Un accord majeur parfait (mouais…) en Asie centrale. Et Chez nous ?

Un accord majeur en Asie centrale

Selon notre correspondant au Blennoragistan, en l’occurrence moi-même qui y étais il y a moins de temps qu’il n’en faut pour le dire et surtout pour en revenir fissa avec les forces de police locales aux fesses, un accord majeur aurait été signé entre le Président de ce pays et le Président de l’Assemblée  du Mahagoni, une province du Yakmoakiconte, frontalière du Tüpøtegrathai.

Un accord ? Tiens donc !
Un accord majeur, ça doit sonner juste, et pas qu’un peu, mon n’veu. Déjà il faut une dominante,  elle y est, c’est le Yakmoakiconte, une charmante dictature où je m’étais déjà rendu il y a quelques années, je devrais dire un siècle. Ce qui fait qu’il y a un dominé, logique : la charmante province au nom poétique de Mahagoni, une consonance qui pourrait faire penser à un pays de cocagne, sauf que… Dominante qu’on appelle aussi la fondamentale, pour ne vexer personne, encore que, une des parties étant fondamentale, l‘autre a de fortes chances d’être insignifiante. Il faut aussi une tierce avec quatre demi-tons qui la séparent d’elle. Puis une quinte. Celle-là, pas de doute qu’elle y est, car les accords, majeurs ou pas, autant savoir que ça en fait tousser plus d’un. La tierce, je ne sais pas exactement ce que c’est ; cependant m’est avis que ça doit ressembler à un témoin ou à un troisième larron que l’on a fait venir pour compter les points et faire le loufiat, ce dont cette région d’Asie centrale ne manque pas. Maintenant, je ne veux pas dire que l’accord ne soit pas majeur, non, ce que je veux dire, c’est que c’est un accord de dupes. Entre celui qui a proprement entourloupé l’autre, et l’autre qui sait qu’il s’est fait baiser, mais qui aime ça, fait semblant de l’aimer, ou se contente de plaire pour continuer à exister. En cela, on peut dire qu’un tel accord est non seulement majeur, mais parfait.
Celui qui l’a dans le baba, le dupé, lésé, défavorisé, pénalisé, apprécie jusqu’à ce que, à force de trop se faire baiser et passer son temps à appeler SOS plombiers pour se faire refaire la tuyauterie, il se mette à regimber. Le salopiot qui ne tient pas sa parole, ni ne la retient.
Les discordances s’affichent au grand jour, les couacs s’enchaînent, et malgré les milices de surveillance qui contrôlent les cals que les citoyens se font au creux des mains s’ils font bien sagement la claque à leurs chefs tant aimés, plus personne n’applaudit aux prestations des cliques politicardes d’où s’envolent dans les cieux encore cléments de jolis canards. Plus personne ? Si : les marchands de canons, car on affute les prétextes pour préparer la guerre. Et peu importe qu’elle oppose les ressortissants d’un même pays ou qu’elle se porte au-delà des frontières, les guerres civiles comme les conflits internationaux présentant les mêmes intérêts pour les charognards.
L’argent étant le nerf de la guerre, et avec le soutien de la presse sous pression, on en fabrique si les presses d’état sont en état, on le vole au peuple sinon. Et le retour sur investissement étant acquis, l’argent circule comme jamais, en toute discrétion, pour aller remplir les escarcelles des seigneurs de la guerre et des faucons qui l’auront prônée.

Dieu merci, cela ne risque pas d’arriver chez nous, en Europe et moins encore en notre douce France, où règnent la liberté, l’équité, l’ordre, la justice, le Camembert, le rouquin, les animateurs télé comme Anona (un nom qui ressemble à ça), Routier (me semble-t-il), un certain Casta je ne sais plus quoi, plus quelques autres animateurs de second plan, genre commis de l’état à deux balles, qui ont élevé leur inculture au rang de valeur républicaine et l’ont mise au service de la nation. À l’instar de cette joueuse de flûtiau, une jeunette au prénom prédestiné qui présente un numéro de charmeuse de serpents, ou de ces illusionnistes dont le tour consiste à faire prendre des vessies pour des lanternes – et ça marche, comme s’il y avait un accord (majeur) implicite. Preuve s’il en fallait qu’élever des ânes et des moutons est à la portée de n’importe qui, pour peu qu’il sache mettre de la poudre aux yeux d’un public et lui bonimenter des sornettes. Et, miracle de la démocratie, plus la nourriture est frelatée et bourrée de somnifères, moins le peuple se révolte ; et plus le peuple est anesthésié, plus on lui sert du vent et de la médiocrité. En somme, un conflit tout en douceur (comme quoi, nos démocraties ont du bon), le contraire de ce qui se passe du Blennoragistan au Yakmoaquiconte et au Tüpøtegrathai où le but est pourtant le même qu’ici : l’asservissement du plus grand nombre au profit de quelques uns (auto-) déclarés élites et élus.
Tu en dirais quoi, Charlie, si tu t’es remis de ta lobotomie ?


NB : une lecture entre les lignes et une autre au-delà de la premiere ligne et de la dernière n’est absolument pas interdite

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Les raisons pour lesquelles je me suis incarné en être humain

