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«Ce que Pierre C.J. Vaissière aurait pu écrire»
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00_ecrira_inactif13/06 – Je suis mort. Cependant…
00_pas_regardants_inactif16/06 – De futures victimes attendent leur tour
00_aurait_pu_actif15/04 – Mon vote aux élections présidentielles
00_retour_chariot_inactif15/04 – Si j’avais…
00_brulot_inactif15/04 – Elections, droit de vote et vertu
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Mon vote aux élections présidentielles

Bientôt les élections. Les présidentielles. Il était temps parce que ça commençait à me manquer sérieusement. Des années sans faire son devoir de citoyen, c’est pas de la rigolade, on peut me croire.
Mais ouf ! c’est parti, et c’est tant mieux.

J’ai acheté tous les bouquins des uns et aussi des autres, suivi tous les meetings, soit directement, soit en y déléguant quelqu’un de confiance. J’ai épluché les programmes, examiné les épluchures au cas où, traîné mes guêtres dans les permanences des candidats. J’ai joint mes potes des renseignements généraux, truffé de micros 11 appartements, 24 résidence secondaires et 5 antichambres ministérielles. Je me suis abonné à 3 journaux, ai fait appel aux services de 2 détectives privés, ai fait un chèque confortable pour le denier du culte en échange de renseignements que me fourguera le confesseur des 2 cathos qui briguent la très haute fonction. J’ai aussi suivi une formation pour déceler dans la gestuelle des prétendants ce qui peut se cacher derrière un discours séduisant. Bref : sans m’étendre, car ce n’est pas le moment de musarder, je me suis senti armé pour le grand jour.
Mais plus tard, et ce n’est pas faute d’avoir mûrement planché et réfléchi, je me suis rendu compte que j’étais infoutu de décider pour qui j’allais voter, peut-être à cause d’un surplus d’informations d’une clarté redoutable.
J’aurais pu me laisser abattre et désespérer. Réagis ! me suis-je dit. Redresse la tête citoyen, montre-toi digne d’être français et fier de cette liberté de vote durement acquise par tes aïeux, nom de dieu !
Je me suis mis au garde-à-vous. J’ai levé les yeux au ciel. Des nuées bleues, blanches et rouges se sont déchirées, laissant apparaître un chœur d’anges coiffés d’un bonnet phrygien. Dès les premières notes de l’hymne national, j’ai su ce que je devais faire.

Je reviens d’avoir couru toutes les boutiques de la région susceptibles d’être achalandées en jeux de hasard, des jeux qui comportent au moins deux dés. À cause de la demande je n’ai trouvé mon bonheur qu’après avoir visité je ne sais combien de boutiques. Mais c’est fait, et je me retrouve avec une jolie paire de dés. 6 + 6 = 12. Il y a 11 candidats. J’attribue le 2 à Machin, le 3 à Truc, le 4 à Bidule, etc. et enfin le 12 à Tartempion. Et le tour est joué.

Je chauffe les dés, les rode en les faisant rouler à tout va. Il est temps de faire mon choix. Je me concentre, respire un grand coup et les jette à la volée. La volonté divine a parlé : nul ne pourra critiquer mon choix.

Vive la France !

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Mes voeux de p’tits bonheurs

Tous mes vœux de liberté, égalité, fraternité.

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Mais où ai-je la tête ? J’allais oublier la paix.

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Je suis pessimiste ? Un peu que je le suis, car comment ne pas l’être si on est un rien réaliste.
J’en rajoute un tantinet ? On verra. RV sur les radios, chaînes d’infos, presse et autres médias.
Ceci dit, et parce que j’espère m’être mis le doigt dans l’œil, recevez tous mes meilleurs vœux de p’tits bonheurs.

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Egalité des sexes, et plus

Je suis pour l’égalité des sexes. Je parle pour les hommes. 12 cm de longueur en érection, 7,5 cm au repos. La chirurgie a suffisamment fait de progrès pour que ce soit jouable. Et que vous pensiez ou non que je j’ai pris le mien pour référence, c’est comme ça et pas autrement. Une égalité obligatoire. Pour les femmes, j’y réfléchis.

Quand cela sera fait, je lancerai une campagne pour l’égalité des chances. Une égalité tout aussi obligatoire. Histoire d’arrondir leurs fins de mois, les députés joueront le jeu et la loi passera, n’en doutez pas. Contact est d’ores et déjà pris avec les lobbyistes concernés et les enveloppes kraft sont prêtes.

Il sera alors temps que je m’occupe du QI. Que je fixe par avance à 90, comme la vitesse maxi autorisée sur les routes. La neurochirurgie est au top, ça ne posera pas de problème. C’est mon propre score ? C’est vrai, et je n’en disconviens pas, mais si vous avez un con pour président, et croyez-moi, ça n’est pas une nouveauté, c’est que vous l’êtes tout autant que lui.
Oui, tous les citoyens de ce pays seront cons, et alors ? Vous croyez vraiment que ça changera quelque chose ? Vous imaginez quoi ? On sera tous cons, mais égaux.

Plus tard on s’occupera de l’égalité de taille et de poids : 160cm pour 60 kg.  Ça fera faire des économies, tous les secteurs en bénéficieront : logements, stations d’épuration, stationnement, pompes funèbres, et on n’entendra plus râler à cause des barres trop hautes ou trop basse dans les transports en commun.

Après, on verra. La route qui mène vers l’égalité sera longue, mais lumineuse. Le temps venu, on verra ce qu’on peut faire côté fraternité et liberté… obligatoires et égales pour tous.

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Que sera ma prochaine réincarnation ?

Si j’aurais su, j’aurais pas demandé à être une dinde pour cette incarnation. Ni oie, ni canard, ni saumon, ni même huître ou escargot. Marron, c’est tout juste. Pour me retrouver coincé dans une dinde ? Cardon ? Les trucs à côtes, avec les fils qui se mettent entre les dents, non merci. Caviar ? Y’a pire, m’est avis. Surtout question décorum, du genre à rendre baba.
Une fois j’avais fait caviar. J’avais demandé œuf de poulette (j’en avais repéré une fringante et tout…), mais cette andouille avait avorté sous prétexte que… Du coup, comme il fallait me caser puisque le temps de ma réincarnation était venu, on m’avait trouvé une esturgeonne. Excepté le mal de rivière, comme le mal de mer, mais en pire, et la mise en boîte où les frangins et frangines se gaussaient de mon allure parce que je n’étais pas tout à fait fini, ça n’avait pas été si mal. Puis parce que c’est dans l’ordre des choses il m’avait bien fallu trépasser. C’est obligatoire, on n’y coupe pas, on n’a pas le choix, c’est comme ça.
Aspiré par une pure énergie je m’étais retrouvée à tournicoter à tout berzingue dans le fameux tunnel que tout le monde connaît, sauf qu’il était sombre et un rien gluant. Avec au bout la fameuse lueur et le sentiment ineffable de je ne sais quoi puisque c’est ineffable.
Une lueur si diaphane qu’elle en était transparente au point qu’on eut dit de l’eau ou qu’un taiseux l’eut pensée telle. Un instant j’avais craint devoir me retrouver dans le merdier d’un quelconque cabzingue.  J’avais entendu un plouf amorti et m’étais réveillée œuf. Œuf de dinde, soit disant que j’en avais exprimé le souhait à mon confesseur, m’est avis un escroc en cheville avec une multinationale étroitement liée aux industries agroalimentaires dont le tiers du chiffre d’affaire, c’est connu, se fait à l’occasion des fêtes de fin d’année.
Bref, le temps de me préparer à dire ouf c’est fini, je me suis retrouvée à me geler les cuisses dans un congélateur. Dieu merci, ce n’était pas un inconnu puisque nous avions vécu un temps ensemble dans un immeuble de luxe de la société Petrossian, certes serrées comme des sardines, mais en toute sécurité.
Ces retrouvailles chaleureuses ne durèrent que le temps qu’il me fallut pour choper une pneumonie. Qui m’emporta.
En cet instant je suis en attente quelque part dans les limbes à attendre ma nouvelle affectation. Je prie tout ce que je peux pour n’être ni gouttes nasales,  ni anti-inflammatoire, ni surtout vaccin, que ça manquerait de volontaires, tu m’étonnes ! Non ; si j’avais le choix, je me ferais virus. Un virus balèze qui aurait avec assez d’estomac pour rendre visite à quelques fieffés salopards.

