Un calendrier pour un temps de bonheurs

2015 est moribonde. Fragilisée par un dernier trimestre pas plus facile à vivre que les autres, voire pire, 2015 ne devrait pas passer l’hiver. 2016 serait sur le point de lui succéder. Dans ce cas, compte tenu de l’état lamentable de 2015 qui, manifestement, n’a plus toute sa tête, pourquoi 2016 ne lui succéderait-elle pas avant  l’échéance fatidique bêtement imposée par un calendrier dont on peut, à juste titre, s’interroger sur le bien fondé ? Certes la tradition voudrait qu’on attende sagement, mais est-ce sagesse que courir le risque d’être sous la coupe d’une année sénile qui n’en peut plus d’usure et dont les décisions pourraient s’avérer ineptes, voire dangereuses.
2016 d’ores et déjà aux commandes, c’est l’assurance de cesser d’encore perdre du temps dans une année qui s’éternise, année que l’on peut, en passant, qualifier de pourrie. C’est aussi la garantie de faire la fête plus vite que prévu, ce qui n’est pas une mauvaise chose si on pense qu’à chaque instant un mauvais coup du destin peut nous ôter la vie. Aurions-nous le cœur à rendre le dernier souffle pleins du regret de n’avoir point festoyé sous prétexte de l’observance obstinée d’un ordonnancement calendaire dont le sens, avant même d’avoir franchi les confins de notre système solaire, n’a pas de raison d’être.
2015 la pessimiste et 2016 l’optimiste pourraient-elles gouverner de concert ? Chacune ayant ses propres prérogatives et fonctions d’égales importances, ainsi que des émoluments de même valeur de façon à ne privilégier ni l’une, ni l’autre ?
Ou ne pourraient-elles pas s’en tenir à une cohabitation où le destin distribuerait les rôles, le principal et le secondaire ? Un pile ou face, un tirage à la courte paille ou une simple comptine satisferaient chacune des deux années, n’en doutons pas. Mais l’entente cordiale souhaitée résisterait-elle aux appétits de 2016, la plus jeune ? Et si celle-ci prenait de l’ascendant sur son aînée, cette dernière  ne lui mettrait-elle pas des bâtons dans les roues ? Au final, le risque qu’elles se déchirent n’est-il pas trop grand pour le courir ?
Bien sûr, rien n’empêcherait que les deux années s’entendent comme larrons en foire. Dans ce cas, unies par une amitié indéfectible, et l’union faisant la force, le couple assuré de sa puissance ne se comporterait-il pas en potentat ?

Et si, plutôt que de nous laisser mener par le bout du nez par les calendriers qui se succèdent, passant comme ici de 2015 à 2016, nous prenions notre destin en main ?
Pour ma part, c’est fait. J’ai extrait la meilleure année de tous mes calendriers, celle qui me fut le plus profitable en toutes choses. 1944, l’année de ma conception. Parmi les calendriers que le facteur avait présentés à ma mère, celle-ci en avait choisi un avec un chat. Un dessin de chat, les photos, en cette période, étant moins courantes que les tickets de rationnement. Le seul chat parmi tous les calendriers que j’ai soigneusement conservés, qui vont de 1936 jusqu’à 2016.
Une année de bonheur, m’avait toujours dit ma mère.

Je l’ai dépoussiéré, ai gommé du mieux que j’ai pu les jours un peu sombres, ai rafraîchi aux crayons de couleur les jours heureux et souligné ceux de bonheur. Il fera pour 2016, pour 2017, pour 2018, pour 2019, 2020, 2021, 2022,  2023, 24, 25, 26, 27, 28 et pour aussi loin que j’irai.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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