Pédophilie, paranoïa, bon droit et cœur brisé

« Sinon, à Brest, c’est pas pire qu’ailleurs »
CHARLIE CHAPLIN, dans Le Kid

Sales gosses. Et vaut mieux pas que je parle de leurs mères.
Sales gamins qui chialent pour un oui pour un non avec la morve au nez. Tu pleures, que je leur dis, mais tu verras quand ta mère elle t’aura abandonné ou qu’elle sera morte. Pis si ça se trouve, c’est déjà fait. C’est des sornettes, ce que je raconte, même si des fois j’aimerais que ça en soit pas.
Sales gosses que tu peux même plus leur filer une taloche sans te retrouver au tribunal. J’t’en foutrais ! Et après ça gueule qu’ils savent pas se tenir. Tu m’étonnes.
Bon, des fois, il y en a qui sont mignons, quand même, ça arrive. C’est pas que les parents ils leur ont appris, mais c’est comme ça. Mais attention, hein, faut pas y toucher, faut pas y montrer le chemin et faut surtout pas les consoler s’il y en a un qu’est tombé, qui s’est fait un bobo ou qu’a un chagrin. Ah non, faut pas. Faut même pas les regarder quand ils jouent, les mômes, même si ça te fait simplement du bien, parce que c’est mignon comme tout, et que tu te dis que toi aussi tu as été comme ça, mais tu l’avais oublié. Et même les sales gamins qui chialent parce qu’on leur dit d’arrêter de faire leur caprice, et que s’ils arrêtent pas, ils vont recevoir. Tu les regardes, et ça te fait comme du chaud au coeur. Jusqu’à ce qu’on te regarde de travers, que tu comprends pas pourquoi, et que tu te prives des jolies images touts tendres que tu as dans la tête. Alors ça te fait devenir grognon, comme un vieux con. Si t’es déjà un vieux con, c’est pas si grave, mais si tu l’étais pas encore, tu le deviens vite fait. Le temps du regard tordu d’une mère, que tu te demandes pourquoi son regard est comme ça. Alors que toi, c’est clair dans tes yeux, même si tu n’y vois plus très bien, au point que tu vois même pas que tu es mal rasé, que tu as mis tes vieilles nippes défraîchies, les mêmes tous les jours, toutes tachées et qu’ont oublié le chaud du fer à repasser, avec le bruit tout doux que ça fait quand il glisse dessus. C’est comme les biscuits que tu gardes pour quand tes petits enfants ils viennent te voir, s’ils viennent te voir. Tu as bien fermé la boîte en fer, mais depuis le temps qu’ils traînent… C’est plus avec tes yeux que tu vois, ils sont trop fatigués, mais les autres, c’est encore avec ça qu’ils te dévisagent. Non, ils te dévisagent pas, ils te regardent en coin. Ils te trouvent vieux et pas ragoûtant. Et tu sens, tu sens le vieux, parce que les vieux ça a une odeur. Tu as beau ne plus avoir l’oreille fine, tu les entends chuchoter, proférer des insanités, comme quoi t’es peut-être bien qu’un gros dégueulasse de pervers, et que, même si c’est pas sûr, autant…
« Autant quoi ? » que je leur dis, même pas mauvais, ça vaut pas le coup de se remuer les sangs. « Autant me cracher dessus ? Me lancer des pierres ? Me courser ? M’acculer jusqu’à ma porte d’entrée pour m’injurier, me vomir votre fiel ? Me battre à mort, parce que moi, les enfants, je les écoute de cœur à cœur alors que vous êtes sourds à ce qu’ils murmurent, cons et intolérants que vous êtes ».
J’admets que j’y suis peut-être allé un peu fort. Les pleutres, faut y aller mollo, tout mollo, sinon ils te mordent les mollets ou la nuque, c’est plus facile quand on te prend en douce par derrière.
 Ils ne m’ont pas mordu, trop lâches pour ça. Ils ne m’ont pas frappé non plus, sauf à coup de viles injures. Elles m’ont fait mal, la bêtise m’a toujours fait mal, mais elles ne m’ont pas sali l’âme, elles n’ont sali que la leur, moche. J’ai saigné, sans le moindre filet de sang. Un cœur, même blessé à mort, ça ne se voit pas qu’il est blessé.
Une fois délivrés de leur peur et de leur venin les couards sont rentrés chez eux s’abrutir devant leur télé et s’y gaver d’idées toutes faites, de méfiance, de suspicion, de paranoïa, de nouvelles peurs puis de haines qu’ils sauront bien lâcher une nouvelle fois pour s’en libérer, jusqu’à la prochaine. 

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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