Nocturne 1

Sales miroirs au tain hâlé, qu’est-ce que vous avez à vous pencher par-dessus mon épaule à m’espionner, hein ? Que ça me fourmille, poings fermés, dans un sommeil baveux, que ça me dit tu te réveilles ou tu passes. De l’autre côté.
Viens, viens-y donc ici, qu’est-ce que tu attends qu’ils me disent, saloperies que j’ai beau embrumer de mon haleine à espérer les matifier, tu parles. On va te mater, qu’ils me disent en me renvoyant petite souris clic clic dans les pattes. Je clique, sauvegardée l’idée, sauf que je rêve. Ah la belle idée validée comme répètent les copines, choeur d’écho.
Ils me regardent par dessus mon épaule. J’ai toujours détesté ça. C’est comme quand tu es mort, que ça s’éplore autour de ce machin que les croque-morts en parlent en demandant si on veut récupérer le corps. La première pelletée de terre n’a pas le temps de t’atteindre que, vlan, tu te réveilles comme un mort qui ne veut plus, mais toi tu veux.
J’étais bien, bouche bée à commencer tout doux à dormir croupir loin, si loin dans la non prégnance des choses. Bien trop bien.
Sont venus me chercher, me sortir du trou me désembourber qu’ils insistent en montrant leurs dents, toutes leurs dents que j’ai perdues. Peuvent pas me foutre la paix, trop leur demander.
Viens, qu’ils répètent. Quitte ton lit, fais le fleuve, déborde, fais la crue. Lève-toi c’est l’heure d’aller au turbin. Qu’est-ce que tu imagines ?
Ça craque dans les tympans, oreiller trempé.
Les bribes de miroir, pire que tout. Les lambeaux de nuit dégoulinent, les ombres s’évanouissent et merde de merde une main désinterrompt la suie du sommeil.
Je suis debout, halluciné, sans doute vivant.
Eux veillent toujours, me surveillent tandis que des voix déjà entendues ordonnent « accroche-toi ».
Ça craque dans les jointures, colère. D’être là au lieu de cet ailleurs pas plus calme mais si, si… lumineux, cet ailleurs d’évidence et d’être.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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