Nouvel an, voeux, grippe et gastroentérite

Paraît que nous serions passés d’une année décatie à une autre flambant neuve. Il était temps, parce que ça commençait à bien faire. Je dirais plutôt que ça finissait à bigrement trop mal faire, et pas qu’un peu. Les années qui s’évertuent à s’éterniser, sous prétexte qu’elle doivent atteindre les 364 ou 365 jours avant d’aller se vaire voir ailleurs, avec leurs éphémérides qui me narguent, ça me tue. Et mettre rageusement à la corbeille des liasses de feuilles numérotées de papier bible pour accélérer le processus n’y change rien : chaque année ne prend fin qu’une fois sonnés les 12 coups de minuit de la saint Sylvestre. Et c’est reparti pour une nouvelle année qui, ne desespérons pas, sera tout aussi tartignole que la précédente. Les grandes joies n’attendent pas : avant même l’Épihanie, les factures s’accumulent, de plus en plus lourdes, sans miracle ; la grippe débarquée dès Noël se transforme en bronchite pour les plus chanceux, en pneumonie pour les autres, les nécessiteux, à qui le gaz a été coupé pour faute d’impayé, ça leur apprendra.
Mais le pire est à venir, si ce n’est déjà fait. Héritières des astronomiques excès gastronomiques, des beuveries et autres imprudences, c’est le tour des gastroentérites dont l’avantage est de relancer l’économie, à se demander si les groupes agro-alimentaires qui font aussi bien dans la bouffe et les médocs que dans le papier hygiénique ne sont pas de mèche. Cerise sur le gâteau Mol étron supplémentaire dans la cuvette des WC, et le hasard faisant bien les choses, il se trouve que ce sont les mêmes groupes qui font dans le savon, celui avec lequel on est censé se laver les mains le temps d’une clope, si on ne veut pas se retrouver les miches gravées de l’ovale de la lunette, miches que des selles acides mettent à feu et à sang si elles n’ont pas encore été tannées par le temps.
On comprend alors qu’on ait de cesse de s’échanger des vœux, ceux de bonne santé tenant la première place. On a beau être riche comme Crésus, vivre dans le confort et être entouré des êtres aimés autant qu’aimants, rien n’est plus terrible et détestable que de recevoir en étrennes une grippe carabinée doublée d’une gastro, de celles qui font amèrement regretter de ne pas dormir seul et peinard dans un plumard, qu’après tout, il est bien légitime de souiller si besoin, comme on dit.
Les derniers feuillets de la précédente éphéméride arrachés à la hâte, on se félicitait de mettre un terme à une année de chiotte, sans penser, naïfs que nous sommes, que, rançon des âges qui s’accumulent et de la vieillerie qui s’installe, l’année qui suivrait serait pire. Pire encore pour ces inconscients qui, après avoir sacrifié aux festives agapes des fêtes de fin d’année sans penser à leurs dramatiques conséquences, n’ont pas jugé utile de refaire le stock de papier toilette, pas plus que celui des mouchoirs issus de l’industrie de la cellulose.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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