Notre mot d’ordre du mois : Mincir et bronzer

Et allons-y que téloche, magazines, radios nous refont le coup du printemps, cette saison qui vient juste avant l’été. L’été où on va se remettre la couenne au soleil, la crème solaire sur la couenne pour se choper une gentille allergie (ou, si on est chanceux, un cancer), et les arpions à l’air, histoire de virer les importuns qui se pointeraient dans notre espace vital. Je sais, et à condition de ne pas se coller les narines entre les doigts de pied d’un autre que soi-même, tout un chacun ne pue pas des pieds.
L’été, c’est fait pour se pavaner, faire le paon. Pas de ceux qui auraient perdu leurs plumes à force de se les faire cueillir par quelque horticulteur créatif, mais de ceux qui se savent beaux, minces, radieux, royaux et qui le montrent. Pas de ces boudins aux pépites de lard gras et farcis d’oignons, à taille de canneloni, mais de ceux antillais aux rondeurs plus modestes. Passé l’hiver, tout sera fait pour tenter de faire fondre le bloc de saindoux qu’on sera devenu, avant d’oser s’exposer dans la poële à frire d’une plage brûlée de soleil, à se faire dorer la pillule et parfaire le bronzage.
Le printemps, c’est le temps des régimes, celui sans sel, sans alcool, sans bouffe, sans grignotage, sans rien, et celui des crudités imbéciles qui escagacent gaster et boyaux. Régime quasi conforme à celui qui fit fureur : le régime de Vichy –qui évoque les carottes, lorsqu’elles sont cuites… au Vichy–, sans lequel les lignes de démarcation du maillot seraient autant d’affronts aux canons de l’esthétique. Vichy 1940 –cela s’entend–, un egzélent cru.
Bronzez, mes frères ; autobronzez, mes sœurs ; daubez-vous en même temps que vous empoisonnez la mer et ses hôtes ; offrez en pâture vos corps marchandises au vorace appétit des industries cosmétiques qui vous veulent tant de bien en trichant sur le beau ; et comme d’autres applaudirent des deux mains cet autre dictat des années 40, plébiscitez aux côtés des médias celui de la vanité et de la connerie réunies. Mais pas avant d’avoir perdu vos kilos hivernaux !
Déjà 11 heures ? Et les potes qui m’attendent Chez Dédé, le bistrot ombragé de la place des platanes..

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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