Téléphone au volant et Sécurité routière

Téléphoner au volant, vrai de vrai que c’est dangereux, et qui plus est très con. À moins d’avoir un volant super intelligent, doué de parole et tant qu’à faire, qui ait des choses à dire et ait envie de parler. Et pour un peu qu’on soit dur de la feuille, sûr qu’en lui parlant on le regardera pour lire sur ses lèvres.
De toute façon, rien que parler lorsqu’on est au volant, c’est super dangereux. Tu te parles tranquillement, et tout attentif à ce que tu te racontes, tu ne vois pas les deux costauds en blanc, croix rouges sur leur blouse, qui te doublent dans une fourgonnette blanche et te regardent méchant. Queue de poisson. Tu as juste le temps de voir ce qui est écrit sur la porte arrière qui s’ouvre fissa : Hôpital psychiatrique, et te voilà encamisolé, direction les dingues. Quand je disais que c’est dangereux de parler quand on conduit.
Avec des passagers, c’est du pareil au même. On cause, on s’échauffe, on n’est pas d’accord, on s’engueule, on se traite de noms d’oiseaux qu’il faut les répéter pour que ce soit bien entendu. Viens me le dire en face, ce que tu viens de me traiter, on finit par gueuler en lâchant le volant pour se préparer à une distribution de mandales. Deux trois directs, et c’est l’accident. La parlotte, en bagnole, pire que dangereux, c’est périlleux. Périlleux, ça veut dire que ça te met en péril, comme le saut du même nom, surtout si tu le pratiques dans ta cuisine où ta bonne femme elle t’a seriné pour que tu poses du carrelage, que toi, le lino, ça faisait autant l’affaire, même qu’ils en font du imitation carrelage.
On cause, on cause, mais y’a pire que de parler au volant. Déjà les GPS, que non seulement ils parlent, mais en plus ils font télé. Y’a qu’à voir les bagnoles qui se rentrent dedans sans retenue, surtout en ville, à cause que les conducteurs ils sont plongés dans leur GPS. Et je parle pas des embouteillages, cinq minutes, passe encore, mais une demie heure, ce qui fait 30 minutes, tu fais quoi pour t’occuper, une fois que tu as téléphoné au volant, que tu as cherché sur ton GPS le meilleur itinéraire pour être à l’heure à ton rancard, que tu t’es consciencieusement ramoné les naseaux et que tu t’es fait des boulettes en faisant gaffe de ne pas t’en mettre partout, surtout pas sur le volant, que tu pourrais tout aussi bien lui boucher les esgourdes. Tu fais quoi ? Bon, tu te grattes deux ou trois fois les couilles, mais y en a pas pour la vie des rats, vu qu’on en a que deux. Tu baîlles un coup ou deux, ça te prend combien de temps ? Dix secondes à tout casser. Quoi, les oreilles ? Désolé, je me balade pas avec ma boîte de Q-Tips. Tu te mouches ? Mouais, s’il reste de quoi, pour pas plus de cinq secondes, une misère. Voui, on peut klaxonner aussi, mais avec le bousin que ça fait, tu n’insistes pas plus de 30 secondes. Pas con, tu as pensé au sandwich. La rocade, tu la connais, et pas rare que l’embouteillage joue les prolongations. Alors tu te le descends, plus un coup de jaja, pour faire passer. Gaffe aux flics qui se pointeraient sur la bande d’arrêt d’urgence, les perfides.
Mais des fois, c’est pas suffisant pour t’occuper. L’embouteillage, pas con, tu comprends que c’est un accident. Loin devant toi, dans le mauvais sens, celui où tu poireautes, ça gyrophare du bleu à l’orange et ça pimponne, qu’on dirait la fête de la musique. Le A magnétique sur ta bagnole, y’a un bail que tu l’as refilé à ton gamin qui l’a refilé au sien, et un feu d’artifice comme celui que tu vois, tu sais ce que ça veut dire : tranquille une demie heure, hors taxes, et au prix du carburant… Tu coupes le moteur, tu sors ton bigophone, merde, pas de réseau. Tu te fais deux minutes de conversation ; trois de vidange des narines ; une à faire des paniers dans le cendrier ; pas cinq pour le casse-dalle et le quart de rouge que tu n’oublies jamais d’embarquer, au cas où ; plus une dernière minute de grattage de coucougnettes. Tuer le temps, c’est pas de la tarte, tu te dis en levant les yeux dans le rétroviseur, occupation pas plus tartignole qu’une autre, surtout si un joli minois se dessine dans le miroir. C’est le cas. Une jolie brunette, ah nom de dieu ! Genre pas farouche, même si ça veut rien dire, mais d’un sex appeal, que les siennes, de piles, sûr que tu les rechargerais si elle était en rade. La file de guimbardes n’a pas avancé d’un pouce et ça clignote toujours autant là-bas : c’est pas demain la veille que ça va décoincer. L’idée d’une petite branlette te passe par la tête, vite abandonnée, pas pour cause de non envie, mais pour cause que –ah, les cons !– la rocade est sous surveillance vidéo et une caméra renifleuse (le tout dernier modèle) plantée à pas dix mètres te reluque et te snife du haut de son pylône blindé. Quoi faire pour tuer les minutes qui s’égrènent moins vite que des pavés du nord dans un sablier ? S’emmerder ? C’est ce que tu fais en bayant aux corneilles les yeux au plafond de ta tire, en laissant ta main, livrée à elle-même, tripoter ce qui ressemble au frein à main. Lorsqu’une sale secousse et le sale bruit qui va avec te tire de ta torpeur et de tes réflexions nécessairement métaphysiques. Preuve, s’il en fallait encore, que se raconter des trucs, ne serait-ce que par la pensée, est dangereux lorsqu’on est au volant.
Aussi ne puis-je qu’encourager ces responsables qui œuvrent pour une interdiction totale du téléphone au volant, en souhaitant qu’ils n’en restent pas là quant aux mesures à prendre pour renforcer la sécurité routière et renflouer les caisses de l’état.