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Ma commande au père Noël

Voilà ma commande pour Noël que j’ai faite au père du même pour la fête pareille aussi, et qu’il se défile pas comme l’an dernier, le salopiot, sous prétexte que ses rennes avaient crevé, c’te blague, avec leurs sabots neige tout neuf !

Pour commencer, je veux qu’il se pointe à fond de ballons sur son skiluge en faisant péter ses gyrophares et sa sono. Oh oh oh, qu’il dira, c’est moi que v’là, au cas où on l’ait pas reconnu. Avant il aura envoyé ses nains jardiniers couper les perce-neige que le pépé se casse pas la margoulette comme l’an dernier, qu’on avait passé la messe de minuit à prier exprès, sauf que ça avait pas marché et que le vieux grigou il a toujours pas passé l’arme à gauche, comme quoi le bon dieu, c’est des balivernes. Rênes ou pas, pour ce que ça lui sert à cause que ses bestiaux ils en font qu’à leur tête de mule, qu’il se les laisse au garage, le père Noël. Le crottin de bourrin passe encore, mais çui de renne, merci !

Ma commande ? On se calme, ça vient.
D’abord, à cause que je dois passer le certificat d’études, je veux les sujets, et qu’il oublie pas çui en histoire que va savoir s’ils nous ont pas concocté un truc sur la Syrie comme l’an dernier que j’avais eu tout faux à cause que j’avais pas su calculer le nombre de stères de bois qu’il fallait pour fabriquer les cercueils. Pas que je sois mauvais en calcul, mais entre le nombre de morts qui augmente sans arrêt et le nombre de pins d’Alep qu’arrête pas de diminuer, je m’y prends comment ? Y’a le calcul aussi. Les problèmes de robinets qui fuient, je m’en sortirai. C’est pas compliqué : je coupe l’eau, et basta. Suffit que je sache où se trouve la vanne d’alimentation ou le robinet s’il n’y a pas de vanne, et i’m semble qu’il n’y en a pas. Maintenant si c’est un truc rapport aux élections, genre pourcentages et tout le tintouin, je suis même pas sûr qu’il ait une solution, le père Noël. Les autres matières, je verrai bien, je suis pas plus cancre que d’autres et au moins je sais combien coûtent un paquet de clopes, une contredanse et un vol à la tire. Le prix du ticket de métro, en brousse, on s’en contrefout.

Pour le culturel, je veux une trompette et les paroles de la chanson qui dit « Ah r’joue moi-z’en d’la trompette ». S’il l’a pas en stock, « Cause toujours tu m’intéresses » fera l’affaire.
Les temps sont difficiles, j’invente rien, et c’est pas toutes les nuits que je trouve facilement le sommeil. Il me faut tous les bouquins que les présidentiables ont pondu.
Pour ce qui est des films, je suis plutôt branché trucs légers, du genre Quand la scierie déraille – Bruit de bottes aux frontières –  Le Gros Ali menteur l’Agroalimentaire – Comment des cons ont laissé le pouvoir à d’autres cons – Terrorisme et tiroir-caisse – L’Inter plus ou moins net –  Quand les femmes et autres minorités l’auront profond.

Indispensable : la pitance. Je veux mes cinq fruits et légumes par jour jusqu’à Noël prochain ainsi que « mes amis pour la vie », je veux dire mes produits laitiers quotidiens.
Côté relations, si jamais le vieux barbu a encore des amis, ce qui m’étonnerait mais on sait jamais, j’aime autant qu’il se les garde, mais s’il essayait de me les fourguer, je ne réponds de rien. J’ai les amis qu’il me faut : un rouleau de fil de fer barbelé, des bottes à clous, une Kalachnikov, un lot de grenades, deux trois Exocets et le nécessaire pour tenir un siège. Une fois qu’il m’aura fait le plein de munitions. Une machette ? Pourquoi pas.

C’est pas que je tienne particulièrement aux jeux de société, mais c’est pour les gosses des voisins, question d’éducation. Ils adorent les jeux de stratégie où pour gagner faut écraser les autres. Y’a un jeu, j’ai pas tout compris, je crois que ça s’appelle Il raque – Il rend, ou ça y ressemble. On est le chef d’état d’un grand pays, une démocratie, et le but est de se faire taper sur la gueule des ennemis héréditaires qui ont oublié pourquoi ils étaient ennemis, mais on leur rappelle. Ça mêle des histoires de gros sous, de religion et de plein d’autres conflits idiots comme il y avait eu par chez nous entre cathos bon teint et parpaillots au teint si heureux cireux. Sauf que dans ce jeu, c’est pas des chrétiens qui se foutent sur la gueule, pas cons ! Mais paraîtrait qu’au cas où ce jeu aurait du succès, une version côté Europe de l’ouest serait déjà sous presse. Mais Dieu reconnaîtra les siens, ben tiens !

Au gros de mes cadeaux, maintenant, gentil père Noël : les gadgets technologiques connectés super intelligents, qu’en plus ils tiennent pas beaucoup de place dans ta hotte de sept lieux  vieux qui courbe l’échine sous le poids de la vieillerie. Note bien : Je veux un aïl-faune pour faire des selfies, photographier ce que je mange et me faire racketter ; un ordi portable pour m’énerver avec les virus et me faire blouser ; une tablette pour me faire empapaouter et prendre des photos artistiques ; une puce dans le cul pour que mon toubib soit au courant de mon état de santé intestinal (je lui enverrai des selfies de mon anale anatomie) et une autre dans le crâne pour qu’il se donne d’excellentes raisons pour me faire interner dans un hache-pet. Je veux un frigo hyper super finaud qui gère le stock de mes cinq légumes et produits laitiers quotidiens. J’exige une poupée gonflable avec fonctions déconnectables, notamment la parole.

Côté affectif, je l’ai dit, je suis pourvu questions amitiés. Mais question gosses, avec ceux que j’ai usés, c’est le désert. Aussi je te prierai, cher papa Noël, de mettre deux petits moricauds dans mes petits souliers à défaut de petits morveux orphelins d’Europe de l’est. Mais pitié, pas des chiards à qui faut encore mettre des couches, mais un petit costaud qui rechigne pas à la tâche pour le ch’tiot et un joli brin de fille qui rechigne pas à la besogne pour la gamine.
Voilà, je crois que c’est tout.
La clé est sous le paillasson, la gnôle où tu sais.

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Alerte !

