Voeux

À c’t’heure, 2013 est exsangue. Dans quèques gros paquets de minutes, ce sera à 2014 de jouer. À quoi ? J’en sais fichtre rien, n’en attends pas grand chose, ni tranquillité d’esprit, ni paix dans le monde ou ailleurs, les illusions, vu là où ça mène, autant s’en passer, il y a pire comme privations. Puis franchement, par rapport à ceux qui n’ont pour se nourrir que l’espoir de pouvoir se nourrir, les illusions qui nous bercent et nous endorment débouchent sur pas grand chose de bien méchant. Comme le nombre de jours qu’il y a dans une année, quantité qui induit le temps de travail, ce que savent les travailleurs, donc, aujourd’hui, plus grand monde, à part peut-être celles et ceux qui usent leur fond de pantalon ou leur petite culotte sur les bancs de l’Assemblée, c’est un exemple, à ne pas suivre, surtout du côté de Bruxelles, comme me l’a narré un élu avec qui je pochtronais encore il n’y a pas dix minutes, ce qui signifie que ça ne fait pas dix minutes exactement, mais qu’il en aurait fallu de peu que ça les fasse.
2014. Le 31 décembre 2014 au soir, combien de jours aurons nous vécu sous sa houlette ? On n’en sait rien. Certains, à base de calculs simplistes, affirment qu’on aura vécu 365 jours. Je veux bien, mais encore faut-il s’entendre sur le sens de « vécu », et faudra-t-il être encore en vie pour pouvoir vérifier qu’on aura bien vécu 365 jours, et non 364, moins, ou 366, nombre de jours qu’on est censé vivre les années bissextiles, les plus fatigantes, à cause de la journée de travail supplémentaire qui nous est infligée, sauf si on fait l’usine buissonnière, comme s’il y avait encore des buissons pour se cacher lorsque le patron de la boîte passe dans sa Torpédo.
Les fins d’années, c’est presque pire que le début des mêmes. En fin d’année, à la seule idée qu’il va falloir envoyer ses vœux, 85% des gens dépriment, et parmi eux, seuls 10 % adressent effectivement leurs vœux sous forme de SMS idiot ou convenu, sous forme de carte (de vœux) la plus moche possible que le facteur est le seul à regarder au cas où il y aurait un timbre à chiper, sous forme d’e-mail que personne ne lit, sous forme encore d’un coup de fil sans aucun intérêt depuis que les préposées des pététés ont été affectées à un autre job que celui d’écouter commérages, ragots et autres balivernes telles les vœux ; et sous forme d’un bristol, parce que les vieilleries ont la vie dure. Ceux qui n’ont pas adressé leurs vœux à des gens dont, le reste de l’année ils se foutent éperdument, tombent malades à cause de la culpabilité qui les tenaille, c’est terrible.
Les vœux et moi, ça fait deux, hors taxes. Alors si j’en envoie, c’est qu’à ceux qui sont seuls, et va savoir s’ils ne seraient pas si désolés qu’on croit. Du coup, je me demande si ça vaut le coup de leur adresser mes vœux.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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