Alors, que l’interdiction de téléphoner en voiture soit suivie par  les interdictions :

D’utiliser tout type de GPS, avertisseur de radar ou similaires ;
d’écouter la radio et surtout d’introduire ou d »extraire un CD d’un quelconque appareil de diffusion du son ;
de prendre livraison de quelque nourriture que ce soit dans un drive ;
de poster son courrier sans se lever le cul du siège, alors que tourne le moteur ;
de grignoter, faire bombance, fumer, boire, se shooter, avaler des médicaments ;
d’éternuer, tousser, péter, rire et pleurer ;
de se gratter les parties génitales et l’orifice anal ;
d’avoir la diarrhée ;
de se masturber, se faire masturber, voire mieux ;
de se curer ongles, narines, oreilles, doigts de pied, se faire les ongles ;
de se doucher sous prétexte qu’on est en décapotable et qu’il pleut ;
de jouer aux cartes, échecs ou tout autre jeu de société ;
de tricoter, faire du tricotin, broder à l’aiguille ou au crochet, denteller au tambour ou au fuseau ;
d’extraire de quelque contenant que ce soit ou l’y remiser argent comme carte bancaire avant et après péage ;
de pratiquer toute forme de prière, plus particulièrment chez les musulmans ;
de mourir (un mort au volant serait, dit-on, plus dangereux pour les autres usagers qu’une personne vivante)

Et surtout, que tout véhicule soit obligatoirement équipé d’un mouchard (Boîte noire), et tout conducteur d’une puce électronique dans le cul, qui dénonce ses agissements.

Pour Le Conseil national de la débilité routière : PCJV

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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8 commentaires pour Téléphone au volant et Sécurité routière

  1. Un effet de mode qui s’avère particulièrement pervers. Selon les statistiques présentées aujourd’hui, le port de la frange au volant aurait causé plus de 5% des accidents de la route l’année passée. Et contrairement à ce que laissent penser les expressions machistes et sexistes sur les femmes et la conduite, les hommes sont tout aussi concernés que les femmes par cette mesure. Reportage.

  2. j’ai une colleque cela signifie t’il quand on conduit et que de temps en temps on a l’impression que le volant perds sa dureté,que d’un coup j’arrive à le tourner trop souplement limite à donner l’impression qu’il n’est plus correctement lié à la rotation des roues , à donner l’impression que l’on peut en perdre sa trajectoire, comme si on était sur du léger verglasalors qu’il n’y a pas de voyant alluméje ne perds pas ma trajectoire pour autant (meme si ça m’est arrivé dans un rond point une fois) mais je sens entre mes mains qu’il est moins durça veut dire quoi ?

    • Dali a peint une montre molle. Pompant légèrement ce qu’il a fait, un illustre inconnu a peint un volant mou. S’inspirant de cette peinture, une marque d’automobiles dont je tairai le nom a fabriqué une voiture (si on peut appeler ça ainsi) avec un volant mou gonflable. Peut-être êtes-vous en possession de ce modèle ? Je galège, of course !

  3. Lane Rodgers dit :

    Qu’à cela ne tienne, « ma main est ferme sur le volant, direction le socialisme », rétorque Maduro. Il faut dire que la campagne électorale offre bien peu de moments de grandeur politique. La confrontation idéologique est aux abonnés absents. Même la moustache fournie du socialiste est sujette à raillerie. C’est dire.

  4. Cornelius P. Jacobs dit :

    Bon soir: what is the difference in usage between « ça veut dire » and « c’est-à-dire » ? and is the following example correct: « Chez moi on célèbre Noël le vingt-cinq décembre suivant la coutume en Angleterre. Ça veut dire qu’on ne fait pas le réveillon, mais on prend le repas de fête le jour de Noël. » all advice – and corrections – greatly appreciated! thanks.

    • « ça veut dire » précède souvent une explication. Exemple : « Il pleut, ça veut dire (ou : ce qui veut dire) qu’il ne fait pas beau temps ». Avec « ça veut dire », on précise le sens en expliquant, en traduisant. Exemple : le mot anglais « between », ça veut dire « entre » – le mot anglais « black », ça veut dire (ça signifie) « noir ».
      L’expression « c’est à dire ? » répond souvent à l’interrogation d’un interlocuteur. Elle peut se dire « Qu’est-ce à dire ? » (mon interlocuteur me demande de préciser, pour vérifier s’il a bien compris).
      Autres exemples :
      Moi : – Vous savez, je n’ai pas eu une vie facile.
      Lui : – C’est à dire ?
      Moi : – Avoir eu Joseph pour parents, croyez-moi, ça n’est pas rien.
      Lui : – Mais encore ? (ici, synonyme de « c’est à dire », mais cela évite une répétition)
      Moi : – Et bien oui, ça oblige à se tenir comme il faut, à faire des miracles pas toujours faciles, vous comprenez ?
      Lui : – Oui, je vois…

      « ça veut dire » correspond à une demande et à la réponse d’une explication succincte, sans en rajouter – « c’est à dire » correspond à une demande plus large, plus profonde, et à une réponse adéquate avec des détails, des justifications des propos que l’on tient, des démonstrations.

      EZn espérant vous avoir éclairé.

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