Franchissement de ligne rouge

Tchou tchou, faisaient tranquillement les jolis trains de la SNCF quand ils gagnaient sans encombre les vastes plaines d’Allemagne ou de Pologne. Mais les tchou tchou étaient faiblards, et c’était l’heure du thé.

Paraîtrait que la ligne rouge a été franchie. Encore une fois, celle de trop, la dernière ? Ah, les salopiots ! Mais quelle ligne rouge, où ? quand ? comment ? Par qui ? Par quel temps ? Est-ce à cause d’un mirage qu’elle a été franchie ? Ou à cause d’un vent de sable qui a brouillé les pistes ? Celui ou ceux qui l’ont franchie avaient-ils un coup dans l’aile, et l’ayant, n’ont-ils tout simplement pu se diriger comme ils l’entendaient, rendus aveugles par la visibilité réduite à néant ? Était-ce une ligne continue, une double, une parmentière à cause que ceux qui l’avaient tracée avaient le hoquet ou pas assez de peinture pour l’empêcher d’être hachée menue ? Était-elle gravée dans le sable et celui-ci se serait-il écoulé sur elle, la dissimulant aux regards que l’oxyde de silicium aurait rendu vitreux  ?
Autant de questions que, comme moi, vous vous posez sans doute et auxquelles, à la merci, allah merci dieu merci, d’experts spécialistes, de fins scientifiques, stratèges politiques et plein d’autres trucs en ique, à qui faut pas la faire, nous répondent chaque jour sur les antennes de téèssèfe et sur les machines qui font écran entre nous et la réalité : téléviseurs, ordinateurs, téléphoneurs et autres monstres bouffeurs de temps et d’énergie.
Et, cerise sur le gâteau –comme disent les confiseurs dont le chiffre d’affaire a explosé depuis l’apparition de cette expression imbécile–, les pros de la conjecturation (habile mélange de conjecture et de conjuration), savent, décrètent savoir, avancent, hypothèsent, suppositionnent, conditionellent, etc., nous éclairent sur ce qui va se passer, c’est sûr, s’ils mentent ils vont en enfer. Mais d’une malfaçon ou d’une autre, le résultat sera de continuer à envoyer ad patres quelques milliers de peigne-culs plus ou moins innocents, que ça leur apprenne à être nés irakiens, afghans, tunisiens, libyens, égyptiens, maliens, syriens ou rien, des riens de riens. Ou indiens, si on change d’époque ou, tout ce qu’on veut, les exemples ne manquent pas, à condition, toutefois, de n’ouvrir des livres d’histoire que ceux qui n’ont rien d’officiel, même s’ils sont plus chers :  la vérité a un prix.
Vouloir civiliser des sauvages primitifs à coups de pieds dans le cul, c’est bien, et dieu sait, à moins qu’il ait oublié l’éradication bienfaitrice à laquelle des hommes, partout, se sont livrés en son nom, combien cela est profitable aux généreux donneurs de coups de machettes, de rafales de plomb, de salvatrices salves d’artillerie, qui voient avec jubilation se former de jolis trous dans les effectifs de ces emmerdeurs sans le sou, poètes, libertaires et autres loquedus qui rechignent à courber le dos, les andouilles !

Mais laissons ceux qui s’y connaissent causer de tout cela.
Comme on dit par chez moi, une pampa où on n’a pas les deux pieds dans le même sabot, ce qui compte, dans la vie, c’est ce qui compte, et ce qui compte, ça compte pas pour du beurre. Bref, ce qu’on dit et ce qu’on fait, c’est par intérêt perso, ce qu’ont compris les experts dont je causais, têtes pensantes qui pensent pour nous mais qui ne risquent pas de se bouger le cul pour aller panser les idiots qui se positionnent très exactement sur la trajectoire de la balle que les petits copains experts auront fournie, d’une façon ou d’une autre. Ce dont on se rend compte en jouant le touriste internet en cliquant sur Afghanistan, Iraq, Égypte, Libye où ça n’est pas le Pérou, comme le disait un Grand d’Espagne qui avait fait le conquistador, à la bonne époque où un bon indien était un indien mort. Et ça n’est pas parce que personne ne l’avait alors que personne ne l’avait pensé. Je cite les indiens pour ne citer ni les Khmers, ni les juifs, ni les Polaks, ni les Ukrainiens, ni les Irlandais, ni les Rwandais, ni les Chinois, etc., et ni les Syriens, ouf ! mais il y en a d’autres, oubliés. Sinon, à quoi serviraient les quantités phénoménales d’armes et de munitions fabriquées dans le monde, je vous le demande.

Crotte de bique, je me suis encore laissé aller.
Plus de 100 000 morts, pour une grande part à l’actif des huns uns et pour une moindre part à l’actif des autres, résistants authentiques, sauvages d’al-kaïdi al-kaïda, transfuges indignes qui devraient éviter de tourner le dos à leurs anciens maîtres tant que ceux-ci, sentant le vent tourner, n’auront pas retourné leur burnou, 100 000 morts, disais-je, c’est quand même loin du miracle stalinien, et minable par rapport aux basses œuvres polpotiennes. Et ça reste en deça du nombre de victimes civiles de la guerre d’Iraq. Bref, c’est nul. Sans doute raison pour laquelle les va-t’en-guerre de France, de Navarre et des États unis ont envie d’en découdre. Je veux dire, en faire découdre à des soldats stupides à qui on aura joué le couplet de la patrie en danger, que je me demande ce que fout Dieu, encore une fois. Félicitons-nous toutefois que, grâce aux plâtres qu’ils auront essuyés lors des épisodes précédents, notamment en Iraq, quelques responsables préfèrent faire profil bas et envoyer les faucons aller se faire voir ailleurs.
100 000 morts, plus ceux qui étaient du mauvais côté de la ligne rouge, c’est bête, mais si peu. Un branquignole ? le gars Bachar, qui n’a pas vu venir les holà de cette partie de la communauté internationale très émue du fait (supposé ?). On le gronde pour ces quelques minables morts, on est prêt à être sur le point de réagir si la météo du week-end oblige à annuler le pique-nique à la plage, on se prépare à le menacer de menaces.

Enfin, faudra un jour qu’on m’explique comment des abrutis imbus de leur vain pouvoir en arrivent à s’arroger le droit d’imposer la liberté (une liberté selon leur propre point de vue, moins propre qu’il n’y paraît) et la démocratie (et quelle démocratie !) à coups de sabre, de goupillon et de fifrelins. Ces décisionnaires ne seraient-ils que de sales mioches voulant jouer à la guéguerre ? Ou seraient-ils l’incarnation de la Vérité ? Divine.
Puis faudra aussi que l’on m’explique comment un abruti censé défendre les intérêts de son peuple en arrive à le mettre à genoux et à l’assassiner tandis que, hors de son pays, se ferment pudiquement les yeux, les oreilles et les lèvres des témoins, comme se ferment les volets au passage d’un étranger.

On l’aura compris : Bachar n’est là, dans ces lignes, que pour amuser la galerie. Bachar , cible facvile qui, bientôt, semblera n’avoir été qu’un enfant de choeur. Parce qu’on fera mieux ailleurs, là-bas, et ici même où les effets des premiers flux migratoires se font sentir. Déjà mauvais, côté Europe centrale et de l’est.

Tchou tchou, faisaient tranquillement les jolis trains de la SNCF quand ils gagnaient sans encombre les vastes plaines d’Allemagne ou de Pologne. Mais les tchou tchou étaient faiblards, et c’était l’heure du thé.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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