Que sera ma prochaine réincarnation ?

Si j’aurais su, j’aurais pas demandé à être une dinde pour cette incarnation. Ni oie, ni canard, ni saumon, ni même huître ou escargot. Marron, c’est tout juste. Pour me retrouver coincé dans une dinde ? Cardon ? Les trucs à côtes, avec les fils qui se mettent entre les dents, non merci. Caviar ? Y’a pire, m’est avis. Surtout question décorum, du genre à rendre baba.
Une fois j’avais fait caviar. J’avais demandé œuf de poulette (j’en avais repéré une fringante et tout…), mais cette andouille avait avorté sous prétexte que… Du coup, comme il fallait me caser puisque le temps de ma réincarnation était venu, on m’avait trouvé une esturgeonne. Excepté le mal de rivière, comme le mal de mer, mais en pire, et la mise en boîte où les frangins et frangines se gaussaient de mon allure parce que je n’étais pas tout à fait fini, ça n’avait pas été si mal. Puis parce que c’est dans l’ordre des choses il m’avait bien fallu trépasser. C’est obligatoire, on n’y coupe pas, on n’a pas le choix, c’est comme ça.
Aspiré par une pure énergie je m’étais retrouvée à tournicoter à tout berzingue dans le fameux tunnel que tout le monde connaît, sauf qu’il était sombre et un rien gluant. Avec au bout la fameuse lueur et le sentiment ineffable de je ne sais quoi puisque c’est ineffable.
Une lueur si diaphane qu’elle en était transparente au point qu’on eut dit de l’eau ou qu’un taiseux l’eut pensée telle. Un instant j’avais craint devoir me retrouver dans le merdier d’un quelconque cabzingue.  J’avais entendu un plouf amorti et m’étais réveillée œuf. Œuf de dinde, soit disant que j’en avais exprimé le souhait à mon confesseur, m’est avis un escroc en cheville avec une multinationale étroitement liée aux industries agroalimentaires dont le tiers du chiffre d’affaire, c’est connu, se fait à l’occasion des fêtes de fin d’année.
Bref, le temps de me préparer à dire ouf c’est fini, je me suis retrouvée à me geler les cuisses dans un congélateur. Dieu merci, ce n’était pas un inconnu puisque nous avions vécu un temps ensemble dans un immeuble de luxe de la société Petrossian, certes serrées comme des sardines, mais en toute sécurité.
Ces retrouvailles chaleureuses ne durèrent que le temps qu’il me fallut pour choper une pneumonie. Qui m’emporta.
En cet instant je suis en attente quelque part dans les limbes à attendre ma nouvelle affectation. Je prie tout ce que je peux pour n’être ni gouttes nasales,  ni anti-inflammatoire, ni surtout vaccin, que ça manquerait de volontaires, tu m’étonnes ! Non ; si j’avais le choix, je me ferais virus. Un virus balèze qui aurait avec assez d’estomac pour rendre visite à quelques fieffés salopards.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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