J’aurais eu le choix, j’aurais fait chien pour mon incarnation actuelle. Chien errant, pour le sentiment de liberté que donne l‘errance. Avant, j’aurais vérifié que la fourrière n’existe pas. Mes hurlements auraient affolé les bons toutous à leur mémère, un délice !
Sinon, j’aurais fait guêpe. Une guêpe très loin d’être folle qui se serait renseignée pour savoir si les insecticides étaient inventés, on ne sait jamais, voire même les tapettes à mouches connectées aux tablettes anti-moustiques dont l’efficacité n’est pas à remettre en question pour l’éradication des hyménoptères. Pas une côte de porc qui serait partie à la poubelle avant d’avoir été ratiboisée, par une côte de melon qui n’aurait pas été raclée avant de rejoindre les ordures, pas un seul gosse excité qui n’aurait pas hurlé de douleur après que je lui eus percé sa tendre peau juste pour le plaisir.
Abeille, non, à cause des guêpes tueuses, des migrantes fourbes qui n’ont rien à faire ici, chez nous.
Chat, ça aurait pu faire, à condition que les chiens n’aient pas été créés par un quelconque ami des chiens ou par un toiletteur, on sait la perversité qui les anime. Je n’ai rien contre les chiens, d’autant que j’aurais pu en être un, mais avec cette schizophrénie dont les hommes sont atteints, surtout en fin de journée lorsqu’on est entre chien et loup, non merci. Tu es un bon chien, tu te ballades pour aller tenir conversation avec la poulette gironde du voisin, le soleil vient de se coucher, il y a de la brume, et le temps d’entendre un gueulard crier « au loup », une décharge de chevrotine t’abat, laissant la poulette comme orpheline, à caqueter comme une crécelle. Insupportable !
Canard ? J’y ai pensé, autant qu’oie. Mais qui un jour a ouï une oie cacarder parce qu’elle en a ras-le-gosier ou un canard nasiller lors du gavage (voir à ce propos un article concernant de nouvelles réglementations dans l’agro-alimentaire) ne peut décemment plus désirer être l’une ou l’autre. Propriétaire d’un troupeau d’oie et d’un autre de canards dont je fais d’excellents foie gras, je sais de quoi je parle, et j’ois bien ne jamais m’incarner en de tels volatiles.
Coq, j’aurais plutôt aimé. Dressé sur mon tas de fumier et adulé par mes poulettes, j’aurais chanté de l’aube jusqu’à l’aurore et vice-versa jusqu‘à rendre fous les bobos qui viennent chez les ploucs pour manger leur pain et ester en justice afin d’obtenir l’interdiction du beuglement des bovins qui s‘ennuient, du braiment des ânes qui râlent sous prétexte qu’on les bât, et du tintement des cloches qui ne cesse que lorsque tout le monde est couché. Mais apprécié comme l’est le coq au vin, je me serais tâté avant de choisir cette option, n’étant en rien assuré de me retrouver dans une région dénuée de toute viticulture et pleine comme une outre d’ivrognes stupides qui ignorent que ce qui est bon dans le coq au vin, c’est le pinard.
Être chèvre aurait pu me plaire à cause des enfants qui adorent les chèvres. Ils ne sont hélas pas les seuls, surtout dans les villes de garnison qui abritent un régiment de légionnaires. Supporter les assauts de leur mascotte –un bouc altier et couillu, en rut– ne serait pas contre nature, mais pas question de supporter l’assaut farouche d’une troupe en manque de tendresse. Comment ouïr sans honte les béguètements de satisfaction de la bête diabolique et comment supporter le gras contact des tabliers de cuir des vaillants soldats ?
Alouette m’était venu, comme ça. Mais tout de suite me sont venus les mots pâté, miroir, hélicoptère, épilation, plumage, sans oublier Saint-Claude, charmante cité du Jura et capitale de la pipe. Puis je me suis rappelé l’école, la maîtresse, la leçon de chose sur les cri des animaux. Si la grue trompette, le chien clabaude à l‘occasion, la hyène ricane quand il y a de quoi, le lapin couine dès qu’il aperçoit le couteau qui le délivrera de la myxomatose,
le paon braille pour prévenir l’aveugle qui va se ramasser s’il continue de marcher sans rien voir, la poule glousse de plaisir, le poulet piaule dans son sweet home industriel où il fait 50°, la souris chicote lorsqu’elle se faufile sous l’oreiller d’un gamin berchu pour rafler sa quenotte, la tourterelle caracoule lorsqu‘elle caracole, le zèbre hennit soit qui mal y pense, le pinson ramage, le crapaud coasse, le corbeau croasse, le cochon grouine, le rhinocéros barrit, l’étourneau jase à Vienne, le faisan criaille, la fauvette babille, tandis qu’innocente, l’alouette TURLUTE.
Alors non merci.
Du coup, je suis resté à ce que je connais le mieux : l’homme. L’homme mâle.
Si une prochaine occasion se présente, que j‘ai le choix et que je me sens suffisamment aventureux, peut-être oserai-je la femelle homme. Mais sûrement pas l’alouette ou la chèvre. Sûrement pas.

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Femmes et enfants dans l’état islamique

esclavagismeJe n’ai rien de particulier contre l’islamisme, pas plus que contre le christianisme, le judaïsme, le bouddhisme, le confucianisme, le communisme, le libéralisme et tous les trucs en isme, qu’ils riment ou pas avec dogmatisme et idéalisme. Bien évidemment, rien non plus contre l’héroïsme (quoi que je m’en méfie), l’attentisme, le pacifisme (qui m’a toujours fait rire), l’esclavagisme (auquel en tant que père, époux et chef d’entreprise je ne peux  que souscrire) ou tout plein d’autres trucs en isme. Rien contre, ni en particulier, ni en général, au contraire. Mais ce que je prise tout particulièrement, c’est l’islamisme et son corrélaire, l’islam, auxquels, ces temps-ci, on peut sans crainte de passer pour un imbécile y adjoindre le terrorisme sans lequel le romantisme aurait disparu. Quelques siècles en arrière, j’aurais surtout adoré le christianisme, mais je n’étais pas là. J’oubliais l’ntégrisme auquel mon esprit plus étroit qu’une chaussette de laine lavée à 80° ne peut qu’adhérer.

Pourquoi j’aime à ce point la religion du prophète ? Il y a certes cette incoercible érection élévation spirituelle qui me prend lorsque je m’abîme en une quelconque prière ou méditation, mais il doit y avoir bien autre chose. Certains, et peut-être vous-même, adorent bien les épinards, le gras de viande, la crème (fouettée), les oeufs de cent ans, les cuisses de grenouille de bénitier, le fiel de poulet, les oignons, les cors au pied, le cor au fond des bois et l’angélus, le glas, le sifflement des bombes glacées, et j’en passe. En savent-ils la raison, que dis-je, les raisons profondes ? Est-ce que j’exige d’eux qu’ils me les donnent ? Non. Aussi n’ai-je pas à me justifier, et chacun est assez grand pour le faire à ma place.
Sans l’Islam, pas d’islamisme, et sans l’islamisme, pas d’état islamique. Le vide en quelque sorte. L’état islamique, ses fiers et glorieux soldats qui offrent un avenir radieux à des troupeaux ribambelles de filles et de femmes perdues, et d’un vif coup de sabre offrent la rédemption aux impies qui se trouvent sur leur chemin. Au nom d’Allah et pour sa gloire qui rejaillira sur eux en même temps que le sang des infidèles enfin lavés de leur péchés. De bien belles fleurs écarlates pareront l’accoutrement un rien austère des justiciers. Comment ne pas saluer l’héroïsme, la générosité et le sacrifice de ces soldats de dieu que, d’une certaine façon, j’envie pour cette foi qui les habite, et leur fait croire, enfants au cœur pur, à porcinement vachement mieux que le père Noël, c’est-i pas beau ?

Anticipation.
Des ventres des jeunes filles et des femmes sorties des griffes d’infidèles impies, naîtront bientôt de magnifiques bambins qui, à leur tour, recevront la riche et virile semence de ces beaux guerriers de l’Islam baignés de grandeur et de lumière. Et peu importe, car la vraie foi se joue de cela, que quelque orifice anal d’un mâle enfant soit visité par le glorieux dard d’un soldat d’Allah.
Élevés dans la foi et l’obéissance aveugles à leurs chefs inspirés, et bien que privés du chrétien goupillon, c’est sabre en main qu’à leur tour ils deviendront le fer de lance de la lutte sans merci contre les ténèbres. Inch Allah ?

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Une bien désolante histoire d’amour

