la porte de sortie pour être certain de la retrouver. J’ai jeté l’ancre dans un bistro que ma tête chercheuse n’a pas eu à chercher. Je venais y chercher un peu d’humanité mais un abruti m’a cherché des noises. CONTINUER

Hallali

Publié le 28 février 2010
Lire d’abord Améthyste épiscopale

Je n’en ai jamais douté, mais il n’est pas le seul. Puis on s’en fout, ça n’est pas le propos. L’apéro a duré plus longtemps que prévu, comme d’habitude, mais on s’y attendait. Du coup, on peut dire qu’il a duré ce qu’il devait durer pour que les saucisses soient brûlées au-delà du 3e degré. J’en souffre pour elles. Cuites archi cuites? Tant mieux. Je déteste. Le propos, c’est la façon dont chacun s’est rué sur le buffet qui a résisté. Les meubles en mélaminé, non seulement ça tient le coup, mais leurs panneaux de particules ont l’avantage de faire suffisamment d’ombre aux aristos de mes deux (qui n’en ont qu’une) pour que la plèbe y trouve son compte. CONTINUER

Améthyste épiscopale

Publié le 25 février 2010

Dimanche matin. Il pleut. Rendez-vous avec mon amoureux, le dernier en date. Croisé ma concierge qui m’apprend (quelle nouvelle!) que l’évêque vient dire la messe à la cathédrale Saint-Machin. Sans ma concierge je ne saurais rien des infos importantes. Les infos locales. Ça tombe dru. Sauvée! Pas par le gong, par les cloches de la cathédrale. Paris vaut bien une messe, rester au sec aussi. L’office a démarré depuis pas mal de temps. La pluie aidée du vent tambourine sur les vitraux de la rosace. Je prie, façon de parler, qu’elle ne dure pas la vie des rats. CONTINUER

Grève des sens ?

Publié le 24 février 2010

14h. Je traînaille en ville. Fait beau, fait doux. Les filles n’ont pas encore remis leurs jupettes, mais on voit dans leurs yeux et dans la façon dont elles déambulent que ça ne devrait pas tarder. Un piaf a démarré la construction de son home sweet home, pas de doute, l’hiver sera demain moribond. Ça devrait me réjouir comme cela me réjouit chaque année à la même période, mais bizarrement et malgré le mercure moins timide qui a sorti la tête de dessous le zéro, ça ne me fait ni chaud ni froid. CONTINUER

Quand je serai mort

Publié le 22 février 2010

Quand je serai mort, j’écrirai. D’abord sur la vie puis, si j’ai bien compris ce que signifie être mort, sur la mort. Je dirai sans doute des bêtises, mais ça ne sera pas nouveau. Je dis « quand je serai mort », mais en fait, je le suis déjà. Comment je m’en suis rendu compte? Je n’en sais rien. Cela m’est venu comme une évidence, comme 2 et 2 ne font jamais que 2 et 2. Plus qu’une simple évidence, une révélation. CONTINUER

J.O.

Publié le 21 février 2010

J’ai préparé mes bagages : col roulé, anorak, canadienne et caban au cas où la météo qui n’en peut plus de faire n’importe quoi nous la joue tempête et embruns; chaussures de ski, de neige et glace pour avoir chaud, plus une paire de palmes empruntées à un académicien qui me devait bien ça*, toujours au cas où la météo fasse des siennes, comme l’autre fois en Italie; plus le reste pour ne pas me retrouver en reste. Profitant des soldes d’hiver, j ‘ai acheté deux billets de 500 € pour pas loin de deux fois rien, ce qui m’a permis de m’offrir un morceau d’avion, en fait juste un siège, pour me rendre à Vancouver. Mon poids ne dépassant pas les 105 kilos réglementaires, je n’ai pas eu à acheter une deuxième place, mais ça aurait pu être limite sans les deux jours de diète que j’ai suivie. CONTINUER

Grippe intestinale

Publié le 17 février 2010

Atteint d’une grippe intestinale terrible j’avais sottement accepté une invitation chez des personnes aussi prout-prout que constipées, contrairement à moi, ce jour-là. Bref, une urgence s’étant fait sentir, dieu merci dans un seul sens du terme, je n’avais pas pris le temps de vérifier le bon approvisionnement en papier hygiénique et, sourire de soulagement aux lèvres, j’avais oeuvré pour effectuer un délestage salutaire. Panne de papier et grand moment de solitude. CONTINUER

Climatologie

Publié le 12 février 2010

Il pleut il mouille, c’est la fête à la grenouille.

En tout cas ça va être sa fête. Ça pourrait être celle des escargots, mais ils vont si lentement qu’il est imposible de les voir si on est rapide et qu’on a l’oeil vif. L’oeil vif, c’est bon pour les grenouilles, par pour ces machins gluants qui se prennent pour des camping-cars et qui font des saletés dégoutantes si on marche dessus. Sans parler du bruit que font les coquilles, nettement moins musical que celui de l’oeuf dur sur le zinc de l’aéroport. Les grenouilles n’ont rien à craindre de moi et je ne comprends absolument pas qu’elles soient prisées à ce point dans les gueuletons du dimanche, en famille avec les grands parents, les tantes et les enfants, arrêtez de crier comme ça on ne s’entend plus et la dame elle va vous disputer et elle va mal nous servir, chérie, tu pourrais t’en occuper. CONTINUER