J’ai un nouveau job : lanceur d’alerte. Je viens de monter ma propre boîte d’auto-entrepreneur. Ou auto-entourloupeur, à cause de ce statut où on se rend vite compte qu’on s’entourloupe plus soi-même qu’on entourloupe les autres, mais enfin…
Ne me reste plus qu’à dénicher des alertes, ce qui ne doit pas être très compliqué. Entendu dire qu’une boutique à l’angle de la rue en vendrait des vertes et des pas mûres, des pas piquées des hannetons et des pires que ça.
M’sieur le marchand, je demande au boutiquier, vous auriez quoi en stock ? En promo si possible. Je démarre, vous comprenez.
Le mec m’en sort une. Du foutage de gueule ! C’est une alerte d’occase, et à voir son état, elle a dû faire les beaux jours d’autres lanceurs d’alertes. Il s’agit d’un kit qui comprend l’alerte proprement dite plus le lanceur, une bécane dont la technologie doit dater de Mathusalem. Un riblon !
Je lui dis que ça ne peut pas faire, qu’il me prend pour un naze ou, va savoir, pour un migrant. D’un côté je comprends : je suis nippé à l’as de pique, mal rasé, mal coiffé (je n’ai pas de mal, je suis chauve), mes pompes n’ont connu d’autre pompe que celle du jour de mes premières amourettes auxquelles un ami fin gourmet m’avait fait goûter dans un restaurant gastronomique aux tarifs astronomiques. De l’autre côté… Il n’y a pas d’autre côté.
Je veux une alerte en bon état, je lui dis, qu’elle date d’hier ou de demain, je m’en contre-fiche, mais je ne veux pas de la daube.
Vous avez une licence ? il me demande. En bonne et due forme, il ajoute.
Je lui sors celle que m’a remis la préfecture contre quelques billets avec plusieurs zéros derrière un 9, sans reçu. Il l’examine, se marre, m’entraîne vers un rayon poussiéreux.
C’est là tout ce à quoi vous avez droit. Décret 42 NZ 18/ 20-20. C’est comme ça et pas autrement.
Bref, des alertes usées jusqu’à la corde et avec lesquelles il ne faut pas compter faire le moindre buzz.

Je tourne les talons, me fais la paire.
En refermant la porte derrière moi d’un coup de tatane énervé je l’entends dire à sa caissière : D’toute façon l’a pas les reins assez solides pour ce boulot. Mais je préviens qui de droit, parce qu’avec la concurrence, on sait jamais.

C’est en m’en retournant à ma piaule que je me rends compte qu’on me suit. Je me dérobe derrière une porte cochère trouvée en remontant la piste qu’un canasson a tracée à grandes louchées de crottin. J’alpague mon suiveur, lui ôte son masque. C’est un de mes anges gardiens, le meilleur, que j’ai formé moi-même. J’ai ce qu’il te faut, me dit-il en plaquant ses ailes sur un des murs. Depuis 2020 et l’instauration des dictatures mal éclairées au gaz d’importation des pays de l’Est, les oreilles y ont fleuri.

C’est là, me dit-il en m’indiquant une porte. Un pannonceau annonce : « Ce n’est pas là », une finasserie pour détourner l’attention des services rattachés au ministère de l’ordre moral.
Nous frappons à l’huis. Nous entrons. Posés sur un comptoir en carton recyclé à partir d’emballages de bicyclettes (les seuls véhicules désormais autorisés en ville), plusieurs kits d’alertes semblent nous tendre les bras. J’en saisis un au hasard, l’ouvre et déballe. C’est une alerte rouge cerise avec noyau atomique à lanceur pneumatique à ressorts. Un lance-merde pour les anciens dans le métier. C’est le genre d’alerte dont tout possesseur de la moindre parcelle de pouvoir sur autrui, crapule à la solde du gouvernement, fonctionnaire des services sociaux, élus que trop de pots de vin ont mouillés jusqu’à l’os ont tout intérêt à se méfier : la notice est claire. Comme le sont aussi les avertissements techniques et les risques légaux encourus par le déclencheur.
Exactement ce qu’il me faut. Une poignée de mains pour tout document prouve, si besoin, que jamais je n’ai mis les pieds en ce lieu. Conséquemment, il ne pourra m’être demandé aucune preuve d’un non achat d’alerte.
Parce qu’aujourd’hui claviers, microphones, écrans, stylos, air que l’on respire et ouatères sont pourvus d’oreilles, je n’en dirai pas davantage sur ce que provoque réellement mon lance-merde dont je réserve la primeur au marchand qui m’a pris pour un naze, le con !

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Terroriste

On ne se fabrique pas tout seul. Et on ne se fabrique pas en un ou deux jours.
Moi, on m’a fait terroriste, peut-être parce que chez moi, là où je vis, le boulot a été un peu bâclé, mais je ne me rappelle pas qu’on m’ait demandé mon avis, et à vrai dire, je n’avais jamais rêvé d’être terroriste. D’ailleurs, j’aurais bien été infoutu de comprendre en quoi ça consistait exactement, de faire terroriste. Quand je dis le boulot, c’est de l’éducation dont je parle, l’éducation, l’instruction et le milieu où j’ai poussé.
Comme la plupart de mes petits camarades, c’était plutôt pompier, pilote, mécanicien, footballeur, ou docteur que je m’imaginais être un jour. Même gendarme. Bref, un métier où on voit bien ce qu’on fait, surtout si on porte un uniforme ou un costume. Je voulais aussi être papa. C’est pas un métier, papa, se marraient les plus grands.
Gamin, on voit assez vite l’intérêt qu’il y a à être apprécié, respecté, aimé et même envié parce qu’on a une belle maison, une belle bagnole et une gentille femme. Et on sait bien qu’avoir un métier ça sert à ça et aussi aux autres, comme quand on est boulanger ou facteur ou n’importe quoi d’autre, comme policier, par exemple, que ça m’aurait bien plu. Ou même épicier pour toujours avoir de quoi manger et que les gens ils nous disent bonjour et nous on leur répond pareil.

Bon. Je ne sais pas comment ça s’est fait, mais c’est comme ça, on m’a fait terroriste, et du coup je me suis retrouvé à être terroriste. Au début ça m’a fait tout drôle, puis je me suis dit que ça ou autre chose…  Mais autre chose, c’était pas possible, puisque la vie m’a façonné pour être terroriste. Et franchement, ça ne m’amuse pas plus que ça, parce que passés les débuts un peu exaltants et entendus mille fois les mêmes blablas sur la bravoure, la résistance, l’héroïsme, les desseins de dieu et le destin lumineux qui m’attend, je n’en ferais pas une maladie si je devais mourir.

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La paix sur Terre, enfin !

Voilà, c’est fait. Le Protocole Universel de Défense Unitaire pour la Cessation des Conflits a été approuvé. Enfin.
Il nous a fallu plancher une nuit entière avec un tas de chefs d’états, un paquet de hauts responsables aux sommets du pouvoir ; une pléthore de philosophes (dont la célébrissime Béa Shell) ; une kyrielle de sommités religieuses connectées à Dieu (le Père) et à son fiston ; d’habiles petites mains pour en découdre avec les fauteurs de guerre ; des femmes de ménage, notamment lusitaniennes pour le grand nettoyage ; des sociologues, psychologues et pneumologues qui ne manquent pas d’air ; des conducteurs de train expérimentés plus des wagons de penseurs et moi-même. Nous avons bien failli en venir aux mains, mais finalement nous sommes tombés d’accord : la fabrication et la vente d’armes sont désormais interdites sur terre.
Au feu les machettes, cutters, canifs, couteaux, haches, masses d’arme, sagaies, lances, fléchettes, sarbacanes, boomerangs, propulseurs, glaives, sabres, épées, cimeterres, arcs, arbalètes. À la casse les tromblons, fusils, revolvers, pistolets, armes à feu automatiques, lances roquettes, bombardes, missiles, grenades, gaz moutarde, bombes, lance-flammes, mortiers, frondes, lance-pierres et battes de base-ball : toute arme sera passée au pilon et fondue si elle est en métal. Et voilà tout.
Plus d’armes, plus de guerres. Plus de guerre, la paix. Une loi a été votée à l’unanimité après qu’on eut viré manu-militari quelques contradicteurs stupides qui objectaient que ce PUDUC ne serait certainement pas au goût de tout le monde chez certains pacifistes historiques hystériques comme chez les marchands d’armes.
Nous ne sommes pas de doux rêveurs, aussi une commission de contrôle a-t-elle été mise en place. Forte d’un nombre important de soldats aguerris armés jusqu’aux dents et de policiers intransigeants, scrupuleux et d’une moralité sans faille, sa mission consiste à
s’assurer de la bonne observance de cette loi universelle en usant de tous les moyens techniques dont elle dispose, dont les stocks d’armes confisqués.
Tout contrevenant, fabricant ou négociant, sera purement et simplement éliminé sur le champ ou dans un stade en zone non rurale. Les administrations locales pourront réquisitionner tout champ, tout stade ou tout lieu se prêtant à l’éradication des
contrevenants. Les établissements scolaires seront utilisables pendant les périodes de vacances.
Indonésiens, Afghans, Irakiens, Syriens, Égyptiens, Libyens, Maliens, Congolais, Soudanais, Yéménites, Saoudiens, Tchétchènes, Ukrainiens, Birmans, Colombiens, Turkmènes, Kirghises, Ouzbeks, Pakistanais, Turcs, Tchadiens, Nigériens, Algériens, Marocains, Tunisiens, Mauritaniens, Éthiopiens, Kenyans, Tanzaniens, Angolais, Philippins, Malaisiens, Laotiens, Viêtnamiens, Péruviens, Indiens, Somaliens, Mexicains, Centrafricains, Russes, Kurdes, Palestiniens, Israëliens… réjouissez-vous !
Et remerciez les responsables éclairés des nations libres et démocratiques qui ont signé ce protocole et promulgué la loi qui vous garantira le calme, la tranquillité, la paix et la félicité.

