Sale temps pour les Roms

Les Roms, ceux qui débarquent en France, moi je serais eux, je me barrerais vite fait ailleurs, à moins qu’ils tiennent vraiment à danser la valse au grand bal qui se prépare. C’est qu’on en a de grands musiciens joueurs de flûtiau et de cor, prêts à faire danser les Roms comme le faisait notre bon roi Louis le Quatorzième. Qui n’y allait pas avec le dos de la cuiller pour s’en débarrasser : les mâles aux galères, leurs femelles –rasage gratis− marquées du sceau de l’infamie, les grouillants, morve au nez, enfermés dans des hospices pour y être exploités et maltraités. Entre Valls, à la baguette −un Iznogoud qui n’a pas les deux pieds dans le même soulier et à côté duquel Sarko est l’incarnation d’un généreux humanisme− et notre Marine Nationale −qui se la joue Roland à Roncevaux, preuve qu’elle connaît moins l’histoire que le Horst-Wessel-Lied, l’hymne officiel des SA et du parti national socialiste des travailleurs allemands, gentils garçons qui travaillent d’arrache-pied à la restauration de l’ordre (nouveau),− ne manque plus que l’événement qui ouvrira le bal : des élections européennes au doux goût de la xénophobie imbécile et de la haine. Raciale.

sale temps pour les roms

C’est un gag ? Voui !

Les Roms, je serais eux, je penserais à retourner là d’où ils sont partis ou à se trouver un pays d’Europe moins hostile, à défaut d’être plus accueillant, donc n’importe quel autre que la douce France. Moi, je serais à l’intérieur, je te mettrais ces traine-savates dans un avion, dans des camions bâchés dans un train avec un coup de pied au cul pour leur donner de l’élan, et zou, raus ! Schnell ! Ça risquerait de poser problème parce qu’ils sont Européens ? Avec les mêmes droits que les Européens ? Mouais…
La Déclaration des Droits de l’Homme a beau parler d’égalité, pas sûr que tout le monde en ait la même définition. L’égalité avec qui, d’abord ? Déjà qu’entre les Européens, ça n’est pas si simple. Européens, moi je veux bien, si on m’explique ce que ça veut dire. Français-européen, ou Allemand-européen, qui est déjà la classe au-dessus, je vois à peu près ; Grecs-européens, c’est déjà pas la même ; mais Roms-européens, ça veut dire quoi ? Puis ceux qui viennent en France vider nos poulaillers et voler nos gosses avec leurs doigts même pas manucurés, ils viennent d’où ? De Roumanie ? De Bulgarie ? S’ils sont Roumains, pourquoi on ne les dit pas tout simplement Roumains ? Et s’ils sont Bulgares, pourquoi ne les appelle-t-on pas Bulgares ? Itou pour les Slovaques, Hongrois, Croates… Et s’ils sont européens, pourquoi le marché du travail, sans lequel ils ne peuvent pas s’intégrer, leur est-il fermé ?

Les juifs, les arabes, les musulmans, faut plus trop y toucher et, question de boucs émissaires, on commençait à craindre la pénurie. Mais ouf ! on a trouvé les successeurs, merci les Roms. Qu’on peut accuser des maux dont on ne peut plus accuser les David, Esther, Aaaron, Ziva, Nathan, Sarah, pas plus que les Ali, Mehdi, Leïla, Sofiane, Yasmine. Alors on les accable, on condamne leur conduite, on les incrimine ces Roms qui nous envahissent, souillent nos villes et nos campagnes. Une terrible horde de 20000 Roms, ce qui en fait, si mes calculs sont bons, font 200 par département, bref, une horreur qui doit coûter, entre les opérations de police, les destructions de campements, les travaux de voirie… coûter la peau des fesses aux contribuables. Question idiote : combien y a-t-il de chiens en France ? Que représente la masse de leurs déjections ? Combien leur enlèvement coûte-t-il aux collectivités ? Combien coûtent les dégâts corporels dont ils sont responsables ? Enfin, question annexe, à combien d’euros revient un chien ? 

En 1983, la marche des beurs avait quand même fait bouger un peu les chose. Certes, ils représentaient un électorat potentiel, contrairement aux Roms considérés comme étant une sous-race par les Marine Nationale et comparses −pas nécessairement de droite, c’te blague !−, ou comme étant incapables de s’intégrer à notre société (mais aptes à se désintégrer) selon Les Valls et affidés −on se place comme on peut−, Roms qui ne risquent en aucune façon de se rendre dans quelque bureau de vote que ce soit, on s’en doute.

Alors à quand une marche des Roms sur la place Beauvau ou l’Elysée ? Avec le soutien des Roms “intégrés” ? Ne rêvons pas et rappelons-nous comment les immigrés juifs de la première génération avaient accueilli ceux de la deuxième. Les Roms d’origine parfaitement intégrés à la société française ne manquent pourtant pas, mais sont-ils prêts à faire leur coming out et à dévoiler leur origine… honteuse ?
Comment “Rom”, terme générique (adopté par l’Union romani internationale lors du premier Congrès international des Roms, en 2002) pour désigner des groupes ethniques hétérogènes, quoique ayant des racines communes, a pu à ce point devenir cette désignation infamante dans la bouche de responsables politiques qui se réclament de la patrie des Droits de l’Homme ?

Moi, je serais Rom, et quitte à faire naufrage, je me demande si je ne préférerais pas être Afghan, Maghrébin, Turc, Africain subsaharien… et m’embarquer sur un vieux rafiot qui coulerait au large de Lampedusa.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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