Un bail que je n’ai pas eu de ses nouvelles. Mon coup de fil tombe à l’eau. Je lui écris. « T’es morte ou quoi ? »
« Voui » elle me répond, laconique, ce qui me rappelle une escapade amoureuse. Comme c’était pour mes 18 ans, j’avais opté pour le lac Majeur. Elle était venue avec des copines. Elle n’aurait pas dû.
« T’es morte de quoi ? » je lui réponds, curieux. J’aime savoir de quoi meurent les gens, ça peut toujours servir. Soit pour s’en inspirer, au cas où, soit pour ne surtout pas s’en inspirer, au cas où aussi. Je m’attendais à un truc du genre qu’on lit dans les colonnes du journal ou qu’on ne lit pas, comme une maladie honteuse, dans quel cas on évite de le crier sur les toits et de le publier. Mais là où j’habite, il n’y a pas de risque, à cause que les maisons n’ont pas de toit. Des terrasses, rien que des terrasses.
Elle me raconte qu’elle est morte de langueur.  Connais pas. Dans le dictionnaire, ça cause d’affaissement moral et physique, avec pour exemple « langueur d’une vie misérable ». Ça parle aussi de mélancolie tendre et rêveuse, de manque d’énergie ou d’intérêt. Bref, des trucs que c’est tout juste si j’arrive à me faire un semblant de vague idée. C’est en jetant un oeil sur l’enveloppe que je commence à comprendre. Pas de timbre, pas de tampon des Pététés. Juste un dessin de gosse : un vieux bonhomme qu’un ennui éternel a affublé d’une barbe de je ne sais combien de siècles. Son index tendu désigne  l’infini. Des jolies pépées roulées comme des Chrysler virevoltent autour de lui.  Leurs battements d’ailes font office de ventilos. Sa lettre vient donc de nulle part, une lettre qui vient de nulle part, autant dire que ça frise le surnaturel.
« T’es morte d’une langueur de quoi ? » je griffonne vite fait pour ne pas perdre le contact. Les vents solaires, ça a vite fait de brouiller les pistes ou de carrément les effacer. Et le préposé aux postes, il fait comment pour s’y retrouver ?
« Langueur de toi, pôv pomme mon amour ! »
Et tout me revient, comme une bouffée de gaz carbonique –dioxyde de carbone, comme on est sensé dire pour montrer qu’on n’est pas la moitié d’un crétin.
Le lac où nous nous ébattâmes à souhait, surtout moi, la présentation à ses géniteurs, aux géniteurs de ses géniteurs et à leur chien, un presque Labrador mâtiné corniaud. Je l’avais quittée le jour où j’avais appris que les cadeaux de mariage n’étaient offerts qu’après la cérémonie. Je t’aime, c’est pour la vie, nous vieillirons ensemble. Foutaises.
Embarquée à Messine pour pêcher la sardine, moyen qui en vaut d’autres pour noyer son chagrin, elle avait pris le large malgré l’annonce d’une terrible dépression. À se demander pourquoi les météorologues s’échinent à météorologier.  Joints à des creux de trop de mètres pour une embarcation tout juste bonne à taquiner le goujon flemmard sur un étang, les courants furibards du détroit l’avait trimballée de Charybde en Scylla où ils avaient fini par la naufrager, c’est rageant. N’était-ce point un acte manqué, par ma foi fort bien réussi quoique dommageable ?
Penser à lui demander la prochaine fois. Si je lui écris et si je trouve un de ces foutus timbres introuvables.

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Philosophe

Quand j’entends hurler de douleur, ma sensibilité aux bruits dérangeants me fait me boucher les oreilles. Quand je vois qu’il y en a qui ne mangent pas à leur faim alors qu’il suffit pour cela de se remplir la bouche de nourriture, de la mâcher, puis de l’avaler sans la régurgiter, je détourne mon regard, qu’il paraît que trop d’émotion c’est mauvais pour le cœur. Lorsque j’apprends que loin, très loin, mais pas assez loin le canon gronde, je me défile pour ne pas me retrouver à perdre mon temps à scander des inepties dans une défilé de pédés de pacifistes. Lorsqu’on m’annonce que je vais perdre mon boulot à l’usine d’armement où je gagne très bien ma vie à la faire perdre à d’autres, je manifeste au nom du droit au travail, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Apprenant la loi comme quoi les animaux ne sont plus des objets, mais des êtres vivants, je balance un terrible coup de pied au cul de mon clebs en lui suggérant d’aller porter plainte si ça ne lui convient pas.

Je vote, je paie mes impôts, je joue au foot avec mes fistons, je fais mon tiercé chaque dimanche après la messe, je remplis mes devoirs conjugaux et réponds présent à quiconque n’a besoin de rien, genre un petit coup de main. Je n’emmerde personne et celui qui m’emmerderait n’est pas encore né. Bref, je suis un honnête citoyen.
Les potes m’appellent le Philosophe.

Je ne suis pas raciste, mais il y a des limites, et ça n’est quand même pas de ma faute à moi s’il y en a qui sont nés arabes ou pire encore, en supposant que ça soit possible. Et je veux pas dire, mais les merdeux qui partent faire la guerre en Syrie, c’est une bonne guerre qu’il leur faudrait, je dis que ça.
Et si tes gosses ils faisaient pareil ? m’ont dit les potes.
Ça risque pas, je leur ai dit en leur clouant le bec. Ça risque pas.
T’es vraiment un philosophe, ils m’ont dit.

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Des terroristes fous de Dieu couillonnés

Je m’attendais à apprendre l’assassinat compréhensible et attendu du pape, celui plus incertain de Poutine ou celui, par erreur pas tout à fait accidentelle de l’amant de ma femme, et puis vlan, la nouvelle est tombée. En trois jours de suie de janvier 2015, l’équipe de coureurs de fond, d’utopie libertaire et de jupons de Charlie Hebdo a été malproprement dessoudée par des terroristes, qui en ont profité au passage pour faire quelques cartons gratuits. Ils n’en sont pas restés là, une fringale ayant amené un des leurs à rayer de l’effectif de la police une innocente flicaillonne, avant de se rendre dans une épicerie casher y débiter quelque agneau du sacrifice.
Atteints peut-être par les ricochets qu’auraient pu engendrer des tirs nourris, les trois salopiots responsables des massacres n’ont hélas pas survécu, ce qui ne permettra pas à la justice de les traduire pour collusion avec l’ennemi, haute trahison et autres broutilles, avant de les pendre très haut et très court.
Ceux qui les inféodent, les mènent par le bout du nez et se terrent pour échapper à la juste vindicte des hommes libres ne leur ont rien dit des vices qui les habitent, ni de leurs turpitudes, de leur orgueil, de leur soif de pouvoir et de sang. Ils ont tu leur déloyauté qui, en ces jours, les a amenés à trancher la gorge à leurs serviteurs serviles et aveugles qu’ils ont, de fait, envoyés en enfer. Des vierges abusivement promises, mais trop battues et violées, les sbires désabusés ne vont trouver que de tristes dépouilles puantes qui vont leur rire au nez. Se plaindraient-ils à Qui de droit –Dieu–, que Celui-ci, ayant épuisé en vain toute compassion et mansuétude, leur soufflera de s’adresser, plus bas, très bas, à leurs chefs vaniteux, ses soi-disant représentants.

« Et que Dieu, donc moi-même, ne vous garde pas », leur dira-t-il en les envoyant se faire foutre.

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Un soir de Noël, un patelin, un quartier, des gens, des vies…

Il fait un froid de canard. Une dinde sapée à l’as de pique se les caille en faisant le pied de grue au coin de la rue. Tout à l’heure, et si jamais elle n’a pas fait son taf, sûr que son maquereau la garnira de marrons. Chauds les marrons, chauds.
Les loupiotes clignotent. Le nez collé aux vitrines, des loupiots lorgnent les jouets qu’ils n’auront pas, une des toutes premières leçons qui leur apprendra à être pauvres. Ailleurs, des gosses de nantis se maculent d’un bon chocolat chaud. Pour les plus petits, leurs joujoux sont déjà dans la hotte ; pour les plus grands, ils sont sagement rangés sous le sapin. Père et mère les regardent se goinfrer, attendris.
Les flocons qui dansent réjouissent ceux qui partiront saloper les sommets ; les rafales de pluie mêlée de neige plantent leurs dards dans la chair des mal vêtus.
La morue du 5e, droite, revient de chez le merlan. Le blond lui va si bien. Bientôt plantée devant son miroir, elle rêvera qu’elle est belle, qu’elle est jeune, et que ce soir elle rencontrera son prince charmant, un vrai de vrai mâle qui lui offrira son soutien et les beignes qui vont avec, en guise de douceurs.
Pour la énième fois, la vieille du 5e, gauche, va encore se souiller. La gastro, quand on ne peut faire deux pas sans un déambulateur, c’est de l’aventure pur jus.

