Nativité

— Il y a vraiment des trucs qui m’échappent.
— Comme quoi ?
— Noël, le p’tit Jésus, Joseph, l’âne. Et les biquettes. L’était légionnaire Joseph ?
— Et Marie, elle t’échapperait pas, des fois ?
— Marie aussi, pour sûr ! Y’avait des biquettes dans la crèche ?
— Si c’est de la crèche de la Nativité que tu causes, je suis point sûr, mais j’crois bien. Les ânes, ça donne pas tant de lait, à part çui d’ânesse, mais pour ça, faut être une femelle. Alors le p’tiot, si sa mère c’est un ange qui lui a fait son affaire, m’est avis que c’était ceinture pour la tété. Des biquettes, i d’vait y’en avoir, sinon l’aurait point duré, le p’tit gars.
— Gabriel il y est pour rien dans c’t’histoire. Il lui a juste dit, à Marie, qu’elle attendait un moutard. Le fils de Dieu, qu’elle lui a annoncé, que le père c’était l’Esprit saint. Moi, on m’aurait dit ça… Et le bœuf, il vient faire quoi dans c’t’histoire, à part le chauffage ?
— J’en sais point trop rien, sauf que, si on réfléchit bien, c’est un peu le pendant de Joseph.
— À cause des cornes ? Tu me diras, un mâle qu’on les lui a coupées, je comprends que sa donzelle elle aille voir ailleurs, même si c’est avec un ange ou avec l’esprit saint. L’a bien le droit, après tout. Ça viendrait pas de là qu’on dit « être aux anges ? ».
— Va savoir… À cause des cornes, peut-être, mais à cause du reste, surtout quand c’est plus que des restes, c’est bien possible. Y’a un psy-chose, il dit que c’est pour ça que Jésus il a mal fini. Sentiment de culpabilité ou de honte lié au père, un truc comme ça, qu’il fallait qu’il paie.
— C’est pas de bol, qu’il y avait pas la pilule. Y’en aurait eu, ça se serait peut-être pas passé comme ça. Pareil si y’aurait eu des capotes. Tu me diras, un ange qui s’enfile un préservatif, j’ai du mal à y imaginer, et ça doit pas être rien. 
— Pas pire qu’un bœuf ou que Joseph.
— Mais l’ange, il y est pour rien du tout, on y sait. Ou alors c’en est un autre que Gabriel. J’aurais pas aimé être Joseph. Un moutard à c’t’âge-là, qu’en plus c’est même pas le tien.
— L’esprit qui a engrossé Marie, on sait à quoi il ressemblait ?
— Non, parce que paraît que ça ressemble à rien un esprit. Pas de tête, pas de tronc, pas de jambes et pas de bras non plus. Rien. Encore moins que Joseph. Sauf des fois, sur des photos, c’est comme de la fumée, rien que de la fumée.
— Comme celle des apôtres avec les langues de feu ?
— Ben non, y’avait pas de fumée. En tout cas, personne en parle. 

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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