Politique et franc-jeu

—-« Enfin, mes chers concitoyens, et pour mettre un terme à cette réunion électorale, ne croyez pas ce que je dis, ne croyez rien de ce que j’écris, mais croyez tout ce que je tais. »

Quand Simone et moi on a applaudi comme des dératés à cause que pour une fois un discoureur causait juste, j’ai bien cru qu’on allait nous foutre dehors à coups de pieds dans le cul. Sans Nénesse, le beau-frère, et son quintal virgule cinq, ils s’s’raient pas gênés, les cons.
Simone, elle a pas pu s’empêcher de leur trouver des excuses. Simone c’est l’épouse. Je l’aime bien, mais plus poire qu’elle, à force de trouver des excuses à tout et à rien –sauf à moi quand je tarde un peu au bistro–, c’est pas dans les instances supérieures du pouvoir, comme on dit, qu’on risque d’en trouver. Bon, y’en a bien eu quèques uns d’honnêtes, quand même, des ministres ou pareil, mais ils ont pas duré la vie des rats. Comme un gars de la Savoie, j’sais plus, que son père aussi avait fait le ministre. Cot, qu’il s’appelait, ou un truc comme ça… Jean Pierre Cot. Léon Schwartzenberg, aussi. Un sacré bonhomme !

—-«C’est la vérité qui vous gêne ou le franc-jeu ?» les a mouchés Nénesse, que le sang qu’avait fait qu’un tour avait rendu mauvais. Nénesse, tu le chatouilles une fois, ça va, mais pas deux. Et même pas une et demi.

—-«Vous êtes des veaux, que j’ai gueulé en me rapprochant de Nénesse», on sait jamais.

Après on est parti direction chez Lucien, le bistro des copains où Jojo et Dédé, fidèles au poste nous attendaient.

—-— On attendait plus qu’vous… Salut Nénesse.
—-— Bonjour Simone. Salut toi. Et c’te réunion, ça a donné quoi ?
—-« Ça nous donne que c’est des veaux et qu’ils peuvent aller se faire foutre » a répondu Nénesse en raflant sur le zinc un verre de blanc qui attendait preneur.

On a discutaillé, on a trinqué gentil, à cause que Simone elle était là à me faire les gros yeux.
C’est le lendemain, sur le journal, qu’on y a su.
—-« Vous savez quoi, les gars ? » nous a dit Lucien en brandissant le journal du coin. « Le gars d’hier… Le tintouin que ça fait, nom de dieu. Qu’à la réunion y’avait que des veaux et que du coup il se présentait pas aux élections. Qu’il avait pas été au collège agricole et que manier les bestiaux à la baguette, il y avait pas appris et même qu’il en avait rien à foutre. Et que si un péquenot du coin voulait se présenter, qu’il y aille donc et qu’il te mène tout ce bétail à la trique. Noir sur blanc que c’est écrit. À une vache près »

Publicités

A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
Cet article, publié dans éthique, politique, économie, société, est tagué , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s