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Après une longue absence…

…je reviens.
J’ai écrit 6 bouquins qui ont été publiés en juillet. Je les présente ici et dans un salon local de Haut-Savoie (France), à Faverges, près d’Annecy, ce dimanche 28 août. Il s’agit de la 15e Biennale du Livre savoyard. J’y convie chacun, chacune, quiconque et les autres à venir m’y saluer, m’y féliciter, m’y offrir un verre et à applaudir mes louables efforts pour relever le niveau des productions littéraires de la rentrée.

Sinon, et c’est le vrai objet de cet article, ce blog et les autres en sommeil pendant quelques mois vont reprendre du service. Dès le mois de septembre, si le gouvernement n’a pas la mauvaise idée de le remplacer par un autre qui ne serait même pas de saison.

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Un calendrier pour un temps de bonheurs

2015 est moribonde. Fragilisée par un dernier trimestre pas plus facile à vivre que les autres, voire pire, 2015 ne devrait pas passer l’hiver. 2016 serait sur le point de lui succéder. Dans ce cas, compte tenu de l’état lamentable de 2015 qui, manifestement, n’a plus toute sa tête, pourquoi 2016 ne lui succéderait-elle pas avant  l’échéance fatidique bêtement imposée par un calendrier dont on peut, à juste titre, s’interroger sur le bien fondé ? Certes la tradition voudrait qu’on attende sagement, mais est-ce sagesse que courir le risque d’être sous la coupe d’une année sénile qui n’en peut plus d’usure et dont les décisions pourraient s’avérer ineptes, voire dangereuses.
2016 d’ores et déjà aux commandes, c’est l’assurance de cesser d’encore perdre du temps dans une année qui s’éternise, année que l’on peut, en passant, qualifier de pourrie. C’est aussi la garantie de faire la fête plus vite que prévu, ce qui n’est pas une mauvaise chose si on pense qu’à chaque instant un mauvais coup du destin peut nous ôter la vie. Aurions-nous le cœur à rendre le dernier souffle pleins du regret de n’avoir point festoyé sous prétexte de l’observance obstinée d’un ordonnancement calendaire dont le sens, avant même d’avoir franchi les confins de notre système solaire, n’a pas de raison d’être.
2015 la pessimiste et 2016 l’optimiste pourraient-elles gouverner de concert ? Chacune ayant ses propres prérogatives et fonctions d’égales importances, ainsi que des émoluments de même valeur de façon à ne privilégier ni l’une, ni l’autre ?
Ou ne pourraient-elles pas s’en tenir à une cohabitation où le destin distribuerait les rôles, le principal et le secondaire ? Un pile ou face, un tirage à la courte paille ou une simple comptine satisferaient chacune des deux années, n’en doutons pas. Mais l’entente cordiale souhaitée résisterait-elle aux appétits de 2016, la plus jeune ? Et si celle-ci prenait de l’ascendant sur son aînée, cette dernière  ne lui mettrait-elle pas des bâtons dans les roues ? Au final, le risque qu’elles se déchirent n’est-il pas trop grand pour le courir ?
Bien sûr, rien n’empêcherait que les deux années s’entendent comme larrons en foire. Dans ce cas, unies par une amitié indéfectible, et l’union faisant la force, le couple assuré de sa puissance ne se comporterait-il pas en potentat ?

Et si, plutôt que de nous laisser mener par le bout du nez par les calendriers qui se succèdent, passant comme ici de 2015 à 2016, nous prenions notre destin en main ?
Pour ma part, c’est fait. J’ai extrait la meilleure année de tous mes calendriers, celle qui me fut le plus profitable en toutes choses. 1944, l’année de ma conception. Parmi les calendriers que le facteur avait présentés à ma mère, celle-ci en avait choisi un avec un chat. Un dessin de chat, les photos, en cette période, étant moins courantes que les tickets de rationnement. Le seul chat parmi tous les calendriers que j’ai soigneusement conservés, qui vont de 1936 jusqu’à 2016.
Une année de bonheur, m’avait toujours dit ma mère.

Je l’ai dépoussiéré, ai gommé du mieux que j’ai pu les jours un peu sombres, ai rafraîchi aux crayons de couleur les jours heureux et souligné ceux de bonheur. Il fera pour 2016, pour 2017, pour 2018, pour 2019, 2020, 2021, 2022,  2023, 24, 25, 26, 27, 28 et pour aussi loin que j’irai.

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Les pères Noël sont-ils un danger ? Oui !

Les fêtes de Noël et du Jour de l’an se pointent comme pointe le soleil au petit jour qu’il fait naître. Les pères Noël vont envahir nos trottoirs et arpenter le parvis des grands magasins. Encore de nombreuses fois, de malheureuses victimes –bambines et bambins–, vont être la cible de pédophiles qui cachent leur vice honteux sous de vilains manteaux rouges élimés et derrière une barbe pouilleuse qu’une bave acide chargée de miasmes alcoolisés a jaunie. Il faut le savoir : les pères Noël boivent, et pas que du petit lait.
pere_noel_dangerHélas ! et même si cela semble impensable, il y a pire. Sournoisement tapis dans l’ombre des portes cochères et dans celle des bouches de métro, mains dissimulées dans leur manteau qu’un œil attentif reconnaîtrait comme étant des burnous ou des djellabas, d’autres pères Noël venus du Levant attendent l’instant favorable pour exécuter leurs basses œuvres. Ne nous y trompons pas : les mouvements de sac et de ressac qui agitent les plis de feutrine rouge de mauvaise qualité sans doute quérie –on ne sait comment– dans une de ces stupides enseignes  de loisirs créatifs… ces mouvements, disais-je, ne doivent rien à la libido qu’on trouve chez les pères Noël de chez nous, mais à ces mouvements de va et vient fiévreux qui surviennent quand on arme une Kalachnikov. Sorties de l’ombre mensongère, leurs barbes, qu’on aurait souhaitées être du même blanc sale que celles des vrais pères Noël, paraissent sous la lumière crue de la vérité : elles sont noires comme la nuit.
Fillettes et garçonnets, tremblez. Parents imbéciles et inconscients, dégainez vos tablettes et vos i-pad :  les meilleurs clichés vaudront de l’or.

