Au-delà de l’affaire des boucheries halal

Voir aussi l’article Raciste, intégriste, hijab, niquab et marché

Mouais… Lorsqu’on sait que le piment entre dans la composition des merguez, leur introduction a beau se passer en douceur et profondeur, elle ne peut que provoquer des irritations, ce que confirme la Faculté. Comment alors s’étonner de ces luttes intestines qui nous pourrissent la vie ?

De confession musulmane, cela ne m’a jamais empêché d’être un amateur de cochonailles avec lesquelles je concoctais d’ailleurs un couscous d’enfer, par ma foi fort prisé. Certes ça n’était pas toujours facile de revenir du marché un collier de boudin autour du cou, des pieds de porc dépassant de mes poches, une gerbe de bon vin dans chaque main. Car il me fallait raser les murs pour m’éviter de ne pas faire table ouverte à tous mes coreligionnaires aussi bien qu’à mes fidèles amis infidèles ou autres juifs, les uns et les autres n’étant pas trop à cheval sur les principes et lois religieuses, l’usage immodéré du transport à dos de canasson ayant tendance à entraîner des tassements de vertèbres. Ah, la belle époque !
Être un croyant ne m’empêche pas non plus de trouver au-delà des limites acceptables le fait de saigner les animaux en faisant fi de leurs cris, de leurs mugissements avec leurs tripes qui se vident de terreur et de leurs souffrances. Allah est grand, je le sais, et comme tout “bon” musulman je le prie et en profite justement ici pour le prier de mettre un peu de plomb, voire beaucoup, dans le crâne de mes semblables, juifs ou musulmans, pour qu’ils cessent de perpétuer ces rites obscurantistes sanguinaires, inutiles, malsains et risqués pour la santé, surtout celle des animaux. M’entendra-t-Il ? Et saura-t-Il faire entendre cela à ces fous de Lui qui, en son Nom, déjà n’hésitent pas à trancher la gorge de leurs frères humains ? Je parle d’Allah, mais je pense Dieu ; je parle des musulmans, mais je pense chrétiens et juifs.

Aujourd’hui, plus une seule boucherie charcuterie traditionnelle (donc tenue par un solide gaillard couperosé accompagné d’une épouse toute en rose rondeur) digne de ce nom ne se profilant à l’horizon, me voilà, par force, devenu végétarien. De toute façon, mes hémorroïdes m’interdisent le piment, donc les merguez, produit phare des boucheries halal et symbole on ne peut plus halalique de ces boucheries, les seules qui aient encore pignon sur rue. Et c’est sans compter sur l’impact écologique catastrophique qu’entraîne la consommation de viande, et sur lequel je ne m’étendrai pas, comme je ne m’étendrai pas sur les effets concernant la santé. Surtout celle des pauvres bêtes qui, reconnaissons-le, ont un très mauvais karma.

Désormais, lorsque je reviens du marché, c’est chargé de courgettes, poivrons, dattes,oranges, tomates, aubergines, oignons, ail, pois chiches… que je trouve sur l’étal de Momo, celui d’Ahmed, celui de Bachar (un grand et bel homme qui arbore une magnifique barbe) ou encore celui d’Aïcha, dont je n’ai jamais vu le visage totalement découvert, et qui, curieusement, fait dans le naturel et le bio, tout le contraire de ce qu’elle est. Les poireaux, salsifis ou autres légumes septentrionaux, je les trouve plus facilement au supermarché, le seul commerce du coin qui ne soit pas tenu par des gens de ma confession. Leur viande ? Ah là là ! j’ai appris qu’elle était halal, misère !
Fuis ce désert sans groin, m’étais-je dit, et pars t’installer sous des cieux plus cléments où porcs et truies s’ébattent à souhait dans leurs soues. J’avais naïvement pensé m’exiler à Saint-Jean Pied de Port, puis, tout bien réfléchi, j’avais décidé d’en rester aux seuls fruits et légumes. Je les ferais pousser dans le jardin ouvrier que ma commune me louerait pour trois francs six sous, l’équivalent de pas cher.

Au-delà de mes petites préoccupations alimentaires égoïstes, quelque chose me turlupine.
 Je me demande –est-ce incongru ?– s’il n’y aurait pas, derrière ce qui se joue avec ce phénomène des boucheries halal qui envahissent le paysage viandard traditionnel, une manœuvre visant à la conquête, en douceur (et profondeur), d’une société sur une autre, pour ne pas dire d’une civilisation sur une autre. Et partant de là, quitte à afficher une légère tendance à la paranoïa, d’autres obscurs desseins ne se trameraient-ils pas ? Ne devrions-nous pas nous soucier et nous préoccuper de ce qui se joue là car, mine de rien, il y a bel et bien infiltration avec des risques d’écroulements, comme cela se produit pour les constructions ouvertes à tout vent.
 Mais peut-être est-ce là le destin de nos sociétés occidentales que celui de disparaître à cause de leur surdité, de leur cécité et de leur orgueil.

Allah est grand, je l’ai dit, mais allez savoir si avec l’âge il a encore toute sa tête –je veux parler de celle que les hommes Lui prêtent, hélas calquée sur la leur.
Une fusion harmonieuse entre les deux cultures a bien peu de chances de se produire, et l’avenir risque bien de ressembler à une gigantesque BOUCHERIE, dont on se fichera éperdument de savoir si elle est traditionnelle, casher ou halal.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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