Les prairies éternelles

Je suis complètement dingue. C’est ce que vous vous dites et que vous colportez.
OK, je suis fou, complètement fou. Ça vous rassure, hein ? Savoir que c’est moi qui suis barré, allumé, déglingué, barge, inadapté, associal, bredin et en plus un peu con… et non pas vous, avouez que c’est rassurant.
Alors si ce que je suis vous rassure, ne m’empêchez surtout pas de vivre comme je l’entends. Sinon… Eh bien… soyez sur vos gardes, parce qu’avec un fou on ne sait jamais.

En attendant, et parce que je n’emmerde personne et dans la mesure où les malheureux coups que je porte ne font pas de mal, que personne ne m’entrave, ne me dicte ce que je dois faire, qui je dois être et comment me comporter. Personne, donc tout un chacun, qu’il soit d’ici ou d’ailleurs, laïc ou religieux, chrétien ou musulman, juif ou extra-terrestre, païen ou pas je sais pas quoi, mort ou vif, à naître ou à continuer à ne pas être, d’hier ou d’aujourd’hui, bouddhiste, taoïste, confucianiste, fumiste… personne. Je me répète, n’en suis pas désolé, et c’est ainsi.
Mais alors et surtout, d’autant qu’avec un fou on ne sait jamais, je me répète, oui, et alors ? qu’aucun tyran, intégriste, réactionnaire, fasciste, stalinien, nazi, créationniste, maoïste, polpotiste même unijambiste ne m’empêche de rêver, penser, dire et faire ce que je veux. Sinon…
Les alpinistes ? Non, je n’ai rien contre eux. Pas plus que les cruciverbistes. Et pourquoi je leur en voudrais, hein, pourquoi ?

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Merde, zut pine, boxon et ratapon. Avec tout ça j’ai pas vu passer l’heure. Elle est où ? Qui l’a vue qui l’a vue qui l’a vue ? 
Les infirmiers vont encore gueuler, et que la piqûre et les médocs c’est pas un self ici, et que t’as pas à traîner dans les coursives, et que ça fait cent fois qu’on te dit que t’as pas à aller en cuisine prendre un entonnoir, que t’as qu’à t’en acheter un, et que celui-là de toute façon il est trop petit et qu’il te protége même pas des radiations et que, tiens, le dessert, privé, privé de dessert, non mais tu te crois où, au Club Med ? C’est même pas vrai que je me crois dans leur club merde, et que c’est même pas vrai qu’il est trop petit l’entonnoir, un peu haut c’est tout, que je suis obligé de me baisser pour passer la porte, mais je m’en fous, elle est fermée à clé, un jour je la trouverai la clé, je connais Saint Pierre, il me la donnera, et cette putain de garce de porte de bordel de merde et ratapon elle s’ouvrira et j’entrerai enfin dans mon rêve des prairies, celui que je fais, où il y a les chevaux. Les prairies éternelles. 

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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