Saint Valentin

Publié le 10 février 2010

À la Saint Valentin, promis, je serai un amour. Je me lèverai tôt pour aller chercher des croissants. Si je me suis levé très tôt, j’en prendrai des fertiles. En passant, j’achèterai de l’arabica vert que je ferai dorer au soleil d’orient. J’attendrai le temps qu’il faut pour qu’il soit torréfié à coeur. Veiller aux horaires des bus, avions et autres dromadaires. Un chameau fera tout aussi bien l’affaire, sinon un bourricot. Le vélo, non, à cause du sable que les marchands balancent sur les routes pour brouiller les pistes. Me renseigner tout de même s’ils mettent du beurre ou non. Si c’est non, ça m’étonnerait, parce qu’à part le beurre qui n’est pas l’idéal pour les croissants, sauf pour ceux tout beurre où je me demande où est la farine, le mieux, c’est le saindoux. Et pour le saindoux, pas sûr qu’on en trouve sur les étals des marchés locaux. La graisse de chameau, peut-être ? CONTINUER

Virus Hach1Haine1

Publié le 7 février 2010

Le premier que j’ai vu, c’est parce que j’avais trop bu, que j’me suis dit. Vision pas très nette des abus de tout et de n’importe quoi, comme cette gnôle infâme et sans intérêt. Je lui ai balancé le fond de mon godet mais, rapide comme un clerc d’huissier qui n’a pas la moindre envie de se prendre une décharge de chevrotine dans le derrière, il a pris la poudre d’escampette. Pas toute, hélas ! CONTINUER

Joyeux Noël

Publié le 7 février 2010

Pour peu que le verglas se mette de la partie, gare à la glisse sur les pavés. Verre et glace, du pareil au même, plus encore l’hiver venu. Noël. Casse-gueule des pavés du parvis de l’église, casse-col du fémur, casse-couilles des sermons qui sermonnent, morigènent sans plaisir, hormis pour qui les profère, te prient d’être bon, crois-y au paradis si tu veux le paradis, crois-y comme au père Noël, l’autre pomme. Noël, no hell. Juste un peu de haine, discrète, comme celle de laisser errer, désespérance, les coeurs rancis à force de tu crèves de chaud en été, tu te les gèles en hiver, tu te mouilles jusqu’aux os printemps automne. CONTINUER

Le thon rouge

Publié le 6 février 2010

On est monté à bord ; on a appareillé : on a vogué ; on a bourlingué ; on a essuyé des tempêtes ; on a frôlé des icebergs et la catastrophe ; on a vu des phoques et des focs ; on a traversé des bancs de brouillard et l’homme de barre, bourré comme une huître a failli se noyer en voulant s’y asseoir ; on a croisé des croiseurs peints en jaune de la marine chinoise… CONTINUER

Citoyenneté et déchets

Publié le 6 février 2010

J’avais plein de trucs cassés ou devenus inutiles à jeter à la poubelle. Je m’étais fait incendier par les éboueurs : «Les encombrants, on les prend pas, alors vous allez les mettre fissa à la décharge». Éboueur, je n’ai jamais compris pourquoi on les appelle ainsi. Surtout ceux-là qui, en plus de ramasser les ordures, exercent le noble tâche de sapeurs-pompiers. Décharge pour décharge, j’avais décidé de faire un grand ménage. CONTINUER

Bio-Ethique : organes

Publié le 6 février 2010

Georges ! Georges ! Georges c’est mon frère. Pas de réponse. GEORGES ! Maman ! Papa ! Ils sont passés où ? Alors je me mets à gueuler à gorge déployée : PAPA, MAMAN, GEORGES… Des bruits. Ouf ! J’ai eu la frousse de ma vie. C’est eux, ils étaient là.

— Pas vilain, çui-là…
— L’est p’têt ben déjà trop gras, ch’sais pas…
— Et çui-ci, là, le p’tit noiraud ?

Ils sont venus vers moi, m’ont tripoté par en dessous, m’ont traficoté je ne sais quoi avec un truc pointu comme tout qu’ils m’ont planté dans le dos. Après, je ne sais plus bien. Je crois les avoir entendus râler, puis plus rien. C’est le mal de crâne qui me réveille. Parce que je n’en crois pas l’oeil que j’ouvre, j’ouvre le deuxième pour voir si je ne rêve pas. Me pincer? C’est pas sérieux. Vous m’avez bien regardé ? CONTINUER

Désir d’enfant

Publié le 6 février 2010

En manque d’enfant, et l’adoption étant vraiment trop compliquée et aléatoire*, j’avais décidé de m’en offrir un pour Noël. Je me fais toujours un petit cadeau à Noël. L’an dernier, j’ai acheté un chien, comme il y a trois ans. Il m’avait fallu attendre trois ans pour avoir le même modèle dans la même marque, très demandée il est vrai. Le premier, celui d’il y a trois ans, je serais bien infichu de savoir ce que j’en ai fait. J’ai un trou. Le deuxième, j’y ai fait un peu plus attention, mais il n’a pas tenu longtemps longtemps. On m’a critiqué, soit disant que je m’en occupais mal, ce qui est faux. Et à ma décharge, il faut dire que le mode d’emploi était en coréen, avec une traduction bourrée de fautes et incompréhensible. Du charabia, quoi. Mais pour le remboursement : zéro. CONTINUER

Les Tours géantes

Publié le 6 février 2010

Je fais des tours de cartes. Pas des tours de magie, non, des tours de cartes, comme d’autres font des tours de béton, de verre, de ce que vous voulez, c’est pas mon problème. Mais moi je fais des tours de cartes. Les tours de magie, moi je n’y crois pas trop, parce que il n’y a rien de magique. Il faut juste détourner l’attention des spectateurs, et s’ils sont là, c’est bien pour se faire détourner l’attention, avec toutes les difficultés qu’ils ont dans la vie et la tension que ça leur fait. Alors ils viennent au spectacle de magie. Croyez moi, faire de la magie, c’est pas sorcier. CONTINUER