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Extrême droite ou pas, je suis gagnant

Le Rivarol, je demande au gars qui tient le bouiboui bar-tabac-presse à l’angle de la rue Jeanne d’Arc et du boulevard Charles Martel. Une minute, me lance-t-il, pas rapide pour quelqu’un qui fait dans la presse.
Y’en a plus, il me dit, on a dû tout y vendre. Je chope le Paris Soir qui traîne sur la table d’à côté. C’est idiot, c’est çui de la veille, ça peut pas en être autrement. Tant pis, je lui dis, Au Pilori fera l’affaire.
J’attends. Une éternité.
J’ai plus que ça, il me dit en brandissant un Minute que je lui arrache de la main. L’intérêt, avec ce canard, c’est qu’on ne perd pas son temps. Mon petit noir servi, je suis au jus.
Youpin ! Youpi ! titre la une. On a gagné. La gauche et la droite l’ont dans le fion, on est les meilleurs, et ça n’est qu’un début.
Ça se félicite dans le canard, ça se congratule, ça se goberge, ça fanfaronne, ça se bleu-blanc-rouge, ça s’applaudit à se péter les phalanges. Ouf ! que j’me dis en expirant un grand coup, on est sauvés. Ça a un avant goût de mai 81, aux présidentielles. L’espoir renaît.
La une, c’est pas le tout. Alors je regarde dans le détail. Je cherche qui je connais, qui je ne connais pas parmi les heureux zélus. Par ordre alphabétique, ça m’aurait facilité la tâche. Aucune tête d’affiche ne se détache. Pas de Brasillach, pas plus de Barrès que de Drieu La Rochelle. Rien à Doriot, pas plus qu’à Morand. Le Céline déniché s’avère n’être qu’une Céline, le Vignancour n’est pas un Tixier, et le La Rochelle a perdu son Drieu. Le seul Daudet est un alphonse, rien à voir avec Léon, aucun intérêt.  Va falloir que je fraye d’un peu plus près avec ce nouveau beau monde sorti des urnes si je veux mener à bien ma politique à moi. Puis changer de fréquentations. Entre le Parti Populaire Français, La Cagoule, Occident et l’OAS ou ce qui  en reste, et il y en a, je devrais pouvoir me faire d’utiles relations.
En prévision des résultats électoraux, j’ai fait venir du Bengladesh d’une colonie un wagon de rouleaux de tissu, de la popeline, du drap, de la serge, plus du matelassé ; doublé de kevlar, ça se vend bien. Du pas cher, la moitié brun cramoisi, l’autre moitié noir de suie. Plus quelques pièces d’une cotonnade blanche. Le marron, c’est pour les nouveaux maîtres ; le noir pour ceux, venus de loin, qui voudront les déloger. La clientèle est toute trouvée, ne manquent plus que les intermédiaires. Les enveloppes kraft, ça fait des frais, mais plus on en distribue, plus ça rapporte. Aussi, nul souci de ce côté. Garantie de me faire mon beurre, j’ai racheté la chaîne de distribution «Au Bon Beurre». Les enseignes sont prêtes : texte blanc sur fond marron encerclé cerclé encerclé de noir. Hommage à une vraie citoyenne dont la France peut être fière, deux spots éclairent les lettres B. Quoiqu’il advienne, je suis paré.
Une fiesta de tous les diables se prépare, où ça va torgnoler et danser le rigodon au son de sacrés feux d’artifices.
Hosanna !

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Schizophrène

Il y a deux types de schizophrènes : les grands, que ça ne gêne pas de mesurer plus de 1,85m, et les autres, les plus dangereux, à cause qu’on ne les voit pas venir, même si on mesure à juste titre (si on n’est pas grand) qu’on n’est pas plus grand qu’eux, et des fois pire. C’est en tout cas ce que les gens croient. Moi, je dis que c’est des conneries.
Les schizophrènes, je sais ce que c’est. Il y en a de deux sortes : les verticaux et les horizontaux, les moins dangereux, à cause de leur mobilité réduite qui limite leurs faits et gestes. Les verticaux on les reconnait facilement à cause qu’ils ressemblent un peu à monsieur tout le monde, sauf si c’est des femmes, en moins gros, c’est normal puisqu’ils sont coupés en deux de haut en bas. Les horizontaux, ça n’est pas compliqué à voir qu’ils le sont, déjà parce qu’ils ne ressemblent pas aux verticaux, et ensuite parce qu’ils se baladent toujours en fauteuil roulant ou sur une planche à roulettes, un fer à repasser dans chaque main, du moins en ce qui concerne les shizophrènes horizontaux du haut qui ont une tête, un tronc et des bras. Ceux du bas ne vivent pas assez longtemps, raison pour laquelle on en voit qu’exceptionnellement, et ça n’est pas plus mal pour les enfants à qui ça pourrait faire peur.
Y’a des docteurs qui affirment que chacun a son schizophrène tout comme chaque nazi avait son juif. Je ne sais pas si c’est vrai pour tout le monde, mais en tout cas c’est vrai pour les schizophrènes verticaux et même pour des gens normaux comme moi qui suis normal, même si des fois j’entends dire de moi, en catimini, que je ne suis pas quelqu’un d’ordinaire.
Mon schizophrène à moi, c’est sur Internet que j’ai su qu’il existait. Un jour où je tapais mon nom, je ne sais plus si c’était en guise de représailles ou tout bonnement pour le mater, afin qu’on ne dise pas de moi que je cherche à briller.
Pierre Vaissiére, je tape. Avec un accent sur le troisième E en partant de la fin, qu’on a beau dire qu’elle justifie les moyens, je suis d’accord si on a une éthique à la va comme je te pousse et si il y aurait à redire question moralité.
Grave l’accent, pas aigu comme je l’ai tapé, un coup à se blesser, que le clavier, il n’a pas besoin de ça, qu’il est déjà bien suffisament sale.

Je retape en faisant gaffe, sans la laisser traîner comme un jour où mon pull s’était pris dedans, un coup à démailler le tricot et à prendre froid. Pierre Vaissière. Google, y’a pas mieux pour voir qu’on existe. Tu tapes ton nom là où il faut, tu ramènes le chariot de la machine à fond sur ta gauche, et hop, tu apparais. Si tu existes. D’où l’importance de ne pas faire de faute d’orthographe dans ton nom. Le plus fort, c’est que même si tu es mort et que tu tapes ton nom, ça te répond que tu existes quand même.
Bref, c’est comme ça que j’ai vu un Pierre Vaissière s’afficher, que je ne connaissais pas.
Merde, jai pensé, on m’a volé mon identité, avant de me rendre compte que non : mes papiers étaient sagement rangés dans mon protefeuille.
Je suis allé voir de plus près. Y’avait sa photo. Un gars, je ne veux pas dire que j’aurais dit mon jumeau, mais quelqu’un d’autre qui n’est pas moi aurait pu le dire. J’ai l’air gauche et le suis, le contraire de lui, fier de lui et droit comme un i. Comme je le découvre quelques lignes plus bas, il milite à droite, tandis que je limite à gauche. J’ai l’œil terne –quoique humide– et triste d’un chien battu coupable de l’être, tandis que le sien est vif et clair comme celui d’un aigle impérial. Il a l’air hautain de ceux qui le sont, j’ai l’air chafouin du pleutre toujours prêt à faire un sale coup. C’est insupportable. D’emblée je le déteste. Il va payer.

schizophrene

J’ai déposé plainte pour usurpation d’identité. La justice est schizophrène : il y a la justice des riches et celle des pauvres, celle qui m’a jugé apte à être enfermé chez les fous.

Je me suis évadé. Rendu chez lui, je l’ai tué. Le grand miroir du hall d’entrée a éclaté en mille morceaux. Je n’aime pas le gâchis, j’en ai été sincèrement désolé. Encore heureux que je ne sois pas superstitieux.