Chandelles de morve au nez qui scintillent comme du givre, le clodo du parvis se prend une bûche en ramassant le bouton de culotte qu’un quidam, bien mis, a jeté loin de son escarcelle, comme ça, rien que pour voir. Tout à l’heure, si le SAMU ne l’a pas encore ramassé, il ira au Secours Populaire se faire remplir sa gamelle, une boîte 4/4 en fer blanc qu’il s’est disputée avec le clébard du zonard, un compère de misère. Dont le portrait de vierge Marie à l’Enfant Jésus s’estompe sous les assauts floconneux. Revendiquer ce soir un statut d’artiste, c’est loupé.

Un excité du volant qui se prend pour une lumière enguirlande une conductrice maladroite. Ravis du “gling” des explosions lorsqu’ils font mouche, deux gosses caillassent les boules rutilantes du sapin que les agents municipaux ont installé à grand renfort de vin chaud. Salvateur, l’ite missa est les fait déguerpir.
Dans l’église, les chants de Noël se sont tus, relayés par les cloches. Sous le porche, des paroissiens emmitouflés parlent de la crèche, si belle, plus belle encore que les autres années. Grâce aux angelots vraiment très réussis et au petit Jésus mignon à croquer. Le temps de politesses exagérées, foie gras, caviar, homard ou chapon alimentent la parlotte. Des mots que le vent porte, hachés, aux oreilles des deux potes d’infortune dont le souci est de savoir où ils vont bien pouvoir crécher. Il fait froid. En attendant, ils trinquent à la bouteille, faisant fugacement scintiller les étoiles de verre du litron étoilé. Au Kiravi qui ravit ! Les rondelles de Jésus glissées en vrac dans un reste de brichton joueront les agapes.
« Joyeux Noël, frangin. » lance le clodo.
« Joyeux Noël à toi aussi. » répond son pote.

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Un naufrage annoncé

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— On est tous embarqués sur le même bateau.
— Pas tous, il y en a toute une flotille.
— C’est vrai, mais c’est dans le cadre de la même croisière, et au final, on se retrouvera tous dans le même port.
— Si aucun ne tombe en rade.
— Si un des rafiots a une avarie, on lui doit assistance. C’est la loi de la mer. Et s’il était à deux doigts de sombrer, on interviendrait pour essayer de l’en empêcher ou de sauver les membres de l’équipage, le capitaine et tout ce qui  y est embarqué. La solidarité des gens de mer, on appelle ça.
—  Ils n’avaient qu’à prévoir ce qui leur arrive. Après tout, chacun pour soi, et qu’ils se débrouillent, à la grâce de Dieu….
— Le bateau qui a une avarie et qui pourrait bien couler, qu’est-ce qui te dit que ça n’est pas le nôtre ? D’ailleurs, je te fais remarquer qu’on a pris une sacrée gîte sur tribord et je trouve que ça sent bigrement le naufrage. Manque de chance, des tas de bonshommes comme toi sont embarqués sur les autres bateaux, et apparemment, ils n’en ont rien à foutre de ce qui nous arrive.
— Merde alors, qu’est-ce qu’on va devenir ? Ça craint.
— Lance un SOS, gueule, fais péter une fusée, appelle ta mère et surtout dis aux requins de se barrer et aux vagues de se calmer.
— Hé hoooooo. À l’aide. Au s’cours ! On coule… Les enfoirés, ils se barrent. Revenez, bande de salopards !

Some minutes later… (ce qui peut se traduire par “Quelques ploufs plus tard…”)
— Ah elle est belle la solidarité des gens de mer. Je m’en rappellerai.
— Si tu survis. Alors tais-toi et nage !

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Djihad, loi du Talion, démocratie

Avertissement : Mais non, ce texte n’est pas islamophobe, pas plus qu’il n’est antimite, voire même antisémite. Soyez simplement assez finaud(e) pour le prendre au 2e degré, quasiment partout.

— Le djihad, i’s’la nique, la démocratie, le djihad. À croire que le dieu des djihadistes, c’est pas les couilles qui lui manquent.

— Ni les moyens pour leur livrer des armes. Leur dieu, moi je dis que c’est pas du bidon, et que le nôtre il ferait bien de prendre exemple et de s’y mettre. Je veux pas dire, mais la guillotine, c’est quand même autre chose que leurs sabres, et suffirait que…

— Sauf que les guillotines, y’a un bail qu’on n’en voit plus la couleur. Tout ça sous prétexte que…

— Sous prétexte qu’on n’a pas de glaouis, point. Ceci dit, pas sûr que charger les djihadistes à la guillotine ça soit tip-top. C’est que ça pèse bonbon. Moi je dis qu’il faut y aller à la baïonnette, comme en 14. Au turbin, la Rosalie ! Et que ça saigne, nom de dieu !

— Ouais, mais y’a un os. Parce qu’ils sont faux, les islamistes, c’est connu. Tu leur tournes le dos, et hop, tu te prends un coup de poignard dans le dos. Et quand il s’agit de leur rentrer dans le lard, y’a plus personne. Ils se défilent et nous, on est comme des cons dans le désert à se demander où ils se planquent.

— Je me demande quel plaisir ils ont à tuer. Un petit peu, je veux bien, mais si ils bousillent tout le monde dans le coin, ça leur sert à quoi ? Les dattes, le pétrole et le sable, à qui ils les fourgueront, s’ils continuent ?

— À se prendre pour des cadors, ça leur servira. Imagine un instant que tu aies le droit de vie et de mort sur n’importe qui, ça te ferait quoi ? T’es rien, tu t’emmerdes, ton horizon est bouché, tu n’as aucune importance, tu ne comptes pour personne, et du jour au lendemain tu roules des mécaniques, tu fais ta loi, tu disposes des autres comme tu l’entends, bref, tu es un héros parmi d’autres braves qui ne se prennent plus pour de la merde. D’autres idiots acclament l’élu de dieu que tu prétends être, t’honorent et t’envient pour tes actes héroïques de viols et d’assassinats de plus faiblards que toi.
Mais comme la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf, tu coasses, tu enfles et finis par exploser ou par te faire exploser par d’autres, y compris par tes braves petits camarades. Parce qu’un jour ou l’autre, tu trouves plus fort que toi. Comme les miliciens, en 45, qui ont bien fini par l’avoir dans le cul.

— Faut quand même dire qu’on les a un peu pris pour des cons, les copains de Mahomet. Ou alors il aurait fallu tout y éradiquer avant que ça se reproduise. Du coup, tout le boulot reste à faire, et vu comment on s’y est déjà pris ailleurs, c’est pas gagné. Mais en attendant, c’est un jeu de massacre et ils tuent des otages.

— Normal, avec les conneries du genre que si tu reçois une baffe, faut que tu tendes l’autre joue. Avec les djihadistes, c’est la loi du Talion qu’il faut appliquer. Œil pour œil dent pour dent. De toute façon, si ça continue, ils n’auront bientôt plus d’otages à exécuter, ni de populations à trucider. Sauf si on leur en fournit.

— C’est pas un peu ce qu’on fait, non ?

