De l’anti-racisme activiste au racisme

Avertissement : ce texte n’est surtout pas à prendre au premier degré.

Comment idées reçues, clichés, assertions gratuites, raisonnements circulaires et autres erreurs de raisonnement amènent deux tristes sires à prétendre non seulement qu’ils ne sont pas racistes, mais qu’ils sont anti-racistes, cela au point qu’ils sont prêts à supprimer tout raciste, selon leurs critères.

— Moi, le racisme, ça me fait gerber. Rien que de voir un bougnoule*, un maghrébin, si tu préfères, foutre en l’air une tombe de juif… Les flics, je sais pas ce qu’ils foutent, et le gouvernement non plus.
 — Parce que tu crois que les youpins c’est mieux ? T’as vu ce qu’ils font à Gaza et tout, les Palestiniens, et pas qu’eux… Ici aussi.  J’aurais été les Boches, je t’aurais dégommé tout ça, vite fait bien fait, et le racisme, y’en aurait plus.
— Et les noirs ?
— Pareil, y’a pas plus racistes, le nègre, toujours à bouffer du blanc. Putain, mais qu’est-ce qu’on leur a fait ? On va pas chez eux, alors qu’ils viennent pas chez nous. 
— Et ces salopards de Chinetoques, tu vas pas me dire…
 — C’est pas pareil, et faut pas tout confondre. Eux, c’est autre chose. Mais faut qu’ils arrêtent de venir nous emmerder avec leurs commerces de merde et de se croire chez eux, parce que faut pas tout mélanger. Mais s’ils continuent, faudra pas s’étonner.
— C’est vrai que c’est pas pareil. À part les souchis, la bouffe chinetoque, c’est pas si dégueulasse que ça. Quand même, y’a des chinetoques, paraît que c’est des bonnes.
 — Les sushis, c’est les Japs. Tiens, en voilà aussi qu’auraient pu faire le ménage à fond… Des bonnes, p’têt bien, mais faut se méfier. Ils est faux, le Chinetoque, alors les gonzesses… 
 — Pas autant que les Arabes, quand même. Moi, une de là-bas, merci, j’ai pas envie de me retrouver avec un couteau dans le dos. D’après moi, c’est quand même le skinhead le pire. Ils en ont causé à la télé.
— J’te l’ai dit, les Boches ils ont pas fait le boulot à fond. Je serais eux, tous les petits cons au crâne rasé, j’te foutrais tout ça en taule et vite fait, deux balles dans la peau. Le racisme, faut y éradiquer.
— Surtout ceux qu’ont des tatouages et qui foutent rien, avec leurs clébards qui chient partout. Tiens, rien que l’autre jour…
— Faut tout y éradiquer, comme on y a fait en Libye.
— Ils sont racistes en Libye ? Enfin, je veux dire leur roi ou j’sais pas quoi.
— Ah ça, on peut pas dire que ce soit le pays des droits de l’homme. Alors le racisme, tu m’étonnes… Et je vais te dire, la France, à côté des autres, c’est pas la plus raciste. Encore deux ou trois lois bien salées, et j’te garantis que les racistes, si y’en a qui ont encore leurs deux jambes, ils iront voir ailleurs si on y est.
— Et le gars qu’a tué des militaires, par là-bas du côté de Toulouse, tu crois que c’en est un de raciste ? Ils disent que c’est le même qu’a tué des gosses.
— Pas si sûr, qu’il soit raciste, et c’est p’têt le contraire. Parce que tout à fait entre nous, les trois gars,  ils étaient pas un peu bronzés ? Les bougnoules et les nègres, me dis pas qu’ils sont pas racistes. Et qu’est-ce qui te dit qu’ils ont pas fait des putains de saloperies racistes ? Tu vas te balader dans leurs quartiers, le soir ? Non. 
— Mais les gamins, c’est quand même pas pareil. Des juifs, qu’ils ont dit.
— Justement. Juif et raciste, c’est du pareil au même, surtout des comme ça, école juive, parents juifs, avec leurs chapeaux à la con. Puis tiens, va te sauter une juive, juste pour voir.
— Peut-être, mais c’est que des enfants, et c’est quand même dégueulasse. Pis les gamins, tu vas quand même pas me dire qu’ils sont racistes.
— Pas racistes, faut le dire vite. Quand le ver est dans le fruit… Alors le gars qui a tué tout ce beau monde, va savoir si c’est pas un anti-raciste.
— Comme nous ?
— En mieux. 

.

* Mon personnage, ignorant l’existence du mot moricaud (qui s’écrit aussi, mais plus rarement mauricaud, et non pas mauricot, qui rimerait avec bourricot et… bicot), a hésité entre bougnoule, crouille1 ou crouilla, gris2, bicot (dérivé d’abricot, ce qui n’est finalement pas si mal), tous de très jolis mots qui ne peuvent que faire aimer cette adimrable langue qu’est le français, langue si parlante qu’elle ne cache rien des Français, sauf  lorsqu’ils se la ferment poutôt que de déblatérer sur des sujets aussi préoccupants que le racisme.

1. De l’arabe maghrébin (‘a) khuya, « mon frère », terme de politesse fréquent en Afrique du nord, altéré par ignorance ou malveillance raciste en crouillat, (on trouve aussi crouilla, crouya ou krouïa), d’où crouill’, crougna, crouilledoche.
2. Gris : bizarre, les arabes, par ma foi. Généralement de confesson musulmane, ils n’étaient pas censés se griser à l’aide d’un quelonque alcool

Publicités

A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
Cet article, publié dans actualités, éthique, civilisations, grosse déconnante, obscurantisme, intolérance, racisme, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s