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Moi président…

La France va mal, l’Europe est moribonde. A force de tourner en rond le Monde n’a jamais autant et aussi mal tourné rond, et moi -même je ne suis pas au mieux de ma forme. Certes j’ai encore forme à peu près humaine, mais pour combien de temps ? Devrais-je laisser faire les choses ? me suis-je interrogé. Du côté flemme, oui; mais de l’autre côté (flemme aidant, inutile que je cherche un quelconque antonyme qui qualifie cet autre côté), non. NON.
Laissons faire, me dis-je à voix basse afin de ne pas passer pour un pleutre aux oreilles de qui ferait semblant de ne rien entendre.
Pourtant, résultat évident d’un altruisme que je sais déraisonnable, j’hésite. Remettons-en nous à la providence nous dis-je en sortant un dé de ma poche gousset (celle où je mets toujours une pièce au cas où s’imposerait un pile ou face). Je le tripote, le chauffe. Je le lancerai sans violence ni précipitation. Je n’agirai que si je sors un 6. Deux fois de suite, histoire de laisser plus de chance à l’inaction.
Je le fais rouler une première fois. Le 6 sort, paire et manque. Un deuxième jet produit un deuxième 6 : Merde ! J’ai gagné.

Le destin a décidé pour moi et pour le bien de l’humanité. Je m’en vais désormais prendre en main les choses de ce monde.
Zut, merde, pine et boxon m’exclamè-je en pensant à Georgette dont il me faudra me débarrasser. Elle ferait tache, et il va de soi que l’ambassadrice du Monde se doit d’être au top. Je devrai aussi virer de ma vie les encombrants qui se sont accumulés autour de moi, choses et gens devenus inutiles. Résider à l’Elysée fera l’affaire, du moins dans un premier temps.

Je me ferai élire président. D’autres y arrivent bien, pas moins couillons que moi. Je n’aurai qu’à faire un maximum de promesses, le double, le triple, le quadruple, cent fois plus que mes concurrents imbéciles. Promesses que je ne pourrai tenir, évidemment, mais le staff de prouvologues que j’aurai mis en place contre quelques largesses prouvera le contraire. Leurs cohortes de faux témoins n’auront aucun mal à démonter les campagnes de dénigrement. Ce sera scandale contre scandale, mais je vaincrai, puisque tels sont les desseins du destin.
Des cracks de la communication m’auront appris à mentir de façon éhontée sans froncer les sourcils, ni rougir, ni transpirer, ni produire le moindre baîllement, gargouillement ou flatulence. Je saurai même accuser un collaborateur ou un hôte officiel d’être l’auteur d’une émanation intempestive, nauséabonde et indélicate.
Je saurai m’entourer de collaborateurs froids, lucides et intéressés. Ils me propulseront sur les plus hautes marches de l’Europe. Je mettrai les médias dans ma poche en pensant au temps où mes moyens modestes ne me permettaient de n’y glisser que le seul journal régional. Des équipes de prouvologues à la solde du pouvoir, donc à ma solde, seront chargées de la censure, base de l’éthique de toute dictature.
Me restera à saisir les rênes du pouvoir mondial. S’en emparer ne sera pas chose aisée. Être un fieffé coquin ne suffira pas si je ne fais qu’enjamber les gênants. Ils devront donc disparaître. Armés de leurs gommes, mes hordes de nervis s’en chargeront. Les témoins appelés par les équipes de prouvologues n’auront rien vu, ni entendu. Devenu sourd, aveugle, abruti et se satisfaisant des colifichets que je lui ferai distribuer à chacun de mes anniversaires, d’est en ouest et du nord au sud, le peuple se la fermera. Tout possesseur d’un quelconque pouvoir y trouvant son compte, fut-il petit, l’opposition pourra dormir tranquille.
Détenteur d’un pouvoir régalien, je régnerai en maître absolu. Je connaîtrai la solitude que confère l’extrême puissance, mais parce que je n’éprouve qu’indifférence pour mes semblables, je me régale par avance.

C’est dit, au boulot !

moi president

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Si la mer avait peur de faire des vagues

Si la mer avait peur de faire des vagues,
la neige peur de fondre,
le soleil peur de ses tempêtes,
l’eau peur de couler,
la graine peur de se poser sur une terre aride,
le vent peur de déraciner des arbres,
la terre peur de contenir et d’étouffer,
le feu peur de brûler,
les montagnes peur de s’ébouler,
les rivières peur d’inonder,
les maisons peur de s’écrouler,
les lacs peur de s’assécher,
les buffles peur d’être dévorés par les lions,
le blé peur d’être moisssonné,
les hommes libres peur d’être jugés,
les juges peur de se tromper,
les chefs peur de faillir,
les cultures peur de la sécheresse,
les horloges peur d’être en retard,
le nouveau né peur de crier,
les parents peur de perdre un enfant,
les poètes peur d’être assassinés,
les sages peur de dire des sottises,
les cœurs peur d’être blessés,
les amants peur de se séparer,
la liberté peur de contraindre,
les atomes peur de se heurter,
les croyances peur de ne reposer sur rien,
la paix peur de la force armée,
les peurs peur d’inhiber,
la Camarde peur de souiller la terre
cette énumération peur d’être incomplète…
il n’y aurait rien

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Franchissement de ligne rouge

Tchou tchou, faisaient tranquillement les jolis trains de la SNCF quand ils gagnaient sans encombre les vastes plaines d’Allemagne ou de Pologne. Mais les tchou tchou étaient faiblards, et c’était l’heure du thé.

Paraîtrait que la ligne rouge a été franchie. Encore une fois, celle de trop, la dernière ? Ah, les salopiots ! Mais quelle ligne rouge, où ? quand ? comment ? Par qui ? Par quel temps ? Est-ce à cause d’un mirage qu’elle a été franchie ? Ou à cause d’un vent de sable qui a brouillé les pistes ? Celui ou ceux qui l’ont franchie avaient-ils un coup dans l’aile, et l’ayant, n’ont-ils tout simplement pu se diriger comme ils l’entendaient, rendus aveugles par la visibilité réduite à néant ? Était-ce une ligne continue, une double, une parmentière à cause que ceux qui l’avaient tracée avaient le hoquet ou pas assez de peinture pour l’empêcher d’être hachée menue ? Était-elle gravée dans le sable et celui-ci se serait-il écoulé sur elle, la dissimulant aux regards que l’oxyde de silicium aurait rendu vitreux  ?
Autant de questions que, comme moi, vous vous posez sans doute et auxquelles, à la merci, allah merci dieu merci, d’experts spécialistes, de fins scientifiques, stratèges politiques et plein d’autres trucs en ique, à qui faut pas la faire, nous répondent chaque jour sur les antennes de téèssèfe et sur les machines qui font écran entre nous et la réalité : téléviseurs, ordinateurs, téléphoneurs et autres monstres bouffeurs de temps et d’énergie.
Et, cerise sur le gâteau –comme disent les confiseurs dont le chiffre d’affaire a explosé depuis l’apparition de cette expression imbécile–, les pros de la conjecturation (habile mélange de conjecture et de conjuration), savent, décrètent savoir, avancent, hypothèsent, suppositionnent, conditionellent, etc., nous éclairent sur ce qui va se passer, c’est sûr, s’ils mentent ils vont en enfer. Mais d’une malfaçon ou d’une autre, le résultat sera de continuer à envoyer ad patres quelques milliers de peigne-culs plus ou moins innocents, que ça leur apprenne à être nés irakiens, afghans, tunisiens, libyens, égyptiens, maliens, syriens ou rien, des riens de riens. Ou indiens, si on change d’époque ou, tout ce qu’on veut, les exemples ne manquent pas, à condition, toutefois, de n’ouvrir des livres d’histoire que ceux qui n’ont rien d’officiel, même s’ils sont plus chers :  la vérité a un prix.
Vouloir civiliser des sauvages primitifs à coups de pieds dans le cul, c’est bien, et dieu sait, à moins qu’il ait oublié l’éradication bienfaitrice à laquelle des hommes, partout, se sont livrés en son nom, combien cela est profitable aux généreux donneurs de coups de machettes, de rafales de plomb, de salvatrices salves d’artillerie, qui voient avec jubilation se former de jolis trous dans les effectifs de ces emmerdeurs sans le sou, poètes, libertaires et autres loquedus qui rechignent à courber le dos, les andouilles !

