Philosophe

Quand j’entends hurler de douleur, ma sensibilité aux bruits dérangeants me fait me boucher les oreilles. Quand je vois qu’il y en a qui ne mangent pas à leur faim alors qu’il suffit pour cela de se remplir la bouche de nourriture, de la mâcher, puis de l’avaler sans la régurgiter, je détourne mon regard, qu’il paraît que trop d’émotion c’est mauvais pour le cœur. Lorsque j’apprends que loin, très loin, mais pas assez loin le canon gronde, je me défile pour ne pas me retrouver à perdre mon temps à scander des inepties dans une défilé de pédés de pacifistes. Lorsqu’on m’annonce que je vais perdre mon boulot à l’usine d’armement où je gagne très bien ma vie à la faire perdre à d’autres, je manifeste au nom du droit au travail, de la liberté, de l’égalité et de la fraternité. Apprenant la loi comme quoi les animaux ne sont plus des objets, mais des êtres vivants, je balance un terrible coup de pied au cul de mon clebs en lui suggérant d’aller porter plainte si ça ne lui convient pas.

Je vote, je paie mes impôts, je joue au foot avec mes fistons, je fais mon tiercé chaque dimanche après la messe, je remplis mes devoirs conjugaux et réponds présent à quiconque n’a besoin de rien, genre un petit coup de main. Je n’emmerde personne et celui qui m’emmerderait n’est pas encore né. Bref, je suis un honnête citoyen.
Les potes m’appellent le Philosophe.

Je ne suis pas raciste, mais il y a des limites, et ça n’est quand même pas de ma faute à moi s’il y en a qui sont nés arabes ou pire encore, en supposant que ça soit possible. Et je veux pas dire, mais les merdeux qui partent faire la guerre en Syrie, c’est une bonne guerre qu’il leur faudrait, je dis que ça.
Et si tes gosses ils faisaient pareil ? m’ont dit les potes.
Ça risque pas, je leur ai dit en leur clouant le bec. Ça risque pas.
T’es vraiment un philosophe, ils m’ont dit.

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A propos pierrevaissiere

On avait réussi à collecter une dizaine de mots qui parlent de l'olibrius qui écrit ces âneries, et voilà, ils se sont échappés. C'est pourtant pas faute de les avoir tenus en laisse.
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