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Franchir la ligne rouge

Ils me fatiguent avec leur ligne rouge. Seriez pas sur le point de la franchir, la ligne rouge ? ils demandent dans le poste à je sais pas qui, même que des fois c’est pareil à la radio ou à la télé. Même au bistrot ça en cause de cette satanée ligne rouge que moi, j’aurais vu qu’elle existe que j’y saurais, et les potes aussi, qu’on n’est pas plus couillons que d’autres, pour preuve que les prestations, on n’est pas les derniers à les toucher.
S’approcher de la ligne rouge, paraît que c’est déjà se mettre en danger, qu’ils disent. Et la franchir, c’est quoi ? je leur demande. Et c’est-i pareil ou pas si on y fait deux-trois pas aller-retour ou si, une fois qu’on l’a franchie, on cavale jusqu’au bout du fin fond des confins ? Et si jamais y en a une de ligne rouge, c’est où qu’elle se niche ?
Le danger, je fraie pas tant avec, que question fréquentations, y’a mieux. Et si ça se trouve, même si personne y a cherché, c’est à cause que le danger j’y laisse aux autres que la ligne rouge j’en ai jamais vu la couleur, et que sa couleur, moi je dis qu’il faut pas être bien malin pour la deviner.
Et ça fait quoi de la franchir, ta ligne rouge ? que j’ai demandé au gars dans le poste, celui qu’avait dit être en danger.
Des emmerdes, ça fait, des emmerdes, mais aussi du beuze, qu’il m’a répondu. Sauf que pour le beuze, faut du réseau. Le beuze, c’est ce qui fait qu’on parle de toi, du coup tu existes, sinon faut pas y compter.
Le beuze j’en ai rien à cirer, et les emmerdes, ils peuvent se les garder, j’en ai quasi eu mon compte de lots.
Les emmerdes, il a continué, c’est à cause que, passer la ligne rouge, ça serait comme passer au rouge au nez de la maison poulaga, trop contente d’avoir quelque chose à faire plutôt que de se barber. Bref, franchir la ligne rouge, c’est répressible.
Répréhensible, je l’ai repris, y’a des limites à tout, et la langue, faut pas y toucher.
La ligne rouge qu’on passe, il a expliqué, c’est pas conseillé, à cause que c’est interdit. C’est comme l’histoire d’Adam et de sa pomme, que le bon dieu il en a avalé de travers quand le premier homme, sous prétexte qu’il voulait être plus que premier, il a voulu aller voir ce qui se cachait derrière l’arbre. À mon avis, c’était la forêt que dieu venait de faire pousser vite fait bien fait pour que des singes puissent se balancer de branches en branches. L’évolution, quoi.

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J’ai coupé le poste et rangé les morceaux pour ne pas me mettre en danger au cas où je voudrais le refaire marcher. J’ai fait mon balluchon, ai fermé la porte, ai accroché la clé au clou avant de m’y installer et de pédaler comme un dératé. Direction les confins, je me suis dit sans le penser plus que ça.
Et je suis tombé dessus. Une belle ligne rouge tendue en travers de la route. Plus un panneau STOP, suivi d’un autre SENS INTERDIT, et d’un troisième CIRCULATION INTERDITE, etc., juste au cas où je n’aie pas compris.
Si j’ai accéléré, passé la 4e, et foncé ? Ben… c’est que j’en sais trop rien.

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Une erreur de perception

Habitué à me mirer, non que j’aime mon image, mais pour vérifier la propreté de mon miroir de 2100 mm de haut par 1300 de large, j’avais remarqué que quelque chose de bizarre se dégageait de mon reflet, le plus fidèle de mes amis, quel que gaucher qu’il fut, contrairement à moi qui suis le contraire, donc droitier. Un ami dont, manifeste-ment, émanait ce qui ressemblait à des signes d’indépendance, ou quelque chose de pas toujours attendu qui s’en approche comme lorsque, frisant le miroir en pensant qu’on s’y verra mieux, on se rend compte qu’il n’en est rien.
Puis un jour, alors que j’y décelais avant de l’enlever une souillure verdâtre qui ne pouvait qu’être le résultat de ce type de projections que produisent les éternuements tempétueux, je m’étais rappelé que, détestant le coryza autant que toute rhinite ou autre banal rhume, je m’étais toujours arrangé pour les éviter. Du coup, je ne pouvais en aucun cas être le morveux coupable de cette horreur qui ne pouvait provenir ni de mes fosses nasales, ni de ma cavité buccale.
Je venais de comprendre que c’était moi le reflet de cet autre que je me rappelai soudain avoir vu me tendre un mouchoir.

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Résurrection

Une portion de bail que j’attends qu’il ressuscite, le Jésus. Le miracle, c’est que je sois encore là à poireauter devant le caveau plutôt que de me descendre des bières et à bouffer du carpaccio au Roma, l’auberge du patelin, la seule, depuis que le pouvoir a fait fermer les autres. Le casher et l’halal, c’est pas dans leurs principes, aux gus qu’ont mis le pays à leur botte à leurs babouches à leurs sandales. J’attends jusqu’à demain, mais s’il ne se pointe pas, auréolé de gloire comme on pourrait s’y attendre, je change de crèmerie. C’est pas les prophètes qui manquent, et du moment qu’ils me donnent de quoi casser la croûte, c’est tout bon. Je suis pas bégueule et un sandwich jambon beurre ou poisson aneth faisant l’affaire, peu me chaut que ce soit un Jésus, un Juda, un Mohamed, un Ali ou même un Adolf qui me garantisse la pitance.

Le coup de la résurrection, blague à part, ça fait combien de fois qu’ils nous le font ? Et celui de l’esprit saint ? Des conneries, tout ça, rien que des conneries, et faut pas être bien sain d’esprit pour y croire. Puis d’abord, si c’était vrai, le Jésus et sa résurrection, ça fait belle lurette qu’il aurait été canonisé, et jusqu’à preuve du contraire, j’ai jamais entendu parler de saint Jésus. Saint Jean XXIII, c’est fait, saint Jean-Paul II aussi, même si c’est limite, mais saint Jésus, faudrait avoir l’ouïe fine pour en avoir entendu causer.
Mais je suis pas chrétien pour rien, alors je lui donne encore une chance, au Jésus et à sa clique. Si demain, à l’heure où blanchit la campagne, il a pas résurrectionné, je vais voir ailleurs.

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Sale temps pour les Roms

Les Roms, ceux qui débarquent en France, moi je serais eux, je me barrerais vite fait ailleurs, à moins qu’ils tiennent vraiment à danser la valse au grand bal qui se prépare. C’est qu’on en a de grands musiciens joueurs de flûtiau et de cor, prêts à faire danser les Roms comme le faisait notre bon roi Louis le Quatorzième. Qui n’y allait pas avec le dos de la cuiller pour s’en débarrasser : les mâles aux galères, leurs femelles –rasage gratis− marquées du sceau de l’infamie, les grouillants, morve au nez, enfermés dans des hospices pour y être exploités et maltraités. Entre Valls, à la baguette −un Iznogoud qui n’a pas les deux pieds dans le même soulier et à côté duquel Sarko est l’incarnation d’un généreux humanisme− et notre Marine Nationale −qui se la joue Roland à Roncevaux, preuve qu’elle connaît moins l’histoire que le Horst-Wessel-Lied, l’hymne officiel des SA et du parti national socialiste des travailleurs allemands, gentils garçons qui travaillent d’arrache-pied à la restauration de l’ordre (nouveau),− ne manque plus que l’événement qui ouvrira le bal : des élections européennes au doux goût de la xénophobie imbécile et de la haine. Raciale.

sale temps pour les roms

C’est un gag ? Voui !

Les Roms, je serais eux, je penserais à retourner là d’où ils sont partis ou à se trouver un pays d’Europe moins hostile, à défaut d’être plus accueillant, donc n’importe quel autre que la douce France. Moi, je serais à l’intérieur, je te mettrais ces traine-savates dans un avion, dans des camions bâchés dans un train avec un coup de pied au cul pour leur donner de l’élan, et zou, raus ! Schnell ! Ça risquerait de poser problème parce qu’ils sont Européens ? Avec les mêmes droits que les Européens ? Mouais…
La Déclaration des Droits de l’Homme a beau parler d’égalité, pas sûr que tout le monde en ait la même définition. L’égalité avec qui, d’abord ? Déjà qu’entre les Européens, ça n’est pas si simple. Européens, moi je veux bien, si on m’explique ce que ça veut dire. Français-européen, ou Allemand-européen, qui est déjà la classe au-dessus, je vois à peu près ; Grecs-européens, c’est déjà pas la même ; mais Roms-européens, ça veut dire quoi ? Puis ceux qui viennent en France vider nos poulaillers et voler nos gosses avec leurs doigts même pas manucurés, ils viennent d’où ? De Roumanie ? De Bulgarie ? S’ils sont Roumains, pourquoi on ne les dit pas tout simplement Roumains ? Et s’ils sont Bulgares, pourquoi ne les appelle-t-on pas Bulgares ? Itou pour les Slovaques, Hongrois, Croates… Et s’ils sont européens, pourquoi le marché du travail, sans lequel ils ne peuvent pas s’intégrer, leur est-il fermé ?

