Ne mords pas ma main si je te nourris

Pris quèques jours de repos. Pris, pas volés. C’est pas que c’est pas mon genre, c’est la peur du gendarme. Papiers, qu’ils disent, et si t’en a pas, tu l’as dans le cul, mon gars. Au poste ! La gégène, c’est râpé, mais faut pas trop y croire, y’en a d’autres des gégènes, plus finaudes. Pis de toute façon, y’en a pas besoin. L’internet fait le boulot tout seul, ou les cartes bancaires.
Bref, j’y viens. J’arrive à la casbah, je m’installe. Un godet, un casse dalle. Miaou, que j’entends. Un moche miaou, entre violon qu’aurait pris la flotte et ch’sais pas. Re miaou.
Je me lève. Crrrsss font mes godasses sur le gravier. Ça le fait se pointer.
Vilain comme pas deux, le poil collé là où il se gratte, et ailleurs. Les bestiaux j’aime pas tant, mais j’y peux rien, ils m’aiment. Les cons.
Il s’approche, miaoute. Une corneille qui ferait le rossignol, si vous voyez c’que j’veux dire. Se frotte à mes jambes.
Efflanqué comme pas la moitié d’un. Sûr qu’il a les crocs. L’a beau être moche et pas faire envie, vous feriez quoi ? C’est vrai que vous y étiez pas. Alors comme je suis seul, je partage. Une rondelle de sauc’, un morceau de brichton. Etc. Un vorace pareil, ça s’invente pas, faut voir ça.

Je remets ça, il remet ça, plus miaou à toutes les bouchées. Il s’empiffre.
Fini le casse dalle (il s’en est torché à l’aise la  moitié), il vient vers moi. Miaule comme un dératé, le regard méchant. Le v’là t’y pas qui me fonce dessus. Crochet du droit, coup de griffe, crochet du gauche, coup de griffe. Je lui décoche un coup de latte. Il revient à la charge.
C’est qu’il doit crever de soif, je me dis. Le sauc’, ça assèche les muqueuses. Un coup de jaja pour ma pomme, un bol de flotte pour la sienne. Un bestiau pareil, ça peut qu’avoir traversé le désert. Trois bols de flotte le regonflent.

Le soir. Le v’là qui remet ça. Il demande pas, il exige, méchant. Me refait le coup du boxeur. Les bêtes battues, ça fait comme les gamins. Ça devient méchant, des fois. Méchant et con. Je prends mon élan, je shoote. Pas trop fort, on a de la mesure ou pas.
La méchanceté, on y peut quelque chose, mais la connerie, c’est pas la même.

Pépère, plus tard, j’ai mis la télé. Le jité. Que des intellos commençaient à se bagarrer entre migrants d’un côté, qu’on dit, et réfugiés de l’autre qu’il paraît qu’on devrait dire, que ça change tout. Suivi de la Hongrie en direct où on voyait une floppée de bonshommes, de gamines, de bonnes femmes paumées avec des gosses, et plus loin d’autres gugusses qui gueulaient Allahou akbar et se branchaient sérieux avec les flics.
J’y peux rien. Ça m’a ramené au chat.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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