Mais laissons ceux qui s’y connaissent causer de tout cela.
Comme on dit par chez moi, une pampa où on n’a pas les deux pieds dans le même sabot, ce qui compte, dans la vie, c’est ce qui compte, et ce qui compte, ça compte pas pour du beurre. Bref, ce qu’on dit et ce qu’on fait, c’est par intérêt perso, ce qu’ont compris les experts dont je causais, têtes pensantes qui pensent pour nous mais qui ne risquent pas de se bouger le cul pour aller panser les idiots qui se positionnent très exactement sur la trajectoire de la balle que les petits copains experts auront fournie, d’une façon ou d’une autre. Ce dont on se rend compte en jouant le touriste internet en cliquant sur Afghanistan, Iraq, Égypte, Libye où ça n’est pas le Pérou, comme le disait un Grand d’Espagne qui avait fait le conquistador, à la bonne époque où un bon indien était un indien mort. Et ça n’est pas parce que personne ne l’avait alors que personne ne l’avait pensé. Je cite les indiens pour ne citer ni les Khmers, ni les juifs, ni les Polaks, ni les Ukrainiens, ni les Irlandais, ni les Rwandais, ni les Chinois, etc., et ni les Syriens, ouf ! mais il y en a d’autres, oubliés. Sinon, à quoi serviraient les quantités phénoménales d’armes et de munitions fabriquées dans le monde, je vous le demande.

Crotte de bique, je me suis encore laissé aller.
Plus de 100 000 morts, pour une grande part à l’actif des huns uns et pour une moindre part à l’actif des autres, résistants authentiques, sauvages d’al-kaïdi al-kaïda, transfuges indignes qui devraient éviter de tourner le dos à leurs anciens maîtres tant que ceux-ci, sentant le vent tourner, n’auront pas retourné leur burnou, 100 000 morts, disais-je, c’est quand même loin du miracle stalinien, et minable par rapport aux basses œuvres polpotiennes. Et ça reste en deça du nombre de victimes civiles de la guerre d’Iraq. Bref, c’est nul. Sans doute raison pour laquelle les va-t’en-guerre de France, de Navarre et des États unis ont envie d’en découdre. Je veux dire, en faire découdre à des soldats stupides à qui on aura joué le couplet de la patrie en danger, que je me demande ce que fout Dieu, encore une fois. Félicitons-nous toutefois que, grâce aux plâtres qu’ils auront essuyés lors des épisodes précédents, notamment en Iraq, quelques responsables préfèrent faire profil bas et envoyer les faucons aller se faire voir ailleurs.
100 000 morts, plus ceux qui étaient du mauvais côté de la ligne rouge, c’est bête, mais si peu. Un branquignole ? le gars Bachar, qui n’a pas vu venir les holà de cette partie de la communauté internationale très émue du fait (supposé ?). On le gronde pour ces quelques minables morts, on est prêt à être sur le point de réagir si la météo du week-end oblige à annuler le pique-nique à la plage, on se prépare à le menacer de menaces.

Enfin, faudra un jour qu’on m’explique comment des abrutis imbus de leur vain pouvoir en arrivent à s’arroger le droit d’imposer la liberté (une liberté selon leur propre point de vue, moins propre qu’il n’y paraît) et la démocratie (et quelle démocratie !) à coups de sabre, de goupillon et de fifrelins. Ces décisionnaires ne seraient-ils que de sales mioches voulant jouer à la guéguerre ? Ou seraient-ils l’incarnation de la Vérité ? Divine.
Puis faudra aussi que l’on m’explique comment un abruti censé défendre les intérêts de son peuple en arrive à le mettre à genoux et à l’assassiner tandis que, hors de son pays, se ferment pudiquement les yeux, les oreilles et les lèvres des témoins, comme se ferment les volets au passage d’un étranger.

On l’aura compris : Bachar n’est là, dans ces lignes, que pour amuser la galerie. Bachar , cible facvile qui, bientôt, semblera n’avoir été qu’un enfant de choeur. Parce qu’on fera mieux ailleurs, là-bas, et ici même où les effets des premiers flux migratoires se font sentir. Déjà mauvais, côté Europe centrale et de l’est.

Tchou tchou, faisaient tranquillement les jolis trains de la SNCF quand ils gagnaient sans encombre les vastes plaines d’Allemagne ou de Pologne. Mais les tchou tchou étaient faiblards, et c’était l’heure du thé.

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Ne mords pas ma main si je te nourris

Pris quèques jours de repos. Pris, pas volés. C’est pas que c’est pas mon genre, c’est la peur du gendarme. Papiers, qu’ils disent, et si t’en a pas, tu l’as dans le cul, mon gars. Au poste ! La gégène, c’est râpé, mais faut pas trop y croire, y’en a d’autres des gégènes, plus finaudes. Pis de toute façon, y’en a pas besoin. L’internet fait le boulot tout seul, ou les cartes bancaires.
Bref, j’y viens. J’arrive à la casbah, je m’installe. Un godet, un casse dalle. Miaou, que j’entends. Un moche miaou, entre violon qu’aurait pris la flotte et ch’sais pas. Re miaou.
Je me lève. Crrrsss font mes godasses sur le gravier. Ça le fait se pointer.
Vilain comme pas deux, le poil collé là où il se gratte, et ailleurs. Les bestiaux j’aime pas tant, mais j’y peux rien, ils m’aiment. Les cons.
Il s’approche, miaoute. Une corneille qui ferait le rossignol, si vous voyez c’que j’veux dire. Se frotte à mes jambes.
Efflanqué comme pas la moitié d’un. Sûr qu’il a les crocs. L’a beau être moche et pas faire envie, vous feriez quoi ? C’est vrai que vous y étiez pas. Alors comme je suis seul, je partage. Une rondelle de sauc’, un morceau de brichton. Etc. Un vorace pareil, ça s’invente pas, faut voir ça.

Je remets ça, il remet ça, plus miaou à toutes les bouchées. Il s’empiffre.
Fini le casse dalle (il s’en est torché à l’aise la  moitié), il vient vers moi. Miaule comme un dératé, le regard méchant. Le v’là t’y pas qui me fonce dessus. Crochet du droit, coup de griffe, crochet du gauche, coup de griffe. Je lui décoche un coup de latte. Il revient à la charge.
C’est qu’il doit crever de soif, je me dis. Le sauc’, ça assèche les muqueuses. Un coup de jaja pour ma pomme, un bol de flotte pour la sienne. Un bestiau pareil, ça peut qu’avoir traversé le désert. Trois bols de flotte le regonflent.

Le soir. Le v’là qui remet ça. Il demande pas, il exige, méchant. Me refait le coup du boxeur. Les bêtes battues, ça fait comme les gamins. Ça devient méchant, des fois. Méchant et con. Je prends mon élan, je shoote. Pas trop fort, on a de la mesure ou pas.
La méchanceté, on y peut quelque chose, mais la connerie, c’est pas la même.

Pépère, plus tard, j’ai mis la télé. Le jité. Que des intellos commençaient à se bagarrer entre migrants d’un côté, qu’on dit, et réfugiés de l’autre qu’il paraît qu’on devrait dire, que ça change tout. Suivi de la Hongrie en direct où on voyait une floppée de bonshommes, de gamines, de bonnes femmes paumées avec des gosses, et plus loin d’autres gugusses qui gueulaient Allahou akbar et se branchaient sérieux avec les flics.
J’y peux rien. Ça m’a ramené au chat.

