Bugarach et fin du monde : la vérité

On apprend de source sûre, puisque divine, que le seul endroit où ça va péter le 21 décembre 2012, c’est au Bugarach, un gros caillou jeté là il y a quelques siècles par le géant Vit de Larguais, un colosse de Rhodes (selon certains histériques historiens) venu se faire soigner son arthrite dans cette belle région plus renommée pour ses sources thermales que pour son pinard auquel le père Bérenger Saunière lui même –Dieu aura son âme s’il nous fait de l’Alzheimer–, cureton d’un patelin des environs, n’a jamais goûté malgré les exhortations des services secrets israéliens qui veulent lui faire avouer où se trouvent les documents prouvant que le trou du cul du monde –j’ai cité : Bugarach– doit péter le 21 décembre 2012. En cheville avec les autorités religieuses de la région (d’anciens israélites convertis pendant la grande et glorieuse guerre 39 et quelques)  lesdits services secrets qui sont loin d’être des rigolos –tatouages sur les avant-bras, air maussade, oeil mauvais– ont exercé une pression sur l’église pour que celle-ci dépose le curé en question. Où ? Sans doute à Perpète, mais là n’est plus la question, les viticulteurs de la région ayant récemment fait de louables efforts dans la vinification. C’est vrai, je le jure, j’ai testé.
Le Bugarach, un gros caillou ? Foutaises ! Un vulgaire étron, certes géant, ce qui n’est pas surprenant vu qui l’a moulu –et non pas mou qui l’a voulu–, et c’est tout. C’est tout, sauf que, exténué par un tel travail d’éjection digne de celui d’une femelle qui enfante en se disant que c’est dur, mais que, se préparant à vivre le plus beau jour de sa vie (c’est ce qu’elle dira plus tard pour ne pas paraître conne) elle peut bien en chier quelques minutes… notre constipé (car vu les déjections il l’était, et pas qu’un peu, mon n’veu) s’est écroulé de fatigue sur place avant d’entrer dans un looooooooong sommeil. Je rappelle qu’il s’agit d’un colosse, que les colosses bouffent comme des chancres, défèquent tout autant, vivent et dorment longtemps, souvent plusieurs siècles, jusqu’à ce qu’une princesse –courageuse ou miro comme un peintre– leur plaque un tendre baiser sur leurs lèvres terreuses, ou qu’une envie devenue pressante leur fasse ouvrir un oeil et détendre un sphincter, ce qui est le moins rare. C’est pour ça qu’ils ne s’en font pas et sommeillent en paix, en général et apparemment. Mais on n’est pas le géant Vit de Larguais pour rien, chose que nombre de pseudo illuminés ont oubliée, comme ils ont oublié de se brancher pour avoir la lumière dans toutes les pièces.
Et les voilà devisant bêtement autour du trône qu’ils ne savent reconnaître, sourds aux ronflements du colosse et aux gargouillis qui secouent ses entrailles plus que ne le fait la main du promeneur sur son appendice génital après qu’un besoin de changer l’eau du bocal se soit fait ressentir, ou plus que ne le fait la main agitée d’un adepte de l’onanisme quand lui prend l’envie de faire dégorger le concombre alors qu’il est désespérément seul.
Et les voilà, à l’ouest pour ceux qui voient Rennes-le-Château en île et Vilaine, où ils cherchent le château et le trésor ; dans l’Aude où, dépassés par le nectar local ils se shootent à l’encens local à base de crottes d’ovins et chamanisent pour repousser l’inéluctable. Les voilà marchant, priant, errant sur cette terre aride qui, depuis le temps, aurait bien besoin d’un petit épandage.

Bérenger Saunière s’est tu et se tait encore ; pas Dieu. Qui m’a confirmé cette date du 21 décembre 2012, que j’avais d’ailleurs calculée avec des copains mayas rencontrés à Boulogne quand je bossais sur les Abeille.
Voilà ce que m’a dit le Très Haut. En fait c’était un télégramme e-mail : « Géant Vit de Larguais en éveil 21.12.2012 – stop – même jour même heure que Vésuve, ou pas loin – stop – bouchon de lave sous pression – stop – ça va dégazer et péter dur – stop – mieux vaut dégager – stop – que les jobards y demeurent – stop – PS : bien reçu colis – stop – 100 fois raison, Corbières-Boutenac = éclate – stop – connaissais pas le Carignan Noir – stop – vaut le détour – stop – suis preneur pour autres – stop – re PS : on l’a bu avec Saunière qui a presque tout sifflé – stop – au plaisir recevoir autre carton – stop et faim ». 
En y repensant, je crois bien que c’était un télégramme. Et son stop et faim, un appel du pied.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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Un commentaire pour Bugarach et fin du monde : la vérité

  1. Charles Joseph dit :

    Pas mal, votre Bugarach. Il vient d’où ?

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