Les juifs, les arabes, les musulmans, faut plus trop y toucher et, question de boucs émissaires, on commençait à craindre la pénurie. Mais ouf ! on a trouvé les successeurs, merci les Roms. Qu’on peut accuser des maux dont on ne peut plus accuser les David, Esther, Aaaron, Ziva, Nathan, Sarah, pas plus que les Ali, Mehdi, Leïla, Sofiane, Yasmine. Alors on les accable, on condamne leur conduite, on les incrimine ces Roms qui nous envahissent, souillent nos villes et nos campagnes. Une terrible horde de 20000 Roms, ce qui en fait, si mes calculs sont bons, font 200 par département, bref, une horreur qui doit coûter, entre les opérations de police, les destructions de campements, les travaux de voirie… coûter la peau des fesses aux contribuables. Question idiote : combien y a-t-il de chiens en France ? Que représente la masse de leurs déjections ? Combien leur enlèvement coûte-t-il aux collectivités ? Combien coûtent les dégâts corporels dont ils sont responsables ? Enfin, question annexe, à combien d’euros revient un chien ? 

En 1983, la marche des beurs avait quand même fait bouger un peu les chose. Certes, ils représentaient un électorat potentiel, contrairement aux Roms considérés comme étant une sous-race par les Marine Nationale et comparses −pas nécessairement de droite, c’te blague !−, ou comme étant incapables de s’intégrer à notre société (mais aptes à se désintégrer) selon Les Valls et affidés −on se place comme on peut−, Roms qui ne risquent en aucune façon de se rendre dans quelque bureau de vote que ce soit, on s’en doute.

Alors à quand une marche des Roms sur la place Beauvau ou l’Elysée ? Avec le soutien des Roms “intégrés” ? Ne rêvons pas et rappelons-nous comment les immigrés juifs de la première génération avaient accueilli ceux de la deuxième. Les Roms d’origine parfaitement intégrés à la société française ne manquent pourtant pas, mais sont-ils prêts à faire leur coming out et à dévoiler leur origine… honteuse ?
Comment “Rom”, terme générique (adopté par l’Union romani internationale lors du premier Congrès international des Roms, en 2002) pour désigner des groupes ethniques hétérogènes, quoique ayant des racines communes, a pu à ce point devenir cette désignation infamante dans la bouche de responsables politiques qui se réclament de la patrie des Droits de l’Homme ?

Moi, je serais Rom, et quitte à faire naufrage, je me demande si je ne préférerais pas être Afghan, Maghrébin, Turc, Africain subsaharien… et m’embarquer sur un vieux rafiot qui coulerait au large de Lampedusa.

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Ich habe geträumt… J’ai fait un rêve

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Ich habe einen Traum gemacht

Ch’ai rêfé que la Schweiz était retefenue propre, que les porcs d’étranchers afaient été firés à coups de Schlag hors de la batrie. Ch’ai rêfé que les métèques, zurtout les vrançais, avaient été renfoyés dans leurs pays de métèques, mais pas tous les bons Allemands ni tous les bons Italiens, en raizon du merfeilleux lien de kamaraderie qui les unit à la batrie.

Ch’ai rêfé que la langue offizielle et oplikatoire édait dézormais l’allemand, plus pur que le suisse allemand ; que l’izlam était relichion interdite et que l’univorme des boliziers édait noir afec de drès cholies chemizes brunes. Ch’ai rêfé que le zegret bancaire édait renforcé, que le schweizerische Franc defenait relichion d’état et que le zozialism édait mis à l’index.

Et zurdout, ch’ai rêfé qu’une drès cholie Swastika ornait les drabeaux aux poztes frontières. Où plus perzonne ne passait, ni dans un sens, ni dans l’autre.

Ein Traum, ein wunderbarer Traum.

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Bon plan : aller vivre au Maroc

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— On n’est plus chez nous, avec tous ces étrangers.
— Surtout les bronzés, on voit plus qu’eux, en ville.
— Manque plus qu’ils nous mettent des minarets. Après tout, ils vont bien mettre des saloperies à bulbe.
— C’est un coup des rouges, ça. Les communistes. Ils se croient où ?
Les arabes, c’est pire, qu’en plus, leurs tapis de prière, c’est pas du made in France.
— Les arabes, c’est pire, qu’en plus, leurs tapis de prière, c’est pas du made in France.
— Tu vas au marché, les arabes,y’a que de ça, c’en est bourré. Au bistrot, pareil. Y’a qu’à l’église qu’il y en a pas. Et au boulot, à cause que ça risque pas, si tu vois c’que j’veux dire, les allocs et le reste.
— L’église, ils en ont rien à foutre, avec la rue qu’ils prennent pour une mosquée, faut voir comme… J’te leur foutrais mon pied au cul !
— Manquerait plus que ça, qu’ils s’y pointent, à l’église. Le FN, ça m’étonnerait qu’ils y laisseraient faire.
— Le Front national, moi, je vote pour, aux prochaines. Qu’ils nous virent tout ça.
— À moins qu’on se barre avant.
— Ah oui, et où ça ?
— Au Maroc. J’ai un pote, là-bas.
— Un Marocain ?
— Tu m’as bien regardé ? Jojo un Marocain ? de PACA, qu’il est, Jojo. PACA pure souche.
— Qu’est-ce qu’il fout au Maroc ?
— Il s’est acheté une baraque, pour trois fois que dalle.
— Et ça le gêne pas que ce soit bourré d’Arabes ? Moi, je pourrais pas.
— Des Arabes, dans la résidence, c’est comme si y en avait pas, sauf les loufiats. Et c’est pas eux qui risquent de moufter, si tu vois c’que j’veux dire.
— J’veux bien, mais ailleurs que dans la résidence ?
— Kif kif, du pareil au même. Y’a trois fois rien à voir, là-bas, alors ailleurs, c’est vite fait, c’est le souk, le marché, quoi. D’accord, les boutiquiers, c’est des arabes, mais le reste, c’est que du Français, comme toi et moi. Y’a bien quelques Suisses, mais ça va, à cause que c’en est des qui parlent français. Tu croises que des gens de par chez nous ou de pas loin, ce qui fait que des voleurs, y’en a macache bono.
— Sauf ceux qui vendent les babouches, les fringues en cuir, les saloperies en laiton et les poteries provençales.
— Bah ! C’est plus des arnaqueurs que des voleurs, même si ça revient au même. Mais question arnaques, crois-moi, avec ce qu’on les baise, ils sont pas à la hauteur.
— Les poteries arabes, qui c’est qui les fabrique ?