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Europe : Le Meilleur des Mondes

Les Grecs ont l’Acropole sur laquelle ils ont planté le Parthénon, un site qu’ont beaucoup visité les Allemands amateurs de croix gammées, d’archéologie et de folklore, de 1940 à 1945, ou par là. Sans les Nazis et leurs tirs nourris de mitraillettes, le sirtaki manquerait cruellement de grâce, de légèreté et surtout d’agilité lorsque, vêtus de leur costume marrant comme tout, les evzones se jettent dans la danse à corps et pompons perdus.

Les Turcs ont Ephèse, Hierapolis et plein d’autres tas de cailloux qu’adorent visiter les touristes Allemands. Ces derniers ont Siemens (un épais dossier qui énerve les Grecs), plus quelques intérêts parfois inavoués dans le berceau de la démocratie. Avec leur énorme cheptel porcin ils fabriquent de la saucisse au kilomètres, et font tourner à plein régime leurs fabriques de viande de kebab qu’ils exportent dans l’UE. Ils font couler des torrents de bière au débit incessant et construisent des voitures 100% allemandes de qualité allemande avec des pièces chinoises (comme tous les constructeurs automobiles, faudrait être idiot pour ne pas le faire). Les Grecs fabriquent les olives à la grecque, font pousser la féta dans les près où paissent leurs jolies brebis, se pionardent à la retsina ou à l’ouzo. Les Turcs ont les vécés à la turque et le café itou, produisent les noisettes sans lesquelles la pâte à tartiner ne serait pas ce qu’elle est, ce qui d’ailleurs ne serait pas plus mal. Ils ont des frontières avec des gens pas très recommandables avec lesquels ils commercent allègrement. Les Turcs modernes se rétament au Raki, tandis que les autres essaient désespérément de s’enivrer au kéfir de figues, ça leur apprendra à suivre des préceptes douteux.

La Grèce est un petit pays qui agace toute la bonne Europe –celle du nord–, et surtout l’Allemagne, mais aussi les Grecs eux-mêmes. L’Allemagne agace la Grèce, mais aussi les autres pays du sud Europe. À l’instar de la Turquie avec qui elle est plutôt en bons termes, et ça n’est pas nouveau, l’Allemagne est un grand pays qui a toujours caressé le rêve d’être encore plus grand, grand comme un empire.
Mais Grèce et Allemagne ne sont pas que ça, pas plus que Grecs et Allemands ne le sont, car tous-quatre sont bien autre chose.

Les Grecs sont un peu les têtes de Turcs des Allemands, comme on a pu en juger lors du dernier conflit mondial, tandis que les Allemands sont un peu les têtes de Turcs des Grecs, ce qui se comprend si on repense à la période 1940-1945, certes révolue, mais pas tombée dans l’oubli chez les Héllènes. Et cela ne devrait pas plus nous regarder que l’oeil de Dieu ne regardait Caïn, une quasi espèce de premier nazi et premier meurtrier que Dieu créa juste avant de lui fabriquer un frère, Abel, l’évident premier Grec de l’humanité puisqu’il se fit proprement et profondément empapaouter par Caïn, un salopiot de faux frère. Lequel, paysan borné et jaloux sans borne (il n’y avait pas de frontières, à l’époque) avait estourbi son simplet de frèrot à grands coups de fléau. Le baseball n’étant pas pratiqué dans la région, il avait dû effectuer le boulot sans l’aide d’aucune batte. « Mon offrande au grand chef (Dieu), je veux pas dire, c’est quand même autre chose que la tienne » avait stupidement dit Abel à Caïn dont le sang n’avait fait qu’un tour, et celui d’Abel tout un tas une flaque. On connaît la suite.

Ce fut une première pierre d’achoppement entre Grecs et Allemands, on le comprend, d’autant si on a la double nationalité germano-grecque, raison suffisante pour devenir schizophrène, encore plus si, pour des raisons obscures, on a des ascendants turcs, ce qui n’est pas si rare au vu des déplacements de population qui eurent lieu dans la région.

C’est de l’histoire ancienne et peu nous chaut, me direz-vous, en pensant aux falaises calcaires des îles de la mer Egée, deuxième pierre d’achoppement si on évoque les frictions toujours possibles qu’elles provoquent entre Grèce et Turquie, donc entre Grèce et Allemagne, ayons le courage de le dire, même si c’est moins évident qu’il n’y paraît, voire complètement idiot. Les liens privilégiés, notamment économiques, entre la Turquie et l’Allemagne ne poussent pas celle-ci à s’investir davantage dans une relation (avec la Grèce) qui lui coûte cher financièrement, alors que commercer avec la Turquie présente autrement d’avantages. Relation qui pourrait aussi coûter très cher politiquement à la Chancelière que les Allemands, las de mettre la main à la poche, pourraient faire chanceler. Une peau de banane habilement lancée depuis la Crète* sur la piste de danse aurait vite fait de faire tomber la mère Angela, surtout si l’envie (improbable) lui prenait de faire un pas de danse sur la musique de Zorba le Grec.

Le temps faisant son office, tout pourrait s’arranger au mieux entre Grecs et Allemands, et au-delà entre états de l’Europe du nord et ceux de l’Europe du sud, mais l’Union européenne, parce qu’elle n’a pas de projet où l’humain prendrait toute sa place, navigue sans sextant, ni carte, ni boussole, droit sur un mur qui ressemble au Meilleur des Mondes d’Huxley. Dystopies (utopies bidons vouées à la catastrophe), mensonges et promesses intenables, magouilles, illusions et cupidité sont l’évangile qui mènera le bateau au naufrage. Avec l’assentiment coupable de citoyens médiocres et asservis qui placent à la gouvernance des individus qui n’ont pas la lumière dans toutes les pièces.

Aujourd’hui, bien qu’habitués depuis des décennies à se faire rouler dans la farine d’importation et dans leur propre farine, les Grecs l’ont bel et bien dans le phion (κώλος = fondement, en grec), les Allemands en ont gros sur la Kartoffeln et pas lourd dans le portefeuille ; les Français en ont par dessus la tonsure ; les Italiens en avalent leurs spaghetti crus de travers ; les Espagnols se voilent pudiquement la face sous leurs mantilles et jouent des castagnettes avec leurs dentiers ; les portugais se remettent au Fado, valeur refuge. Bref, nombre d’Européens (surtout du sud) trinquent à la santé des patrons de la grande pompe à finance qu’ils ne font tourner que dans un sens : celui du Meilleur des mondes. Auquel a échappé la Turquie, Allah est grand et miséricordieux !


* La Crète et Chypre (une épine dans le pied des Turcs et des Grecs), sont producteurs de bananes.
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Une vie de solitude

Où étais-tu pendant que, perdu à 10 000 kilomètres d’ici, et doigts de pied en éventail je sirotais un cocktail divin ?
Où étais-tu pendant qu’une demie douzaine de splendides créatures me déclaraient leur flamme dans un lieu paradisiaque ?
Où étais-tu lorsque j’ai gagné le super gros lot de 50 millions de dollars et me suis retrouvé à la tête d’une énorme fortune ?
Où étais-tu et que faisais-tu de si important pour ne pas être venu me féliciter à Stockholm ce fameux 10 décembre pour la remise de mon prix Nobel d’économie ?
Où étais-tu aussi lors de cette cérémonie officielle où le Président des États unis en personne m’a remis la Presidential Medal of Freedom ?
Où étais-tu quand on m’a enterré en grande pompe avec tous les honneurs de la nation ? Où étais-tu, cette fois comme les autres ? Tu n’étais pas là, tu n’as jamais été présent à mes côtés pour partager ces instants de bonheur ou de gloire. Tu n’as jamais été là, et bien sûr, tu n’as rien fait, rien, tu n’as jamais rien fait pour moi. Tu m’as abandonné à cette terrible solitude des nantis et des grands de ce monde.
Tu t’es toujours comporté en égoïste.

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