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Nativité en Syrie, ou : une bonne raison d’espérer

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On croyait que tout était perdu, fors les bénefs engendrés par la guerre en Syrie : on se trompait. Ce que nous montre et nous démontre cette scène émouvante que notre renvoyé spécial a pu photographier à son propre insu, grâce à son appareil photo jetable qu’il a eu la bonne idée de ne jeter qu’après avoir fait développer et tirer le seul cliché qu’il a réussi à ramener au péril de la vie de quelques bonnes âmes.
On reconnaîtra aisément Bachar al-Assad à son air épanoui, et sa douce épouse Asma, née Fawaz Acrasse, Akhras, joliment appelée la Rose du désert par des poètes qui, soit ne craignent pas les épines, soit n’ont jamais cueilli de roses. Comme on pouvait s’y attendre si on suit le cours des événements, l’heureux bambin se prénomme Cyril. Pourquoi pas, après tout ? Les goûts et les couleurs…

En arrière-plan se profilent trois personnages, sans doute des plénipotentiaires venus de contrées lointaines pour offrir quelques joujoux, car n’oublions pas que Noël, quoi que passé, est encore proche. S’ils ne portent pas de hotte, c’est parce ce ne sont pas des pères Noël, et c’est surtout parce qu’elles seraient trop petites et trop lourdes à porter. Essayez d’y mettre ne serait-ce qu’un char, quelques kalachnikov, deux ou trois missiles, un hélico et un avion de chasse, et vous verrez.
Moi, ils me font penser aux rois mages, les trois lascars. Celui en rouge, peut-être, m’a dit mon renvoyé spécial, mais l’autre en blanc, ça sent plutôt le septentrion, et Vladimir (il m’a dit s’appeler Vladimir), ça fait pas des masses contes des Mille et une nuit.
Bon, on n’est pas là pour un interrogatoire, hein !
Le drapeau ? Paraîtrait que c’est le drapeau syrien, même s’il serait question de le changer, à cause qu’il commence à être défraîchi.
Le nouveau-né ? Quoi, le nouveau-né ? Il n’a pas l’air d’avoir le moral ? Bah, il s’y fera.

Quoi qu’il en soit, preuve est faite, encore une fois, qu’il ne faut jamais désespérer.

Merci mon Dieu.

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Voeux

À c’t’heure, 2013 est exsangue. Dans quèques gros paquets de minutes, ce sera à 2014 de jouer. À quoi ? J’en sais fichtre rien, n’en attends pas grand chose, ni tranquillité d’esprit, ni paix dans le monde ou ailleurs, les illusions, vu là où ça mène, autant s’en passer, il y a pire comme privations. Puis franchement, par rapport à ceux qui n’ont pour se nourrir que l’espoir de pouvoir se nourrir, les illusions qui nous bercent et nous endorment débouchent sur pas grand chose de bien méchant. Comme le nombre de jours qu’il y a dans une année, quantité qui induit le temps de travail, ce que savent les travailleurs, donc, aujourd’hui, plus grand monde, à part peut-être celles et ceux qui usent leur fond de pantalon ou leur petite culotte sur les bancs de l’Assemblée, c’est un exemple, à ne pas suivre, surtout du côté de Bruxelles, comme me l’a narré un élu avec qui je pochtronais encore il n’y a pas dix minutes, ce qui signifie que ça ne fait pas dix minutes exactement, mais qu’il en aurait fallu de peu que ça les fasse.
2014. Le 31 décembre 2014 au soir, combien de jours aurons nous vécu sous sa houlette ? On n’en sait rien. Certains, à base de calculs simplistes, affirment qu’on aura vécu 365 jours. Je veux bien, mais encore faut-il s’entendre sur le sens de « vécu », et faudra-t-il être encore en vie pour pouvoir vérifier qu’on aura bien vécu 365 jours, et non 364, moins, ou 366, nombre de jours qu’on est censé vivre les années bissextiles, les plus fatigantes, à cause de la journée de travail supplémentaire qui nous est infligée, sauf si on fait l’usine buissonnière, comme s’il y avait encore des buissons pour se cacher lorsque le patron de la boîte passe dans sa Torpédo.
Les fins d’années, c’est presque pire que le début des mêmes. En fin d’année, à la seule idée qu’il va falloir envoyer ses vœux, 85% des gens dépriment, et parmi eux, seuls 10 % adressent effectivement leurs vœux sous forme de SMS idiot ou convenu, sous forme de carte (de vœux) la plus moche possible que le facteur est le seul à regarder au cas où il y aurait un timbre à chiper, sous forme d’e-mail que personne ne lit, sous forme encore d’un coup de fil sans aucun intérêt depuis que les préposées des pététés ont été affectées à un autre job que celui d’écouter commérages, ragots et autres balivernes telles les vœux ; et sous forme d’un bristol, parce que les vieilleries ont la vie dure. Ceux qui n’ont pas adressé leurs vœux à des gens dont, le reste de l’année ils se foutent éperdument, tombent malades à cause de la culpabilité qui les tenaille, c’est terrible.
Les vœux et moi, ça fait deux, hors taxes. Alors si j’en envoie, c’est qu’à ceux qui sont seuls, et va savoir s’ils ne seraient pas si désolés qu’on croit. Du coup, je me demande si ça vaut le coup de leur adresser mes vœux.

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Noël. Collecte de fonds pour action humanitaire

Noël, Saint-Sylvestre, Jour de l’an, Éphinanie… période terrible de festivités, d’agapes et de bombance, où je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée émue et fraternelle pour tous ceux, nombreux, qui, à s’en mettre derrière la cravate plus que de coutume, à se remplir la panse plus qu’à outrance et à lever le coude plus que ne le faisaient les nazis accueillant leur Führer, vont connaître les affres de la constipation ou de la diarrhée, ceux du mal de crâne, ceux du mal de foie et ceux des emplettes pour les achats obligés de nouveaux vêtements qui soient en adéquation avec leur embonpoint nouvellement et si durement acquis.

collecte fonds action humanitaire

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Aussi, et grâce à de généreux donateurs, compagnies d’assurance, banques, grandes entreprises et particuliers, avons-nous pu créer une ONG dont l’objectif humanitaire, on l’aura compris, est de porter assistance aux victimes de ces agapes, que notre impudique égoïsme bien peu légitime en cette période qui devrait être vouée à la compassion, nous pousse à ignorer.

L’œuvre est ambitieuse et généreuse, mais la tâche qui nous attend, au vu du nombre toujours croissant de ces malheureuses victimes, étant ardue, nous avons besoin de vous. Aussi, merci d’adresser vos dons, de préférence en numéraire, à l’adresse suivante :

SOS AGAPES, Avenue de l’Indépendance – BANGUI – République Centrafricaine

NB : Un justificatif pourra vous être adressé sur demande, contre remboursement.

 

 

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Faut être con pour être pauvre

« Monsieur le Président
je vous fais une lettre
y’en a marre d’se fair’ mettre
d’être pris pour des glands
on vient d’s’apercevoir
qu’à force de nous taire
cause qu’on est prolétaire
on est dans le merdoir
Monsieur le Président
c’est fini de nous taire
vos conneries budgétaires
on va vous rentrer d’dans
c’est pas pour vous gâcher
la vie mais faut qu’j’vous dise
not’ décision est prise
demain on va s’fâcher.

Prout et reprout, nom ti tieu ! »

— C’est quoi qu’il a, l’Jeannot ?
— Il a le fayot belliqueux, ça lui turlupine le sphincter.
— Hé, l’Jeannot, ça va ou bien ? C’est quoi-t-est-ce qui t’arrive ?
— C’est qu’i y’a plus de papier. Faites chier les gars. Qui c’est le salopiot qui y est allé le dernier ?

Mal viré, le Jeannot. Faut dire qu’une catastrophe comac, ça te déstabilise plus solide que lui.

— T’es en verve lyrique, le Jeannot. T’as trouvé ça où?
— Faites pas chier et filez-moi du papelard, bordel de chiottes !

Les impôts, ça devait être ça, son inspiration. Les locaux, qu’on se demande si ils sont vraiment si locaux que ça dans le patelin, que les cantonniers c’est nous qu’on y fait ; l’éclairage public, c’est nous qu’on change les lampes, et encore heureux qu’on n’ait pas à pédaler pour fournir le jus ; la cantine scolaire, c’est les retraitées de la commune, qu’a rien de bien commun, on peut me croire, qui s’y collent ; j’en passe, surtout des pires, que le maire, le Gus, on n’a pas tant envie qu’il se retrouve derrière des barreaux, à cause que, sans lui, les levers de coude nous coûteraient bonbon. Le Gus et son bistroquet, faut y voir pour savoir que ça existe. C’est au tonneau que ça se passe, attention, hein, pas çui de la royale, on sait vivre.

« Ben t’en fais une tête, le Jeannot, que t’es tout pâlichon » je lui ai dit.
« Fais pas chier » qu’il m’a répondu, à quoi Nénesse –quel con !–, lui a dit que ça risquait pas, Moi, c’est par pure charité que je lui ai dit ça.

On avait quand même mis le poste à plein tube, au cas où, parce que le Jeannot, fayots ou pas, il a beau être du Puy –en Velay, il rajoute pour notre instruction, quand on lui rappelle qu’il vient de là-bas– il fait pas dans la dentelle.
On a attaqué les premiers verres, ceux qui suivent les prologues, quand a retenti le jingle des infos, pas çui de Noël et ses clochettes. Je dis retenti à cause que question feuilles, y’a longtemps que l’automne a commis ses basses œuvres et que la radio, le Gus la fait s’époumoner comme c’est dieu pas possible.

« Coupe-nous ça, qu’on peut pas s’entendre », a râlé le Jeannot. « Si c’est pour nous dire qu’on est gouvernés par des handicapés atteints de surdité, de mutisme et de cécité, on est au courant. »

Puis, parce qu’il faut bien justifier la soif et le temps qu’on y passe à l’étancher, on a causé. Les impôts, la retraite de rien, les gosses auxquels des vieux cons comme nous n’y comprennent rien surtout quand ils parlent, des bonnes femmes qui nous font plus rêver, des gonzesses qu’on ne risque pas de faire rêver, des riches, des pauvres et des couillons qu’on est, plus des pauvres couillons. Bref, on a philosophé. Surtout le Gus –c’est pas pour rien qu’il est le maire–, Nénesse, Emile, le père Mathieu et le Jeannot.

Ça a démarré fort, du côté de Gus.
« Faut quand même être con pour être pauvre ».
— Ou honnête.
— Des fois, c’est souvent pareil.
— Les riches, y’en a pas des qui sont cons ?
— Si, mais c’est qu’une connerie de façade. En tout cas, c’est pas le même type de connerie.
— Pourtant, pour devenir riche, faut quand même être un brin intelligent, non ?
— Mouais, mais c’est aussi une intelligence de façade, du solide et de la qualité que ça résiste pas possible aux intempéries. Ils font comme si ils étaient intelligents, et du coup, les pauvres, non seulement ils les laissent faire, mais ils en redemandent. C’est comme pour les élections.
— Mais alors pour qu’ils arrêtent d’être pauvres, c’est quoi qui les empêche de faire comme si ils en avaient dans le ciboulot ?
— Parce qu’ils sont réellement cons. Comme nous. Et l La preuve, c’est qu’ils sont pauvres.
— Alors on peut nous baiser comme on veut ?
— Un peu, mon n’veu. Et comme on est vraiment très très cons, on se baise même entre nous. Au lieu de nous unir, on se tape dessus. C’est pour ça qu’il y a des partis. De droite, de gauche ou du centre, c’est bourré de pauvres qui aimeraient bien être riches et avoir du pouvoir, mais ils sont si cons qu’ils préfèrent s’envier mutuellement.
— Alors on peut pas s’en sortir ?
— Si. À condition d’être riche.

À l’épilogue, on a demandé au Jeannot de nous rechanter son hymne.
« Allez, le Jeannot, pousse-nous la chansonnette ! » on l’a encouragé en chœur.
On a bien essayé de l’aider à retrouver les paroles, mais mine de rien, un p’tit blanc plus un autre et quèques autres par dessus pour faire bon poids bonne mesure, ça finit par ne pas compter pour du beurre.

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5 dec 2013 : 160000 morts, dont Nelson Mandela

Nelson est mort !
Quand l’épouse elle m’y a dit, j’ai cru que c’était le gamin à la gamine d’à côté, la Jeannette. Une brave fille, juste qu’a pas le courant dans toutes les pièces. « T’es sûr ?» que je lui ai dit. Germaine, quand elle dit quèque chose, sûr que c’est sûr. Fallait bien s’y attendre, pour le ch’tiot. Bille en tête qu’il est, le ch’tiot. Que j’te descends la rue à tout berzingue, que j’te regarde pas qui c’est qu’arrive en face, que j’te plonge dans la gouille qu’est bourrée de trous, que j’te bricole des pétards avec le désherbant, le sucre et je sais pas quoi d’autre qu’il chaparde au Léon, que j’te fais le cirque sur la charpente pourrie de la grange des Confins, que j’te grimpe dans les arbres pour choper les nids. Si c’était tout, mais c’est pas tout, ce diable de gamin qui tient pas en place. 

« Et la Jeannette, c’est comment qu’elle y prend ? » J’ai demandé à Germaine.— Tu veux que ça lui fasse quoi, à la Jeannette ? Un nègre de plus ou de moins, c’est pas ça qui va l’empêcher de dormir. Rappelle-toi pour qui elle vote, la Jeannette.

C’est là que je m’ai dit que c’était pas le bon Nelson. Nelson ! Non mais j’t’en foutrais, d’appeler comme ça un gamin du pays. Soit disant que le père, un sacré salopiot qu’avait plié bagages le jour même que le chiard était venu au monde… soit disant qu’il avait de la parenté côté english, que c’est pas surprenant, avec une conduite comme ça. N’empêche que la Jeannette, son minot, elle y tient, qu’on se demande pourquoi, mais hein, les goûts et les couleurs… Alors tant mieux que c’était pas son petit qu’avait passé.
Je m’ai levé et gagné la cuisine. C’est lequel de Nelson qu’a calanché ? J’ai demandé à Germaine.
— Mandela, ils ont dit. çui qu’avait lutté contre l’apartheid.
— Si fait ! Mandela. Nelson Mandela. Ben merde, alors ! Ceci dit, fallait bien s’y attendre, depuis le temps…
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Au poste ils ont parlé que de ça. Pareil à la télé, aux infos. Alors avec Germaine, on a bien été obligés d’en causer aussi, pas tant de sa mort, à ce sacré bonhomme, mais de ce qu’il avait fait, que c’est pas tout le monde qui y aurait fait, et déjà pas moi. « Moi non plus, » a dit Germaine, « qu’en plus j’y connais rien à la politique, même si ça m’empêche pas de penser que ceux comme la Jeannette, qu’est-ce qu’ils ont à se croire mieux que les moricauds ?»
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Les cérémonies et tout le bataclan, c’est pas qu’on aurait pas eu envie de s’y rendre, mais sans compter que ça fait une trotte pour se rendre là-bas, on n’était pas invités. Alors on est restés chez nous à repenser et à reparler de Mandela, de sa vie, de sa mort, de la vie, de la mort. De la nôtre qui viendrait un jour et qui ne ferait ni les gros titres des medias, ni ceux des librairies. Pas plus que celle des 160 000 personnes qui meurent chaque jour dans le monde, et parmi lesquelles il y a d’autres Nelson.

Après, en attendant, on a pris du bon temps.

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